
En Provence, les producteurs de rosé voient rouge

L'Europe envisage d'autoriser la commercialisation de rosés fabriqués en mélangeant rouge et blanc. « Hérésie ! », hurlent les vignerons en Provence. Le Ravi, le mensuel régional qui lève le coude, enquête.
La perfide loi Evin limitant la publicité sur le vin, le harcèlement constant de la maréchaussée à la sortie des troquets, les fatwas permanentes du corps médical contre l'alcool…
A en croire les vignerons, toutes ces attaques feraient presque figure de péché véniel dans l'Evangile depuis le projet de directive européenne scélérate sur la fabrication du rosé.
En Provence, c'est de notoriété publique, le rosé n'est pas et n'a jamais été un mélange de vin rouge et de vin blanc. A Bruxelles pourtant, c'est sur cet assemblage que planche la commission. François Millo, directeur du Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP) :
« C'est une hérésie. Le rosé est un vin spécifique, produit à partir de raisins rouges, qui ont macéré moins d'une journée. Ça fait vingt-six siècles que nous existons sous le terme de rosé. Ce fut le premier vin de l'histoire. »
Un « produit » qui marche
Malaise perceptible également sur l'avenir économique de la filière. Le rosé, en Provence, c'est plus de 20 000 emplois, 145 millions de bouteilles, soit 86% de la production locale et 38% de la production nationale. De quoi alimenter les litanies diverses contre la destruction de ce patrimoine culturel unique. François Millo :
« Le marché du rosé est un vrai gâteau : en quinze ans, la consommation a progressé de 10% à 22%. Le vin rouge est en régression, le blanc stagne, mais si vous preniez les deux et que vous les mélangiez, vous obtiendriez un produit qui marche.
Dans d'autres régions viticoles françaises, moins bien loties, on se frotte les mains à l'idée qu'une telle loi puisse être voter. Ce sont elles qui font le forcing, pas l'Australie ou l'Espagne. »
On est jamais trahi que par les siens !
Vin coupé dans les hypers
Michel Barnier, sensible au charme du métissage œnologique, s'était dans un premier temps prononcé en faveur de ce changement. Mais devant la pression des viticulteurs, le ministre de l'Agriculture a officiellement réclamé à Bruxelles qu'une distinction claire soit faite entre vin coupé et rosé traditionnel. Ce que défend Bernard Astruc, producteur de rosé « bio » à Lorgues dans le Var :
« Il faut que ce soit mentionné sur l'étiquette. Nous travaillons d'abord sur la qualité, les consommateurs le savent et ils sont de plus en plus nombreux à consommer du rosé bio. C“est pour ça, qu‘il ne faut pas les tromper et qu'il faut être clair sur létiquetage.’
Mais dans cette morosité ambiante, certains sont sur de tirer leur épingle du jeu : les grandes surfaces. Le directeur du CIVP déplore :
‘La grande distribution se frotte déjà les mains, car elle va vendre du rosé’ moins cher/ Les bouteilles de vin coupé, seront exposées sur les même linéaires, avec probablement un packaging identique au rosé traditionnel, mais à un prix bien moindre. Et le risque de duper le consommateur in fine.”
En attendant, les viticulteurs de Provence sont décidés à combattre. Jusqu'à plus soif bien entendu…
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5
De tox
www.dessins-tox.com | 11H17 | 17/04/2009 |
De medoche71
Etudiant / Mcdonaldiste | 11H24 | 17/04/2009 |
Après avoir voulu nous faire manger des OGM,
après avoir voulu nous faire faire du camenbert au lait UHT
ils veulent nous obliger a fabriquer du rosé en mélangeant 2 fonds de cuve ! !
L'Europe reine du mauvais gout !
De Infovite
Plébéien. | 11H28 | 17/04/2009 |
Cette Europe nous saoule , à l'image imbuvable du G20 !
Encore un effet secondaire de l'ivresse du Pouvoir.
Ils poussent le bouchon un peu trop loin.
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 14H32 | 17/04/2009 |
« La grande distribution se frotte déjà les mains, car elle va vendre du “rosé” moins cher/ Les bouteilles de vin coupé, seront exposées sur les même linéaires, avec probablement un packaging identique au rosé traditionnel, mais à un prix bien moindre. Et le risque de duper le consommateur in fine. »
Ultra méga faux.
Dans la plupart des linéaire (dont le miens) les rosés de pays/cépages sont clairement séparés des AOC. Il est permis de les placer l'un à coté de l'autre en 2 blocs mais interdit de les mélanger sans quoi c'est considéré comme de la tromperie par les fraudes. Vous imaginez bien que ces futurs rosés vont faire un tour du coté des piquettes et n'auront aucune voix de cité au milieu des AOC.
De toute façon un tel mélange au milieu du linéaire perdrais le client qui irais voir ailleurs si c'est mieux rangé et plus clair.
Maintenant il est clair que la GD se frotte les mains de trouver des rosés moins cher (quoique les prix actuels des rosés AOC ne sont pas élevés hormis Pradeaux et d'autres vin de haut standing) car les clients sont friands de prix bas. Mais n'oublions pas que ce sont les clients qui font les linéaire. Si les clients restent sur le cote de Provence, il n'y a aucune raison pour que ce type de vin pullule dans les linéaires car rien n'est pire pour un directeur de GS que du stock stagnant..
De virgo
Education Nationale | 18H17 | 17/04/2009 |
Il n'y a pas qu'en Provence que ça gronde…. « Mais le faux rosé » pourrait peut-être faire oublier le côté « eau de cologne » du « vrai » rosé provençal ! ?
Quoi qu'il en soit, il est vrai que notre « Europe », celle des financiers, a quelques idées farfelues qui tuent nos traditions et fait perdre à la France sa place de gastronome, ceci dans tous les domaines…. Il n'y a qu'à voir ce qu'on a voulu nous faire faire en matière de fromage au lait cru, et maintenant, on s'attaque au vin rosé et on laisse la parole aux incapables qui voudraient faire du fric sans travailler…. Facile de mélanger le rouge et le blanc pour fabriquer le rosé ! On se met à la portée des usines à vin de Californie, Australie, Afrique du sud et du Quebec ! ! ! On se laisse manoeuvrer par des technocrates qui ne connaissent pas vraiment le vin et qui voudraient nous faire avaler n'importe quoi ! ! ! J'ai visité deux de ces pays que je viens de citer et je vous laisse imaginer la bibine que j'y ai bue….. Et quand je pense que nous sommes, malgré nous et grâce au vol de notre referendum par notre incapable de dirigeant franco-hongrois, obligés d'obéir à ces fous de technocrates incultes et incapables, ça me hérisse ! ! ! ! Le vin, le rosé comme les autres vins (le champagne, entre autres, que les USA continuent à « fabriquer » malgré son appellation déposée) n'est pas une histoire de machine ! C'est tout un art qui se révèle dans la passion que montrent pour lui les viticulteurs dignes de ce nom. J'exclus donc les saboteurs qui ont trouvé la solution pour arnaquer les consommateurs ! Pour ma part, il n'est pas question d'acheter cette contrefaçon de vin, ni même d'en consommer en restaurant, et à forciori d'en voler chez l'épicier…. Beurkkkkkkkkk !
J'habite une région viticole, la plus grande de France et….. où les rosés sont un délice….. LES rosés, ai-je dit ! Mais je ne vous dirai pas où, de peur que vous ne veniez piller nos stocks ! ! ! !