
LCM, Tribune du Sud : mauvaise passe pour les médias locaux
La petite chaîne marseillaise qui monte, qui monte… et puis qui retombe ? LCM (pour La Chaîne Marseille), connait la première vraie crise de sa jeune histoire. Mardi 30 juin, les quelque quarante salariés de cette télévision locale de qualité, présidée par Jean-Pierre Foucault et créée il y a tout juste quatre ans, seront en grève.
Objet de leur crainte et de leur colère : le report du dernier conseil d'administration de la chaîne à la fin juillet « sans projet pour la rentrée, sans grille validée, sans avenir élaboré et, surtout, sans explication aux équipes ».
Dans un communiqué de presse, les salariés s'inquiètent encore de ce que la chaîne présidée par Jean-Pierre Foucault pourrait « ne pas passer l'été » :
« Nous voulons savoir si le premier actionnaire de la chaîne, la Caisse d'Epargne, veut continuer l'aventure de la troisième télévision locale de France. D'après le président du conseil d'administration, des négociations sont en cours avec un grand groupe de médias. »
LCM n'a pas présenté de budget pour 2009, selon les salariés
Plusieurs actionnaires locaux, dont le groupe La Provence, pourraient choisir de ne pas prolonger l'aventure LCM. Ses salariés précisent qu'un tiers des postes ont été supprimés depuis un an (salariés partis et non remplacés), que plus aucun CDD ne serait signé à partir du premier juillet et que la direction de la chaîne n'a pas présenté « de budget en 2009, juste une ligne de crédit à la Caisse d'Epargne. »
La banque est actionnaire de LCM à hauteur de 49%. Pour le reste, La Provence et la Safim détiennent chacune 16% du capital, le groupe AB 11% et Sodexho Alliance et le groupe Dassault respectivement 4%.
Au mois d'août, LCM s'arrêtera de retransmettre pendant quatre semaines, une première depuis le lancement de la chaîne le 7 octobre 2005. LCM revendique aujourd'hui trois heures d'infos par jour, plus de 750 heures de direct par an et 87 000 téléspectateurs quotidien (source Médiamétrie janvier 2009). Ce qui en fait la troisième chaîne d'info locale.
Sollicitée par l'AFP, la direction n'a pour l'instant pas commenté les informations révélées par les salariés de la télé locale.
Chaîne locale = enjeu politique
Depuis sa création, LCM s'est par ailleurs souvent retrouvée au centre de polémiques politiciennes que ses journalistes ont systématiquement dénoncé.
Au moment de son lancement, la chaîne avait été perçue par certains comme une machine aux ordres du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin (UMP), et ce pour différentes raisons :
- L'actionnaire principal de la chaîne, la Caisse d'épargne, avait pour principal dirigeant « un ami » du maire de Marseille. Charles Milhaud, puisque c'est de lui dont il s'agit, a même été élu conseiller municipal UMP depuis ;
- Le président de LCM, Jean-Pierre Foucault, est également proche de Jean-Claude Gaudin ;
- Plus récemment enfin, c'est l'apparition dans l'organigramme de la chaîne de Guy Philip, ancien directeur de la communication de Jean-Claude Gaudin, qui avait provoqué quelques commentaires.
Au cours des dernières élections municipales toutefois, la tendance s'était inversée et LCM avait été accusée par le clan Gaudin (UMP) de « rouler pour Guérini », le candidat PS de la gauche. Des critiques que les journalistes de la chaîne n'avaient guère apprécié, assurant faire leur travail sans subir aucune pression ni d'un côté de l'échiquier politique, ni de l'autre.
« Tribune du Sud » s'arrête déjà !
Autre mauvaise nouvelle dans le paysage médiatique local : le journal Tribune du Sud parait pour la dernière fois ce mardi 30 juin. « Au revoir » barre la Une du numéro 47 du quotidien lancé le 15 mai, il y a tout juste un mois et demi.
L'expérience aura donc été courte pour un titre qui prétendait bousculer les lignes et remettre notamment en cause l'hégémonie de La Provence. A lire le dernier édito, dont voici un extrait :
« Le Sud est une terre aride où ceux qui ont soif de vérité ne trouvent guère d'oasis. La culture du silence qu'en d'autres contrées on appelle l'omerta n'est pas un vain mot. C'est une évidence : Tribune du Sud dérangeait. »
Dans un cas comme dans l'autre, ce n'est pas vraiment une bonne nouvelle pour la pluralité et la diversité des médias marseillais.
Article mis à jour : le 30 juin à 11h30.
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De ericparis11
juriste | 15H28 | 30/06/2009 |
Dommage pour ce journal qui s'avérait fort sympathique et intéressant. Mais de là à mettre en cause l'omerta, dire que l'on dérangeait (donc sous entendre que l'on a été flingué), il y a un pas. Un gros.
Ce journal a été victime de la crise de la presse écrite. Lancer un quotidien en plein crash publicitaire, alors que le lectorat est éthique (et pas qu'à Marseille), et que l'été approche : c'était un peu chronqiue d'un suicide annoncé…
à ericparis11
De jojomigrateur
Photojournaliste | 09H20 | 01/07/2009 |
Je ne sais pas si c'était la chronique d'un suicide annoncé mais l'arrêt brutal de « Tribune du Sud » n'est pas fait dans la clarté et la transparence.
C'est dommage pour le pluralisme de la presse locale.
http://jojomigrateur.over-blog.com/article-33305786.html
De zénon denon 84
Bonne | 15H21 | 01/07/2009 |
Que voici une bien triste histoire .
Quoique à Marseille ,il ne faut jamais s'étonner
de rien .
J'ai le souvenir dans las années 82 (une éternité ),
de la mort de radios -libres- qui ne plaisaient guère
déjà au » Maire de l'époque … »
Comme quoi ? rien de nouveau sous le soleil .
Presse écrite_radio libre _télé libre _ même combat
Mais sans toucher aux petits et grands chefs locaux .
et à leur infos aux ordres des marchands de …
Et un petit jaune loulou !