Tricastin : l'arrêt d'une station de traitement, « un coup de com »

Roland Desbordes, physicien et président de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) dénonce la décision prise par l'Agence de sécurité nucléaire (ASN) de faire fermer une partie de la station de traitement d'effluents uranifères de la Socatri, sur le site nucléaire de Tricastin (Drôme).

En début de semaine, c'est dans cette station que près de 75 kg d'uranium ont été rejetés accidentellement sur le sol et dans le canal adjacent à la centrale nucléaire. C'est à la suite d'une opération de nettoyage de cuve que la fuite s'était produite.

Jeudi, après une série d'inspections, l'ASN a estimé que « la mise en sécurité destinée à empêcher toute nouvelle pollution n'était pas complètement satisfaisante » :

« Les conditions d'exploitation lors de l'incident présentaient des irrégularités par rapport aux dispositions réglementaires applicables. »

Dans la foulée, la Socatri a fait savoir qu'elle allait procéder à la fermeture de la partie de la station incriminée.

« Un coup de communication »

Pour Roland Desbordes, cette décision n'est qu'un coup de « communication » et fait suite, depuis le début de la semaine, à une série de « dysfonctionnements » de la part de l'autorité de contrôle et de la Socatri. A commencer par « le classement en niveau 1 » de l'événement qui, selon le président de la Criirad, « n'en fait même pas un incident, mais simplement une anomalie » :

« La faillite du système de contrôle »

Au-delà, la Criirad, tout comme le réseau Sortir du nucléaire, estime que la gestion de la fuite de Tricastin témoigne avant tout « d'une faillite complète de tout le système de contrôle du nucléaire et de l'environnement en France ». Pour Roland Desbordes, le « constat est accablant » :

Le président de la Criirad va plus loin :

« Rien que sur l'année 2007, l'exploitant a rejeté sur le plan athmosphérique 42 fois la limite en carbone 14 ! Le “gendarme” du nucléaire, l'ASN, ne sanctionne pas ça alors qu'il s'agit d'une atteinte à l'environnement manifeste. »

« On en arrive donc à la énième infraction et toujours pas de sanctions. Il y a des constats, des rapports mais pas de sanction pour l'exploitant. Mieux, je dirais qu'on confie à nouveau la surveillance de l'environnement. Autrement dit, on lui fait totalement confiance…. Moi, je serais plutôt méfiant face à quelqu'un qui transgresse les règles. »

« Difficile d'estimer les conséquences sanitaires »

Compte tenu des difficultés à « obtenir les résultats des analyses », la Criirad estime qu'il est pour l'instant difficile de « savoir quelles seront les conséquences sanitaires » sur l'environnement et sur les populations :

Roland Desbordes poursuit :

« Nous ne connaissons toujours pas les lieux exacts où est partie cette radioactivité, nous n'avons pas de chiffres sur le rejet ni sur combien de temps ça a duré. Ce n'est qu'une fois que nous disposerons de toutes ces mesures qu'il sera possible d'évaluer l'impact sanitaire de cet accident, qui n'est pas le premier… »

Roland Desbordes rappelle enfin que la Socatri a elle-même assuré les prélèvements, une situation paradoxale qu'il ne comprend pas. « Comment le pollueur peut-il lui-même contrôler les conséquences de sa pollution ? “ :

Les premiers résultats des mesures publiés par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sembleraient démontrer que ‘s'agissant des eaux des nappes phréatiques, les concentrations en uranium mesurée ne montrent pas jusqu'ici de contamination liée au rejet accidentel’.

‘Une situation qui mériterait de vraies sanctions’

Hugues Blacher, au nom de la Socatri, a expliqué vendredi 11 juillet que la fermeture d'une partie de la station ‘n'aura pas de conséquences sur le reste de l'activité de la société’.

Ce que déplore la Criirad. Roland Desbordes :

‘Les vraies sanctions pour l'exploitant, c'est fermer l'installation, parce que là, il y a un vrai manque à gagner pour lui. La Socatri est une filiale d'Areva et, elle, elle fait des bénéfices.’

En milieu de semaine, l'association a décidé de porter plainte contre deux filiales du groupe Areva : Areva NC (Cogéma) pour une autre affaire, l'enfouissement de 700 tonnes de déchets radioactifs dans le sol ; et la Socatri, pour les fuites radioactives.

5 commentaires sélectionnés

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De yapadebug

10H46 | 12/07/2008 | Permalien

Comme pour Tchernobyl, on nous enfume dans cette histoire. C'est une habitude en France. C'est la même chose que pour la pollution du Rhône au PCB, on a mis 25 ans à le savoir et on ne fait toujours rien.
Le pognon passe avant la santé des gens, la mafia qui nous gouverne remplit parfaitement son rôle, elle protège le pognon.

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De maxi

ouvrier | 11H42 | 12/07/2008 | Permalien

au vue des membres de l » asn nommés par les différant ministères (armée, environnement, santé….) on peux se poser la question sur leur indépendance . au pays du nucléaire obscure ou les nuages font demi-tour aux frontières il ne faut pas s'étonner d'une décision pareil.
et pourquoi pas obliger les industriels de constituer une caisse qui permettra de dépolluer leur cite de production
en cas d'accident ou d'abandon ?
il-y-as des assurances pour ces installations ?
il se foutent de nous.
restez vigilant(e)s

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De ecor1

sur le fil | 12H03 | 12/07/2008 | Permalien

Sortir du nucléaire serait la solution idéale si nous avions une alternative plausible pour le faire.

Cela étant il apparait que cet accident soit le fruit de consignes de sécurité, ou de protocoles de manipulation qui n'ont pas été respectés. Ca soulève une nouvelle fois
la question de savoir si la privatisation des moyens de production ernergetique tels que le nucléaire ne représente pas un danger. Soumis aux lois du marché, ces sociétés de toute facon tirent les couts…on a vu ce que ca donne pour les chemins de fer anglais.

Si on garde le nucléaire, il faudrait le re-nationaliser.

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De vakenat

12H04 | 12/07/2008 | Permalien

Triple problème (au moins) en effet et qui n'est pas nouveau :

Technologie beaucoup plus dangereuse et beaucoup moins fiable que ce que ceux qui ont le prétendu savoir mais le réel pouvoir en la matière voudrait nous faire croire.

Enjeux économique faramineux pour quelques amis des « gens de pouvoir »

Manipulation des données et opacité Totale de l'information quand ce n'est pas désinformation par les personnes mêmes qui tirent les bénéfices de l'activité.

C'est un cocktail explosif ! ! ! et, parfois, il explose mais chut…si on dit pas… on sait pas… même pas peur Na !

Mais, à partir du moment ou des gens qui sont encore et toujours aux poste de responsabilité (ou leurs clones) sont ceux qui nous ont affirmés, sans rire que le nuage radio actif de Tchernobyl s'était arrêté au Rhin …
Dormez en paix braves gens.

Portrait de jean Bidel

De jean Bidel

jeune retraité | 14H12 | 12/07/2008 | Permalien

Ah le nucléaire qui devait apporter le bonheur dans les chaumières , qui devait garantir notre indépendance énergétique , qui ne pollue pas … Et les déchets , c'est quoi ? Certains ont des périodes (division de l'activité par 2) de plusieurs milliers d'années .
Et ceux qui ont approché ce « miracle » souvent malgré eux , je veux parler des vétérans des essais (Sahara - Polynésie) demandez leur ce qu'ils en pensent 30 ou 40 ans après ! 35% de ceux çi sont atteints de cancers (2 X plus que les français de la même génération) 22% ont un cancer du sang et 40% des vétérans atteints de cancer sont déjà décédés . Sur l'ensemble de ces vétérans encore en vie 82% sont atteints d'autres maladies non cancéreuses mais principalement cardiaques . Pour enfoncer le clou 33% de ces participants aux essais n'ont pas eu d'enfant .
Alors c'est propre le nucléaire ? Comme l'étaient soi disant ces essais .
Bien sûr qu'on nous enfume , on nous ment et on nous manipule ; et surtout il faut à tout prix garder le couvercle sur la marmite , pas un nuage sur l'avenir radieux d'Aréva .
Les chiffres que je cite sont ceux du comité de soutien vérité et justice qui se bat pour faire enfin admettre que ces essais là n'étaient sûrement pas propres ; preuve est donnée par ces graves problèmes de santé cités plus haut . Ce comité comprend des scientifiques de renom , des politiques (députés - sénateurs) des medecins , des directeurs de recherche , syndicalistes … etc …
Voilà l'avenir que nous réserve nos nucléairocrates avec leurs hommes de paille politiques ; le risque zéro n'existe pas vous le savez bien alors autant vous y faire dès à présent .

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