17/06/2009 à 13h12

Olympique de Marseille / Pape Diouf : bilan avant départ

Ted Hibert | So Foot


Robert Louis-Dreyfus a rendu son verdict : Pape Diouf est démis de ses fonctions. Le désormais ex-président de l'OM était en ballottage défavorable dans le conflit qui l'opposait à Vincent Labrune, le Président du Conseil de Surveillance de l'OM. L'occasion de dresser le bilan du président sénégalais à la tête des Ciel et Blanc.


Pape Diouf, PDG de l'Olympique de Marseille en janvier 2007 (Jean-Paul Pelissier / Reuters)

Évidemment, son absence non excusée lors de la réunion du Conseil de Surveillance de l'OM n'était qu'une excuse de façade pour mettre le Pape à la porte. Un prétexte qui cachait une querelle de bien plus longue date entre Vincent Labrune, président du Conseil de Surveillance, et Diouf. Voici le bilan du président du club depuis son arrivée en 2004, qui explique peut-être la décision de l'actionnaire majoritaire.

Les plus

En cinq saisons avec Diouf à sa tête, l'Ohème n'a consommé « que » trois entraîneurs, ce qui est relativement peu quand on sait que le club phocéen a grandement popularisé le concept de l'entraîneur jetable, même lors de ses années de domination acharnée du foot français.

Une stabilité en coulisses, qui s'est bien sûr traduite sur le terrain, avec des résultats d'une épatante régularité. 5ème, 5ème, 2ème, 3ème puis 2ème en 2009, Marseille est depuis 2005 abonné au premier quart du championnat, et ça, ça énerve.

Même si une petite secousse se transforme rapidement en tremblement de terre sur la Canebière, l'ancien journaliste et agent a amené cette sérénité qui faisait défaut à l'OM au début de l'ère Louis Dreyfus.

Autre gros atout qui plaidait en la faveur de l'actuel président : sa connaissance du marché des transferts -son passé d'agent y est forcément pour quelque chose. L'OM ne s'est que très rarement planté dans son recrutement avec Diouf à sa tête, et mine de rien, quelques noms ronflants sont venus fouler la pelouse du Vel'.

De Ribéry l'espoir à Cissé le buteur starisé en passant par la révélation Mandanda, peu de transferts foireux sont à mettre à l'actif du Pape. Un type qui a su faire de Lorik Cana, pilier du PSG recruté peu après son arrivée, l'âme de l'OM et gagner un bras de fer contre Ribéry. De quoi rendre jaloux un Bayern Munich...

Les moins

L'argument numéro un de ses détracteurs : l'absence de titre alors que l'Hexagoal lui tendait les bras. C'est bien beau de faire des finales de Coupe ou des deuxièmes places, mais l'OM n'a toujours pas ajouté la moindre ligne à son palmarès depuis seize ans, et ça, ça énerve. Diouf aura donc échoué là où les autres ont échoué, avec un peu plus de style.

Autre point négatif, Diouf n'a pas vraiment œuvré pour favoriser l'accalmie avec les rivaux de l'OM, notamment l'OL et le PSG. On se souvient des attaques par voie de presse envers Jean-Michel Aulas -« Je voudrais dédicacer cette victoire à Jean-Michel. Il nous avait désignés favoris, il avait bien vu » en février 2007- ou encore de la ridicule affaire des minots et de la propagande anti-parisianiste qui a suivi.

A la décharge du Pape, on peut dire que cet évènement n'a fait que renforcer sa crédibilité auprès des supporters, d'ailleurs son atout numéro un dans sa bataille contre Labrune.

 ? Mis à jour le 18/06/2009 à 12h20, après la décision de RLD.

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Photo : Pape Diouf, PDG de l'Olympique de Marseille en janvier 2007 (Jean-Paul Pelissier / Reuters)

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  • Comoko
    • Posté à 13h35 le 17/06/2009

    Le pape a réussit a instauré une certaine stabilité avec à l'arrivé des resultats explicites. En gros il a réussit à remettre l'OM à la mode et en haut du tableau.
    Il ne faut pas oublier que c'est tout de même lui qui a eu l'audace d'aller chercher un entraineur inconnu en France à savoir Éric Gerets, qui lui à son autour a réussit à apporter une complicité et des résultats.
    En somme c'est une grosse erreur de virer le Pape

  • Gil BERT
    Gil BERT
    Je suis un humain, mais je me (...)
    • Posté à 14h32 le 17/06/2009
    • Internaute
      Je suis un humain, mais je me (...)

    Pas champion, Diouf ? Ce n'est pas lui qui a tergiversé pour confirmer Gerets à 2 journées de la fin. L'OM n'aurait peut être pas gagné la L1 mais aurait pu éviter de se tirer une balle dans le pied à ce moment là. Je ne suis pas spécialiste, mais vu d'ici on a quand même l'impression que RLD est le maitre du mauvais choix (sportif en tout cas) dans les alternatives critiques.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 14h46 le 17/06/2009
    • Internaute
      Retraite invalidité

    Je ne me fais pas de soucis pour Pape DIouf qui pourra retourner agent de footballeur professionnel s'il n'est plus président de l'OM. En plus, le milieu du football étant devenu complètement fou avec les salaires mirobolants que certains peuvent toucher, en tant qu'agent il pourrait gagner davantage...
    Chritiano Ronaldo devrait toucher 24 000 euros PAR JOUR au Réal de Madrid. T'imagines la commission qu'a du toucher son agent... ? !
    Christian Gourcuff est resté plus raisonnable en restant à Bordeaux pour un salaire mensuel de 350 000 euros... !

    Lien

  • Yago
    • Posté à 15h17 le 17/06/2009
    • Internaute

    Le bilan de Pape Diouf on peu en discuter mais globalement c'est du bon.
    Moi j'apprécie. Enfin un homme qui sait s'exprimer dans ce milieu. Toujours entre ambition assumée et auto-dérision.
    Il est Sénégalais mais il a tout compris au fonctionnement de sa ville et de ses habitants.
    Il a débuté comme journaliste à la « Marseillaise », un vestige de la résistance communiste qui fait encore front face à la « Provence » du groupe Hachette. Ensuite il est devenu agent de joueur (Drogba c'était lui). Comment jeter la pierre à un homme qui a eu ce parcours, à des lieux d'un Vincent Labrune, ce scout de chez Delarue et TF1 qui partage le même look que F Lefevre et ambitionne de prendre la place du Pape à la place du Pape.
    En off, Pape Diouf est aimé de tous les professionnels du milieu, de Lorient à Guigamp en passant par le Havre. C'est un gestionnaire et un besogneux, capable de formuler des analyses profondes de ce sport tout en mettant les mains dans le cambouis du foot pro. Tapie s'est fait son humble défenseur, c'est dire.
    Bon il y a aussi le revers de la médaille, sa mégalomanie, ses rivalités et son jeu trouble dans l'affaire Gerets.
    Labrune dehors ! !