
Economie : quand reviendra la confiance à tous les étages ?
La bourse française a replongé de 9% vendredi matin, à peu près comme les autres bourses européennes. L'appel à « reprendre ses esprits » du Président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet n'a manifestement pas été entendu. Pas plus que n'ont eu d'effet les annonces des dirigeants des Etats sur la garantie apportée aux dépôts, ni même les nationalisations partielles de banques. Comme disent les boursiers, la« capitulation » continue. Des détenteurs de parts de fonds demandent, même en forte baisse, à reprendre leurs liquidités, ce qui amène les gérants à vendre en masse, entraînant une amorce de baisse qui se développe par mimétisme. Quand cela s'arrêtera-t-il et que faire de son argent ?
Le système financier tout entier ne vit que de confiance. L'origine étymologique latine du mot « crédit » qui génère la monnaie, c'est « credere » , avoir confiance. Cette confiance manque aujourd'hui à trois niveaux. Confiance des banques entre elles. Confiance des déposants vis-à-vis de « leur » banque. Confiance des épargnants détenteurs d'actions et des gestionnaires de portefeuilles dans l'évolution des prix des actions.
Crise de confiance entre banques
Chaque jour, en période normale, les banques se prêtent des milliards sur le marché monétaire. Elles se les prêtent sur parole. Sans papier ! Aujourd'hui, à la suite des difficultés de trésorerie, nées de la faillite des sociétés de crédits immobiliers aux Etats-Unis, des banques américaines, puis des banques européennes, se sont trouvées à leur tour, en difficulté de trésorerie , voire en état de faillite , des actifs qu'elles détenaient, issus de ces sociétés de crédit immobilier par la titrisation, ne valant plus rien. Les banques ont donc perdu confiance les unes en les autres et ne se prêtent plus. Les banques centrales en alimentant massivement le marché s'efforcent de pallier l'absence d'échanges entre banques. Mais la méfiance ne faiblit pas Tant que dure cette première méfiance, nombre d'entre elles, sinon toutes, vont donc freiner leurs encours de prêt pour conserver leur trésorerie, en espérant que ne déclenche pas une panique parmi leurs clients venant vider leurs comptes
Crise de confiance des clients des banques
C'est le second niveau de confiance : confiance des particuliers dans leurs banques. C'est cette confiance qu'à juste titre, les gouvernements cherchent à tout prix à maintenir, car si elle disparaît, si elle s'affaiblit, si les déposants viennent en masse réclamer leur dépôt en espèces, aucune garantie d'aucune sorte ne sera efficace. C'est pourquoi l'attitude rationnelle aujourd'hui pour chaque titulaire d'un compte consiste à ne pas paniquer, à rester calme, car chacun d'entre nous détient une infime part du levier qui pourrait déclencher la panique. Aujourd'hui, raisonnablement, les mesures prises par l'entrée des Etats au capital de banques, et par la garantie des Etats derrière la garantie des dépôts existantes, devraient, peu à peu, au fur et à mesure que vont se raréfier, puis s'éloigner, les quelques faillite des banques qui ne reçoivent pas de dépôts, rassurer suffisamment les citoyens pour éviter les retraits massifs . Si, par malheur, une banque de dépôt venait encore à « défaillir », les garanties données éviteraient le jeu mortel du domino. Si l'anxiété est trop forte, on peut évidemment répartir les risques en fonction du maximum de garantie accordée par chaque pays, par client et par banque ( 70.000€ en France, 50.000 minimum pour les 27 pays d'Europe) . Mais ce faisant, encore une fois, on contribue(rait) à amorcer un mouvement dangereux.
Crise de confiance des épargnants
Reste la confiance des épargnants dans la bourse. Elle reviendra ! Elle revient toujours . Mais quand ? A un moment donné, dans une semaine, un mois, six mois , un groupe de gérants de fonds ou de gros épargnants, penseront que les cours ont vraiment beaucoup baissé, que de très bonnes affaires sont possibles, et rachèteront , enclenchant , par mimétisme , une nouvelle vague haussière de la bourse. Mais pour l« instant le mimétisme joue dans l'autre sens. La baisse concertée d'un demi point des banques centrales mercredi , qui ont renversé la tendance baissière de ce jour là, n'a pas suffi pour renverser le mouvement . “ On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soi ”, dit le dicton », on ne fait pas emprunter pour investir, un entrepreneur qui craint une baisse des ventes. Sur ce point la « confiance » sera plus longue à revenir. Et, malheureusement, la crise de la sphère réelle, qui est enclenchée par celle de la sphère financière, va casser plus encore les performances économiques des entreprises, donc leur valeur intrinsèque. Ce n'est pas fait pour redresser les cours.
Crise de confiance politique
Pour chacun , donc, tout dépend de l'horizon dont on dispose pour son épargne. Si l'on doit avoir besoin de son épargne avant deux ans, il faut alors acter sa perte et vendre, dans quelques jours ou quelques semaines quand les cours, sans retrouver leur niveau d'avant janvier 2007, auront retrouvé un peu de couleurs. Par contre, si l'on peut attendre, il faut évidemment garder, voire profiter des cours particulièrement bas de certains titres pour racheter.
Mais au-delà de la confiance purement financière, à ces trois niveaux , la confiance dans les gouvernants en a pris un coup aussi. Elle n'était déjà pas bien haute. Chez nous en particulier, ou l'on nous répétait que les caisses étaient vides, l'annonce de centaines de milliards pour un soutien éventuel des banques a décrédibilisé fortement le premier discours . D'où viendraient ces milliards ? Ceux qui connaissent un peu l'économie savent bien que l'on raisonne alors sur deux plans différents. Dans l'urgence, l'Etat s'endetterait un peu plus au détriment des générations futures. Mais pour les extrémistes de tous poils, à commencer par Olivier Besancenot, c'est l'occasion rêvée de surfer sur cette apparente incohérence et sur le « trésor caché » qui permettrait de relever les salaires. Il est vrai que les revenus inimaginables révélés aujourd'hui , de ceux qui ont conduit à cette crise dans le système financier, contribuent à faire monter l'exaspération. Et la défiance !
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De Alain Pacifique
23H06 | 10/10/2008 |
vous dites « D'où viendraient ces milliards ? Ceux qui connaissent un peu l'économie savent bien que l'on raisonne alors sur deux plans différents. »
etes vous aussi de ceux qui considèrent, par exemple, que financer les banques est un investissement alors que financer le RSA est une dépense de fonctionnement ?
si c'est cela votre vision de l'économie, elle a la vue basse !
à Alain Pacifique
De marie 75
09H40 | 11/10/2008 |
moi je ne savait pas qui est ce « spécialiste ».
alors je me suis renseign&e.
Voici son CV trouvé sur le web :
La synergie des professionnels du Droit au service de l'entreprise et des particuliers
Jean Matouk est Professeur à l'Université de MONTPELLIER
Il est l'auteur de nombreux ouvrages et plus particulièrement en anthropologie économique :
1978 « La gauche peut sauver l'entreprise » Ramsay
1979 « Le Languedoc Roussillon et l'avenir » Lacave - Montpellier
1987 « Le socialisme libéral » - Albin Michel
1990 « Systèmes financiers comparés » - Les banques Dunod (traduit en russe)
2000 « La Bourse » Les Essentiels - Milan
Titres universitaires :
Licence de mathématiques et physique, Casablanca Rabat - 1960-1961
Maîtrise de Sciences Economiques Paris - 1965
Docteur es Sciences Economiques Paris - 1970
Carrière universitaire :
1967 - 1969 : Assistant - université de Paris I
1969 - 1970 : Chargé de cours - Université d'Orléans
1970 - 1973 : Chargé de cours, Université de Strasbourg
1973 : Agrégation des Facultés de Droit et Sciences Economiques - Paris
1973 - 1982 : Professeur - Université de Montpellier
1986 - 1992 : Professeur - Université de Montpellier
1992 - 1999 :
Autres fonctions :
1973 - 1979 : chroniqueur Economique au « Nouvel Observateur »
1979 - 1982 : Conseiller économique du laboratoire central de Renault Rueil-Malmaison
1982 - 1986 : PDG de la Banque Chaix
1992 - 1995 : PDG de la Société Marseillaise de crédit
1982 - 2001 : Chroniqueur au Midi Libre
Distinctions honorifiques :
Chevalier de la Légion d'Honneur
Officier de l'ordre du Mérite national
-----------------------
Ceci n'enlève rien à cela … mais précise l'origine du message.
à marie 75
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 10H31 | 11/10/2008 |
Hé bien merci Marie et merci aussi à Rue89 de nous permettre de dialoguer (même indirectement) avec ce monsieur .
On peut aussi voir les choses comme ça , non , Numéro 75 ?
Cordialement
à marie 75
De Jean Matouk
(auteur)
Economiste | 10H36 | 12/10/2008 |
A Marie 75
Vous avez été très gentille de publier mon CV qui ne mérite pas tant d'honneur
Pour votre info , je suis obligé de compléter
Avant de passer l'agregation des Facultés, j'ai commencé , à 18 ans, comme ouvrier boucher en Hollande et Allemagne, pays alors en avance socialement sur la France. c'est là que je suis devenu « social-démocrate »
Après mon service militaire, et des études supérieures reprises pendant au Maroc, j'ai été ingénieur à la SEMA. Là je gagnais cinq fois moins que le Président, un homme remarquable, Jacques Lesourne. J'étais membre CFDT du Comité d'entreprise. je m'affrontais à ses mandataires , mais cette hierarchie raisonnable des salaires, pour moi , après cinq annaes d'études supérieures, meparaissait normale et je me démenais pour MON entreprise.
Aujourd'hui un jeune de 25 ans à Bac +5, sauf si il a pu suivre les cours de finance spécialisée , avec ma collègue Karaoui, par exemple et entrer comme trader, gagne 25.000€ par an, tandis que son patron va gagner 1.000.000€ au minimum, et jusqu'à 12. Cmment voulez vous que ce jeune cadre ait un quelconque patriotisme d'entreprise, et , derrière, un quelconque patriotisme, dans une société aussi inégalitaire.
Enfin, puisque j'y suis, je complète mes publications
2006- Mondialisation-Altermondialisation- Essentiel Milan
2006- L'humanité à la croisée des chemins- Pharos-Laffont ,Un essai de panorama de l'histoire des sociétés avec une quatrième partie consacrée à l'avenir et à la crise écologique.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 23H18 | 10/10/2008 |
On devra avoir de nouveau confiance dans le même système avec les même acteurs ?
Ils vont nous laver le cerveau ?
Ils vont dépenser des milliards en communication de la confiance ?
Ils vont gonfler une bulle de confiance ?
à Numerosix
De pablico
18H26 | 11/10/2008 |
pour la finance la confiance peut revenir (on n'a pas notre mot à dire)
pour les banques, on a encore confiance
mais pour les politiques, c'est autre chose…
il va falloir qu'ils nous en racontent des salades et autres coquecigrues et billevesées pour qu'on continue à croire en leur libéralisme, le marché sage, l'Europe solidaire et leur pouvoir.. car ils sont complètement démunis, et déconsidérés devant le désastre.
de tristes rigolos qui suivaient, avec la conviction du charbonnier, tous les mêmes idéos, sans esprit critique, peut-être par mode, qui sait..
ah l'idéologie…on doit toujours s'en méfier même les yeux ouverts.
De ficelle3944
00H58 | 11/10/2008 |
C'est l'occasion révée pour notre Président de montrer « la vraie rupture ».
En virant tous ces financiers incapables.
Et en organisant une vraie réforme du système.
Mais malheureusement avec sa manière de gouverner c(est un voeu pieu ! !
De nemo3637
Déchoukeur | 04H20 | 11/10/2008 |
« Economie : quand reviendra la confiance à tous les étages ? »
Quand les fondations pourries de cette société capitaliste auront été abattues.
De zorbek
06H46 | 11/10/2008 |
Bon résumé de la situation, qui montre à quel point toute l'économie est dépendante de la psychologie de ses acteurs, la confiance est le talon d'Achille de l'économie de marché. C'est vrai pour les épargnants comme le montre l'article, mais c'est aussi vrai pour les investisseurs professionnels qui se sont grugés eux-mêmes en fabriquant de la poudre aux yeux (tels les CDSs et autres titrisations des créances immobilières) et en faisant semblant de croire qu'ils y croyaient. Tant que la demande pour ces instruments financiers toxiques était présente, pas de problème, la bulle pouvait continuer de grandir. Maintenant qu'elle a éclaté, c'est le mouvement de balancier inverse et plus personne ne donne de crédibilité à quoi que ce soit.
Maintenant, de là à prétendre que ce sont les « fondations pourries de cette société capitaliste » qui ont été abattues, c'est aller un peu vite dans l'analyse. La société libérale a atteint un niveau de vie moyen impensable dans une société d'économie planifiée, et si ce qui arrive maintenant va en ruiner certains, la moyenne générale s'en sortira infiniment mieux que dans toute alternative communisante, il vaudrait mieux ne pas le perdre de vue non plus : la grande force d'une social-démocratie libérale est de pouvoir s'adapter et corriger ses erreurs, ce qui n'est pas le cas ailleurs. Accessoirement, ca permettra aux investisseurs de faire un peu plus attention avant d'investir dans le financement de l'empire américain qui a aujourd'hui entamé son déclin, je ne m'en plaindrai pas.
De yvan78
07H05 | 11/10/2008 |
Côté épargnants, le crise de confiance risque de durer très au delà de la crise, les gens ayant massivement pris conscience que :
-Avoir de l'argent dans une banque, c'est pas comme si c'était dans le matelas (en plus sûr normalement ! ) : Les garanties de 70k€ ne sont pas suffisantes, surtout quand elles seraient en pratique limitées par 2 milliards de fond de garantie, soit avec 60 millions de français, 33€ en cas de crash généralisé ! A titre perso je ne comprends pas que les comptes soient dans l'actif des banques : Ca ne devrait pas poser de pb que de retirer tout son argent, même en ce moment.
-On ne peut pas même compter à 100% sur une assurance vie ou un plan épargne pour sa retraite, même gérée dans un mode prudent… alors que si une epargne ne peut faillir c'est bien celle là !
Bref, tout le monde a bien conscience désormais de sa fragilité organisée par le monde banquaire avec l'aide des politiques qui les ont laissé faire.
La différence entre nos banques et le joueur au casino, c'est désormais que si le second joue SA chemise le premier joue celle des autres.
Il va falloir sérieusement siffler la fin de la récré au niveau législatif et organiser un mode de gestion et/ou de garantie des dépots bien plus réels et traçables que des « produits sophistiqués » dont le seul but a été, comme dans les scandales alimentaires, de rendre l'affaire totalement opaque.
De papy55
prof. en province | 08H06 | 11/10/2008 |
La crise financière actuelle couve en fait depuis des mois voire plus.
Tous les acteurs de l'économie financière savent que l'essentiel des valeurs boursières est constitué de valeurs très virtuelles, et de peu de valeurs réelles.
Donc la chute amorcée, tous se précipitent dans l'espoir de récupérer le peu de valeurs réelles qui subsistent.
Hier, en mangeant mon sandwich, vers 13 heures, sur Europe 1, j'ai entendu un commentaire de François de Closets dans lequel il affirmait que la situation économique de la France après la crise financière, serait du même niveau que celle de 1945. La dette arrivant brutalement à 100%, le PIB chutant.
En l'instant, cela m'a interpellé, mais après réflexion, il me semble que ce n'est pas le cas. Le pays n'est pas à reconstruire, le potentiel de production est important, sinon on pourrait presque s'en réjouir puisqu'après quelques mois la croissance serait de retour !
Par contre, dans la même émission, j'ai entendu la présidente d'Alternative Libérale, affirmer que la pression fiscale était trop importante, elle parlait de fiscalité confiscatoire, et qu'il faudrait revoir à la baisse le « social », entrave importante à l'économie !
Certains sont décidément indécrottables, le système qu'ils défendent s'écroule, ils n'y sont pour rien, ce sont en fait les soutiers de l'économie réelle qui en sont la cause !
Tant que chacun campera sur ses positions, la confiance aura bien du mal à revenir !
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 10H03 | 11/10/2008 |
http://accel92.mettre-put-idata.over-blog.com/0/08/15/02/2006-a/baron-no…
De marie 75
10H25 | 11/10/2008 |
« La réforme des professions du droit » : deuxième vague de concentrations tueuses d'emplois dans le tertiaire juridique - 50.000 morts dans les offices notariaux ?
La Commission voulue par Sarkozy, théorisée par Attali, et chargée de travailler sur « la grande profession du droit » (fusion avocats, notaires, avoués, juristes… au sein d'une seule et même profession d'avocat), présidée par M° J.-M. Darrois, risque fort de laisser sur le carreau quelques 50.000 salariés du notariat et pas loin d'autant de retraités…
Autant dire 100.000 personnes, sans compter leurs familles, qui subiront évidement de plein fouet l'impact de cette restructuration.
Le devant de la scène sur le sujet est actuellement occupé par les revendications corporatistes des quelques 7.000 patrons du notariat (les notaires, au sens strict), qui négocient activement pour garder leurs avantages et leurs privilèges à eux, y compris en cas de fusion, mais négligent voire, sacrifient d'emblée, leurs salariés.
Or, le vrai désastre ne risque pas de concerner les quelques 8.000 notaires de France, qui se partagent les quelques 4.500 offices en France, (dans des conditions très variables et très différentes en fonction du lieu et de le taille de l'office certes, les petits et les ruraux pouvant être particulièrement affectés eux mêmes par cette réforme, aggravée encore par la crise).
Le vrai drame risque fort de toucher de plein fouet les salariés des offices, cadres, techniciens, employés, qui bénéficient encore actuellement d'un régime spécial, notamment pour la retraite, d'une convention collective nationale particulière, de salaires , de conditions de travail et d'avantages en général supérieurs à la moyenne nationale.
L'atterrissage, si la fusion a lieu, et ce, quelles que soient les conditions négociées par les patrons, promet d'être douloureux.
En effet, intégrer les 50.000 salariés actifs du notariat et leurs régimes spéciaux sur le marché du travail de l'emploi des cabinets d'avocats (dominé en France par les cabinets anglo saxons) risque d'être impossible ou au forceps.
Licenciements, baisse des salaires, travail précarisé, mise en retraites anticipées avec des indemnités de misère, tout doit être envisagé et risque fort d'atteindre les salariés du notariat comme un tsunami dès fin 2009. Il n'y aura pas de place pour tout le monde.
Noël Lechat, Secrétaire général de la Fédération CGT des Sociétés d'études, insiste pour dire qu'ils ont déjà du mal à reclasser les 2500 salariés des études d'avoués : « Que fera -t-on de 50.000 salariés, dont les mesures de reclassement nécessiteront des sommes qui ne sont pas prévues au programme à ce jour ? »
Sans oublier qu'il n'est pas prévu de faire bénéficier le personnel des cabinets d'avocat du régime spécial des salariés du notariat, mais plutôt, à l'inverse, d'amener les rescapés du notariat qui conserveront leur emploi, dans le régime général.
Pour Pierre Lestard, responsable de la branche « Notariat » à la CGT : « Malheureusement, notre cas n'est pas évoqué dans les médias, ou seulement sous un certain angle ; les salariés des études sont pris de court car ils n'ont pas l'habitude des actions revendicatives ».
Une pétition a été ainsi été lancée à l'attention des salariés du notariat par l'intersyndicale CGT-CFDT-CGC CFE pour les sensibiliser à leur propre situation (« Grande profession du droit = il faut sauver le notariat » disponible en ligne sur les sites CGT féd. Soc. D'études, CFDT Services, CGC).
Il faut dire que l'information ne passe pas ou qu'elle est à coloration exclusive du patronat.
« Pour que nos actions de terrain soient plus efficaces, il faudrait évidemment plus de salariés syndiqués dans les offices », confirme Noel Lechat, qui cependant, ne désespère pas de faire bouger les lignes notamment grâce à la mise en place il y a un an dans cette branche d'une intersyndicale CGT-CFDT-CGC CFE.
« On va changer de méthode ; on va se faire entendre plus vigoureusement et se rendre plus visibles, également des autres salariés, qui sont à la fois des citoyens et aussi des usagers des offices de notaires » conclut-il, en regrettant le refus de FO de s'unir avec les autres syndicats.
De : La réforme des professions du droit
à marie 75
De cmalarme
salarié | 16H59 | 14/10/2008 |
Chers lecteurs,
à mon avis, il faut s'opposer à la fusion des professions de notaires et d'avocats car nous avons tout à y perdre.
en effet, les notaires sont installés sur l'intégralité du territoire français et non pas seulement dans les grandes villes comme les avocats.
D'autre part, vous pouvez obtenir un renseignement juridique de qualité et ce gratuitement chez un notaire. Il n'en est pas de même chez les avocats. Avant même de vous laisser vous asseoir, ce dernier vous réclame un chèque, si ce n'est pas du liquide.
Enfin, les frais des notaires sont identiques sur l'enseble du territoire, car imposés par la loi. IL nen est pas de même pour les frais d'avocats.
Finalement on est mieux protégers nous petites gens quand on va chez un notaire.
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 12H24 | 11/10/2008 |
Notre Président nous a fait à Toulon il y a quinze jours la preuve de son incompétence pour la fonction qu'il exerce.
Nous attendions de sa part une explication des moyens qu'il avait mis en oeuvre pour nous garantir un peu des conséquences de la crise financière américaine, or sur ce sujet nous n'avons rien entendu.
Le gouvernement Suisse avait demandé, il y a plusieurs mois, à tous ses banquiers de mettre sur la table le montant des placements à risque qu'ils avaient souscrits aux USA et chacun connait le poids de la présence Suisse dans l'économie américaine où ils sont considérés comme les « seigneurs » de la finance.
Les bilans exposés et quelques têtes pensantes de banque en moins, le ministre des finances suisse Hans Rudolf Merz a demandé aux banques de se recapitaliser au plus vite, ce qui fut fait, il y a plus de deux mois, avec des capitaux asiatiques, si bien que lors d'une conférence de presse la semaine dernière le Ministre des finance n'avait plus rien à annoncer, toutes les parades possibles ayant été mises en oeuvre. La Suisse était sortie de ce mauvais pas et il ne lui restait plus qu'à supporter les éclaboussures faites par les pays commerçant financièrement avec elle et qui ne s'étaient pas protégés, il y en a beaucoup.
Les banquiers français ont depuis le début de la crise américaine annoncés des chiffres revus à la hausse chaque mois des pertes qu'ils subissaient et la Bourse elle même tirait chaque jour la sonnette d'alarme.
Mais le Chef de l'Etat et le gouvernement étaient aux abonnés absents, seule la Ministre de l'économie, timidement et sans comprendre ce qui lui arrivait, révisait à la baisse au fil des mois ses prévisions de croissance sans que personne ne s'émeuve ou tente une réflexion et même crée une commission chargée d'étudier quelque issue de secours propre à nous préserver un peu de l« orage qui s“annonçait.
Et tout ce beau monde regardait ce ‘phénomène’ se dérouler sans se rendre compte et même sans comprendre que c‘était chez nous que cela se passait que ce qui se préparait allait inéluctablement nous être préjudiciable
Dans son intervention à Toulon le Chef de l'état a endossé son costume de victime ’ et nous a décrit sa vision de la situation qui selon lui est à mettre sur le dos des ‘ méchants ’ patrons coupables de stock options et de parachute doré, des traders fous et des banquiers incompétents et même, injure suprême, un peu voyous.
Cette politique de victimisation qui nous colle une loi de plus chaque fois qu'un fait divers en procure l'occasion vient de faire encore une victime, le peuple français.
Cette intervention de Toulon a en outre l'inconvénient de confirmer au peuple français que au fond ce ne sont que des veaux, d'où le nom qu'il convient désormais d'adopter pour parler de ce discours, une ‘toulonnerie’.
Seulement cette fois ci l'auteur, le coupable, en est le Président de la République Nicolas Sarkozy.
Une loi semble donc nécessaire pour interdire l'accès au pouvoir de tout individu coupable de tels agissements, et que de tels comportements justifient une mise en fiche dans un fichier restant à créer, dont le nom pourrait être ‘ Compilation des personnes exclues de toutes responsabilités publiques, soit CPETRP.
A suggérer à notre ministre de l'intérieur Alliot-Marie qui semble plus sensible aux petit voleur de carambar’ avec son fichier EDVIGE et aux jouets des polices municipales en leur confiant des TASER. A-t-elle au moins reçu, comme son homologue suisse, une décharge de cet outil avant d'en autoriser l'usage (non autorisé en Suisse).
Doit on lui supprimer le parachute doré dont bénéficient tous les Présidents et consistant en bureau, chauffeur, voiture, garde du corps et autres bricoles et tout ceci à vie ?
Gouverner c'est prévoir parait-il mais avec Sarkozy-la-rupture gouverner a pris un autre sens.
Sarkozy aura au moins eu l'avantage de donner un peu plus de travail à nos académiciens qui suent sang et eau pour mettre à jour leur dictionnaire, seront-ils augmentés pour celà ? Ou vont-ils eux aussi nous prendre en ‘Otage’ en faisant grève, ce qui risquerait de gravement déstabiliser notre penseur national BHL qui n'a pas besoin de ça dans ce moment d'intense réflexion où la crise géorgienne occupe tout son temps et les palaces qu'il fréquente.
De hagalma
14H57 | 11/10/2008 |
Il y a eu la drôle de guerre, et bien il y aura peut-être eu la drôle de crise. La finance internationale se bouffe le nez ; de grands dirigeants de banque ont des résultats médiocres sauf en ce qui concerne leurs stocks options (ex : Société Générale) ; la machine ne demanderait qu'à repartir moyennant l'injection de milliards étatiques ; des traders ont des frissons angoissés devant des courbes vertigineusement descendantes reportant à plus tard l'achat d'une maison avec piscine dans un lieu côté ; etc. Mais nous, citoyens lambdas, n'aurions rien à redouter…sauf nous-mêmes, dès fois qu'il nous viendrait l'idée d'aller retirer de la banque la centaine d'euros difficilement économisée, et qui suffira à peine à remplir trois ou quatre caddys à Auchan, à payer le forfait SFR, l'abo à Canal Sat, avancer l'appareil dentaire du petit. Alors, le monde courait un grave danger, alors le cataclysme aurait lieu, et tout cela à cause de notre ingratitude, celle de n'avoir pas pris la mesure de tout ce que nos dirigeants ont fait pour nous ces dernières semaines pour garantir un avenir serein. Mea culpa, dit l'intériorisation de la faute. Que c'est bon, dit le pardon.
Une vieille histoire au fond, qui semble donner raison à Sarkozy : le curé sera toujours plus important que l'instituteur. Le curé…et les chiffres de la bourse. Il faut croire en notre plaisir, pas en notre désarroi (ou alors c'est pour monsieur le curé).
De caro
délinquante avérée | 23H00 | 11/10/2008 |
Sur La Télé Libre, une vidéo fort intéressante :
Jim Cramer est l'un des premiers journalistes américains à avoir prédit la crise économique actuelle.
Dans sa chronique du « Today Show » sur CNBC, il avait piqué une immense colère contre les principaux acteurs du monde financier au printemps 2007, prédisant l'Armageddon, la fin du monde financier tel qu'il commençait alors à chanceler, l'expulsion de millions d'Américains de chez eux. Voici la vidéo du journaliste qui jouait les Cassandre à juste titre.
http://latelelibre.fr/index.php/2008/10/jim-cramer-le-journaliste-qui-av…
Ce qui est inquiétant, ce sont les dégâts sociaux, licenciements, chômage, qui s'accentuent et l'argent qui va manquer, enfin « officiellement », pour verser des indemnités compensatrices. Des milliers de gens à la rue chez nous aussi ?
De affreuxjojo
02H43 | 12/10/2008 |
Ce qui est curieux dans l'analyse de Mr Matouk c'est qu'il ne voit des extrémistes qu'a l'extrême-gauche. Alors que ce qui menace réellement l'économie ce sont bien les fanatiques de la spéculation, les intégristes du marché, les fous furieux de la dérégulation. Ces extrémistes là, Mr Matouk semble les oublier totalement.
On peut analyser la crise comme cela : dans l'ensemble des richesses crées, la part qui revient aux salaires ne cesse de diminuer comparativement à la part revenant à la rémunération des capitaux. Cela est la logique, la finalité même des politiques néo-libérales qui savent faire produire plus, mais refusent la redistribution. Le problème, c'est alors de vendre des produits de plus en plus abondants à des salariés dont les revenus stagnent. Pour éviter la récession ne restait que la solution illusoire de l'endettement pour amener les salariés à consommer aux dessus de leurs moyens. Un tel système, basé sur un artifice, court obligatoirement à sa perte donc à la crise actuelle.
Mr Matouk parle, pour s'en moquer, d'un « trésor caché qui permettrait de relever les salaires ». En se plaçant sous un autre angle, et en repensant aux années passées, il faudrait plutôt parler d'un trésor volé au travail par la finance, et aussitôt carbonisé dans des spéculations sans issues. C'est bien pour cela que les travailleurs sont parfaitement fondés lorsqu'ils expriment leur révolte face aux milliards consacrés aux sauvetages des banques. Ils ont légitimement le sentiment d'être volés une deuxième fois.
Les Etats se sont fourvoyés en devenant les auxiliaires dociles de la finance souveraine. Ce qui doit redevenir souverain, c'est l'Etat en tant que défenseur de l'intérêt général. Son rôle est bel et bien de prélever sur les richesses créées et de redistribuer équitablement pour garder l'équilibre travail-capital. Les politiques néo-libérales ont brisé cet équilibre fragile. On peut souhaiter qu'à la fin de cette crise de telles politiques soient définitivement mortes et enterrées.
De Jean Matouk (auteur)
Economiste | 10H26 | 12/10/2008 |
Cher « Pacifique »
Merci de votre très intéresssante question.
1) Vous ne m'avez pas compris. J'ai dit que je comprenais fort bien par avance la réaction des gens qui ne peuvent faire le distingo entre le fait de dire hier que « les caisses sont vides » et aujourd'hui qu'on peut trouver des centaines de milliards€ pour sauver des banques. Car il y en a un. C'est vrai qu'aujourd'hui avec une dette déjà très importante et un déficit budgétaire récurrent , l'Etat ne peut plus financer son budget courant par l'endettement. Du moins ne le devrait-il pas.Mais si demain une banque de dépôt menace de ne plus pouvoir délivrer l'argent de ses déposants, il faudra bien emprunter quand même pour la sauver et sauver les milliards€ des déposants, au détriment un peu plus des générations futures
2) Le RSA n'est pas un investissement économique. Un
investissement , c'est une dépense unique dans un matériel ou un logiciel , qui va ensuite délivrer ses fruits pendants des années. Mais on peut dire effectivement , par extension du mot, que c'est une sorte d'« investissement social », car il est destiné à maintenir le lien social, en rendant le travail réellement rémunérateur. J'ignore quels seront ses résultats, mais j'ai encore de l'estime pour Martin Hirsch, qui a expérimenté de près la misère dans Emmaus et me semble certain de son RSA.
Cordialement.
à Jean Matouk
De caro
délinquante avérée | 11H22 | 12/10/2008 |
je me permets de vous répondre sur le volet RSA « investissement social » … On aurait pu discuter de la valeur ajoutée que peut présenter le RSA complément du RMI. Mais ce n'est pas un vrai complément, mais un remplacement. Comment les « bénéficiaires » vont pouvoir trouver un emploi dans la situation actuelle de chômage grandissant ? est-ce que les employeurs ne vont plus que proposer des postes de quelques heures pour bénéficier des avantages d'employer des RSA ? Que vont devenir ceux qui ne trouvent pas d'emploi ? que vont devenir les « bénéficiaires » de l'API, généralement des femmes seules avec enfant(s) ?
Vu la crise, vu qu'on ne connait pas encore le financement réél du RSA, M. Hirsch devrait bien le mettre de côté. Dans notre département de l'Isère, le Conseil Général avait refusé le RMA et attend les textes pour étudier dans quelle mesure il peut aussi refuser le RSA. L'Etat ne reversant jamais tout ce qu'il doit, ces mesures reviennent beaucoup trop cher au budet départemental.
à Jean Matouk
De Alain Pacifique
19H58 | 12/10/2008 |
@ Jean Matouk,
merci pour votre réponse. la notion d'investissement social me parait intéressante, quant aux résultats, il faut voir.
De Gotch 15306
ancien ouvrier de la banque | 15H01 | 13/10/2008 |
On peut résumer la chose d'une autre façon : vivement qu'il n'y ait plus de confiance du tout, que la machine économique actuelle, mondiale, perverse et atrocement inégalitaire se brise. On pourra, sur ses décombres, reprendre l'édification d'autre chose, qui ne sera certainement pas un communisme à la russe, mais qui ne sera plus cet échafaudage dont des milliards (eh oui) de personnes maintiennent tant bien que mal les piliers. Quelques privilégiés, hissés loin au-dessus des autres, ne les voient même pas.
Un Grand Soir, ce serait sans doute une erreur. Une nouvelle donne vraiment nouvelle, ce serait mieux. N'en subiront vraiment les conséquences que ceux qui vivent de cet argent fictif qui tourne autour du monde à la vitesse de l'électricité. Les inutiles, en somme.
Je ne suis pas certain que Monsieur Matouk apprécie mon analyse : je ne suis pas économiste !
De Impots-utiles.com
www.impots-utiles.com | 18H07 | 13/10/2008 |
Pas tout de suite à mons avis…
Bercy vient de trouver une combine pour siphonner l'argent de l'assurance-chômage…
L » Unedic devait en principe débourser 8% de son budget pour contribuer aux frais de gestion de France-Emploi.
Le ministère de l'économie a, d'autorité, porté cette quote-part à 10%. Résultat, c « est un surplus de 400 millions qui va passer sans bruit de l » Unedic, c'est à dire des poches des chômeurs, à France-Emploi, structure d'Etat…
L'avantage, quand on tape les pauvres, c'est qu'ils ne risquent pas de partir à l'étranger.
http://www.impots-utiles.com/bercy-siphonne-les-caisses-des-chomeurs.php
De nimois
retraité curieux | 13H41 | 16/10/2008 |
Bonjour
Question à Mr J Matouk
Je suis vos cours d'économie au cadref et j'étais à la conférence de JF Kahn.
Autant j'ai apprécier sa critique brillante et virulante du néolibéralisme, autant je suis étonné de son optimisme quant à l'après crise..un monde meilleur !
Je suis peut être pessimiste (ou réaliste ? ), mais je pense qu'une fois la crise financière dernière nous, mais avant que la crise économique qui nous attend ne soit passée que déjà nos financiers (ils sont toujours là ! )auront trouvé de nouveaux systèmes pour faire du profit spéculatif malgré les réglementations qu'aura péniblement mis en place un Gn des grands.
Quel est votre opinion sur l'après crise ?
merci