Décès de Paul Carpita, réal du « Rendez-vous des quais »
Avec seulement quatre longs métrages à son actif, le réalisateur marseillais Paul Carpita, décédé samedi 24 octobre dans sa ville natale, a marqué l'histoire du cinéma des années cinquante. « Le Rendez-vous des quais », son film choc contre la guerre d'Indochine tourné entre 1950 et 1953, sera resté censuré jusqu'en 1990 (voir l'extrait) :
« Je ne suis pas un cinéaste, je suis un fils d'un docker et d'une poissonnière. Un instituteur passionné de cinéma, c'est tout. »
Séraphin « Paul » Carpita est né en 1922 à Marseille. Pendant la Seconde Guerre mondiale il s'engage dans la Résistance et devient membre des Partisans français.
Enrôlé au Parti communiste à la Libération, il fonde ensuite le groupe Cinepax qui va réaliser des reportages engagés sur la reconstruction de Marseille, sur les manifestations contre la guerre d'Indochine et sur la grande grève des dockers de 1950.
« Le Rendez-vous des quais », expliquera Pascal Tessaud, auteur d'un livre d'entretiens avec le cinéaste, frappe par « son enracinement dans le réel » :
« Tourné clandestinement avec des acteurs non-professionnels dans des décors naturels, caméra à l'épaule, il anticipe la Nouvelle vague et est considéré comme l'unique film néoréaliste français, le chaînon manquant entre “Toni” de Jean Renoir et “A bout de souffle” de Jean-Luc Godard. »
Sa filmographie est associée à Marseille, aux dockers, aux luttes syndicales, à la lutte pour la paix, mais aussi à la poésie de l'enfance. C'est encore et toujours à Marseille que Paul Carpita réalisera, en 2002, son dernier long-métrage, « Marche et rêve, les homards de l'utopie ».
« Dès que j'ai su me servir de la caméra, je l'ai tournée du côté des millions de gens qui ressemblent à papa et maman, les gens humiliés, méprisés », racontait encore récemment le réalisateur. Partisan d'un cinéma populaire et engagé, Paul Carpita était un « cinéaste franc-tireur ».
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De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 16H39 | 25/10/2009 |
J'avais vu Rendez-vous des quais en DVD, qui était ressorti récemment avec Les Sables mouvants. Autant Rendez-vous... tenait encore la route, plus pour des raisons militantes que proprement cinématographiques, autant j'avais été excédé par la mièvrerie des Sables, qui atteignait parfois un ridicule pas piqué des vers.
Tout ça pour dire que la mort du militant m'attriste, mais celle du cinéaste m'indiffère assez.
à thierry reboud
De Guy Valte
17H34 | 25/10/2009 |
Pourrais tu en dire un peu plus s'il te plaît, je n'ai pas vu ses films
à Guy Valte
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H22 | 25/10/2009 |
Disons que Rendez-vous garde un aspect intéressant par son aspect historique (l'attitude des communistes et des syndicalistes dockers face à la guerre d'Indochine) ou social (les difficultés du jeune couple à s'installer) et porte, si je ne me trompe sur un épisode authentique.
Le but des militants est de rendre visible une guerre qui se déroule loin de France et dont chacun s'accommode à condition qu'elle reste lointaine. L'un des aspects les plus réussis est la difficulté que rencontrent les responsables syndicaux à "emmener" des dockers ou des ouvrières (le personnage féminin, dont le prénom m'échappe, mène avec succès une révolte ouvrière dans l'usine où elle travaille) qui n'en voient pas bien la justesse.
Cet intérêt-là est très bien porté par le jeu des acteurs (tous non-professionnels), et on voit bien par où Guédiguian tient Carpita (et ce film-là particulièrement) pour une sorte de parrain de son propre cinéma.
En revanche, Les Sables mouvants est une sorte de Dupont Lajoie pas plus finaud et encore plus maladroit. Il sent ses années 70 à un point rare, et pas celles qui ont le mieux vieilli. Un truc quand même qui m'en reste, c'est le traitement (malheureusement pas très malin) du sort des travailleurs clandestins en Camargue. Mais au total, franchement, j'ai eu le sentiment de m'être tapé une purge. Et d'une certaine manière, avec Les Sables, je trouve que Carpita s'est cogné aux mêmes limites que Guédiguian dans ses films les moins réussis.
à thierry reboud
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 22H39 | 25/10/2009 |
Pas vu Sables mouvants. Rendez-vous excellent… Pour ceux qui résident en France métropolitaine, il est là :
http://www.imineo.com/cinema/drame/rendez-vous-quais-video-2905.htm
Sinon, en matière de cinéma, Rémo Forlani est mort cette nuit à l'hôpital Tenon aussi…
De Crepitus
Retraité | 19H04 | 25/10/2009 |
Il est mort, dommage, c'était un espèce de " cinétausaure ", un réalisateur qui pensait, qui filmait de l'humain. Pas de l'humain façon Pradel, non, la réalité de tout les jours, ce que le susnommé est, et sera, toujours incapable de faire. Carpita ne cherchait pas à montrer le sabotier ou autre profession en voie de disparition, non, il montrait les hommes (quand je dis hommes, il faut comprendre espèce humaine et non le mâle de homo sapiens sapiens) dans leur réalité, leurs problèmes et, parfois, leurs misères. Il y en a eu d'autres de cette espèce mais, hélas, soit ils sont morts, soit ils sont trop vieux, soit ils ne trouvent pas de financement ou de distributeurs. Heureusement nous avons Nicolas Hulot comme " successeur " !
De Billyglou
culturel | 05H09 | 26/10/2009 |
Ce cinéaste a commis une série de cours-métrages qui sont superbes : Marseille Sans soleil, La récréation...a voir absolument notamment pour les portraits d'enfants qui apparaissent dans ces films
Ce cinéaste à eu bcp d'influence sur Ken Loach notamment mais Guédiguian aussi et on le dis Rendez-vous des Quais est un film qui a joué une rôle dans l'avènement de La Nouvelle Vague...
C'était un homme chaleureux et plein de vie
C'était un grand monsieur, pas prétentieux, humaniste, qui a marqué à jamais (comme René Allio un autre grand peu connu) la longue histoire de Marseille et le Cinéma...