Les langues régionales ne sont-elles que littérature ?
Le 21 juillet, le Parlement a entériné avec une voix d'avance la réforme des institutions. Parmi les différentes propositions, peu avaient fait l'objet d'un consensus. Une néanmoins avait été adoptée en première instance à la quasi-unanimité, soit tout parti politique confondu, par l'Assemblée, et refusée, à la quasi-unanimité… par le Sénat. Son texte est maintenant définitivement adopté : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France. »

Inscrire les langues régionales dans la Constitution française est un acte majeur au regard de l'histoire de ce pays. En effet, depuis plusieurs siècles, les langues régionales de France ont été écartées des lieux publics, et souvent avec mépris. Une « violence symbolique », selon le concept de Pierre Bourdieu, s'est longtemps exercée sur les cultures régionales de France.
De la « chasse aux patois » à la révision de la Constitution
Amplifiée au cours du XXe siècle, la « chasse aux patois » avait commencé bien avant, notamment avec l'ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539. Il est vrai qu'à notre époque, les locuteurs des différentes langues régionales sont bien moins nombreux qu'ils n'ont pu l'être dans le passé et donc sans doute moins « dangereux » pour l'unité nationale, bien que ce soit l'une des raisons avancées par les sénateurs pour expliquer leur refus de cette proposition de changement de la Constitution. Les revendications des « régionalistes » seraient pourtant en France plus d'ordre culturel que politique.
L'une des principales d'entre elles serait que l'on cesse de confiner les cultures régionales uniquement au milieu populaire, notamment paysan, et au passé. Et c'est en cela que le changement de la Constitution, essentiellement symbolique, est une ouverture. Il existe notamment une littérature en langue régionale qui est, souvent, dévalorisée ou sous-estimée, méconnue du grand public et qui peine à être intégrée en dehors des études spécialisées et des cercles d« amateurs avertis.
Citons par exemple, pour les terres d'Oc, le poète et écrivain provençal Frédéric Mistral, qui obtint le prix Nobel de littérature en 1904. Qui s'en rappelle ? Entre ceux qui ne le connaissent pas et ceux qui le sous-évaluent en considérant son œuvre comme “folklorique”, on est loin de s'imaginer qu'il pourrait être honoré, comme ce sera le cas en 2010 à Valparaiso (Chili), lors du Ve congrès international de la langue espagnole, au même titre que Pablo Neruda.
Troubadours anciens et modernes
Et que dire des troubadours ! Oui bien-sûr… L'image du troubadour allant de château en château traverse tous les imaginaires. Et leur renommée fut et est encore internationale. Gérard Gouirand le rappelait en introduction du dossier principal du dernier numéro de la revue littéraire Europe, tout en soulignant une plus amère réalité :
“On remarquera que les neuf contributions ici proposées proviennent d'auteurs de nationalités très diverses : Allemagne, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Italie. C'est, d'une certaine façon, dire la place qu'occupent les troubadours dans la littérature universelle et dans la recherche, même si cela ne reflète que partiellement l'état actuel des études occitanes : pauvres, pour le moins en France, c'est en Italie qu'elles sont les plus florissantes, selon une tradition qui commence dès l'Alighieri”.
On pourrait aussi se demander combien considèrent, au même titre que leur invention d'une lyrique poétique, créant de nombreuses filiations, que les troubadours ont codifié et inventé une langue, la langue d'oc, formée avant la langue française depuis le latin, tout comme Dante Alighieri a donné les bases de ce qui deviendra l'italien ?
Nombreux sont également les auteurs contemporains qui produisent des œuvres modernes et de qualité dans le domaine musical, poétique, théâtral et littéraire… de Moussu T e lei Jovents et Lo Còr de la plana à Jòrgi Reboul et Florian Vernet, ou encore Max Rouquette (1908-2005)…
Le cas catalan…
Alors que le débat autour de l'intégration et de la reconnaissance officielle des langues régionales dans la Constitution était en cours en France, le gouvernement espagnol gagnait un procès contre le gouvernement catalan pour que trois petites heures hebdomadaires d'espagnol, et non plus deux, soient obligatoirement enseignées dans les écoles primaires et secondaires de Catalogne, car l“enseignement ne s‘y fait plus quen catalan.
Dans cette région limitrophe des terres d'Oc, la situation est donc diamétralement opposée, mais peut-on la préférer ? Les Régions’ ont en Espagne un statut bien différent de la France. Beaucoup plus autonomes, elles sont à même de mener une politique valorisant l'identité régionale. Les ‘langues régionales’ y sont notamment pratiquées quotidiennement, elles investissent aussi bien l'espace public que privé.
La Catalogne est la Région la plus offensive dans ce cadre, et la plus contestable… Sa politique linguistique a été l'une de ses priorités depuis la fin du franquisme et l'accès à une forme d'autonomie en 1979, donnant à la langue le statut de langue officielle, au même titre que l'espagnol (article 3). Près de trente ans plus tard, le catalan est devenu ‘la’ langue d'enseignement en Catalogne, elle est obligatoire.
Ceux qui souhaitent que leur progéniture suive des enseignements primaires, secondaires… en espagnol, doivent se tourner vers les écoles privées, ou changer de région. Dans les écoles publiques, l'espagnol fait donc figure de ‘deuxième langue’, voire parfois, de ‘langue étrangère’ ! Ainsi les nationalistes catalans entretiennent avec l'espagnol, les contraintes que les nationalistes français ont pu exercer sur les parlers régionaux de France…
Un roman écrit en catalan véritable succès commercial…
Avec une presse écrite en catalan, des chaînes de télévisions modernes et dynamiques, des radios, des manifestations, mais aussi une grande indépendance vis-à-vis de l'Etat espagnol dans la gestion de la vie de ses citoyens, la Catalogne est un Etat dans l'Etat.
Et si la langue et la culture espagnoles restent néanmoins majoritairement partagées par la population, les efforts menés depuis des années par les nationalistes commencent à porter leurs fruits : exemple symbolique mais très parlant, le dernier prestigieux prix littéraire Ramon Lull a été attribué à une jeune femme d'origine marocaine, Najat El Hachmi, qui a écrit ce deuxième roman en catalan.
Son premier roman s'intitulait ‘Jo també soc catalan’ (‘Moi aussi je suis catalane’). Avec ‘L'ultim Patriarcha’ (‘Le dernier patriarche’), elle réussit ce qu'aucun Breton, Corse ou Occitan ne pourrait imaginer en France : devenir un succès commercial. Le livre, réimprimé déjà six fois en mois de six mois, sera traduit en espagnol au mois de novembre. Il promet d'être l'un des grands succès littéraires de la rentrée.
L'ordre se serait-il inversé dans le milieu de la littérature ? En effet, pour les générations précédentes –dont Enrique Vila Matas, José Luis Zafon, Idelfonso Falcones ou Javier Cercas sont sans doute les plus représentatifs et les plus connus– écrire un roman, un article ou un essai se fera d'abord en espagnol, puis leurs écrits seront traduits en catalan.
Avec ‘Le dernier patriarche’, ce fut le contraire. Attendons de voir comment sera reçu ce roman une fois édité en espagnol…. et si le catalan va devenir la langue de l'écriture pour les futurs grands écrivains catalans.
Le catalan, langue de l'intégration ?
Mais à côté de cet intérêt louable pour comprendre la situation des immigrés en Espagne, les non-nationalistes enjoignent à la prudence : les Catalans s'intéressent à tout tant que ce n'est pas en castillan, ou relevant de la culture castillane…. Pourquoi un tel ostracisme ? Ainsi cette décision inédite lors de la dernière foire de Francfort, où les Catalans ont déchaîné la polémique : en choisissant d'inviter uniquement des auteurs écrivant en Catalan, le gouvernement catalan a fermé la porte à ses plus prestigieux auteurs… écrivant en castillan mais vivant en Catalogne, et étant natifs de cette région ! Où sont donc les limites de l'identité ? Et des politiques régionalistes ?
Aussi peut-on s'interroger sur l'avenir de ces langues dites ‘régionales’ qui, dans une certaine mesure, exclues d'un côté et excluantes de l'autre, peinent à trouver une place en dehors de tout contexte politique, là où seule la littérature parlerait…
Elisabeth Cestor, avec la complicité de José Ignacio Martin
Photo : (Rémi Leroux)
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à papy55
De DBL8
Retraité | 07H53 | 04/08/2008 |
»…Il est vrai que des gens trop instruits peuvent devenir dangereux pour l'élite gouvernante… »
Pas que pour eux (l'élite gouvernante), les cranes d'œufs… je m'en méfie à un point tel que je les évite !
Souvent, ils nous prennent pour des ignares à qui il faut diffuser un savoir au compte-goute ; et encore, en pensant que nous n'allons rien comprendre.
Je l'ai constaté à plusieurs reprise en voyant leurs air condescendant lorsque des précisions leurs sont demandés !
Tout juste s'ils ne disent pas : vous n'allez pas comprendre.
à papy55
De Compte supprimé le 21 janvier 2
10H17 | 05/08/2008 |
Hélas, je crains que les élites n'en n'aient rien à foutre du grec ancien et du latin. HEC et Sup de Co, c'est le degré zéro de la culture, c'est des mecs qui n'ouvriront jamais un livre de leur vie. Ils ont 35 ans et ils ne parlent que de leur console WII.
Les lecteurs de Duby, Le Goff, Sartre, Michelet, Gracq, Hobsbawn, Soboul, Marx et Foucault, c'est une secte, juste un truc infime.
JFT_Charenton
à DBL8
De orties
15H57 | 04/08/2008 |
à DBL8 (« débile 8 ? ? »)
Et le plaisir d'apprendre pour apprendre, même des choses pas immédiatement monnayables (et, de ce fait, être moins con), qu'en faites-vous ?
J'ai étudié le latin avec beaucoup de douleur, je l'ai oublié, pratiquement jamais utilisé - et pourtant, il m'en reste quelque chose : de la CULTURE, une certaine connaissance de l'antiquité, etc.. Je ne regrette pas de l'avoir étudié.
Evidemment, encombrer son cerveau de connaissances « inutiles », ça peut paraître ridicule à certains.
De Servais-Jean
alpha-béta | 17H37 | 02/08/2008 |
Les langues, le camembert, le chabichou, … même combat.
Vive la France.
De macjack
bûcheron | 17H57 | 02/08/2008 |
L'exemple catalan est intéressant. il y en a de multiples autres, depuis le basque et le gallois, jusqu'au français en Louisiane, en passant par le romanche en Suisse ou l'Allemand en Belgique.
En France, je crois qu'il y a un consensus pour que le français soit la langue commune, mais absolument pas la langue unique, ce qui est une conception de la démocratie culturelle pour le moins curieuse, pour ne pas dire fascisante.
D'autre part, il n'y a qu'un seul statut digne des langues régionales : la co-officialité avec le français dans les régions concernées, ce qui veut dire bien sûr leur réhabilitation dans le domaine public et l'enseignement.
Mais allons jusqu'au bout : la réhabilitation des langues, là où il y en a, doit préluder, cette fois-ci partout sur le territoire de la République, à l'application du principe de subsidiarité que nous avons signé au niveau européen, et qui consiste pour être clair, en un renforcement des budgets et des pouvoirs des régions, au détriment du pouvoir central, lequel devra se dégraisser et se recentrer sur les tâches régaliennes…
C'est de mon point de vue, l'un chantiers essentiels à mettre en oeuvre dans notre pays qui jusqu'ici s'est contenté de régionaliser en surface son centralisme d'état.
à macjack
De cooboolt-
DISPARU | 19H23 | 02/08/2008 |
« En France, je crois qu'il y a un consensus pour que le français soit la langue commune, mais absolument pas la langue unique, ce qui est une conception de la démocratie culturelle pour le moins curieuse, pour ne pas dire fascisante. »
Moi, il me semble que c'est le plus simple ainsi afin de ne pas contraindre et faire disparaitre ce qui crée la différence, donc la richesse culturelle. Avec l'anglais c'est la même chose à une plus grande échelle. J'avoue ne pas tout comprendre de ce que vous dites et si je me trompe n'hésitez surtout pas à me reprendre car c'est un honneur pour moi de rester à l'écoute du savoir (surtout de celui que je n'ai pas). Merci d'avance.
De nonow
européenne | 18H00 | 02/08/2008 |
Brezhoneg bev !
De ericj
18H29 | 02/08/2008 |
Diviser pour régner : les régionalistes sont au mieux des poètes (et dans ce cas, oui, il faut les publier et les enseigner pour que vive leur langue) au pire des rétrogrades abscons qui feront une drôle de tête quand ils recevront des SMS en breton ou en basque…
Que cela nous plaise ou non, les langues régionales sont un frein à la communication.
Lorsque les nationalistes catalans auront fini leur crise d'adolescence ils s'apercevront (mais un peu tard) que l'espagnol est une des langues les plus usitée sur la planète et qu'eux ne la parlent plus !
Quand un catalan qui ne parle que catalan rencontre un breton qui ne parle que breton, qu'est-ce qu'ils se disent ? Rien… alors ils se tapent !
Et c'est reparti…
De cooboolt-
DISPARU | 19H53 | 02/08/2008 |
Pas besoin de parler la langue de l'autre pour communiquer avec lui et j'en veux comme preuve que j'utilise toutes sortes de subterfuges pour communiquer avec des anglais ou des allemands quand il viennent en vacance dans mon patelin. Moi, je suis ex-yougoslave serbo-croate d'origine né en France et je le parle couramment, ce qui ne m'empêche pas d'admirer la langue française et de m'acharner sur son orthographe et tous les sens qu'elle offre. Mais ce n'est pas pour autant que j'oublierais ma langue maternel. Mes enfants, je ne les force pas à l'apprendre, mais j'essaie de leurs donner envie de la connaitre. Dans la vie, il est toujours possible de tirer les choses vers le haut, il faut juste pour cela en avoir envie et ne pas se laisser déborder par la difficulté. Notre culture et notre cerveau a les limites qu'on lui impose, mais en matière de langues je ne crois pas que l'on puisse lui imposer de limite si le cœur y est.
à cooboolt-
De Compte supprimé le 21 janvier 2
10H36 | 05/08/2008 |
Le problème de la langue et de l'identité, c'est une vraie question. A l'évidence, votre langue maternelle est une vraie richesse, que vous avez raison de continuer à pratiquer. Vous vous exprimez en Français sans laisser tomber le Serbo-croate, et c'est très bien pour vos enfants : la Serbie a une histoire, il ne faut pas l'oublier. Les Hollandais parlent un anglais impeccable, et ils n'ont pas laissé leur nationalisme au placard.
Une remarque personnelle : quand je croise un étranger (au boulot, en général), je trouve totalement obscène de dire à un Chinois, un Indien ou un Espagnol (ou un Flamand), « good morning », « thank you », etc… Je leur dis tout simplement « Bonjour » ou « Merci », et c'est beaucoup mieux comme ça. Ça crée une marque de respect et de connivence qui passe très bien (OK, le coup du Flamand, c'était juste une blague).
JFT_Charenton
à ericj
De kazhkoad
- | 21H25 | 02/08/2008 |
Vous tapez tous ceux que vous ne comprenez pas ?
Avec votre logique il ne faudrait qu'une seule langue au monde (mandarin ou anglais ? ) …
« Quand un catalan qui ne parle que catalan rencontre un breton qui ne parle que breton, qu'est-ce qu'ils se disent ? “ les revendications concernant les langues régioanles ne visent pas à supprimer le français mais à permettre d'utiliser le Breton ou une autre langue régionale… (ce qui n'a rien à voir avec la Belgique : en effet, contrairement à la France ils n'ont pas tous une même langue en commun à laquelle ils en rajoute une seconde)
à kazhkoad
De ericj
22H09 | 02/08/2008 |
Non, je ne tape pas ceux que je ne comprends pas… : )
Et, « ma » logique est en fait celle de la « globalisation » du monde… Évidemment sur un plan individuel ce que vous dîtes et très juste et moi-même je regrette de ne plus entendre l'argomuche de Paname dans notre belle capitale… malheureusement, le sort d'une langue ne se jouera pas sur le désir individuel mais sur la capacité d'un collectif à prouver l'intérêt de son usage en dehors de cette collectivité… et là, malheureusement, en dehors des poètes on ne trouve que des « politiciens » de l'indépendance linguistique.
Quant à la langue non pas unique mais comprise par tous, oui, c'est une nécessité.
à ericj
De Campilles
Catalunya Nord (66) | 00H23 | 03/08/2008 |
Les « politiciens régionalistes » représentent en Catalogne Nord (française) moins de 2%, et encore en comptant toutes les voix « pour rire et se défouler » (vote contestataire comme d'autres). Mais les discours sur le « français langue commune et unique », « le catalan exclut » (alors que ceux qui portent cette accusation n'ont qu'un but, exclure l'usage social du catalan), « gentils poètes ou dangeureux terroristes secessionnistes », tous ces discours ulcèrent la grande majorité des catalans, car ces discours sont faux, partiaux, simplistes, agressifs…
La langue commune, le français, évidemment, ce débat est dépassé dans nos « petits pays intérieurs » depuis longtemps. Hormis trois caractériels et deux originaux, tous les locuteurs de langues régionales utilisent le français ! ! Mais sans autoriser l'usage social, quotidien, dans la rue, au boulot et sans se faire engueuler, une langue se meurt, comme un arbre sans eau, sans qu'on ait le courage ou l'audace de le couper, et en plus en se foutant de lui en lui lançant d'un ton hautain « mais tu n'as qu'à vivre, voyons ! »… La plupart prétendent même l'aider à survivre en lui pissant sur les racines…
Bienheureux les parisiens qui dominent le territoire français, suffisants et sûrs de leur bon droit, sans avoir dans leur coeur cette épine que sont nos origines et notre « autre » langue… Qu'il est facile de ne pas avoir d'origine et de se moquer de ceux qui en ont… De parler d'avenir, parce qu'on ne veut pas se poser de questions sur le passé, sur les passés… Et je dis ça sans haine contre mes compatriotes de la Capitale, ils n'y sont pour rien… Il s'agit d'une politique d'état parfaitement constante depuis plusieurs siècles, quels que soient les régimes en place…
De Pibole
auteur | 09H39 | 03/08/2008 |
ce qui est amusant, c'est que l'on trouve formidable quand les gens sont bilingues : français/anglais, français/allemand, français/…, mais on s'émerveille moins des autres bilinguismes (français/arabe, français/turc et j'en passe).
Alors, pensez-donc, revendiquer un dialecte que l'on ne sait même pas forcément écrire !
Pour moi, tout ce qui ouvre le mécanisme de la traduction, de la recherche d'équivalence, de la comparaison de vocabulaire fait travailler l'esprit et l'intelligence. Alors, c'est bon.
à ericj
De Spiripotain
dilettante | 10H58 | 03/08/2008 |
« Diviser pour mieux régner »… Parce que « ça » n'a pas régné jusqu'alors ? Finissons-en avec l'ultra-centralisme français. Tous les pays européens sont fédéraux (Allemagne, RU, Espagne…) mais ce serait un crime contre la République que de laisser les « provinces » manifester l'ombre d'un désir d'identité ! Non, la République n'est pas en danger !
Les anciennes provinces ont été débitées en morceaux (Bretagne, Normandie) ou noyées dans des ensembles administratifs (Savoie, Flandres, Pays Basque…). De fausses régions ont été crées, (Pays de la Loire, Centre, Rhône-Alpes,…)qui ne parviennent à trouver une identité. Et tout cela au bénéfice du pouvoir central.
Dan sa jeunesse, Louis XIV a été traumatisé par la Fronde. Tous les systèmes politiques qui ont suivi ont poursuivi dans la même idée d'un état centraliste. C'est bon, Condé est mort. On peut lâcher la bride….
à Spiripotain
De ericj
17H36 | 03/08/2008 |
L'ultra-centralisme a permis (sans être parfait, loin de là) d'avoir des régions au niveau de vie économique et culturelle quasi-identique et d'éviter les égoïsmes Flamands ou Piémontais d'aujourd'hui.
Et si pour consolider et améliorer ce système il faut en passer par le sacrifice des langues régionales (et des pseudo-autonomies qui ne favorisent que les riches) c'est sans hésiter que je les sacrifie ! J'ai dit sans hésiter, pas sans regrets…
à ericj
De Spiripotain
dilettante | 21H23 | 03/08/2008 |
Bon, alors maintenant, un petit effort intellectuel : est-ce que sans (centralisme), on aurait pu arriver à la même chose ?
Sans doute, puisque les autres l'ont bien fait…
Mais non, il faut bien évidemment sacrifier quelque chose pour gagner l'égalité, la liberté et la fraternité…
Honnêtement, vous y croyez ? Et si on en finissait avec les icônes ?
à Spiripotain
De ericj
08H32 | 04/08/2008 |
Un petit effort intellectuel va m'être difficile : je suis monolingue…
Et je ne vais pas répéter ce que j'ai écrit ci-dessus et qui me parait clair.
Vous êtes vous posé la question de ce qu'il a fallu perdre en terme de communication visuelle ou olfactive, en gestuelle du corps, pour qu'un ensemble d'individus finissent (sûrement contre le bon gré de certains) par parler basque, breton ou catalan ?
Honnêtement, vous êtes persuadés que les premiers hommes parlaient votre langue ? Et si on en finissait avec les nombrilismes ?
à Spiripotain
De Compte supprimé le 21 janvier 2
12H22 | 07/08/2008 |
Il ne vous aura pas échappé que l'histoire de France diffère de celle le l'Allemagne ou de la Russie. La France, en gros, tient la route depuis Philippe Auguste, l'Allemagne c'est une création de Bismark. L'Italie c'est encore plus tard.
Si effectivement ça a été un peu chaud pour Louis XIV dans sa jeunesse, c'est parce qu'une bonne partie de la noblesse (Condé, etc…) était protestante. Ce n'était pas un problème de régionalisme, une idiotie à l'époque. Quant aux frontières naturelles de cette belle province de Normandie, j'aimerais bien en voir les contours. Il semblerait que ce soit encore plus simple avec la Savoie, dont le Duché a donné les 2 départements actuels, au millimètre près, en 1860, à part 2 ou 3 villages du côté italien.
De leon.trotski
Trés à gauche | 18H29 | 02/08/2008 |
Bonjour,
Au risque de passer pour un affreux réac.mais j'assume.
Je ne suis pas d'accord du tout pour cette reconnaissance des langues régionales.
Est il bien naturel de maintenir « sous perfusion » à mon sens, les dialectes régionaux ?
On parle le français, langue dérivé du latin, la langue des envahisseurs d'une certaine époque. On ne parle plus le gaulois ?
Une langue c'est comme tout, ça vit, ça évolue ,ça meurt.
Voila ! C'est mon avis personnel.
à leon.trotski
De miremond
19H19 | 02/08/2008 |
oui la langue actuelle de la france est le francais et l essentiel est d avoir des citoyens qui le parlent correctement ! ! ! ! et il vaut mieux essayer de se comprendre tout en conservant son accent et les expressions qu employaient nos parents
à miremond
De Campilles
Catalunya Nord (66) | 00H32 | 03/08/2008 |
Quand j'utilise dans mon français des mots ou expressions de chez moi, parfaitement acceptées en catalan, langue latine plus anciennement fixée que le français, codifiée, reconnue en espagne, italie, andorre, à l'ONU, et bien en France, ou on rit de moi (on me jetterait presque des cacahuètes)ou on grimace devant la « faute de français ». Il n'est que rarement « normal » de se permettre de dévier du Petit Larousse, même si c'est grammaticalement correct. Alors non, en France on n'accepte pas les langues régionales, même pas les expressions qui en restent dans le français courant, et si peu les accents de France, qui ne sont que les fantômes de nos langues…
à Campilles
De orties
16H06 | 04/08/2008 |
Ce que vous décrivez, c'est exactement ce que j'ai vécu.
On est loin du compte en ce qui concerne « l'unité nationale » si un Parisien méprise un Provincial à cause des expressions qu'il emploie ?
à leon.trotski
De jabier
consultant dans les Landes | 00H46 | 03/08/2008 |
En France, la république jacobine, a induit l'uniformité linguistique sur son territoire. Ce qui à induit des malentendus, des quiproquos et parfois des drames.
Elle a aussi donné au français l'incapacité d'apprendre et de parler couramment d'autre langue. Chacun sait que plus on pratique de langages, plus il est facile d'en acquérir d'autres. Nos voisins Espagnols s'ils ont un Castillan comme langue véhiculaire, a coté le Basque, le Catalan, le Galicien etc.… ont un rôle pour l'identité provinciale incontestable. Les jeunes Espagnols s'en sortent très bien au contraire ils se sentent plus riches que les Castillans.
De Gina Grimont
18H32 | 02/08/2008 |
Si les langues régionales deviennent comme en Catalogne une dictature linguistique, cela sera fini des brassages des populations et de la mixité culturelle !
Parlons tous la langue nationale, tout en respectant les langues régionales !
à Gina Grimont
De macjack
bûcheron | 09H27 | 03/08/2008 |
Sans doute, Gina Grimont. mais pour le moment, chez nous en France, c'est bien le français qui est dans la situation de dictature linguistique que vous dénoncez, la langue française elle même n'y étant pour rien, une langue est neutre : elle joue simplement le rôle qu'on lui fait jouer.
Sans parler de l'outremer, tous les Français non-Franciens de l'hexagone (Occitans, Catalans, Flamands, Basques, Bretons, Alsaciens, Mosellans) parlent actuellement le français : l'objectif républicain d'avoir une langue commune est donc à présent réalisé, et la seule façon de respecter les langues régionales, ce que d'ailleurs vous souhaitez démocratiquement, c'est de les enseigner et de ne plus les bannir du domaine public.
Bien cordialement.
De Compte supprimé le 21 janvier 2
18H45 | 02/08/2008 |
Là, je sens que je vais me faire des copains. Les langues régionales, c'est le faux-nez derrière se cachent tous ceux qui méprisent la République (la « gueuse », dixit l'Action Française). L'Occitan, c'est une pure construction intellectuelle : le patois de Corrèze n'a rien à voir avec ce qui se parle à Rodez ou Arles… Cette reconstruction « a posteriori » d'une « langue » est une pure manipulation. Idem pour les Bretons : les « fest-noz » sont une pure (re)construction des années « 70 (Alan Stivell, Gilles Servat, etc…), et “on” nous fait passer ça pour une tradition millénaire… (triste avantage d'avoir plus de 50 ans). En gros : arètez de nous réécrire l'histoire !
PS : le vinyle “Alan Stivell live à l'Olympia”, de 1971, c'était quelque chose.
à Compte supprimé le 21 janvier 2
De compte-supprimé
Haggard | 20H08 | 02/08/2008 |
exact d'autant que Stivell ne s'appelle pas Stivell. Il a choisi sa régionalité bretonne, il aurait tout aussi bien pu choisir l'autre moitié.
à compte-supprimé
De kadwalan
bilingue | 20H37 | 02/08/2008 |
Faux. Le breton Stivell n'est autre qu'une forme diminutive de son nom de famille qui est Kozhstivelloù, autrement écrit « Cochevelou » à la française, pour l'état-civil. Traduction : Kozh = vieux, vieille et Stivelloù = fontaines.
à kadwalan
De Pépé la Jactance
insituable | 21H17 | 02/08/2008 |
(Kadwalan a tiré plus vite que moi ! )
Servat n'est pas né en Bretagne, lui. Mais il la chante magnifiquement. Est-ce pour ça qu'il n'aime pas la France ? Non, bien sûr. parler une langue régionale natale n'empêche en rien de parler le français, l'anglais, etc. Être bilingue facilite les chose pour devenir trilingue et mieux : multilingue.
Je dors en Bretagne ce soir
Gilles Servat
Les pommiers fleuris du printemps
Et la grêle de temps en temps
Sur les talus la blanche épine
La tige fine qui s'incline
Les ajoncs de La Roche-Bernard
Beauté prise dans un regard
Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir
L'abeille sur le liseron blanc
Et en surface d'océan
L'évanouissement des vagues
L'ombre d'un chemin qui zigzague
La graine des genêts craquant
En plein midi au bord des champs
Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir
Les bruines de l'arrière-saison
Voilant des ports sans horizon
Une sirène qui résonne
Portant mélancolie d'automne
Le galop fou du vent salé
Sur l'infini des monts d'Arrée
Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir
L'onglet du pêcheur étripant
Le poisson sur le pont glissant
L'alignement mégalithique
Que fait reluire la pluie oblique
Et un peu de neige parfois
Qui blanchit l'ardoise des toits
Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir
Dans la beauté