
L'incinérateur de Marseille-Fos plombé par la Justice

Coup de tonnerre dans le petit ciel rose et bleu de la communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole (MPM). Le tribunal administratif de Marseille a annulé mercredi 18 juin une délibération du conseil communautaire attribuant la construction et la gestion du futur incinérateur de Marseille, actuellement en chantier sur la commune de Fos-sur-Mer, à la société Evéré. Derrière cette décision se cache un ex-élu Vert de la Communauté urbaine de Marseille, Christian Raynaud, battu lors des dernières élections.
Premier écueil dans la cogestion droite/gauche de la communauté urbaine
Depuis des années, Christian Raynaud avait fait de l'abandon du projet d'incinérateur un combat personnel, en multipliant les recours devant toutes les juridictions et notamment le tribunal administratif de Marseille. C'est l'un de ces recours qui vient aujourd'hui de porter ses fruits. Sur le dossier de l'incinérateur, j'ai déjà déposé 30 recours, explique l'ex-élu Vert, joint à son domicile à Marseille. Celui qui est passé aujourd'hui concerne l'absence de documents présentés aux élus lors du vote sur la délégation de service public par le Conseil communautaire de MPM .
A l'époque, élu consciencieux, Christian Raynaud avait demandé au Président de MPM, Jean-Claude Gaudin, que tous les documents nécessaires lui soient fournis avant la séance, afin qu'il puisse voter cette délibération en conseiller averti.
Gaudin m'avait répondu que la communication de ces documents avant le vote n'était pas nécessaire. Mal lui en a pris, j'ai décidé d'attaquer la délibération en mai 2005 et, aujourd'hui, le tribunal administratif a fini par me donner raison.
Ce matin, Christian Raynaud n'était pas présent au tribunal administratif pour entendre le jugement :
J'ai été averti par les journalistes qui ne cessent de me laisser des messages sur mon portable. Pour l'instant, je n'ai répondu à personne. Mais, franchement, je rigole bien dans mon coin. Tout le monde a l'air bien embêté par cette décision. »
Car aujourd'hui, ce sont les ex-colistiers de Christian Raynaud qui doivent faire face à ce casse-tête politique. En effet, le 17 avril, à la surprise générale, le conseil communautaire de MPM élisait un président socialiste, Eugène Caselli, à sa tête. Droite et gauche ont ensuite ardemment négocié et réussi à mettre en place une forme inédite de cogestion.
La gauche peut-elle faire appel ?
Or, cette décision met le consensuel Caselli devant un cruel cas de conscience. Soit il fait appel de la décision du tribunal administratif, et valide ainsi le projet d'incinérateur contre lequel la gauche avait durement bataillé lors de la campagne des Municipales. Et mange son chapeau sans même un verre d'eau. Soit il décide de prendre acte de la décision du TA, et la société Evéré, délégataire du marché, présente à MPM une facture très salée pour non respect du contrat signé. Ce qu'avait d'ailleurs anticipé Christian Raynaud :
En juillet 2005, j'avais déposé un recours en délibéré demandant au tribunal administratif de surseoir à l'exécution de cette délibération. Je savais que mes dossiers de recours étaient bien ficelés et que si l'un d'eux arrivait jusqu'au bout, cela couterait très cher à la collectivité. A l'époque le tribunal administratif ne m'avait pas suivi. On voit le résultat aujourd'hui.
Le 28 juin prochain, le conseil communautaire doit se prononcer sur un autre appel d'offres concernant cette fois-ci un audit indépendant évaluant les aspects environnementaux, techniques, juridiques et financiers » dudit incinérateur, tel que les élus de droite et de gauche l'avaient prévu dans leur accord de coopération approuvé le 31 mai dernier. Un argument que n'a pas manqué de reprendre le président de MPM Eugène Caselli :
Cette décision du tribunal administratif est lourde de conséquences pour la Communauté urbaine en mettant en cause le montage juridique de l’opération. Ces conséquences doivent être sérieusement examinées au vu du jugement et rendent plus que jamais nécessaire l’audit qui sera proposé le 28 juin à l’Assemblée délibérante.
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Quel casse-tête que ce projet d’incinérateur des déchets et « bordilles » de la régions marseillaise.Je n’ai pas de solution moi-même sur la manière de s’en débarasser,mais faut reconnaître que la plupart des Marseillais ne se posent pas la question,et si cela se passe loin de chez eux,alors le problème n’existe même pas! Ce qu’il faut savoir c’est que le site ou se construit l’incinérateur actuel se trouve à quelques dizaine de kilomètres et quelques communes plus loin à l’ouest de Marseille au tout début des zones sableuses et marécageuses de la Camargue.Site EXEPTIONNEL,mais depuis bien longtemps térritoire élu des usines petro-chimiques,minéralières et gazières. Alors, en rajouter à cette pollution ou polluer ailleurs?Eduquer et sensibiliser les populations de ce sud insouciant? Ou ,comme cet élu ,mener un combat intelligent pour forcer les trusts internationnaux à respecter l’environnement du territoire ?Et d’ailleurs? Sont bien emmerdés les politiques de la région.Et nous avec…
Bien sûr qu’il existe des solutions !
A condition justement de ne pas laisser aux « politiciens » (aux opportunistes d’une pseudo-démocratie comme celle de la France) le soin de decider à la place des citoyens.
Où en est le projet de méthanisation pour éliminer ses déchets ménagers à Montpellier ?
http://www.actu-environnement.com/ae/news/693.php4
Se développent partourt ailleurs qu’en France, dominée par le lobby du nucléaire et des pétroliers, plein de solutions moins couteuses et quasiment pas polluantes.
Exemple : « La méthanisation consiste en la dégradation de la matière organique grâce à l’action de micro-organismes. Ce procédé présente le double avantage de produire du compost de qualité, ayant un usage agricole notamment, et de dégager du biogaz. Composé à 60% de méthane, il peut être utilisé comme source d’énergie afin de produire de la chaleur et de l’électricité.
Le plus, le processus de méthanisation demande moins de surface d’installation que d’autres types de traitement des déchets. »
En France, on préfère ne pas recycler nos déchets menagers qui pourraient produire de l’énergie. Non on préfère les brûler avec du pétrole ! Et aller chercher le gaz, du coup non produit, chez Poutine ! … Du grand n’importe quoi juste pour remplir les comptes en banque de nos « chers politiques », au détriment, lourdement imposée (impots locaux), de la qualité de vie, de toute la population civile de Marseille et de toutes les autres municipalités.