Le rmiste, le travailleur social et sa calculatrice

Petites et grandes soustractions, de Christine Thépénier

Depuis la fin de l'année 2004 et la dernière vague de décentralisation, la gestion du RMI est à la charge des conseils généraux. A cette époque dans les Bouches-du-Rhône, les « rmistes » étaient plus de 68000. Fin octobre 2007, le nombre de bénéficiaires atteignait 53825, équivalent à une baisse de plus de 20%.

A la fin du mois d'avril dernier, leur nombre est même passé à 52524, soit, comme le signale le Conseil général sur son site internet, « une baisse de près de 1400 allocataires en un mois » :

« Sur la période 2005-2008, la diminution moyenne mensuelle du nombre d'allocataires s'établit à 452. »

Que signifient ces chiffres ? Où sont passés les quelque 15 000 allocataires en moins entre 2004 et aujourd'hui ? Ont-ils retrouvé un emploi ou sont-ils dans une situation encore plus fragile que celle qu'ils connaissaient en touchant le RMI ?

Une chose est certaine, et pas vraiment nouvelle : le nombre de bénéficiaires des minimas sociaux dans les Bouches-du-Rhône reste considérablement élevé, signe de la pauvreté d'une part importante de la population.

Souvent dénoncés par les travailleurs sociaux, les contrôles très stricts exercés conjointement par la Caisse d'allocations familiales (CAF) et le Conseil général pour réduire le nombre d'allocataires ne masquent pas cette réalité.

« Avec 390 euros par mois, il ne s'agit pas de gérer un budget mais de survrivre »

Christine Thépénier est documentariste. Depuis plusieurs années, elle souhaitait réaliser un film sur la pauvreté à Marseille, la ville où elle a grandi. Ce qu'elle a fait dans « Petites et grandes soustractions », un documentaire présenté au printemps qui « porte essentiellement sur le contrôle insupportable exercé par les institutions sur les personnes bénéficiaires du RMI, souvent déjà en grandes difficultés ».

Dans son film, « les institutions » -CAF et Conseil général- ne sont jamais « incarnées ». Mais sont omniprésentes. Les allocataires du RMI en parlent, mais à visages couverts. Un parti pris militant pour dénoncer certaines pratiques des unes et préserver les autres…

Alors, pour raconter son histoire, Christine Thépénier s'est appuyée sur deux personnages à l'interface. Katy Bartoli et Stéphane Montabone sont assistants de service social. Ils travaillent à « Protis », un lieu d'accueil RMI de Marseille :

« Lorsque j'ai rencontré Katy Bartoli, elle m'a dit : “Vous voulez raconter le travail d'une assistance sociale dépressive ? Ok, je suis d'accord…” Avec le temps, j'ai surtout trouvé qu'elle était très lucide sur son métier ».

Par ailleurs formatrice, Katy Bartoli intervient auprès des étudiantes et étudiants de troisième année en formation « d'assistant de service social ». Illustration de cette « lucidité » à propos de la manière dont une famille serait censée « gérer son budget ». (voir la vidéo)

Christine Thépénier cherchait également à remettre « un peu de solidarité dans une société qui en manque cruellement ». Dans sa façon d'être à l'écoute de l'autre, Stéphane Montabone incarne ce petit supplément d'âme. (voir la vidéo)

Stéphane Montabone s'agace contre « l'absurdité » d'un système qui le fait « osciller entre la colère et le découragement ». Il pointe aussi ses excès et dérives, et notamment ces « contrôles CAF qui aboutissent à des radiations ». (voir la vidéo)

« C'est peut-être un documentaire qui enfonce des portes ouvertes, prolonge la réalisatrice, mais en même temps, on n'est pas souvent allé voir derrière ce qui s'y passait ». L'association nationale des Assistants de service social (ANAS) a d'ailleurs salué « l'utilité » d'un tel travail :

« Ce documentaire montre avec quelle humilité et persévérance des professionnels de terrain continuent à accompagner les usagers les plus en difficulté malgré leurs doutes et leurs interrogations. »

En toute fin de documentaire, Michel Chauvière, sociologue spécialiste des politiques et pratiques sociales, met des mots sur « ces doutes et ces interrogations ». (voir la vidéo)

Pour le titre de son documentaire, « Petites et grandes soustractions », Christine Thépénier a eu le déclic après une discussion avec une amie :

« Je lui ai montré les rushs et la première chose qu'elle m'a dite, c'est : “Ils font sans arrêt des soustractions tes personnages”.

“Effectivement, je me suis aperçue que leur outil de base, c'était la calculatrice et qu'à chaque fois, ils calculaient ce qui allait rester aux gens pour vivre… Pour moi, c'est l'équation libérale : l'addition pour les riches, la soustraction pour les pauvres”.

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De punky

ni jah ni maitre | 01H59 | 12/08/2008 | Permalien

Il y a plusieurs mois de cela un article dans les journaux /Mr Le president de région je crois MENnUCHI ?
Ce vantait qu'il y avait -20% de RMIste et de compléter son article en disant que la plupart de ces RMIste relevaient plus de la Médecine voir de la psychiatrie que du conseil général…arghh
Quand tu es SDF tu dois faire un contrat d'insersion tous les trois mois…(qui pas ailleurs ne sert à rien)et attendre qu'il soit validé par le conseil régional(ce qui peut prendre 3 mois aussi)tout est fait pour dissuadé le chalant ! !

Portrait de punky

De punky

ni jah ni maitre | 02H07 | 12/08/2008 | Permalien

Une jeune femme conseillère familiale m'a dit il y a peu de temps que bientot pour les personnes hebergés les revenus des hebergeants serait pris en compte pour le versement du RMI ? ? ?
J'aimerai savoir si il y en a d'entre-vous qui on un peu plus d'info sur cette futur infamie ? ?

Portrait de FabiendeMénilmontant

à punky Portrait de punky De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 17H20 | 12/08/2008 | Permalien

en théorie, les revenus de toutes les personnes vivant sous le même toit sont pris en charge pour le calcul de tout ce qui dépend de la CAF.
de même, sur la TH, si une personne se déclare domiciliée « chez M. et Mme Truc », l'année suivante le calcul de la TH de ce couple se fait en incluant la personne.
cela peut poser des problèmes, notamment pour les colocations avec beaucoup de rotation, comme cela se pratique dans les grandes villes ou aux abords.

Portrait de interrogatif

De interrogatif

poseur de question à rennes | 02H20 | 12/08/2008 | Permalien

Je suis « un méchant » travailleur social ayant bossé dans les services sociaux du Conseil Général 29 ! Merci à Rue89 et à l'auteure du documentaire d'apporter enfin un éclairage positif et réaliste sur nôtre travail !

Et j'ai pu faire le constat suivant : depuis 5 ou 6 ans le tendance est à la rentabilité économique ! En matière de travail de réinsertion les TS sont sous pression des rédacteurs CLLE (qui sont des administratifs, parfois sans aucune culture du milieu du travail social) qui ne jurent que par la réinsertion par le travail. Une personne au RMI sera radié plus facilement si elle ne peut justifier d'une recherche active d'emploi ! La majorité des TS se battent contre cette tendance mais avec peu de succès !

Les points qui seraient à travailler pour une « vraie » réinsertion dans la société, tels les problématiques de santé, familiales, etc… sont négligés à cause d'une surcharge de travail phénoménale. J'ai eu jusqu'à 200 situations d'allocataires du RMI sans parler d'autres situations à gérer.

A bon entendeur, salut !

Portrait de Courageux anonyme

à interrogatif Portrait de interrogatif De existe

15H47 | 12/08/2008 | Permalien

Le Conseil Général du Finistère (de gauche, président Pierre Maille, PS et soutien de la première heure de Ségolène Royal pour la présidentielle de 2007) calque toute sa politique sociale, à la virgule près, sur celle mise en place par Nicolas Sarkozy dans le 92.

Portrait de eelisa

à interrogatif Portrait de interrogatif De eelisa

Délinquante au coin de la rue | 16H57 | 12/08/2008 | Permalien

Je vous avais fait une réponse soft, très gentille, et… pftttt ! disparue…

Je vous disais en gros que je vous remerciais de votre témoignage, que je connaissais quelqu'un qui reprend ses études pour devenir TS avec beaucoup de difficultés, parce qu'elle même maman célibataire sans revenus…

Mais apparemment, mon post a du être considéré comme nuisible…
Mais c'est reconnu je n'ai aucune vision claire comme certains libres penseurs…

Portrait de Arnaud Aubron

à eelisa Portrait de eelisa De Arnaud Aubron

Rue89 | 17H43 | 12/08/2008 | Permalien

Désolé, on a eu un petit problème de modération, mais c'est rentré dans l'ordre. Des commentaires ont été republiés.

Portrait de eelisa

à Arnaud Aubron Portrait de Arnaud Aubron De eelisa

Délinquante au coin de la rue | 18H11 | 12/08/2008 | Permalien

Merci Arnaud, du coup je me retrouve avec deux posts à peu près identiques… tant pis ; )

Portrait de Compté supprimé 2

à Arnaud Aubron Portrait de Arnaud Aubron De Compté supprimé 2

Compte supprimé 2 | 19H06 | 12/08/2008 | Permalien

envoyez le tee shirt !

Portrait de Révolutiona

à interrogatif Portrait de interrogatif De Révolutiona

Hawwah | 23H24 | 12/08/2008 | Permalien

Cela dépend des milieux,mais pour moi, TS, c'est tentative de suicide…

Oui, je suis d'accord avec vous Interrogatif, le reportage vidéo met l'accent sur l'implication des « TS » et c'est bien : il est clair qu'ils ne collaborent pas à la mise à l'index de ceux pris dans les « délires » de la vie !

Portrait de interrogatif

à Révolutiona Portrait de Révolutiona De interrogatif

poseur de question à rennes | 01H56 | 13/08/2008 | Permalien

« Cela dépend des milieux,mais pour moi, TS, c'est tentative de suicide… » => TDS aussi ça marche

On peut le voir comme ça « tentative de suicide » aussi Révolutiona vu dans quelles conditions on travaille parfois ! Et vu comment une certaine partie de la population et l'image qu'on véhicule généralement !

Portrait de Révolutiona

à interrogatif Portrait de interrogatif De Révolutiona

Hawwah | 23H27 | 12/08/2008 | Permalien

Cela dépend des milieux,mais pour moi, TS, c'est tentative de suicide…

Oui, je suis d'accord avec vous, Interrogatif, le reportage vidéo met l'accent sur l'implication des « TS » et c'est bien : il est clair qu'ils ne collaborent pas à la mise à l'index de ceux pris dans les « délires » de la vie !

Portrait de malabar

De malabar

"gaucho" dans la pampa champenoise | 06H07 | 12/08/2008 | Permalien

Comme toujours j'ai lu des commentaires a l'emporte pièce : non la fraude n'est pas une généralité et oui les RMIstes doivent d'abord penser à survivre et non « gérer leur budget ». Il faut être passé par là pour comprendre, quand vous touchez quelques centaines d'euros par mois pour faire vivre votre famille, que vous devez passer régulièrement a la banque alimentaire pour remplir un peu des placards et frigos désespérément vides, vous en prenez plein la tête, vous êtes détruit intérieurement et la honte vous ronge (oui c'est du vécu). Une vie ça ? Vous rigolez…

Un grand merci au passage a tous ces travailleurs sociaux, ceux qui font bien leur travail, qui vous donnent l'impression que vous êtes important et pas un emmerdeur professionnel qui vient gonfler les statistiques par fainéantise et pleurer sur son sort à la permanence du mardi.

Alors il s'agit de quoi ? De se donner bonne conscience en donnant le minimum vital ? Ou de permettre à une majorité de remonter la pente si savonneuse ?

Pour moi, radier quelqu'un du RMI ce n'est rien de moins que de l'euthanasie sociale.

Portrait de eelisa

à malabar Portrait de malabar De eelisa

Délinquante au coin de la rue | 07H43 | 12/08/2008 | Permalien

Merci de votre témoignage.
Quelqu'un de ma famille va reprendre ses études à la rentrée pour devenir TS. Elle a un moral à toute épreuve et plein de bonne volonté. Par contre, elle-même est en train de se battre pour pouvoir toucher quelque chose pendant ses études, parce qu'elle est mère célibataire…

Quelle ineptie ce gouvernement qui permet à la misère d'être de plus en plus violente et qui essaie de la cacher avec des radiations !

Merci à tous ces travailleurs sociaux qui ont le courage de regarder en face la misère, sans baisser les yeux, et surtout sans rembarrer et regarder de haut les êtres humains qui ont tant besoin ne serait-ce que d'une poignée de main !

Portrait de Compté supprimé 2

à eelisa Portrait de eelisa De Compté supprimé 2

Compte supprimé 2 | 13H23 | 12/08/2008 | Permalien

@ elisa

conseille lui les AFR(allocation formation reclassement ) : s'il elle remplit les conditions.
Voir avec ANPE/ASSEDIC
à plus !

Portrait de eelisa

à Compté supprimé 2 Portrait de Compté supprimé 2 De eelisa

Délinquante au coin de la rue | 18H26 | 12/08/2008 | Permalien

Merci Hestia, mais pour les toucher apparemment elle a travaillé 10 heures en trop ! ! ! !
« travailler plus pour gagner plus » qu'il disait !
Les heures supp elle n'aurait pas du les accepter… : ))

Portrait de Compté supprimé 2

à eelisa Portrait de eelisa De Compté supprimé 2

Compte supprimé 2 | 18H58 | 12/08/2008 | Permalien

allez hop un courrier bien tourné au ministére et bien argumenté : sans travailleurs sociaux formés on ne pourra pas contenir la misére et là une grande explosion sociale arrive !
va les avoir ses AFR

Portrait de eelisa

à Compté supprimé 2 Portrait de Compté supprimé 2 De eelisa

Délinquante au coin de la rue | 10H26 | 13/08/2008 | Permalien

Raté effectivement Hestia !

Elle vient de me téléphoner en pleurs (elle a travaillé 10 jours en trop… la durée lui avait été « conseillée » par les assedic). Elle n'a droit à rien pendant au moins 4 mois, et après elle pourra essayer d'ouvrir de nouveau ses droits ou avoir le RMI.

Voilà l'avenir de ceux et de celles qui essaient d'évoluer dans leur vie !
Aurait-elle du rester serveuse toute sa vie, sans vouloir changer les choses ?
Elle a un petit garçon à sa charge… quel est son
avenir, avec aucun revenu pendant 4 mois au minimum, si tout va bien ?

Et après on va parler de profiteurs ?

Portrait de cooboolt

De cooboolt

Country people lost | 07H26 | 12/08/2008 | Permalien

Il faut comprendre qu'un Rmiste ça peut avoir du bon. Il a tellement peut pour vivre qu'il suffit de le tenter avec du boulot au noir et ça marche, dans pas mal de cas. La vie est si chère que même ceux qui le suivent administrativement et qui devraient le dissuader de tricher (et donc de favoriser la triche) ne le font pas. Dans ma recherche d'emploi, moi qui suis diplômé (diplôme payé par la commune), j'ai vus de jeunes gens se faire embaucher à la place pour laquelle je postulais, sans diplôme sous prétexte qu'ils étaient plus malléables. Ce qui intéressait en réalité l'employeur c'était les primes offertes pour ce genre d'embauche. Mais j'ai vus encore pire ! Des annonces proposés par des mairies changeaient après que je sois passé déposer une lettre de motivation et un CV, re-qualifiant l'annonce pour que je ne puisse plus faire le poids. Et vous pouvez toujours vous amuser à faire appeler le travailleur social qui vous suis pour votre insertion professionnel, par ce qu'on ne lui répondra même pas. Et si on me dit que souvent les Rmistes sont des gens déficients moralement, ça me fait doucement rire. Quant on est au Rmi, on à vraiment intérêt à avoir un moral à toutes épreuves sinon on choppe vite la mort ou la folie.

Portrait de Olivier34

De Olivier34

Enseignant | 07H50 | 12/08/2008 | Permalien

De quoi parle-t-on ?

Le problème du RMI, c'est un vaste problème quand on parle de chiffres.
Le dilemme du RMI c'est qu'il a été conçu comme un outil d'intégration assorti de prestations sociales et qu'il est souvent devenu un simple outil de prestations sociales. Il y a eu une évolution dans la conception du RMI, notamment pour rechercher la paix sociale.
En soit, cela ne me gêne pas que l'on coupe le RMI pour quelqu'un qui ne cherche pas à s'intégrer. Ce n'est pas un droit de tirage. De même, quelqu'un qui ne peut s'intégrer parce que malade (physiquement ou psychologiquement) devrait émarger sur d'autres dispositifs. plus adaptés à sa situation. Ceci étant, il faudrait que ces solutions permettent aux titulaires de ces prestations de s'en sortir…
En tout cas, ce qui manque dans l'article, c'est savoir ce que deviennent les gens qui quittent le dispositif, cela permettrait de savoir si on est sur une logique comptable ou sur un repositionnement des publics concernés (AAH, Minimum vieillesse…)

Portrait de vieilledame

à Olivier34 Portrait de Olivier34 De vieilledame

chômeuse | 23H01 | 14/08/2008 | Permalien

Je n'ai jamais réussi à me réinsérer grace aux soi-disant mesure de réinsertion : on ne m'a offert, dans le meilleur des cas que des boulots « aidés » temporaires (3 ou 5 ans). Avec bac plus 3 on ne m'a permis que des formations de secrétariat…(interdit d'être étudiant avec le RMI)…

j'ai même l'impression que l'indemnisation « amiante » a servi a faire glisser d'un dispositif à un autre…mais j'aimerais bien en avoir confirmation…

Il faut savoir que lorsqu'on passe d'un truc à l'autre (RMI à AAH par exemple, on nous reprend d'une main (suppression de la CMU, baisse des allocations logement) ce qu'on nous donne en plus apparemment de l'autre.

J'ai du me radier du RMI en déclarant ma fille indépendante pour que, étudiante, elle ait droit à une allocation logement…la mienne a aussitôt été amputée, seule je suis trop riche pour le RMI…(ASS de 440 euros par mois).

http://misere.org

Portrait de el loco

De el loco

éducateur spécialisé | 08H49 | 12/08/2008 | Permalien

bah que voulez vous dans une société qui ne reconnait que le mérite individuel
qui ne reconnait plus que les individus sont avant tout le produit d'une éducation et d'un environnement social avant d'être (un)dividu
dans une société ou le président nous dit sans cesse regardez ce que j'ai fait pour être ce que je suis et qui pense que son modèle est valable pour tout le monde
il ne peut en être autrement malheureusement
le RSA va faire un flop pour une raison bien précise et esquisser dans ce reportage : les entreprises n'embauchent pas (ou peu) des gens au rmi !
de plus une personnes au rmi depuis un bail à d'abord besoin de retrouver de la confiance en soi, de l'estime pour elle même et pour paraphraser Boris Cyrulnick elle a besoin d'un tuteur pour cela
ce qui n'est pas le cas avec le RSA puisqu'il ne reconnait que la possibilité pour les individus de cumuler salaire et rmi
c'est un peu comme si on essayait de passer de l'eau à l'état de glace à l'état vapeur sans passer par l'état liquide
MARTIN hirsch ne va créer qu'une nouvelle catégorie de rmiste : ceux qui travaillent et de fait il va créer une sous catégorie de travailleurs pauvres et stigmatiser les rmistes n'ayant pas retrouver d'emploi

en tout cas merci à ce reportage d'enfoncer des portes ouvertes

Portrait de voisin totoro

à el loco Portrait de el loco De voisin totoro

i have a dream | 20H19 | 12/08/2008 | Permalien

Sans vouloir faire mon scientifique ; ) le passage de l'état solide à gazeux existe bien et ça s'appelle la sublimation.

Plus sérieusement, le concept de résiliance cher à Cyrulnick fait référence à un traumatisme initial, ou une expérience personnelle douloureuse. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas de tous les RMIstes. Même si la perte d'estime est surement vécue, elle est avant tout issue de la précarité sociale (sauf cas particuliers). Ainsi le tuteur peut très bien être symbolique : un travail, un patron, un logement, une réconnaissance sociale… Pourquoi le RSA ne pourrait pas faire passerelle ?

Portrait de el loco

à voisin totoro Portrait de voisin totoro De el loco

éducateur spécialisé | 20H46 | 12/08/2008 | Permalien

effectivement dans quelques cas il sera efficient
mais pour la plupart des rmiste de longue durée il sera inopérant car il y a plus des deux tiers des rmiste qui sont dans ce système depuis plus de deux, trois années (en tout cas sur les villes de haute-normandie ) et ce laps de temps suffit à créer un isolement social et une perte d'estime de soi qu'il convient d'abord de dépasser avant de pouvoir penser à une réinsertion par le travail
ma femme travaille depuis dix ans dans des associations d'insertion comme sociologue du travail et a dans deux de ses missions celle d'amener des personnes en situation de grande précarité vers l'emploi (plus précisément vers la recherche d'emploi)cela est pour la plupart un long parcours !
mais voila les crédits allouées à l'une de ses missions (relais d'aide et d'écoute psychologique) ont été réduit de façon drastique et nous font craindre que cette mesure ne conduise que d'une part à créer deux nouvelles catégories de pauvres au rmi (ceux qui travaillent et les autres) et d'autres part renforce la précarité pour la plupart des rmsiste de longue date renforçant par la même la stigmatisation qu'ils subissent au quotidien

pour finir monsieur Hirsch prend pour modèle EMMAUS et il est vrai que ce mouvement a permis de sortir quelques SDF de la rue mais pour cela il a fallu qu'ils dépassent leurs situations et difficultés et cela n'as pu, ne peut, se faire que si ils ont la possibilité d'avoir un tuteur de résilience comme l'évoque Cyrulnick et le RSA oublie dangereusement cela car ne vous en déplaise être au RMI est en soit un traumatisme social et une expérience personnelle douloureuse

Portrait de voisin totoro

à el loco Portrait de el loco De voisin totoro

i have a dream | 22H00 | 12/08/2008 | Permalien

alors on parle là des grands marginaux pour qui le chemin vers la réinsertion est effectivement complexe, long, et pas sans risque de retour à la rue. Avant de trouver un boulot ils doivent déjà réapprendre à savoir tenir et concerver un logement, vivre avec des horaires, des règles de vie, etc… c'est justement la mission des centres d'hébergements non ? où l'on peut retrouver cette notion de tuteur au sein du personnel éducatif.
Mais autre problème, ça renvoie vers le manque de places disponible…

Portrait de el loco

à voisin totoro Portrait de voisin totoro De el loco

éducateur spécialisé | 09H02 | 13/08/2008 | Permalien

non non vous vous trompez
la grande majorité des personnes en question ne sont pas SDF , ils/elles ont un logement, quelques connaissance et pour certaine sont insérer dans un tissus social presque convenable
le problème c'est que lorsque vous végétez pendant quelques années à tourner en rond et à vous prendre veste sur veste vous commencez à croire que vous n'êtes pas capable et que le problème vient de vous ! et plus le temps passe plus cette réflexion s'enracine en vous
mais tout cela est très compliqué à comprendre pour quelqu'un qui n'as pas eu à vivre cela ou qui ne le côtoie pas régulièrement d'où, je pense, votre relative naïveté face à la situation de ces personnes il est plus facile de ce dire que l'on peut regler le problème de surface que de cerner le problème de fond
enfin aujourd'hui nous avons en charge la troisième génération de rmiste rendez vous compte certain gamin qui arrive sur le marché du travail n'ont jamais vu leur parents partir travailler mais , également leurs grands parents ! ! comment le travail pourrait être naturel pour eux !

le RSA c'est une chouette idée mais voila une politique sociale c'est un tout et pas l'empilement de mesure ! c'est d'ailleurs paradoxal puisque le même gouvernement parle d'un tout en matière de reforme et non d'empilement

Portrait de voisin totoro

à el loco Portrait de el loco De voisin totoro

i have a dream | 15H47 | 13/08/2008 | Permalien

Je vous cite : « mais tout cela est très compliqué à comprendre pour quelqu'un qui n'as pas eu à vivre cela ou qui ne le côtoie pas régulièrement d'où, je pense, votre relative naïveté »

Arf je préfère en rigoler…
merci quand même pour cet échange pas inintéressant.

Portrait de coraliedd

De coraliedd

retraitée ET très intéressée | 08H14 | 12/08/2008 | Permalien

Dans la plupart des conseil généraux du Sud les comptes sont à la baisse et la décentralisation (piège à cons) n'a fait qu'envenimer la situation. Les rentrées des conseils généraux sont limitées car soumises à la perception de taxes : mais comme les industries se sont toutes fait la malle dans les pays à bas coût surtout dans cette région ; ils essayent donc tous (de gauche comme de droite) de diminuer les sorties. Il faut qu'ils continuent à fonctionner, donc on taille dans le vif c'est à dire chez les plus fragiles : malades, rmistes.
Une personne ayant une maladie de longue durée et âgée se retrouve aussi privée d'aides car les seuils ont baissé en 3 ans ! Ils n'ont pas intégré que le coût de la vie a augmenté que les médicaments ont été taxés et/ou non remboursés(une personne remboursée à 100% a aussi des médicaments dits de confort pour amortir les effets de médicaments dus à sa maladie) ainsi que l'apparition de la « franchise médicale ».
Cette personne n'aura bientôt plus que la solution de l'hôpital alors qu'avec les aides dont elle bénéficiait précédemment elle pouvait rester à son domicile. Dites-moi si le séjour à l'hôpital ne coûte pas nettement plus cher que les aides fournies pour rester au domicile ? Et je ne parle pas de l'impact sur son moral et son bien-être car c'est un luxe à l'heure actuelle

Portrait de Compté supprimé 2

De Compté supprimé 2

Compte supprimé 2 | 08H37 | 12/08/2008 | Permalien

le souci avec ce RMI est qu'il devrait s'appeler REVENU MINIMUM D » EXISTENCE

je m'explique.
*Le revenu minimum a été créé avec l'idéologie chretienne : « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ».

Cela signifie : on fait l'aumone à quelqu'un d'un minimum pour survivre mais en échange on exige qu'il fasse un contrat (terme commercial) pour prouver qu'il veut s'inserer.
Mais bien sur qu'il veut s'inserer !
Seulement son« profil », fait qu'il n'est pas insérable !
et on le sait !

La perverité est de demander à des personnes de sortir du RMI alors que la sociètè fait tout pour les y laisser.

Cela s'appelle le double langage , un mensonge.

*Quant aux fraudes : elles n'atteindront jamais le montant des fraudes des délinquants en cols blancs

Portrait de punky

De punky

ni jah ni maitre | 09H12 | 12/08/2008 | Permalien

Il y a quelques années ,je me suis retrouvé au RMI pendant 3 mois….j'ai accepté un boulo à mi-temps (de 380 euros je passais à 540 euros)j'y ai perdu les avantages (CMU,transport,cantine)et à la fin des comptes je me retrouvais avec moins que le RMI….Une personne de la CAF m'a repondu que dans ma situation…je n'aurai pas dù accepter ce taf…Tant que le SMIC sera aussi bas,le choix sera vite fait pour beaucoup d'entre nous !
On oppose le travailleur pauvre à encore plus pauvre que lui et pendant ce temps d'autres ce gavent !

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