
Enseignant réfractaire, je risque l'exclusion de l'Education nationale
Hostile à plusieurs mesures dictées par le ministère, Erwan Redon, instit marseillais trentenaire, risque l'exclusion. Il est convoqué devant une commission disciplinaire de l'Inspection d'académie le 7 juillet. Rue89 lui a proposé d'expliquer contre quoi il s'élève, au risque d'y perdre son poste pour « insuffisance professionnelle ».
Professeur des écoles depuis 1999, je suis en poste à Marseille depuis 2004. Ma classe est ouverte aux visiteurs. On y voit de la vie. Ses jours sans et ses jours avec. A l'image du groupe d'individus qui la façonnent courageusement, cloisonnés à 22 dans leur 35 metres carrés de ZEP « ambition réussite ».
Il y a de l'humain là-dedans. Ça bouillonne, pense, réfléchit, organise, agit, besogne, apprend et… castagne ! Le taylorisme éducatif que l'on veut nous imposer n'a que faire avec la lente évolution tortueuse des être que nous sommes… Calibrage et sélection, pour un marché éducatif efficient.
L'éducateur n'est pas la machine adaptée à cette chaîne manufacturée d'enfants. Je me refuse donc à :
- collaborer à la construction d'un rapport au savoir compétitif (refus du cadre des évaluations nationales, pas de l'évaluation en générale)
- une stigmatisation des élus, les bons d'un côté et les faibles de l'autre, ceux des heures sup d'aide personnalisée (trente-deux jours de retrait de salaire pour ne pas l'avoir appliquée « comme il faut »)
- laisser dénoncer les familles sans-papiers (sanction sur dénonciation de ma directrice)
- porter la responsabilité du « fichage d'une génération » comme enseignant et comme parent (base-élèves)
- supporter l'augmentation des effectifs par classe obligeant, de fait, à ne plus laisser les enfants libres de leurs mouvements, pratique primordiale pour les apprentissages et la vie en groupe comme l'ont démontré de nombreux pédagogues, dont un des plus connus est Célestin Freinet. D'autres poursuivent la recherche vers une « école du troisième type », sans qu'on les entende, sans que l'administration ne cherche même à les comprendre.
Je ne suis qu'un pauvre petit enseignant de rien du tout. Ni la culture d'un Meirieu, d'un Frackowiac, l'inventivité d'un Freinet ou la plume « désobéisseuse » d'un Refalo.
Mais quelques sentiments qui me font dire non. Si fonctionnaire je suis devenu, en acceptant une part de contrainte, ce n'est pas pour autant que je considère que je dois obtempérer devant tout ordre quel qu'il soit.
Le chef préfère répondre par des convocations, des brimades
Dire non aux injustices, aux aberrations du quotidien scolaire, c'est refuser une somme de petites choses qui forment un tout hypocrite de l'école, invisible des passants, camouflée derrière la grille républicaine.
Mais ça vaut rappel à l'ordre de la part du hiérarque patenté dont la compétence ne lui permet pas de reconnaître ses erreurs, humblement, pour donner raison aux praticiens de terrain. Le chef préfère répondre par des convocations, des brimades et surtout en faisant peur, pour mieux contrôler ce qui ne devrait pas l'être …
C'est bien parce que ce contrôle relève d'un cumul de fonctions impossibles (administratif, formation, évaluation) que je suis entrée dans une action syndicale de refus des procédures d'inspection, reconnue par une note de service de 1983.
Il semble cependant que mon inspecteur d'académie n'apprécie guère le droit et que ses ouailles zélées, par ambition ou sous pression, officient aux doigts et à l'œil du hiérarque.
Dans notre chère maison, notre patron lorsqu'il n'est pas content de nous, porte l'estocade, nous impose le lieu, et à la fin de l'envoi pointe son inquisition suprême par-dessus les commissions ad hoc qui ne sont que consultatives.
A l'académie, le patron est aussi le juge
Patron, accusateur et juge à la fois… En façade pourtant, la hiérarchie jurera, ô grand dieu démocratique, que tout un chacun est libre de pratiquer telle ou telle pédagogie… Elle est alors capable de s'appuyer sur les enfants pour imposer son directoire.
C'est ainsi qu'elle me refusa un mois avant, l'organisation d'une classe de neige et d'une classe verte.
« Je ne peux engager ma responsabilité pédagogique, n'ayant pu voir l'enseignant dans sa classe », a stipulé l'inspecteur de circonscription dans le premier cas. « Les évaluations des apprentissages [pendant la classe verte ( ! )] manquent de précisions », a fait valoir un autre inspecteur pour le second projet, mis en place en commun avec une collègue de l'école. A chaque fois, les parents de ces écoles situées en zep m'avaient pourtant donné leur confiance.
Etonamment, trois ans plus tôt, n'ayant pas encore dénoncé ces modalités d'inspection, je fus autorisé à partir en classe verte…
Bien que syndiqué dans une petite structure (Udas), « enseignant-chercheur » au sein des Creps, participant activement aux collectifs CNRBE contre base élèves, au Resf 13, malmenant l'orientation d'une FCPE 13 que ne reconnaîtrait pas la fédération Kornec des débuts, c'est avant tout sur le refus des petites accointances quotidiennes que s'effectuent mes oppositions, petites sommes d'un tout mûrement programmé sur les sommets du marché.
Griefs multiples et désobéissance tous azimuts
Ma désobéissance est multiple car les griefs le sont. A tout choisir, je refuse. J'ai pris le parti des enfants, de leur avenir à tous, quitte à me prendre les coups de spécialistes administratifs, que je ne peux laisser faire lorsqu'il m'intime l'ordre de scier la branche d'un futur plus humain.
Cet avenir, nous le construisons, le façonnons aux antipodes d'une lutte des uns contre les autres, au profit de la collégialité, de l'échange, de la coopération, de l'émancipation.
« Trop se pencher sur eux, c'est la meilleure position pour recevoir un coup de pied au derrière » disait Fernand Deligny. Je ne peux prendre ce risque car, ils frappent dur, les mômes.
C'est pour cela que petit ramoneur de rien du tout, je préfère risquer de prendre les coups de ceux d'en haut, déshumanisés. C'est peut-être idiot, d'un autre temps, mais j'aimerai pouvoir croiser ces minots et les miens lorsqu'ils seront adultes sans avoir à changer de trottoir…
Une histoire de fond, de bas fond. Bienvenue au carnaval des animaux.
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De framboise.
incognitotte | 16H41 | 10/06/2009 |
Je sais, cela circule partout chez nous depuis longtemps.
Cet homme est un saint !
Imprudent d'avoir agi tout seul car intègre et honnête, clair et insurgé pour une cause que nous essayons de défendre avec plus de prudence à l'intérieur.
Cet homme est d'un courage exemplaire !
à framboise.
De Disciple ressucité
Tiens, il pleut. | 16H53 | 10/06/2009 |
Puisse-t-il tenir, ce martyr laïque.
à Disciple ressucité
De désactivé à la demande du riverain 18 juin
Born again | 16H59 | 10/06/2009 |
N'en jetez plus !
à désactivé à la demande du riverain 18 juin
De Disciple ressucité
Tiens, il pleut. | 17H52 | 10/06/2009 |
je me suis amusé à faire mienne une locution souvent utilisée par Daniel Pennac, ne t'en déplaise mon ange.
à Disciple ressucité
De Banana ex de juanitoto
Je déteste rue89, tous les riverain... | 17H54 | 10/06/2009 |
Et ton esprit est aussi affûté que celui de Daniel
ce qui est loin d'être le cas de Michel
plus proche de ce sobriquet de mickey
que nous tenons de Walt Disney…
De miles.v
Matheux | 16H49 | 10/06/2009 |
Remarquons au passage la date de convocation, s'il est aussi « insuffisant professionnellement » que la hiérarchie semble le penser, pourquoi avoir attendu les vacances ?
De Pierrrrre
17H22 | 10/06/2009 |
« Je me refuse à :
supporter l'augmentation des effectifs par classe … »
==> propos démagos…
D'une part, il n'appartient pas à l'enseignant, dans le cadre de son travail à refuser d'encadrer une classe sous prétexte d'effectif,
d'autre part, globalement, le nombre d'élèves par classe ne cesse de diminuer.
----------------
»…..un des plus connus est Célestin Freinet….. »
==> Tout un symbole, un enseignant « communiste » (communiste au sens humaniste qui est à l'opposé de la réalité du communisme) et qui, ne pouvant développer ses idées pédagogiques a été obligé de créer une école privée, prouvant en cela que la structure étatique n'est peut-être pas la meilleur réponse à la liberté nécessaire aux choix pédagogiques
-----------------
« D'autres poursuivent la recherche vers une “ école du troisième type ”, sans qu'on les entende, sans que l'administration ne cherche même à les comprendre. “
==> Seriez-vous donc un libéral qui s'ignore ?
----------------
==> En attendant, sachez que la porte de votre classe fermée, vous êtes libre, libre de développer vos idées pédagogiques, libre d'enseigner à votre guise..
Vous nous parlez inspection.. mais l'inspection n'est qu'opération complètement bidon, effectuée une fois tous les ..3..4..6 ans ?
en prévenant l'enseignant à l'avance afin qu'il ait le temps de se mettre au diapason des caprices de l'inspecteur.
Lutter contre ce protocole, c'est aussi dangereux que d'essayer de brosser les dents au mammouth.
Et le mammouth est indélogeable.. protégé qu'il est par une administration où l'inertie fait office de qualité,
et où les syndicats enseignants s'accrochent à leur statut inamovible, source d'immobilisme.
à Pierrrrre
De Ben85
ramoneur | 17H24 | 10/06/2009 |
« Le nombre d'élèves par classe ne cesse de diminuer… »
Toi, tu as trop écouté Darcos, mon Pierrrrrot ! Sais-tu comment il calcule quand il fait cette affirmation ? Il prend le nombre d'élèves en France (de la Maternelle jusqu'à la Terminale), il le divise par le nombre de profs, et il te sort un chiffre sans queue ni tête !
En effet, ce mode de calcul met sur un même niveau le prof de russe qui a 6 lycéens devant lui et le prof des écoles qui se retrouve face à 34 mioches de 4 ans… Si on fait la moyenne, ça fait un prof pour vingt élèves. Tranquille, se dit-on alors. De quoi ils se plaignent, ces sales profs ?
N'empêche… Pour le prof des écoles, face à sa classe de 34 marmots, c'est mission impossible…
à Ben85
De Pierrrrre
18H30 | 10/06/2009 |
»…le nombre d'élèves en France …. il le divise par le nombre de profs, … »
==> Oui, on appelle ça calculer une moyenne.. et ça nous fait 1 prof pour 11 élèves (de mémoire)
-------------
»…. le prof des écoles qui se retrouve face à 34 mioches de 4 ans…
==> ça, c'est pour la maternelle où les instits sont assistés par un adulte supplémentaire
--------------
»…Si on fait la moyenne, ça fait un prof pour vingt élèves. … »
==> non, ça fait un prof pour 11 élèves
---------------
»….N'empêche… Pour le prof des écoles, face à sa classe de 34 marmots, c'est mission impossible… »
==> Je dis d'une part que les effectifs diminuent d'année en année
je dis aussi que ces 34 élèves par classe,
c'est un effectif exceptionnel et qui est loin d'être la règle.
Je dis aussi qu'il est possible de faire classe à 35 élèves,
à condition d'avoir de l'autorité, du charisme, et d'intéresser ses élèves, ça demande d'avoir du métier,
et on appelle ça le métier d'enseignant.
Il s'avère que ces qualités ne sont pas requises pour exercer en France le métier d'enseignant, et que plutôt que de remettre en cause un statut qui favorise l'inertie,
il est plus facile pour les enseignants de justifier leurs difficultés personnelles à exercer leur métier, sur des problèmes d'effectif.
à Pierrrrre
De expat
18H35 | 10/06/2009 |
Dans ce cas la , je me demande pourquoi les ecoles qui sont reputees les meilleurs ont si peu d'eleves par classes (maximum 20) ?
à expat
De Bardamu
difficile | 19H09 | 10/06/2009 |
Le nombre d'élèves n'est pas déterminant : faire cours à une classe préparatoire à quarante élèves est beaucoup plus facile que faire cours à une classe de ZEP à douze.
On peut même dire que ce n'est pas le même métier.
à Bardamu
De Ben85
ramoneur | 19H28 | 10/06/2009 |
En effet, ce n'est pas le même métier. Le problème, c'est qu'il y a peu de classes de ZEP à douze élèves…
à Pierrrrre
De Ben85
ramoneur | 19H29 | 10/06/2009 |
« Je dis aussi qu'il est possible de faire classe à 35 élèves, à condition d'avoir de l'autorité, du charisme, et d'intéresser ses élèves, ça demande d'avoir du métier, et on appelle ça le métier d'enseignant. »
Pierrrrrot, tu n'es pas prof (si ? )… Alors évite de porter un jugement sur la pratique d'un métier que tu ne connais que de l'extérieur, avec tous les clichés qui s'y rapportent.
Pour dire des trucs pareils, je suppose que tu ne t'es jamais retrouvé devant 30 élèves qui pensent tous qu'ils sont des merdes et qui donc, quoi que tu dises, te rient au nez… On n'est pas dans la série « L'instit », là ! ça s'appelle la réalité…
De plus, tu reconnais toi-même que cela « demande d'avoir du métier »… Par là, je suppose que tu parles d'expérience acquise au fil des années. Le souci est que le système veut qu'un enseignant hérite des classes les plus difficiles au début de sa carrière, quand, justement, il n'a pas d'expérience !
Si tu savais le nombre d'enseignants qui jettent l'éponge suite à une première affectation « délicate », tu aurais plus de respect en parlant de ceux qui se sont accrochés au fil des ans, simplement parce qu'ils aiment leur métier.
à Ben85
De Pierrrrre
09H52 | 11/06/2009 |
»…tu n'es pas prof (si ? )… »
==> je parle en parfaite connaissance de cause..
-------------
»…le système veut qu'un enseignant hérite des classes les plus difficiles au début de sa carrière, quand, justement, il n'a pas d'expérience ! … »
==> ce système, c'est le système des règles imposées par les syndicats, système qui affecte aux nouveaux venus les postes délaissés par les autres.
--------------
»….cela « demande d'avoir du métier »… Par là, je suppose que tu parles d'expérience acquise au fil des années….. »
==> Cela demande d'abord d'avoir des dispositions au métier, à savoir :
- un équilibre personnel, une prédisposition notamment sur le plan nerveux, permettant de pouvoir gérer les contraintes relationnelles du métier
- des qualités pédagogiques,
- une connaissance des mécanismes d'apprentissage chez l'enfant
Ce sont des qualités qui ne sont pas demandées aux enseignants.
Il en est meme qui font des cours catastrophiques, dans des classes où leurs collègues évitent de mettre leurs enfants, et qui perdurent ainsi pendant toute leur carrière, protégés par un statut inamovible.
à Pierrrrre
De Ben85
ramoneur | 17H09 | 11/06/2009 |
Pierrrrrot, la « connaissance des mécanismes d'apprentissage chez l'enfant » dont tu parles, sans l'expérience, c'est ce qui est enseigné actuellement en IUFM. Comme beaucoup de détracteurs du système éducatif français, je suppose que tu es contre ces instituts (ce en quoi tu as raison) qui enseignent à des personnes n'ayant jamais enseigné comment il faudrait enseigner… Perso, j'appelle ça pisser dans un violon.
On peut acquérir toutes les théories issues des sciences de l'éducation… si on ne les confronte pas au réel, et sans expérience, ces belles idées ne servent à rien.
Les dispositions au métier dont tu parles sont importantes, mais ce que tu ne sembles pas comprendre, c'est qu'elles ne sont, pour la plupart d'entre nous, enseignants, pas innées… Par contre, elles s'acquièrent au fil des ans et des expériences.
Je connais très peu d'enseignants qui, dès leur première année d'exercice étaient de bons profs. Dix ans après, la plupart sont devenus des professionnels à la pratique aguerrie et qui font honneur au métier.
Si tu connais si bien que ça le monde de l'enseignement, tu sauras que rien, absolument RIEN, ne remplace l'expérience du terrain.
à Pierrrrre
De kk
star malgré elle | 19H36 | 10/06/2009 |
» »…. le prof des écoles qui se retrouve face à 34 mioches de 4 ans…
==> ça, c'est pour la maternelle où les instits sont assistés par un adulte supplémentaire »
Faux, les textes disent « un par école »
Personne ne m'aide pendant 5/6 des heures et j'ai 30 élèves, 34prévus l'an prochain !
à kk
De Pierrrrre
09H19 | 11/06/2009 |
==> lisez ce que je dis.. je parle des effectifs des maternelles où existe une assistante par classe.
Pour vos classes, évidemment que 29 élèves c'est mieux que 30 et moins bien que 28,
mais ramener le fondamental de vos difficultés à ce nombre, c'est de l'hypocrisie.
Les effectifs par classe n'ont cessé de baisser d'année en année, pour générer une école qui ne sait gérer les enfants ne rentrant pas dans son moule obligatoire,
en les aiguillant vers des voies de garage.
Ce système permet au mammouth de ne pas avoir à se remettre en cause…
»..que voulez vous que j'y fasse.. c'est de la faute aux effectifs.. c'est de la faute au ministre..c'est de la faute à que j'en ai marre de vos gosses.. »
à Pierrrrre
De kk
star malgré elle | 19H49 | 14/06/2009 |
je lis ce que vous dites, c'est à dire qq chose de faux, les textes disent une ATSEM par école et pas par classe.
Renseignez-vous.
Je bosse seule la majeure partie de la journée en maternelle avec 28à 32 élèves selon les années .
à Pierrrrre
De Glaber
Enseignant | 19H39 | 10/06/2009 |
Ces propos sur « il est possible de faire cours à 35 élèves » m'agacent.
Autorité, charisme et intérêt pour les élèves. Ca ne se résume pas à ça.
Je ne suis pas charismatique, j'ai l'autorité que je peux, j'intéresse autant que je peux mais je n'ai pas toujours de solution et j'arrive à faire cours, mais c'est usant.
Et oui, c'est inquiétant de voir les effectifs augmenter (22 élèves en 5e et 4e, il y a 2 ans, ils sont maintenant 24, et 25 l'année prochaine : plus de place dans les salles où je suis, ne serait-ce que pour déplacer des élèves bavards).
Je sais aussi que face à une classe de 35, je fais cours en laissant forcément des élèves de côté malgré l'intérêt que je leur porte dans l'idéal (1 cerveau pour s'occuper de 35 individus en 55 minutes de cours 3 ou 4 heures par semaine, si vous aimez les moyennes, calculez le temps par élève, puisque nous sommes dans les chiffres débiles).
Alors ces propos à l'emporte-pièce sont pénibles. Bravo à vous si vous êtes prof et que vous rassemblez ces qualités. Mais dans le monde des profs comme ailleurs, il y a de toutes les personnalités et c'est tant mieux. Allez, on démissionne tous et on sera bien avancé. Et il y en a qui ont du mal qui n'en sont pas moins de mauvais profs. C'est aussi ça qui enrichit les élèves.
Et je trouve pour finir ce professeur des écoles courageux. Il a une éthique et cela fait aussi partie de l'enseignement.
à Glaber
De Pierrrrre
09H48 | 11/06/2009 |
»….je n'ai pas toujours de solution et j'arrive à faire cours, mais c'est usant….. »
==> Vous résumez la déconcertante réalité de pas mal de cours :
le combat d'un dompteur essayant d'apprendre à sa troupe de singes ingérables à arrêter de faire la grimace…
Effectivement, l'Education Nationale n'est pas sortie de cette image d'Epinal du prof sur estrade qui cadence le rythme de la pensée des élèves qui doivent neuroner en même temps que leur prof.
Et si un élève est plus lent, plus rapide.. non, ça ne colle pas…
Un cours serait donc un peu comme un repas où chacun devrait mâcher en cadence, et bouffer le même aliment que l'autre, à la même quantité.
Un repas doit pouvoir se prendre avec des plats différents, avec des appétits différents, et avec des gens qui peuvent s'attabler à la même table et faire repas commun.
On appelle ça le respect de la différence de chaque individu.
Un instit qui demande à ses élèves de se taire, d'écouter, et de répéter, et ce à longueur de cours, procède à un apprentissage à la soumission et à l'interdiction d'imaginer par soi même.
Qu'il soit nécessaire pour un enseignant de pouvoir intervenir magistralement, certes,
que son cours se résume à une relation élève/estrade amène à reproduire dans une classe un système autocrate, interdisant à chaque élève le fait de développer son parcours de pensée autrement qu'en se marginalisant par rapport au chemin obligé imposé par le professeur.
Un enseignant est aujourd'hui maître de sa pédagogie que personne ne peut lui dicter quand il ferme la porte de sa classe.
Par contre, son statut protecteur fait qu'aucun réel projet d'école ne peut s'établir, et qu'il est impossible pour l'Ecole de choisir ou remercier ses enseignants au regard de ce projet d'école.
Aucun travail de cohérence ne peut se faire sauf bonne volonté spontanée,
Aucun objectif n'est défini,
Et aucune évaluation ni remise en cause ne peut s'articuler sainement.
------------------
« ….. inquiétant de voir les effectifs augmenter (22 élèves en 5e et 4e, il y a 2 ans, ils sont maintenant 24, et 25 l'année prochaine … »
==> les effectifs diminuent globalement, même si vous pouvez nous sortir un contre exemple.
Que les profs n'imaginent pas que leur situation et salaire puissent être revalorisés avec un nombre d'enseignants grandissant ! ..
---------------------
« : plus de place dans les salles où je suis, ne serait-ce que pour déplacer des élèves bavards »
==> J'ai toujours pensé que les classes, notamment en primaire, devraient occuper deux salles contiguës, permettant ainsi de dédoubler la classe, avec travaux pratiques pour les uns dans une pièce et leçon pour les autres dans l'autre (TP non encadrés, ou encadrés par un bénévole extérieur, nécessitant une attitude adaptée et participative des élèves. L'apprentissage et l'imposition de cette attitude m'apparaissant devoir être le premier objectif de l'enseignant)
.
à Pierrrrre
De lancetre
20H16 | 10/06/2009 |
Je suis intéressé par votre proposition.
Où puis-je venir vous voir me faire une démonstration de charisme et d'autorité devant des classes de 35 élèves ?
On va éviter le lycée Henri IV, si vous le voulez bien.
Mais je n'imagine pas que vous pourriez écrire de telles affirmations avec pareille assurance si vous n'exerciez vous-même devant des classes de 35 élèves.
à Pierrrrre
De Bardamu
difficile | 20H59 | 10/06/2009 |
Mon cher Pierrrrre, j'ai eu en Terminale un professeur de philosophie génial, charismatique et « intéressant » au plus haut point, et qui ne manquait pas d'autorité.
Eh bien, malgré cela, son cours était pourri par quatre crétins (sur trente élèves) qui, plus par bêtise et complexe d'infériorité que par méchanceté, je m'en rends compte avec le recul, tentaient de perturber constamment le cours.
Et ça marchait.
Il a fallu que j'aille les voir un par un en les menaçant de les dérouiller, usant ainsi de la propre « autorité » naturelle du petit voyou que j'étais, pour qu'enfin on puisse suivre les cours tranquillement… Et ce fut un enchantement, dont je ne me suis jamais remis.
Il aurait réprouvé ma démarche : c'était un idéaliste, fou de Spinoza et anarchiste, il a changé ma vie, même si je me situe maintenant aux antipodes de sa pensée, sans doute….
Alors, l'autorité, le charisme… Tout ça m'apparaît depuis comme d'aimables foutaises : face à la bêtise à front de taureau, tout le monde est démuni, les professeurs comme les autres, quelles que soient leurs qualités.
à Bardamu
De Compte supprimé le 24 aout 2
| 16H43 | 12/06/2009 |
« Il a fallu que j'aille les voir un par un en les menaçant de les dérouiller, usant ainsi de la propre “ autorité ” naturelle du petit voyou que j'étais, »
Quatre d'un coup ! ! !
On sent déjà le petit « übermensch » en gestation…
à Ben85
De barbouille
surfeuse | 10H34 | 12/06/2009 |
il est tenu compte du personnel qui ne tient pas de classe comme les maîtres-formateurs, les Maitre F, E …
ces chiffres sont totalement faux.
Moi je trouve qu'il ya trop de ministres dans notre gouvernement, trop de sous-fifres trop zélés éloignés du terrain et des réalités de la vie. Faudrait les remettre en selle ces rats de bureaux clos.
De grainedananar
(bloggeuse débutante) | 17H08 | 10/06/2009 |
Je salue ton engagement et je fais connaître ta situation sur mon blog :
http://grainedananar.space-blogs.com.
Tiens-nous au courant du résultat de la commission.
Une collègue qui partage tes analyses et qui souhaiterait que tous ceux qui la partagent aient ton courage et ta résolution.
Bonne chance et bon courage.
à grainedananar
De kk
star malgré elle | 19H38 | 10/06/2009 |
On peut commencer par ça !
http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/lirarticle-252147-103377…
Je me suis lancée il y a deux mois.
à kk
De caro
délinquante avérée | 22H41 | 10/06/2009 |
super et très intéressant ton blog. D'ailleurs, c'est là que j'ai trouvé la lettre d'Hubert Montagner que j'ai mise en commentaire plus loin.
De Malaparte
17H09 | 10/06/2009 |
A la lecture de cet article je suis partagé.
D'un côté, je suis assez d'accord sur le fait d'une dérive de l'enseignement où l'intérêt des élèves finit par passer loin derrière les effets d'annonce de ministres et les théories fumeuses d'experts en pédagogie qui n'ont probablement jamais vérifier le réalisme de leurs trouvailles, mais qui savent avoir l'oreille des institutions.
De l'autre, et comme il est dit au début de l'article, être fonctionnaire implique une certaine obéissance. D'où, certainement quelques cas de conscience. Il faut se souvenir que c'est grâce aux « hussards de la République » (les enseignants étaient désignés ainsi) que les valeurs de la République ont été imposées (heureusement quelques part qu'ils ont obéi). Les réfractaires étaient sanctionnés. Il est vrai qu'en ces temps reculés, l'Etat se sentait sans doute investi d'une mission d'intérêt général et habité d'une sorte d'utopie, modeler des citoyens. Mais l'Education nationale a toujours eu cette fonction de formater les élèves. Ce qui me chiffone, sur le principe, c'est d'être fonctionnaire, donc en accepter les contraintes, et rejeter les directives quand, individuellement, elles ne sont pas en accord avec ses propres valeurs. Cela dit les directives sont l'émanation d'une politique gouvernementale, elle-même la traduction d'une majorité parlementaire sortie des urnes que les citoyens ont garni de leur bulletin de vote. Autrement dit, les directives délirantes pondues par l'Education Nationale reflètent ce que veulent une majorité des gens. On a les élus qu'on mérite et donc les choix qui vont avec.
Toutefois, je salue l'initiative d'un enseignant soucieux de ces élèves et de leur avenir au détriment du sien. L'institution dont il dépend ferait mieux de s'inspirer un peu plus de cette idée porteuse d'avenir plutôt que de l'étouffer et de se guérir de cette maladie (très française) qu'on nomme l'élitisme : « Aux meilleurs, le meilleur. Aux autres, ce qui reste. Eventuellement. » C'est dommage que sur les banderoles qui fleurissent lors des manifs on n'en voit pas plus demandant un mérite égale entre les enseignements généraux et les enseignements techniques et professionnels (les vraies « voies de garage » sont plutôt du côté des bacs L que des sections technologiques. A votre avis, lequel des deux est valorisé par les enseignants, les conseillers d'orientation, l'administration et les parents ? )
Qu'on le veuille ou non, l'Education Nationale relève du domaine politique, au sens de la gestion de la Cité. A nous de nous exprimer (je m'adresse aussi au 60 % qui ont eu, dimanche 07 juin, le cul plus gros que la volonté de le bouger pour aller mettre un papier dans la boîboîte).
à Malaparte
De _GF_
... | 18H10 | 10/06/2009 |
- - - -
D'où, certainement quelques cas de conscience. Il faut se souvenir que c'est grâce aux « hussards de la République » (les enseignants étaient désignés ainsi) que les valeurs de la République ont été imposées (heureusement quelques part qu'ils ont obéi).
- - - -
Hum… Ils avaient aussi (et surtout) comme mission de préparer de bons petits soldats pour botter les fesses aux allemands et récupérer l'Alsace et la Lorraine. Attention à ne pas idéaliser le passé, tout de même…
GF, instit'
à Malaparte
De _GF_
... | 18H42 | 10/06/2009 |
… double post supprimé …