Ni une ni deux… le compagnon d'Emmaüs a été expulsé

Communauté Emmaüs Pointe-Rouge, Marseille (Rémi Leroux/Rue89)

Hamid Belkir, le compagnon d'Emmaüs sans-papiers interpellé la semaine dernière à Marseille a été expulsé vers Oran mardi 24 février. L'administration française aura fait preuve d'un zèle tout particulier : en une petite semaine à peine, son sort a été scellé. Son arrestation, la perquisition d'Emmaüs Pointe-Rouge et la garde à vue d'un des responsables ont soulevé une vague de protestation.

Pour les militants du Réseau éducation sans frontières (RESF) qui ont suivi l'affaire, le traitement expéditif du cas Belkir n'a rien de vraiment surprenant. Il fallait, pour le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, faire « retomber la pression »…

Passé jeudi dernier devant le juge, Hamid Belkir a été placé dans la foulée au centre de rétention du Canet. Un appel, déposé par l'avocat d'Emmaüs, a été rejeté, et Hamid était expulsable dès le mardi matin. L'une des militantes de RESF qui l'a eu au téléphone témoigne de sa stupéfaction de s'être retrouvé dans cette situation :

« J'ai discuté avec Hamid lundi, il n'était pas rassuré et ne comprenait pas ce qui se passait. Mardi matin, j'ai appelé le centre de rétention du Canet et il n'apparaissait plus sur les listes. Je lui ai envoyé un SMS, il m'a répondu en me disant qu'il était à Oran. Alors qu'il est originaire de Tizi-Ouzou. Il n'a su sa destination qu'une fois à bord de l'avion. »

« Hamid Belkir expulsé, c'était déjà un problème de réglé ! »

Pourquoi alors, s'interrogent les militants, n'y a-t-il pas eu de mobilisation plus importante autour de ce jeune homme ? Pour Philippe Dieudonné, de la Ligue des droits de l'homme, « les services de l'Etat ont pris tout le monde de court » :

« Ils savaient très bien que si RESF et les associations qui ont l'habitude de soutenir les sans-papiers s'étaient mis en branle, cette affaire aurait pris une autre ampleur. Hamid Belkir expulsé, c'était déjà un problème de réglé ! »

Ces derniers jours, l'accent a été mis sur la violation par les forces de l'ordre du « sanctuaire » que représentent les communautés Emmaüs, et le débat s'est focalisé sur la question de l'accueil inconditionnel. Le cas d'Hamid Belkir sera-t-il passé au second plan ?

Dans les jours qui viennent, les représentants d'Emmaüs France pourraient être reçus par le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, Eric Besson, notamment pour évoquer cette question de l'accueil inconditionnel.

Pour Anne Issler, responsable de la communauté Emmaüs de Saint-Marcel, à Marseille, « accueillir des sans-papiers est un choix assumé et les politiques le savent très bien. A nous de mettre la pression suffisante pour faire progresser le droit des étrangers ».

Cette affaire intervient à quelques jours de la parution d'un ouvrage, « Cette France-là », qui démontre l'inutilité de la politique d'expulsion et de quotas. Interrogé ce mercredi dans Libération, Michel Feher, philosophe et l'un des auteurs de ce travail, rappelle à ce propos que Nicolas Sarkozy « est le premier à utiliser l'immigration comme faire-valoir du volontarisme en politique ».

« Expulser, c'est techniquement possible, il suffit de se donner des objectifs chiffrés et d'appeler efficacité le fait de les tenir. »

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2 commentaires sélectionnés

Portrait de shillom

De shillom

11H43 | 26/02/2009 | Permalien

Que Hamid Belkhir, en situation irrégulière, soit controlé et incarcéré, c'est une chose. L'expulsion a eu lieu pour éviter une explosion médiatique, c'est la stratégie actuelle du gouvernement, aller vite pour ne pas laisser le temps à une opposition de s'organiser. Malheureusement ils ont la loi pour eux.

Une autre chose est ce qui a conduit à la mise en garde à vue de l'un des responsables Emmaüs marseillais et à la perquisition des locaux de l'association… qui a débouché sur la récupération des dossiers des personnes de nom à consonance étrangère par la police de l'air et des frontières. Comment cette perquisition a-t'elle été justifiée ? Quelle est la situation législative autour des associations qui viennent en aide aux plus démunis, avec ou sans papiers ? Leurs dossiers sont ils considérés comme intouchables ? J'espère mais….

Portrait de sinclair

De sinclair

12H06 | 26/02/2009 | Permalien

Au fait Hirsch ancien président d'Emmaus, il est rentre des USA et a eu le temps de réfléchir et d'être briffe par son secrétariat et de trrouver un telephone ou un journaliste pour s'exprimer, alors il en pense quoi de la descente de la maréchaussée chez Emmaus pour y chasser le sans papier ?

Ah c'est vrai il est a la jeunesse non ? donc on embauche le jeune diplômé qui fait du buzz en se vendant sur ebay, mais en CDD de 3 mois faut pas exagerer, entre pub a bon compte démagogie et cynisme devant la misère et la decheance . Quelle humiliation et quel mépris du désespoir. Prêt a tout recuperer pour sa carrière

C'est bon le pouvoir et l'argent même si l'on s'assoit sur la misère des autres, c'est même encore meilleur.

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