09/09/2008 à 15h35

Très haut débit : les lobbies privés manipulent les collectivités locales

Alain Paulien | Syndicaliste à la fédération des activités postales et de télécommunications

Depuis plusieurs années, les collectivités locales investissent et cherchent à investir dans le secteur des télécommunications. Ces projets, nombreux et disparates, ont souvent comme objectifs affichés de réduire la fracture numérique, couvrir en haut débit les zones blanches, augmenter les débits jugés insuffisants, etc. Mais pas seulement.

Ils visent également à mettre en place une couverture très haut débit, à favoriser la concurrence par le dégroupage, à faire baisser les coûts pour le client final, ou encore à maintenir ou attirer des entreprises sur ces territoires.

La plupart du temps, ces collectivités font appel à des cabinets de consultants privés qui sont chargés de faire un état des lieux et de proposer des solutions. Mais la diversité des situations (couverture préexistante, géographie du territoire, situation politique), la complexité des problématiques de besoins et d'usages, ou encore la nécessité de l'intervention publique, font que les élus décideurs au sein de ces collectivités n'ont pas toujours tous les éléments pour y voir clair et prendre les bonnes décisions.

Des marchés juteux

Ce sont en général les consultants qui décident au préalable et qui apportent des solutions clés en main, prêtes à être soumises à la délibération des élus. Des lobbies puissants et très actifs se partagent ces marchés juteux.

Sur les soixante délégations de service public attribuées à ce jour, LD Collectivités et Axione en ont environ trente en tant qu'exploitants commerciaux, mais ils interviennent également dans bon nombres de projets dans des groupements d'entreprises. Eiffage et Vinci sont très souvent les intervenants BTP.

Bien souvent, les solutions proposées sont très éloignées des objectifs annoncés et consistent à doubler un réseau de transport déjà existant. Dans ces cas-là, la fracture numérique est souvent avancée pour justifier le recours à des investissements qui peuvent atteindre des sommes fantastiques.

Des financements publics colossaux

En octobre 2007, la lettre « Le Pli » parlait de 1,5 milliard d'euros au niveau national. Au niveau local, dans le Sud-Est, voici trois exemples de projets qui pourraient engloutir d'énormes financements publics :

  • le projet de la région PACA : 87 millions d'euros pour recréer un Backbone (dorsale) à financement très majoritairement public, 1950 km de fibres, 590 km de génie civil, quid de la partie « boucle locale ? Faudrait il encore mettre la main à la poche pour poser des antennes WIMAX avec le groupe Bolloré ?
  • le projet de la Communauté du Pays d'Aix : 16,5 millions d'euros pour recréer une dorsale dont 7,8 millions d'argent public, 218 km de fibres, 126 km de génie civil avec seulement cinq stations Wimax pour la boucle locale.
  • le projet “Ardèche Drôme Numérique” : 77 puis 100 puis 125 millions d'euros pour recréer une dorsale avec 2000 km de fibres et 1000 km de génie civil et des antennes Wimax pour la boucle locale. 50 millions d'euros d'argent public prévu répartis entre trois collectivités et l'Europe.

Pourtant, aucun de ces trois projets ne résout les problèmes de la boucle locale, aucun n'apporte le très haut débit ni la concurrence sur les services aux clients. Ils prévoient tous les trois de recréer une dorsale, financée en grande partie par de l'argent public, et attribuée ensuite en délégation de service public.

Dernier exemple pris au hasard : celui des Hauts-de-Seine qui est estimé à plus de 500 millions d'euros avec 50 millions d'euros publics, alors que c'est un des départements les mieux desservis de France !

L'usage exponentiel du très haut débit ? Un faux argument…

Rien, finalement, ne justifie tous ces doublons ni ces dépenses exorbitantes. La France est couverte à plus de 98 % en haut débit par l'ADSL (le réseau de téléphone), pour la région PACA, c'est même à plus de 99% !

Sans compter les couvertures complémentaires apportées par les boucles locales alternatives (BLA) souvent en hertzien (WIFI, WIMAX). Sans parler non plus du haut débit disponible sur les réseaux mobiles ni même des possibilités satellitaires.

Aujourd'hui, le haut débit fourni n'est certes pas homogène et les besoins et les usages du très haut débit n'en sont qu'à leurs balbutiements. Ces usages restent encore à inventer, développer, démocratiser. Les grands utilisateurs de très haut débit (les banques) ont la plupart du temps leurs réseaux à eux et sont déconnectés du réseau commun.

Contrairement à ce qu'affirment certains cabinets de consultants, le très haut débit ne peut pas être considéré comme essentiel.

La responsabilité de l'Autorité de régulation des télécoms

Tout le monde sait que les infrastructures principales construites dans les années 80 pour le réseau de téléphone sont pléthoriques et que les opérateurs ont des dorsales concurrentes en fibre optique partout où c'est rentable.

Tout le monde sait également que les problèmes d'infrastructure se concentrent sur la boucle locale, que les problèmes de réseau de transport sont concentrés dans les zones non rentables, les vallées alpines ou drômoises par exemple, dans les villages éloignés, dans les quartiers peu “attractifs”.

Les infrastructures du réseau historique sont systématiquement occultées. A la marge, il est prévu d'utiliser les réseaux de certains “opérateurs”, comme ceux des autoroutes, de RTE (pour les points hauts), de Réseau ferré de France (RFF), de Bouygues, Neuf Cegetel, etc…

Depuis 2007, l'Autorité de régulation des télécommunications (Arcep) a mis en place les “offres de gros”. Elles imposent à l'opérateur historique France Télécom de louer aux autres opérateurs le haut débit “nu”, c'est-à-dire que la ligne du client, sur la boucle locale, est disponible pour chaque opérateur, qui peut proposer ses services partout en France, au même prix, sans que le client final n'ait à louer cette ligne à France Télécom.

Pourquoi dégrouper dans ces conditions ? Quel intérêt pour une collectivité d'investir de l'argent public alors que les services sont déjà en totale concurrence par cette solution de l'Adsl “nu”.

La mise en concurrence des télécommunications orchestrée par l'Arcep n'est ni libre ni non faussée. L'intervention publique vient au contraire aggraver ces phénomènes. On construit des réseaux d'initiative publique qui sont donnés en DSP à des consortiums dont l'opérateur principal devient pratiquement la seule alternative à l'opérateur historique.

La région Paca fait machine arrière ?

Et comme par hasard, en comparant la carte de France de couverture des opérateurs et celle des projets d'initiative publique, on s'aperçoit qu'elles se juxtaposent parfaitement !

Aveuglées par les études des consultants en tout genre, les collectivités doivent être plus vigilantes sur toutes ces questions. La région PACA, interpellée par les syndicats CGT, aurait stoppé son projet de dorsale numérique et se dirigerait vers la couverture à 100% haut débit en travaillant sur la boucle locale en filaire.

On peut s'en féliciter. Qu'une collectivité tienne compte de l'avis des syndicats et rompt le cercle infernal des lobbyistes, il s'agirait là d'une première !

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  • Cary
    Cary
    étudiante
    • Posté à 16h28 le 09/09/2008
    • Internaute
      étudiante

    Il est vrai qu'il existe des cas discutables, notamment la superposition de projets dans les Hauts de Seine.
    Pour autant, je ne vois pas pourquoi reprocher aux collectivités locales d'investir dans le très haut débit. Malgrè des difficultés au début, le projet pionnier de fibre optique à Pau a été un succès. Le fait que les collectivités locales mettent en place des réseaux ouverts à tous les opérateurs permet d'éviter d'avoir le monopole d'une société privée sur le très haut débit. Un des objectifs de cette politique est d'ailleurs d'encourager la formation d'opérateurs locaux.
    Avant de critiquer l'action publique au niveau des télécommunications, on peut comparer la situation dans d'autres pays européens. En Suède, la forte implication des Syndicats d'électricité locaux (appartenant complétement aux utilisateurs) dans les télécommunications ont fait de ce pays un des leaders européens du très haut débit. Le Royaume Uni, symbole européen du libre échange anglo-saxon, est au contraire tellement en retard que le gouvernement anglais s'inquiète et cherche à inciter British Telecom à enfin investir dans la FTTH/B. La France, qui était également en retard, a progressé de façon spectaculaire l'année dernière, à la fois grâce à une course à qui offrira les plus haut débits entre les opérateurs privés mais aussi grâce à la multiplication des projets des collectivités locales

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Cary
      journaleux - blogueur
      • Posté à 16h31 le 10/09/2008
      • Internaute
        journaleux - blogueur

      Pour les Hauts-de-Seine, plus précisément, il s'agit d'une mainmise de la famille Sarkozy sur le conseil général, via Olivier Sarkozy (Carlyle) et Patrick Devedijian (CG92), comme expliqué ici :

      Lien

      début juin.

      Numericable ayant décidé unilatéralement de supprimer les blogues Noos à compter du vendredi 12 pour modifier toutes les URL, il faudra rechercher dans Google (ou autre, mais avec moins de résultats), le titre :

      Quand la famille Sarkozy installe Numéricable et Carlyle au CG92, afin de comprendre les conséquences des velleités expansionnistes de Numericable, expliquées ici :
      Lien
      sous le titre :
      Numericable rêve de consolider le secteur européen du câble

  • Jean-Marc Proust
    Jean-Marc Proust
    chargé de communication
    • Posté à 18h57 le 09/09/2008
    • Internaute
      chargé de communication

    Malheureusement, cet article écrit du point de vue de France Télécom, ne nous dit rien des avantages que le monopole de fait de FT sur la boucle locale lui procure et des bénéfices qui en résultent.
    Qu'on se le dise une fois pour toutes : France Télécom n'est plus le service public. Ses bénéfices vont à ses actionnaires, pas à l'aménagement du territoire. France Télécom est un monopole privé. Que les collectivités locales doivent contourner en créant un autre service public, celui du haut débit. Et prétendre que cela ne sert à rien me rappelle l'époque, pas si lointaine, où France Télécom vendait son minitel lorsque les entreprises se connectaient à internet...

  • Kid_A
    • Posté à 19h15 le 09/09/2008
    • Internaute

    Je vais être hors sujet... Mais j'écris où je peux ,)

    Afin de savoir s'il y a un article qui traine sur ce qui va se dérouler au CERN, demain...

    C'est une expérience importante, capitale sans doute, voir même dangereuse, très dangereuse pour certains scientifiques qui estiment qu'un mini-trou noir peut se former et engloutir la terre...

  • Unfrancois
    • Posté à 23h37 le 09/09/2008
    • Internaute

    Ici, Rue89 nous montre encore une fois que l'adresse sait dénicher des sujets surprenants, modernes et traités nul par ailleurs, mais...

    Ce papier n'est pas clair du tout, notre journaliste a peut être eu un week-end agité ! enfin ça arrive à tout le monde. Au final on n'y comprend pas grand chose, et tous ces termes, kesako ?
    - la lettre « Le Pli »
    - une « boucle locale »
    -« La mise en concurrence des télécommunications orchestrée par l'Arcep n'est ni libre ni non faussée. »
    ...

    A coté de tout ça le commentaire de « Cary l'étudiante » parait beaucoup plus clair !

    C'est dommage, le sujet semble passionnant, il n'est que très rarement traité, il mériterait donc une enquête « un peu plus poussée ». si il y a une équipe qui en est capable, c'est bien celle de rue89.

    Allez j'attends votre prochaine grande enquête sur ce thème avec impatiente. bon courage.

    • Ech-picard
      Ech-picard répond à Unfrancois
      • Posté à 22h31 le 10/09/2008

      Non, je n'irai pas jusqu'à écrire que ce papier n'est pas clair. Peut être parce que je suis un amateur éclairé et technicien. Mais je comprends fort bien que tout ces termes techniques nous laisse dubitatif.
      Si je sais ce que c'est qu'une BLR (là je joue les « ceussesquisavent ») c'est bien parce qu'un jour j'ai fait une longue recherche sur Internet sur la Boucle Locale Radio et donc découvert l'existence de la boucle locale.
      Bref ! Mon propos est surtout de constater qu'il est très facile pour des consultants d'endormir les élus d'une collectivité. De leur proposer par exemple le wifi/wimo pour des accès futurs « sans câble “ dans nos campagnes profondes. (si vous connaissez un accès qui fonctionne dites le) alors que le rural du coin attend une connexion ADSL et la TV.
      Un constat : si votre central téléphonique n'est pas ‘ fibré pas de TV.
      Je ne parle pas de la connexion en Haute Loire dans une agglomération de 4 foyers ! Le portable ne passe pas alors le 3 G+ ....
      PS J'ai de la chance je dispose dans mon trou de l'ADSL depuis 2 ans de la TNT depuis 6 mois

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 01h32 le 10/09/2008
    • Internaute
      Author & Chief AtoZ Officer

    Quelques precisions utiles :

    - si a ce jour la couverture de l'ADSL represente 96,79% de la population francaise, le degroupage (et donc la concurrence effective) n'atteint que 23,78%.

    - si les cartes se superposent, c'est parce qu'elles suivent avant tout une logique economique. Les collectivites n'ont pas valeur a investir massivement dans des zones ou la concurrence garantit deja un choix durable. On l'a vu par le passe, ces investissements prennent tout leur sens pour certaines zones d'ombre, pour reduire la fracture numerique ou eviter la desertification economique de regions.

    - la fracture numerique joue au niveau international : des poles d'activite ne proposant pas les debits les plus puissants n'attireront par les entreprises etrangeres

    - la France a su imposer les box et le quadplay et a banaliser la voix et la TV sur IP, mais n'est pas vraiment equipee pour la suite. notre pays souffre d'un handicap structurel dans l'economie de l'acces fixe et mobile du fait de sa faible densite (ex vs UK), mais aussi des types d'habitat (ex vitesse de propagation de la FFTH / FTTO en « ubiquitous Korea » Lien ).

    - les lobbies n'ont pas fini de provoquer des investissements superflus (on demeure neanmoins loin du sanatorium / cimetiere technologique a ciel ouvert de nos amis Americains)

  • paddycouac
    paddycouac
    Citoyen
    • Posté à 17h15 le 10/09/2008
    • Internaute
      Citoyen

    Ah ! l'argent public...
    L'intérêt principal des réseaux de télécommunications dit « ouverts » (comme le sont la très grande majorité des projets d'aménagement numérique actuels initiés par les collectivités territoriales) est d'autoriser la multitude d'opérateurs, donc de services (concurence prix / largeur du service / qualité de service). C'est une demande et/ou une nécessité pour les citoyens et les entreprises. Si France Télécom n'était pas un opérateur privé et si ses offres commerciales (particuliers et pros) permettaient immédiatement de répondre à ces aspirations, il n'y aurait pas besoin d'initier de tels réseaux.
    Aujourd'hui, seule la question de l'accès semble apparaitre, mais dans peu de temps le contenu et l'accès seront intimement mêlés. A moyen terme c'est donc aussi salutaire pour la pluralité de l'information ou une proposition culturelle large, etc.
    Je serais très curieux de savoir comment l'auteur de cet article (certes bien documenté) a pu le publier en ligne : via un abonnement Free peut-être ? ou Neuf ou via celui d'un opérateur local ou encore depuis un accès hertzien à partir de sa maison de campagne ? ou alors par un abonnement gratuit à la box d'Orange.

  • niconico
    • Posté à 22h20 le 10/09/2008

    Cet article ressemble étrangement (ou pas, d'ailleurs) à l'argumentaire tenu par le conseiller spécial du président de France Télécom qui débarque chez les élus dès qu'émerge un projet de réseau d'initiative public.

    Chez les élus de gauche, cette visite est souvent immédiatement suivie de celle des syndicats CGT maison, aimablement instrumentalisés par leur direction, sur le thème « vous menacez les emplois locaux à France Télécom ».

    Je ne dis pas que certains arguments ne sont pas parfois justifiés, mais juste qu'à lobbyistes, lobbyistes et demi. Dans ce domaine là, FT n'est pas un enfant de choeur, et, comme le soulignent les autres commentaires, FT n'est plus un service public mais une multinationale du CAC40 dont l'Etat ne détient plus que 27%.

    Exemple : la Charte des Départements innovants que FT faisait signer aux conseils généraux en leur promettant qu'ils seraient prioritaires sur les autres, que le haut débit viendrait plus vite chez eux. Quand ils se sont retrouvés à 75 Départements sur 100 à être « prioritaires sur les autres », ils ont commencé à sentir l'arnaque...

  • tounette
    tounette
    Citoyenne
    • Posté à 12h10 le 11/09/2008
    • Internaute
      Citoyenne

    Personnellement, je pense que la vraie question est de savoir si le déploiement de solutions par les collectivités apportent réllement quelque chose sur le terrain ou si en fait, cela sert uniquement à dépenser de l'argent public et à « engraisser » quelques bureaux d'étude et quelques entreprises. Sur le terrain, on s'aperçoit que même si la couverture moyenne est importante, les zones rurales et de montagne sont souvent trés moyennement couvertes . A proximité de chez moi, aucun hameau n'est desservi ce qui pose un certain nombre de problèmes pour les résidents professionnels (artisants, agriculteurs). Le projet porté par le Consil Général ne viendra pas améliorer la couverture sur cette zone, c'est une chose à peu près certaine.
    Les élus, à leur décharge, sont souvent confrontés aux cabinets conseil et ou à de soit disant experts. On n'a pas besoin d'être un expert pour être lucide et inscrire les engagements de résultats attendus. Il me semble évident de ne pas aboutir à des réseaux qui se supersposent mais bien à une couverture différente.
    Il faudrait peut être mettre aussi les cabinets conseil devant leur responsabilité. Je me demande si ce ne serait pas du racket organisé et bien orchestré dans un processus administratif lourd obligeant plus ou moins les élus à faire appels à ces cabinets pour les phases de faisabilité.

    • paddycouac
      paddycouac répond à tounette
      Citoyen
      • Posté à 18h04 le 11/09/2008
      • Internaute
        Citoyen

      Tous les projets ne sont pas parfaits en effet... la maîtrise est passée de l'Etat au local, nouveau métier donc... les premières délégations TIC chez les élus datent de 2001... le cadre réglementaire est tout neuf... les technos et le marché évoluent très vite... les projets en exploitation aujourd'hui ont démarrés il y a plusieurs années... un bon projet aujourd'hui sera peut-être désuet, trop cher ou obsolète dans 3, 4, 5 ans... pour certains élus éloignés du sujet, l'opérateur historique est toujours public... et puis il y a ceux qui ne font rien, ou qui empêchent de faire.

      L'électricité aussi avait fait coulé beaucoup d'encre. Si vous comparez les sommes engagées avec celles plus monstrueuses de projets lobbyés non structurants pour l'aménagement, il y a encore de la marge.

  • Régis11
    Régis11
    Retraité
    • Posté à 14h21 le 15/09/2008
    • Internaute
      Retraité

    Lorsque les syndicalistes parlent comme les patrons, je m'interroge sur l'avenir du syndicalisme. France Telecom est une entreprise privée qui se comporte en entreprise privée et guère citoyenne si l'on en juge par la localisation de ces investissements qui s'intéressent d'abord et avant tout aux marchés juteux, délaissant ainsi la ruralité française qui représente quand même 80% du territoire national. Et d'ailleurs, si le législateur a décidé d'autoriser les collectivités à créer et exploiter des Réseaux d'initiative publique, c'est bien parce qu'il s'est aperçu de sa bévue... la privatisation du marché, telle que décidée, a généré un écrèmage en règle du territoire. Aujourd'hui notre pays voit donc fleurir des réseaux neutres et ouverts qui permettent dégroupage, concurrence, baisse des tarifs et diversification des services là où FT ne va pas. Tout public, puis tout privé, le secteur des telecoms mute vers une mixité public/privé, n'en déplaise à l'opérateur historique qui voudrait le beurre et l'argent du beurre...

  • Gpalemoral
    Gpalemoral
    Citoyen
    • Posté à 21h58 le 15/09/2008
    • Internaute
      Citoyen

    Je connais bien ce secteur depuis 10 ans.

    Le seul lobby privé que j'y ai rencontré est celui de France Telecom qui a mis en place une véritable organisation, bien rodée, pour dissuader les élus de développer une politique d'aménagement numérique.

    Dès qu'un projet apparaît, on sort les promesses, on équipe la commune du Président du Conseil général, on envoie des ex ministres lobbyistes (de gauche ou de droite en fonction) puis on agite les menaces sur l'emploi. Enfin, on sort l'arme ultime, le syndicat CGT PTT, qui sous couvert de défendre l'emploi, ne défend véritablement que les fonds de pensions, actionnaires de France Telecom.

    Il est surprenant de voir à quel point M.Paulien parle comme son patron, comme le souligne Niconico. Il ne doit pas être ingrat car avec 22 000 suppressions d'emploi en 3 ans, il aurait quelques raisons d'être faché.

    Autant dire que, lecteur assidu de Rue89, je suis particulièrement surpris et déçu de lire un article avec autant d'erreurs et d'incohérences essayer de poser le débat de l'aménagement numérique au niveau national.

    Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à aller consulter le site de l'Avicca, de l'Arcep et de l'atelier de l'aménagement numérique du territoire du CETE de l'Ouest.