Les langues régionales ne sont-elles que littérature ?

Le 21 juillet, le Parlement a entériné avec une voix d'avance la réforme des institutions. Parmi les différentes propositions, peu avaient fait l'objet d'un consensus. Une néanmoins avait été adoptée en première instance à la quasi-unanimité, soit tout parti politique confondu, par l'Assemblée, et refusée, à la quasi-unanimité… par le Sénat. Son texte est maintenant définitivement adopté : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France. »

(Rémi Leroux)

Inscrire les langues régionales dans la Constitution française est un acte majeur au regard de l'histoire de ce pays. En effet, depuis plusieurs siècles, les langues régionales de France ont été écartées des lieux publics, et souvent avec mépris. Une « violence symbolique », selon le concept de Pierre Bourdieu, s'est longtemps exercée sur les cultures régionales de France.

De la « chasse aux patois » à la révision de la Constitution

Amplifiée au cours du XXe siècle, la « chasse aux patois » avait commencé bien avant, notamment avec l'ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539. Il est vrai qu'à notre époque, les locuteurs des différentes langues régionales sont bien moins nombreux qu'ils n'ont pu l'être dans le passé et donc sans doute moins « dangereux » pour l'unité nationale, bien que ce soit l'une des raisons avancées par les sénateurs pour expliquer leur refus de cette proposition de changement de la Constitution. Les revendications des « régionalistes » seraient pourtant en France plus d'ordre culturel que politique.

L'une des principales d'entre elles serait que l'on cesse de confiner les cultures régionales uniquement au milieu populaire, notamment paysan, et au passé. Et c'est en cela que le changement de la Constitution, essentiellement symbolique, est une ouverture. Il existe notamment une littérature en langue régionale qui est, souvent, dévalorisée ou sous-estimée, méconnue du grand public et qui peine à être intégrée en dehors des études spécialisées et des cercles d« amateurs avertis.

Frédéric Mistral (Wikipédia)Citons par exemple, pour les terres d'Oc, le poète et écrivain provençal Frédéric Mistral, qui obtint le prix Nobel de littérature en 1904. Qui s'en rappelle ? Entre ceux qui ne le connaissent pas et ceux qui le sous-évaluent en considérant son œuvre comme “folklorique”, on est loin de s'imaginer qu'il pourrait être honoré, comme ce sera le cas en 2010 à Valparaiso (Chili), lors du Ve congrès international de la langue espagnole, au même titre que Pablo Neruda.

Troubadours anciens et modernes 

Et que dire des troubadours ! Oui bien-sûr… L'image du troubadour allant de château en château traverse tous les imaginaires. Et leur renommée fut et est encore internationale. Gérard Gouirand le rappelait en introduction du dossier principal du dernier numéro de la revue littéraire Europe, tout en soulignant une plus amère réalité :

“On remarquera que les neuf contributions ici proposées proviennent d'auteurs de nationalités très diverses : Allemagne, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Italie. C'est, d'une certaine façon, dire la place qu'occupent les troubadours dans la littérature universelle et dans la recherche, même si cela ne reflète que partiellement l'état actuel des études occitanes : pauvres, pour le moins en France, c'est en Italie qu'elles sont les plus florissantes, selon une tradition qui commence dès l'Alighieri”.

On pourrait aussi se demander combien considèrent, au même titre que leur invention d'une lyrique poétique, créant de nombreuses filiations, que les troubadours ont codifié et inventé une langue, la langue d'oc, formée avant la langue française depuis le latin, tout comme Dante Alighieri a donné les bases de ce qui deviendra l'italien ?

Nombreux sont également les auteurs contemporains qui produisent des œuvres modernes et de qualité dans le domaine musical, poétique, théâtral et littéraire… de Moussu T e lei Jovents et Lo Còr de la plana à Jòrgi Reboul et Florian Vernet, ou encore Max Rouquette (1908-2005)…

Le cas catalan… 

Alors que le débat autour de l'intégration et de la reconnaissance officielle des langues régionales dans la Constitution était en cours en France, le gouvernement espagnol gagnait un procès contre le gouvernement catalan pour que trois petites heures hebdomadaires d'espagnol, et non plus deux, soient obligatoirement enseignées dans les écoles primaires et secondaires de Catalogne, car l“enseignement ne s‘y fait plus quen catalan.

Dans cette région limitrophe des terres d'Oc, la situation est donc diamétralement opposée, mais peut-on la préférer ? Les Régions’ ont en Espagne un statut bien différent de la France. Beaucoup plus autonomes, elles sont à même de mener une politique valorisant l'identité régionale. Les ‘langues régionales’ y sont notamment pratiquées quotidiennement, elles investissent aussi bien l'espace public que privé.

La Catalogne est la Région la plus offensive dans ce cadre, et la plus contestable… Sa politique linguistique a été l'une de ses priorités depuis la fin du franquisme et l'accès à une forme d'autonomie en 1979, donnant à la langue le statut de langue officielle, au même titre que l'espagnol (article 3). Près de trente ans plus tard, le catalan est devenu ‘la’ langue d'enseignement en Catalogne, elle est obligatoire.

Ceux qui souhaitent que leur progéniture suive des enseignements primaires, secondaires… en espagnol, doivent se tourner vers les écoles privées, ou changer de région. Dans les écoles publiques, l'espagnol fait donc figure de ‘deuxième langue’, voire parfois, de ‘langue étrangère’ ! Ainsi les nationalistes catalans entretiennent avec l'espagnol, les contraintes que les nationalistes français ont pu exercer sur les parlers régionaux de France…

Un roman écrit en catalan véritable succès commercial…

Avec une presse écrite en catalan, des chaînes de télévisions modernes et dynamiques, des radios, des manifestations, mais aussi une grande indépendance vis-à-vis de l'Etat espagnol dans la gestion de la vie de ses citoyens, la Catalogne est un Etat dans l'Etat.

Et si la langue et la culture espagnoles restent néanmoins majoritairement partagées par la population, les efforts menés depuis des années par les nationalistes commencent à porter leurs fruits : exemple symbolique mais très parlant, le dernier prestigieux prix littéraire Ramon Lull a été attribué à une jeune femme d'origine marocaine, Najat El Hachmi, qui a écrit ce deuxième roman en catalan.

Son premier roman s'intitulait ‘Jo també soc catalan’ (‘Moi aussi je suis catalane’). Avec ‘L'ultim Patriarcha’ (‘Le dernier patriarche’), elle réussit ce qu'aucun Breton, Corse ou Occitan ne pourrait imaginer en France : devenir un succès commercial. Le livre, réimprimé déjà six fois en mois de six mois, sera traduit en espagnol au mois de novembre. Il promet d'être l'un des grands succès littéraires de la rentrée.

L'ordre se serait-il inversé dans le milieu de la littérature ? En effet, pour les générations précédentes –dont Enrique Vila Matas, José Luis Zafon, Idelfonso Falcones ou Javier Cercas sont sans doute les plus représentatifs et les plus connus– écrire un roman, un article ou un essai se fera d'abord en espagnol, puis leurs écrits seront traduits en catalan.

Avec ‘Le dernier patriarche’, ce fut le contraire. Attendons de voir comment sera reçu ce roman une fois édité en espagnol…. et si le catalan va devenir la langue de l'écriture pour les futurs grands écrivains catalans.

Le catalan, langue de l'intégration ?

Mais à côté de cet intérêt louable pour comprendre la situation des immigrés en Espagne, les non-nationalistes enjoignent à la prudence : les Catalans s'intéressent à tout tant que ce n'est pas en castillan, ou relevant de la culture castillane…. Pourquoi un tel ostracisme ? Ainsi cette décision inédite lors de la dernière foire de Francfort, où les Catalans ont déchaîné la polémique : en choisissant d'inviter uniquement des auteurs écrivant en Catalan, le gouvernement catalan a fermé la porte à ses plus prestigieux auteurs… écrivant en castillan mais vivant en Catalogne, et étant natifs de cette région ! Où sont donc les limites de l'identité ? Et des politiques régionalistes ?

Aussi peut-on s'interroger sur l'avenir de ces langues dites ‘régionales’ qui, dans une certaine mesure, exclues d'un côté et excluantes de l'autre, peinent à trouver une place en dehors de tout contexte politique, là où seule la littérature parlerait…

Elisabeth Cestor, avec la complicité de José Ignacio Martin

Photo : (Rémi Leroux)

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Portrait de Baurelyre

à kadwalan Portrait de kadwalan De Baurelyre

21H36 | 02/08/2008 | Permalien

Ce qui n'empêcha pas ledit barde Breton de naître dans le Puy-de-Dôme (Occitanie septentrionale) !

Portrait de paco

à Jean-François@Carenton Portrait de Jean-François@Carenton De paco

21H52 | 02/08/2008 | Permalien

Et la construction de la France est tout autant une pure construction intellectuelle (qui a certes pris quelques siècles et fait quelques morts.) A moins que vous ne pensiez que la France est éternelle…
En gros, réécrire l'histoire, c'est ce qu'on fait tous les Etats ; ça ne justifie pas de créer un passé mythologique basque ou breton, mais la critique est un peu trop facile.

Portrait de Jean-François@Carenton

à paco Portrait de paco De Jean-François@Carenton

07H10 | 03/08/2008 | Permalien

C'est tout à fait exact. Il se trouve que l'histoire (française) me passionne. Quand on (re)lit Duby, Le Goff, Le Roy Ladurie, etc… , on ne trouve rien sur la barbe fleurie de Charlemagne, sur le vase de Soissons, sur le chêne de Saint Louis, sur la poule au pot d'Henri IV, etc… Par contre l'histoire de Lavisse est extrêmement sobre sur les Guerres de Religions, qui ont été d'une violence extrême et qui ont failli faire exploser la « France » (cf. le départ du petit Louis XIV à Versailles). Idem, rien dans nos livres sur la lutte des classes (les vignerons de Béziers en 1907, les grèves de Carmaux, la Commune, les mutineries de 1917, et le guerre d'Algérie). L'Histoire de France, c'est souvent une suite de (trop) belles histoires…

JFT_Charenton

PS : à Munich, au Palais de la Résidence, j'ai vu un tableau ancien représentant un vieux roi, un certain « Karl ». Je me suis rapproché : c'était ce bon vieux Charle(magne). Comme quoi, rien n'est simple.

Portrait de Campilles

à Jean-François@Carenton Portrait de Jean-François@Carenton De Campilles

Catalunya Nord (66) | 00H49 | 03/08/2008 | Permalien

La réécriture de l'histoire, l'état français ( monarchique comme républicain) a été le premier à la faire, donc c'est lui qui a raison ? C'est ça la logique historique ? C'est un peu court, jeune homme ! Mais quel rapport avec notre chère République soit-disant critiquée ? Je ne suis plus… Si, il est vrai qu'à elle, qui est sensée représenter le peuple dans son ensemble, avec amour, respect et démocratie, on ne lui pardonne pas à elle d'avoir choisit ceux qui étaient des exemples (le quart de France entourant la capitale) et d'avoir imposé l'uniformisation aux trois-quarts autres… mais je n'ai jamais craché sur Marianne alors que j'ai déjà pissé sur des statues de rois de france et des fleurs de lys, emblèmes de ceux qui nous ont « gentiment rattachés à la mère patrie »…
Quand les livres d'histoire de France évitent prudemment d'expliquer les différents rattachements, ou écrivent comme je l'ai lu « les habitants de la province du Roussillon furent heureux d'être rattachés à la couronne de France portée par Louis XIV », ça c'est du révisionnisme, car les documents d'époque prouvent le contraire !
Quant aux traditions, elles évoluent, même dans nos régions périphériques, comme partout en France… Et heureusement, sinon ce ne sont plus des traditions vivantes, ce sont des musées sentant le naphtaline, et nous n'en voulons pas…

Portrait de Coragyps Atratus

à Jean-François@Carenton Portrait de Jean-François@Carenton De Coragyps Atratus

Dans l'attente du moment propice | 08H03 | 03/08/2008 | Permalien

Le breton enseigné à l'école ou celui parlé à la télévision est incompréhensible pour les anciens.
Il n'y a rien de crédible quand les « talibreizhs » (indépendantistes bretons) parlent du breton comme « langue des ancêtres » car cette langue enseignée et académique est une pure construction qui n'est même pas compréhensible par les anciens.

Portrait de dy

à Coragyps Atratus Portrait de Coragyps Atratus De dy

c'est probable mais fort impossible... | 13H16 | 03/08/2008 | Permalien

Comment ça ? Le Breton et ses vernaculairités aurait évolué comme le Francais et ses verna…pareil ?

Les Bretons ne parlent plus comme Panoramix comme les Français ne parlent plus comme Ronsard ? ?

Dam », Dame, Damned ! !

Portrait de guynaouec

à dy Portrait de dy De guynaouec

Tête de con Breton | 12H58 | 04/08/2008 | Permalien

c'est parce qu'il y avait plusieurs pays en Bretagne ( ex : pays du Léon, Cornouaille, Trégor, etc) et chaque pays avait son Breton.

Dans l'est, on parlait Gallo, qui est une langue latine.

A Brest mêm », on parlait Ti zef.

Portrait de guynaouec

à Jean-François@Carenton Portrait de Jean-François@Carenton De guynaouec

Tête de con Breton | 12H53 | 04/08/2008 | Permalien

d'autant qu'il n'existe pas de breton unique et que l'on ne parlait pas breton partout en Bretagne. Le Breton enseigné dans les école Diwan est une construction.

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 18H52 | 02/08/2008 | Permalien

Pour savoir qui on est et où on va, il est important de connaître sa langue régionale. Le Breton, l'Occitan, le corse…, ce ne sont pas des patois mais des langues. En Bretagne les écoles Diwan (cours en Breton et en français) ont de plus en plus d'élèves et le Breton peut-être pris comme seconde, troisième langue au baccalauréat. Les sénateurs avaient refusé de voir les langues régionales inscrites dans la constitution française et les députés ont passé outre l'avis de leurs aînés qui avaient connu l'époque où l'on tapait sur les doigts de l'élève, avec une grosse règle en bois, si celui-ci parlait une autre langue que le français à l'école. Ca les a tellement marqués les sénateurs, qu'ils en arrivent à oublier tous les bienfaits de maîtriser plusieurs langues…

http://phil195829.overblog.com

Portrait de leon.trotski

De leon.trotski

Trés à gauche | 19H07 | 02/08/2008 | Permalien

Bonsoir Monsieur,

J'habite Marseille, une ville cosmopolite, on nous en rebat les oreilles.

Comme vraiment beaucoup dans cette ville, je n'ai aucun ancêtre provençal, des italiens du sud et du nord et des Suisses à ce que j'ai su, voila mes origines !

Il n'empêche que j'adore ma ville, et que je le dis, en français du mieux que je peut.

Alors vous comprenez, les langues régionales…

Bien entendu on est en démocratie (Les droits de l'homme sont gravés en français au fait ! )

chacun croit ce qu'il veut.

Bonne soirée.

Portrait de miremond

De miremond 34942

19H32 | 02/08/2008 | Permalien

je suis marseillaise de parents et de grand parents marseillais et je n en fais pas une gloire
j aime le marseille tel qu il est et j aime que tout le monde y parle avec l accent

Portrait de leon.trotski

De leon.trotski

Trés à gauche | 19H48 | 02/08/2008 | Permalien

Bonsoir,

L'accent c'est « un restant » de dialecte, moi aussi je l'ain
et ne veut pas spécialement le perdre.

j'aime ma ville et je le dis et me répète , en français.
D'ailleurs, déjà marseille avait une spécificité dans la provence.

et puis, le provençal parlé à Martigues différait (un peu). de celui parlé à Toulon par exemple.

On peut ainsi aller trés loin dans le morcellemnt pour les dialectes.

Voir le Basque par exemple.

Bonne soirée Madame.

Portrait de le_Concombre

De le_Concombre

prof | 18H53 | 02/08/2008 | Permalien

Il faudrait que tous les Européens parlent en europanto plutôt que dans s'enfermer dans des barrières linguistiques nationales ou régionales, ce serait bien plus rigolo !

http://www.europanto.be/

Portrait de tiloo87

De tiloo87

papa | 18H55 | 02/08/2008 | Permalien

Tous ces discours démontrent une ignorance crasse de l'histoire du « français » !
C'est le résultat de 2 siècles (et oui, notre « français » n'a guère plus, alors que certaines langues « régionales » sont millénaires) de tentatives d'unification par le bas : nier l'existence des autres langues composantes , modifier ou occulter l'histoire et de braves gens instruits, comme vous, n'imaginent pas une seconde que la France n'ait pas toujours parlé « français » (depuis les romains, disiez vous ? ? ? ha ha ha ! ! ).
Bien sur qu'une langue commune est nécessaire, mais pas à l'exclusion des autres : renseignez vous sur les bienfaits du bilinguisme (ou multilinguisme) précoce .

Portrait de mick69

à tiloo87 Portrait de tiloo87 De mick69

10H56 | 03/08/2008 | Permalien

Bien entendu vous avez des enregistrements et des textes qui prouvent que le breton n'a pas varié depuis 1000 ans ? A l'époque il devait y avoir une variante de la langue par village et une variation importante par siècle (rien qu'aujourd'hui il reste au moins 4 variantes du breton)

Le problème n'est pas de triturer l'histoire passée. Le problème est actuel : nous avions la chance d'avoir hérité d'une langue commune (et d'un pays parmi les plus riches du monde). Cette langue commune sera progressivement détruite si les projets regionalistes aboutissent.

Portrait de Campilles

à mick69 Portrait de mick69 De Campilles

Catalunya Nord (66) | 14H07 | 03/08/2008 | Permalien

Le catalan et l'occitan, issus du bas-latin au haut-moyen-âge, sont fixés depuis plus longtemps que le français (qui n'était que le francilien appelé « francien » des langues d'oil). Le breton est évidemment plus ancien encore, et le basque était là avant le latin, sur une surface correspondant à une belle partie de l'europe occidentale (et oui ! ). Il mériterait d'avoir le respect et la notoriété du grec. Et toutes ces langues sont fixés mais pas figées, elles évoluent, se modernisent, comme le français.
Alors pourquoi le francien, après avoir été imposé aux autres langues d'oil, puis plus largement à l'état français et une partie du monde, ne respecterait-il pas enfin ses aînées ? !

Portrait de alan

De alan

19H01 | 02/08/2008 | Permalien

Tout d'abord merci pour cet excellent article qui commence à faire penser que les idées préconsues faites autour des cultures dites régionales sont en train d'évoluer positivement, et ceci dans l'intérêt de tous. Je suis moi-même écrivain occitan et je connais bien le milieu littéraire occitan pour vous confirmer que, loin des clichés, une nouvelle génération d'écrivains continue d'arpenter ce qui est, depuis nos « trobadors », notre territoire de toujours, c'est à dire : la littérature.
Que ces oeuvres et écrivains occitans soient plus lus, commentées, étudiés, appréciés à l'étranger qu'en France est malheureusement une réalité. Le centenaire du prix nobel de littérature de Frédéric Mistral, en 2004, a été célébré notamment en Suède où sur l'invitation du ministère de la culture, un ami écrivain a été invité à cete commémoration. Quid de la France ?
Fermer son regard, ignorer une culture est une insulte peut-être plus grave que la contester ouvertement. J'espère que le dialogue succèdera au mépris.

Portrait de otto didakt

De otto didakt

citoyen en colère | 19H01 | 02/08/2008 | Permalien

la difficulté, chers internautes, c'est de faire la part des choses entre la richesse que peut représenter une langue régionale et les dérives communautaires inévitables « grâce » aux extrémistes de tout poil et qui n'iront qu'en empirant - communautarisme qui semble faire partie d'un plan d'action de nos si belles démocraties européennes !
allez savoir pourquoi ?

Portrait de Humain

De Humain

19H47 | 02/08/2008 | Permalien

Les langues régionales c'est important.

Dans la nouvelle constitution, on a voté l'entrée de la Turquie (dans les faits), et personne n'en parle.

Et demain il faudra parler Breton pour un emploi à Rennes ? Super !

Et à l'Elysée, on parle quelle langue ?

Portrait de kadwalan

à Humain Portrait de Humain De kadwalan

bilingue | 20H42 | 02/08/2008 | Permalien

« Et à l'Elysée, on parle quelle langue ? »
Souvent la langue de bois, j'en ai bien peur ! ? !

Portrait de guynaouec

à Humain Portrait de Humain De guynaouec

Tête de con Breton | 13H44 | 04/08/2008 | Permalien

Non, il faudra parler le Gallo pour trouver un emploi à Rennes. ; )

Portrait de den

De den

19H52 | 02/08/2008 | Permalien

De toutes façons la plupart des langues régionales sont issues du latin.
Un occitan comprendra une grande partie du catalan tout comme un auvergnat.
Et puis l'anglais s'internationalise à vitesse grand V.
Moi qui suis issue d'indépendantiste catalan, je comprend le souhait des langues, non pas régionales mais fédérales européennes. Ainsi va l'histoire.
L'état lui même a tiré un trait sur les parutions scientifiques,elles doivent se faire en anglais !

Portrait de Baurelyre

à den Portrait de den De Baurelyre

21H47 | 02/08/2008 | Permalien

« L'état lui même a tiré un trait sur les parutions scientifiques,elles doivent se faire en anglais »

Ce n'est nullement l'Etat qui impose cette habitude, mais la docilité des milieux académiques devant l'imperium des « globish » sectoriels, dont l'amorphie syntaxique est un défi de chaque ligne à la rigueur scientifique…

Portrait de kadwalan

De kadwalan

bilingue | 20H21 | 02/08/2008 | Permalien

L'article est intéressant. Dommage que le titre soit un peu tendancieux, mais peut-être est-ce une simple accroche provocatrice… Non, les langues régionales sont plus qu'une littérature. C'est une réalité quotidienne vécue par des millions de Français, dont je suis. Oui, la modification constitutionnelle me fait plaisir car elle met fin à une injustice envers des millions de Français, presque exclusivement issu de milieu modeste et populaire. Nous sommes Français, mais jusque là, l'une nos langues, différente du français, héritée de nos parents et de nos ancêtres, tous Français eux aussi pourtant, était étrangère à la Loi suprême de notre pays. Voilà chose réparée. Je ne vois de quels « idiots » parlent mick69. Il est inutile d'être méprisant et de dire n'importe quoi pour discréditer ce à quoi on est hostile : aujourd'hui, en France, il n'y a aucun locuteur de langue régionale qui ne sache le Français par ailleurs. Les locuteurs de langue régionale sont au minimum bilingue (ou plutôt en situation de diglossie). C'est un fantasme que de laisser accroire que les partisans des langues régionales défendent des communautés coupées du reste du monde et en premier lieu de leur environnement linguistique qu'est le français. Les opposants aux langues régionales (parler de « patois » au XXIe siècle est anachronique) s'appuyent généralement sur la réligion d'état « Un Etat, une langue, un Peuple » (n'est-ce pas là une une construction artificielle bien plus perverse, Jean-François@Carenton ? ) pour faire croire que l'Homme ne peut parler qu'une seule langue unique et donc, que si l'on parle une langue régionale, on abandonerait le français par la même. C'est l'idée des vases communiquants : elles est complètement érronée s'agissant des langues, c'est un mensonge scientifique. Tous les études sociolinguistes montrent un enrichissement linguistique mutuel et que la pratique de deux langues favorise par la suite l'apprentissage de langues suppléméntaires. Les enfants scolarisés dans les quelques filières bilingues maitrisent en général bien, sinon très bien trois, quatre langues et sont en capacité d'en apprendre beaucoup plus. D'ailleurs, le dogme français « un Etat, une langue, un peuple » ne se rencontre que très rarement par le monde (même pas très souvent dans les Etats non-démocratiques). L'article de la constitution qui déclare les langues régionales comme partie intégrante de notre patrimoine ne préconise nulle part le délaissement du français. C'est archi-faux. C'est un fantasme, tout comme le complot de ne je sais quel lobby économique. Croyez-vous réellement qu'il y a de l'argent à gagner en vendant des produits culturels (livre, CD, DVD…) en langue régionale ? La modification de la constitution est une avancée symbolique, malheureusement sans beaucoup d'effet, s'il elle devait simplement en rester là. Chañs vat deoc'h-holl ha d'ar c'hentañ tro (C'est du breton et ce la veut dire : « Bonne chance à tous et à la prochaine »)

Portrait de Pépé la Jactance

à kadwalan Portrait de kadwalan De Pépé la Jactance

insituable | 21H24 | 02/08/2008 | Permalien

Et je vais ressortir ça, qui n'a pas pris une ride :

« Il me paraît que le monde n'a de sens que dans le respect des pluralismes et que son sort se joue à tous les niveaux pour ou contre cette définition. Breton, Français et citoyen du monde, qui me dénie une seule de ces composantes me rejette de la communauté ; je ne veux pas nourrir en moi une part maudite qui maudirait mes frères ; je ne puis servir les autres qu'en étant moi-même. Cela s'appelle la démocratie, qui n'est que l'ordre naturel des hommes. Sur un point, pourtant, ma foi est plus précise : je crois aux pauvres. Je crois aux peuples qu'on a vaincus, soumis, humiliés, qu'on a faits valets, mercenaires, putains, à qui on a accroché un sabot au cou. Dites-moi si le monde est gardé, demande Glenmor, notre Glenmor, le poète errant qui va de porte à porte avec sa guitare, chantant la nation bretonne ; et partout, dans les villes, les villages, à la Mutualité où l'acclament les Bretons de Paris, la foule répond : Non ! – Non, le monde n'est pas gardé, personne n'a le droit d'apposer des scellés sur un seul de ses domaines. Il est sans honneur de voler son nom à un peuple. Mais ce nom, c'est aussi à vous, démocrates, à vous tous qu'on l'a volé. »

Morvan Lebesque,

Comment peut-on être Breton,
essai sur la démocratie

(Sous-titre capital : étonnant, pour un sous-titre, non ? )

« Je ne puis servir les autres qu'en étant moi-même » : tout est dit, non ?

Portrait de pikasso02

De pikasso02

20H49 | 02/08/2008 | Permalien

Non, les langues régionales ne sont pas que littérature ! Elles sont à entendre plus qu'à lire. Quand Jules Ferry imposa le Français en 1880, Mistral et les régionaux de France durent apprendre le Français. Le plus grave fut pour les sourds, à qui l'on interdit le langage des signes. Pour les sourds, Jules Ferry s'est trompé.Pourtant avec du recul, que tous les habitants de France apprennent le Français fut le bon choix. Comment aurions-nous pu évoluer en France ? Cela n'empêcha pas les régionaux de continuer à parler patois et progressivement d'apprendre le Français. Supprimer les langues régionales aujourd'hui serait une erreur. Celles et ceux qui s'y intéressent le font par passion et pour la sauver. Mais ils parlent très bien le Français. Ne pas oublier que la vie est courte ! Et que la langue est la courroie de transmission d'un siècle à l'autre. Libre à ceux qui souhaitent consacrer leur vie au patois de leur coin de pouvoir le faire, comme d'autres peignent ou jouent du piano. Mais le français doit être enseigné en premier. Et pourquoi pas le patois comme deuxième langue. Quand nous devrons tous parler Anglais, ce qui ne saurait tarder, le français deviendra langue régionale. N'empêche que ceux qui ne parleront pas anglais seront handicapés. Mais la vie est courte et le temps finit par imposer ses choix en fonction de notre mode de vie. Dans un siècle ou deux, les français ne parleront plus le français. Ce sont les cultures qui décident des changements et de la décadence ! ! ! Comme hier aux infos, sur les peintures retrouvées dans des chambres après la destruction des Bouddhas monumentaux. Ce ne sont plus les frères Van Eyck qui ont inventé la peinture à l'huile ! Incroyable ! Le scoop ! Les peintures retrouvées dans les chambres ont été peintes à l'huile. Dans les écoles d'art il y a quarante ans, nous apprenions qu'en Egypte, les peintres utilisaient l'huile pour peindre. Ne mélangeons pas « peinture à l'huile » additionnée de vernis pour qu'elle synthétise en un ensemble indestructible avec l'huile qui participa à la peinture dans les chambres retrouvées. Dans toutes disciplines, certaines connaissances ne doivent pas se perdre. Les livres édités sur l'art c'est la même chose. Il faut que tout le public comprenne. Les éditeurs semblent éditer pour vendre et non plus pour découvrir du nouveau. Passionné de peinture comme d'autres de langue régionale, je suis désespéré de trouver des bourdes écrites par des conservateurs. Nous devrions sauver en priorité ce qui ne doit pas être perdu et ne pas nous informer avec de fausses découvertes.Excusez la longueur.Mais le Picasso que nous connaissons maintenant tous, n'est pas le bon. Du nouveau pourrait devoir être dit sur sa façon de peindre. Cela est devenu impossible. La chaîne a été brisée au début du 20ème siècle, et personne ne s'en est rendu compte. La peinture et le dessin ne devraient pas mourir. Cela n'a rien à voir avec les langues régionales. Ou le français qui un jour sera remplacé ! Pour le dessin, vieux de plusieurs millénaires, ce n'est pas la même chose. Bonne soirée

http://pikasso02.skyrock.com/

Portrait de mick69

De mick69

20H54 | 02/08/2008 | Permalien

Je me demande quel lavage de cerveau il y a eu dans les écoles lors des 25 dernieres années pour que tant de français détestent leur pays, leur langue et leur culture nationales.

L'éloge des bilinguismes régionaux, quelle escroquerie : c'est le rejet assuré pour tous ceux qui ne parlent que le français et l'évidente première étape vers la sécession. Toute la classe politique a craché sur la préférence nationale du FN et voilà qu'elle pose les bases de l'inévitable préférence régionale

Enfin, heureusement qu'il restera le globish pour communiquer avec 12 mots et un grand raffinement parmi les 500 dialectes européens :

Hello !
I want to buy this thing
I want to sell this thing
I want to eat
I want to drink
I want to fuck
I want to sleep

Portrait de kadwalan

à mick69 Portrait de mick69 De kadwalan

bilingue | 21H13 | 02/08/2008 | Permalien

« Je me demande quel lavage de cerveau il y a eu dans les écoles lors des 25 dernieres années pour que tant de français détestent leur pays, leur langue et leur culture nationales. »

Je ne sais pas. Mais en matière linguistique, le dogme « un Etat, une langue, un Peuple » a vécu car il s'agissait d'une supercherie, d'une construction artificielle qui niait la réalité, de même que la France une et indivisible, le drapeau, la Marseillaise, et tout le tralala qui ne concerne qu'une minorité élitiste. Je crois que le peuple reprend pouvoir peu à peu.

« Toute la classe politique a craché sur la préférence nationale du FN et voilà qu'elle pose les bases de l'inévitable préférence régionale ».

Encore une fois, aucune langue n'est à exclure et ce n'est pas la modification de la Constitution donnant une reconnaissance aux langues régionales qui préconise l'abandon du Français. Je ne vois pas le rapport. Jusque là, la Constitution ne pronaît que LA préférence nationale en matière linguistique, chere aux archaïques et nostalgiques du FN. Aujoud'hui, elle s'ouvre un peu, mais n'instaure nulle part la préférence linguistique régionale, c'est une lubie. L'article 2 demeure inchangé : « la langue de la République est le français ».

Portrait de mick69

à kadwalan Portrait de kadwalan De mick69

11H50 | 03/08/2008 | Permalien

La préférence régionale, c'est le fait que si votre rêve se réalise, les offres d'emploi et les postes électifs en Bretagne seront à terme inévitablement et peu à peu réservés uniquement aux gens parlant breton (ou breton ET français pour rester dans le bilinguisme tant vanté).

C'est à dire le rejet quasi xénophobe de tous les français qui ont autre chose à faire que d'apprendre une nouvelle langue à chaque changement d'emploi

Cet aspect politique est d'autant plus dommage que la culture bretonne est depuis longtemps très appréciée en France, que ce soit par la belle chanson Tri Martolod (trois matelots) ou les légendes celtiques (une fois traduites en français ! )

Cela dit les régionalistes celtisants opposés à la France jacobine devraient se méfier des retournements historiques : dans 30 ans, la Bretagne peut très bien être indépendante, parlant breton… et couverte de minarets et de macdo. Typiquement celtique, non ?

Portrait de kadwalan

à mick69 Portrait de mick69 De kadwalan

bilingue | 12H23 | 03/08/2008 | Permalien

« La préférence régionale, c'est le fait que si votre rêve se réalise, les offres d'emploi et les postes électifs en Bretagne seront à terme inévitablement et peu à peu réservés uniquement aux gens parlant breton (ou breton ET français pour rester dans le bilinguisme tant vanté). »
->Et bien si le breton est nécessaire pour le poste (enseignement, traduction ? que sais-je ? ), je ne vois ce qu'il y a de choquant à vouloir des gens qui parlent breton. Quand une boite recherche une secrétaire trilingue, je ne suis pas choqué de voir disqualifier des condidtas qui ne maîtrisent pas les langues qui leur seront nécessaire…

« Cela dit les régionalistes celtisants opposés à la France jacobine devraient se méfier des retournements historiques : dans 30 ans, la Bretagne peut très bien être indépendante, parlant breton… et couverte de minarets et de macdo. Typiquement celtique, non ? »
Je ne suis pas devin, je n'en sais rien. Je sais par contre que ne suis pas islamophobe, ni antiaméricain par nature non plus. Je ne recherche en rien quelque exclusivité bretonne ou autre pureté celtique débile. Il y des MacDo en Bretagne dont la signalétique est bilingue français-breton et je trouve pas cela choquant. Ce qu'on y sert, l'est bien davantage. Mais boire du cidre et manger des crêpes matin, midi et soir, ça gave pas mal aussi ! Ce qui m'importe c'est de parler mes langues, dont le breton en Bretagne, celle de mes parents, citoyens français à part entière, langue que la Constitution ne reconnaissait pas jusquà la semaine dernière. Cet état illégal contribuait fortement à son déclin. On peut aujourd'hui avoir un peu d'espoir…

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