
Cité de l'image d'Arles: notre Grande Halle coupée en deux!

C’est à l’initiative de Maja Hoffmann, héritière de la société pharmaceutique Roche que Frank Gehry, architecte californien, propose le projet de sa fondation privée, Luma, à Arles.
Le dimanche 6 juillet l’agence d’architecture de Frank Gehry a dévoilé en notre présence, lors d’une présentation officielle, la maquette du schéma directeur de la fondation Luma sur le site des ateliers ferroviaires à Arles.
Sans aucune consultation ou concertation préalable, nous avons découvert, ainsi que de très nombreux témoins, la violation caractérisée de l’œuvre architecturale de la Grande Halle, réhabilitée par nos soins et inaugurée en octobre 2007 par le président de la Région Provence Alpes Côtes d’Azur.
Un projet qui porte atteinte au droit moral de notre agence
La présentation au public de ce schéma directeur porte atteinte au droit moral de l’agence Moatti et Rivière. Le coup porté à notre œuvre est inacceptable, et la méthode témoigne bien d’un réel mépris. Ce cas n’est malheureusement pas isolé dans la création architecturale et nous nous opposons avec force et conviction à cette attitude.
Ce projet public comporte un toit numérique, vaste écran de 3000 m2, unique en Europe où l’on peut diffuser des œuvres vidéo, des films, un lieu d’expression mutualisé par Internet, pour un art qui sort enfin des musées, pour un art vidéo qui devient un art dans la cité. Un lieu qui appartient à tous et surtout à tous les arlésiens.

Le projet de Maja Hoffmann, irrespectueux du travail d’auteur, coupe la Grande Halle en deux et par là même le toit numérique. Le premier acte de cette fondation dévolue à la création, à l’image et à la vidéo est de détruire un objet unique qui permet la diffusion à l’échelle de la cité d’œuvres vidéo et d’images.
Bizarre contradiction, point de départ oxymore qui commence par l’inverse de son projet et qui présage bien d’autres contradictions. Dans ce commencement destructeur, irrespectueux de l’esprit des lieux et du travail de création qui les précèdent, le projet de la riche héritière et de l’architecte des notables de ce monde, son commis, se croient tout permis. Sans doute, un effet de la mondialisation qui pose une approche Yankee dans un lieu Sudiste.
Le monde a besoin de relation, pas de séparation.
Nous demandons le rétablissement immédiat de l’intégrité de la Grande Halle et une concertation sur le programme de ce lieu. Le monde a besoin de relation, pas de séparation. L’art aujourd’hui doit "panser" le monde. Maja Hoffmann :
"Pouvoir urbaniser un morceau de ville ne vous donne pas seulement des droits mais aussi des devoirs".
Face à ce déni de la création d’une équipe d’architectes français, création plébiscitée et publiée internationalement, nous nous opposons à la diffusion de toute image de notre projet déformée par l’agence de Frank Gehry, sous peine de poursuite judiciaire.

► A lire aussi: Frank Gehry va transformer Arles en cité de l’image
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Ça manque un peu de contexte tout ça !
C’est quoi ce projet architectural dans un endroit rénové il y a à peine un an ? Les murs tombent déjà en miettes ?
C’est quoi cette fondation Luma ? À part être la fondation de Frank Gehry (enchanté !) elle sert à quoi ?
Enfin bon courage pour votre combat, mais ça serait quand même mieux si on connaissait toute l’histoire.
Bonjour, le début de l’histoire a été raconté il y a quelques jours… on peut le lire ici: « Frank Gehry va transformer Arles en cité de l’image ».
Merci je n’avais pas vu le lien en bas de l’article. Honte à moi.
La fondation Luma n’est en rien la fondation de Gehry ! Maja Hoffmann est une personne tout à fait estimable, dont les parents sont de grands defenseurs de l’écologie camarguaise. Maja est une personne charmante, simple et discrète qui a l’estime de tous les arlésiens.
Elle investi lourdement dans le développement de la ville (100 millions d’euros) et je ne vois pas ce qu’il y a redire à ça.
Ecrire des commentaires pour le plaisir de polémiquer n’est pas très constructif.
Moatti et Rivière ont raison de s’offusquer, certes, un peu de publicité est toujours bon à prendre, mais il serait plus juste de tenir compte de la réponse d’Hervé Schiavetti, qui a déclaré à l’AFP que rien n’était encore tranché, et que le projet de Gehry n’était qu’une proposition. Maja Hoffmann dépense sa fortune pour le bonheur des arlésiens, mais certainement pas pour son image personnelle, ni pour créer de polémique. Moatti et Rivière ont été rémunéré pour leur travail, et ne sont pas des mécènes. Un peu de retenue de leur part serait souhaitable, il me semble.
Messieurs Moatti et Rivière ont beau jeu de se parer de l’image vertueuse des artistes lésés.
Lorsqu’il s’agissait de demander à Supinfocom des films à diffuser sur leur écran géant (et toujours inactif), pour des essais, l’absence de son n’a pas semblé être une manière de dénaturer une production audiovisuelle !
Ils n’ont qu’a faire produire eux-même des images muettes pour ce fameux écran… Mais messieurs les artistes-architectes répondront peut-être que ce n’est pas leur attribution. Etrange façon de concevoir des projets architecturaux, sans se soucier de ce qu’on va en faire. Ils pourraient aussi, en toute transparence, dire combien ils ont été rémunéré pour leur travail, ce qui permettrait de mieux juger leur manière d’attaquer Maja Hoffmann, première mécène privée d’Europe.