19/02/2009 à 12h50

L'incinérateur incinèrera et la gauche mange son chapeau


Ainsi donc, c'est à la gauche marseillaise que reviendra la responsabilité d'appuyer, en 2010, sur le bouton de mise en marche de l'incinérateur de Fos-sur-Mer. Après avoir dénoncé pendant des années le projet porté à l'origine par l'ancienne majorité UMP de la communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole. Et après avoir fait campagne en 2007, pendant les municipales, pour l'adoption d'un moratoire sur l'incinérateur...

Les résultats de l'audit commandé par le président socialiste Eugène Caselli à son arrivée à la présidence de MPM au printemps 2008 n'y ont rien changé : il y aura bien, dès l'an prochain, une partie d'incinération sur le complexe de Fos-sur-Mer.

Ainsi en ont décidé les élus communautaires à une très large majorité ce jeudi 19 février en votant les deux délibérations proposées par la gauche majoritaire pour relancer, certes en le redéfinissant, le projet d'incinérateur.

Dans un exposé « Powerpoint » millimétré, Eugène Caselli l'a réaffirmé avec force : il n'y avait aucun moyen de faire machine arrière, aucune solution pour imposer ce que réclament les élus et habitants de Fos-sur-Mer depuis l'origine de l'affaire : le « zéro incinération ».(Voir la vidéo)

Eugène Caselli l'a reconnu lui-même :

« Le projet tel que prévu est devenu irréversible dès la fin de l'année 2007 ».

Soit plusieurs mois avant les élections municipales... Bien sûr, Jean-Noël Guérini a fait campagne à l'époque en réclamant un moratoire sur l'incinérateur, la mise en place d'un plan départemental des déchets et le lancement d'un audit s'il était élu maire de Marseille. Mais, en reconnaissant que les travaux étaient trop avancés dès la fin 2007 pour reculer, Eugène Caselli n'a pas du se faire que du bien.

L'occasion était d'ailleurs trop belle pour la droite. L'élu, ex-UMP, Robert Assante, celui par qui, en réalité, l'incinérateur est arrivé, en a profité pour rappeler tout le mal que lui avait l'opposition de l'époque. Il a redit toutes les vilenies qu'il avait eu à subir en défendant ce projet d'incinérateur. Un projet que la gauche ne peut rien faire d'autre aujourd'hui que d'entériner.

Il n'y avait donc aucune solution ? Sauf à se dédire. Or, le dédit a été évalué à 500 millions d'euros, a également rappelé le président de MPM.

Jean-Claude Gaudin : « J'avais envie de rester maire »

La solution retenue par les élus : réduire au maximum la part d'incinération et accroître celle de la méthanisation, pour permettre de traiter les 700 000 tonnes de déchets produits annuellement sur le territoire de MPM. Une manière aussi pour la gauche de rentrer dans les critères du Grenelle de l'environnement en même temps que de donner des gages dans son propre camp, où certains ont rappelé leur farouche opposition à l'incinération.

Les Verts notamment, par la voix d'Ollivier Agullo qui, s'adressant au maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, lui a demandé pourquoi il n'avait pas plutôt choisi de créer seize petites unités d'incinération dans chacun des arrondissements de Marseille (« seize petites cheminées, cela aurait été du plus bel effet ») plutôt que d'aller construire un tel incinérateur « chez les autres ».

« Parce que j'avais envie de rester maire », a plaisanté Jean-Claude Gaudin. Les élus de Fos et des communes de l'Etang de Berre apprécieront l'humour...

Pendant que les élus de la communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole se faisaient des politesses au chaud dans l'hémicycle, les élus et habitants de l'Etang de Berre manifestaient dans un froid piquant devant les grilles du palais du Pharo. Face à un déploiement de forces de l'ordre totalement disproportionné, ils ont renouvelé leur demande du « zéro incinération » à Fos. Ils n'auront donc pas été entendus...

A lire aussi sur Rue89 :
Incinérateur de Fos : une aberration et un enjeu national
L'incinérateur de Marseille-Fos plombé par la justice

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  • RilaX
    • Posté à 16h03 le 19/02/2009
    • Internaute

    Je ne comprends pas pourquoi dans ce pays, quand on a le choix entre plusieurs solution, on choisi systématiquement la pire de toutes.

    C'est valable pour l'incinérateur, la ligne TGV, la relance « contre la crise », j'en passe et des meilleurs.

    • ericparis11
      ericparis11 répond à RilaX
      juriste
      • Posté à 16h55 le 19/02/2009
      • Expert
        juriste

      Peut-être parce que ce n'est pas la pire de toutes...
      La pire, c'était de continuer à envoyer les bordilles à Entressen...

  • verodolot
    verodolot
    sarko est au pouvoir, alors (...)
    • Posté à 20h02 le 19/02/2009
    • Internaute
      sarko est au pouvoir, alors (...)

    54 millions d'euros ont été investis par la Communauté Urbaine de Marseille en 2006 pour la décharge d'Entressen... Vous croyez vraiment qu'ils vont la fermer ? ? Remarque, si ils l'ont dit, ils le feront certainement... Caselli il avait dit qu'il fermerait l'incinérateur et il l'a ........pas .........fait ! !

    Donc c'est sûr, Entressen va fermer et les déchets hautement toxiques de l'incinération (refium, mâchefers) vont s'envoler avec des colombes argentées dans les cieux purs de la Crau ! ! ! Car pourquoi Caselli irait les mettre à Entressen, désormais aux normes pour les recevoir, alors qu'il pourrait investir dans de la bonne colombe, pour relancer l'économie française et la chasse, (deux d'un coup l'est trop fort gégène...=

    Ouai et aussi Sarko il va s'auto-déclarer incompétent et démissioner ! ! Ben quoi ? ? ? Si on croit que l'incinérateur entraînera la fermeture d'Entressen, on peut bien croire que Sarko est capable d'auto-critique !

  • vinz13
    • Posté à 21h55 le 19/02/2009

    Voilà, voilà... un bel incinérateur qui enfumera (un peu plus) Fos et les alentours. On aurait pu faire des choix audacieux, novateurs, mais non, on fait les mauvais choix avec 20 ans de retard. Je n'en veux pas, pour une fois, aux socialistes. Si, juste de nous avoir fait croire qu'un retour en arrière était possible.

    Vous me direz, moi je m'en fous je suis Marseillais, mes déchet partirons en fumée loin de chez moi. J'irais plus jouer à la belote avec mes amis à Saint Mitre...

    Au delà de ça, désolé amis Fosséens. Désolé ma planète. J'essaierais de réduire mes déchets. Peut être un jours les politicien réfléchiront réellement à long terme. D'ici là sortez vos masques.

    • ericparis11
      ericparis11 répond à vinz13
      juriste
      • Posté à 01h57 le 20/02/2009
      • Expert
        juriste

      Le débat de fond n'a jamais eu lieu, cela a toujours été le pot de terre contre le pot de fer, le gros contre les gentils petits, etc... Bref, 5 ans de perdus, l'incinérateur désormais incontournable, la question des déchets trop sensible pour que quiconque ose désormais s'y attaquer avec courage.

  • Voldoklak
    Voldoklak
    Etudiant en journalisme
    • Posté à 21h58 le 19/02/2009
    • Internaute
      Etudiant en journalisme

    Salutations,
    Deux questions/détails sur les paragraphes 6 et 7.

    Dans le 6ème, il est dit que « en reconnaissant que les travaux étaient trop avancés dès la fin 2007 pour reculer, Eugène Caselli n'a pas du se faire que du bien. ».
    Je ne suis pas certains du sens exact de la phrase ..... cela veut il dire que Caselli ne s'est pas fait du bien :
    1. Parce qu'en reconnaissant cela, il avoue son ignorance à l'époque du dossier
    2. Il avoue non son ignorance mais son cynisme, en disant à demi-mot qu'il avait réclamé un moratoire qu'il savait parfaitement inutile....

    ***

    Paragraphe 7, on a « » »« Il n'y avait donc aucune solution ? Sauf à se dédire. Or, le dédit a été évalué à 500 millions d'euros, a également rappelé le président de MPM. “Une somme ‘’” » »

    >>>> Est ce que la citation c'est juste « une somme “ ? ? ? ?

    Merci d'avance et d'après.

    • Rémi Leroux
      Rémi Leroux répond à Voldoklak
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 07h52 le 20/02/2009

      La gauche, et le président de MPM notamment, a effectivement expliqué qu'elle n'avait pas eu conscience de l'état d'avancement des travaux... et n'avait pas mesuré à l'époque qu'il était déjà trop tard pour faire marche arrière... Eugène Caselli a rappelé que, pour sa part, « il n'était pas encore aux affaires ». Et a donc hérité de ce dossier explosif...

      Pour le paragraphe 7, c'est rectifié. Merci...

  • ericparis11
    ericparis11
    juriste
    • Posté à 01h54 le 20/02/2009
    • Expert
      juriste

    C'est quand même triste de voir ces pauvres gens manipulés par des politiques, qui ont agité des risques hypothétiques, si ce n'est nuls sur la santé pour exciter les foules... Leur unique motivation est de maintenir un litige avec MPM afin de rendre toute intégration de leurs communes impossible, donc de garder leur tas d'or (impôts versés par les industries 100 fois plus polluantes que l'incinérateur installées sur leur territoire). Le complexe de Fafner, en quelque sorte. Malheureusement pour eux, Balladur risque de jouer à Siegfried.

  • Armelle_Marseille
    • Posté à 09h39 le 20/02/2009

    Le mépris.
    Jeu de dupes, encore un .
    A qui profite le crime ?
    A n'en pas douter à Evéré , l'exploiteur du site qui a déjà reçu beaucoup d'argent et qui osait en réclamer encore plus pour les pertes qu'il subirait en cas de changement de projet .
    Le profit pour les intérêts privés et les pertes pour les citoyens !
    Quand dans quelques années on finira par fermer cet incinérateur mortifère , qui paiera les pots cassés ? certainement pas les transnationales de l'incinération, ni les élus d'aujourd'hui, installés dans leur incroyable cynisme mais les populations comme toujours.
    Combien de temps allons nous supporter cela ?

    Armelle Chevassu
    Fédération pour une Alternative sociale et écologiste
    Lien

  • Reynaud
    Reynaud
    écobordillologue
    • Posté à 00h01 le 21/02/2009
    • Internaute
      écobordillologue

    A la lecture du dossier proposé aux élus de MPM, il faut remarquer que, en annexe de la convention tripartite qui lie MPM à Evere et aux banques, le contrat de crédit-bail immobilier (CPI) , tout en ayant conservé la même page de garde datée du 16 juillet 2007, a été pourtant profondément remanié : à titre d'exemple, on voit apparaitre un nouveau partenaire, la Société Générale, « arrangeur » et , en ce qui concerne la définition des biens, il n'est plus fait état de l'unité de méthanisation ! !
    Dès lors, si ce document des banques a été autant transformé, pourquoi ne pas modifier les autres pièces du contrat ?
    Pourquoi ne pas remettre en question le choix du délégataire, le groupement Urbaser, qui dès l'origine, rappelons-le, avait une proposition financière suupérieure à celle de Novergie qui évaluait ses investissements à 266M€ HT, soit 10 millions d'euros de moins qu'Urbaser, et qui s'élève maintenant, à travers d'Evere, à plus de 330 M€ ?

    Sans aller jusque là, des modifications peuvent être apportées au contrat de DSP qui sera à nouveau signé par le Président Caselli.

    Dans ce contrat, il est inadmissible que les contribuables, via MPM, paient une installation qui ne fonctionne pas, surtout si c'est la faute d'Evere. Or, le contrat actuel prévoit de payer Evere si l'incinérateur ne peut pas fonctionner par suite d'une décision de justice qui annulerai, l'autorisation d'exploiter demandée par Evere et autorisée par le préfet.

    Il appartient donc à Eugène Caselli de modifier l'article 42-1 de la délégation de service public en rajoutant, après le 1er paragraphe, la phrase suivante. « L'annulation juridique des autorisations demandées par le délégataire constituera une faute du délégataire et entrainera la résiliation de la DSP à ses torts exclusifs, laissant à sa charge les frais engagés. L'installation ne pouvant fonctionner, le délégant suspendra tout versement financier et pourra demander des indemnités correspondant aux frais entrainés par la mise en place d'un autre système de traitement. »
    faute de quoi Eugène Caselli aura l'entière responsabilité du paiement de l'incinérateur par les contribuables marseillais si l'autorisation d'exploiter est annulée.

    Jean Reynaud
    Docteur d'Université*
    Ecobordillologue **
    membre de la CLIS de la décharge de Marseille en Crau

    *Thèse 2005 : « Le traitement des déchets ménagers à l'épreuve du développement durable, en France »
    ** Etude des déchets dans une perspective de développement durable.

  • Ozzarrolo
    Ozzarrolo
    sans
    • Posté à 00h20 le 21/02/2009
    • Internaute
      sans

    Caselli, Menucci et Guérini , qui préfèrent « le principe de réalité » au principe de précaution ne veulent pas avoir à payer - selon eux - 500 millions d'euros pour l'arrêt de l'incinérateur.
    Mais combien vont-ils dépenser pour conserver l'incinérateur ? plus de 70 Millions € HT/an, soit plus de 1.400 millions d'euros en 20 ans sans réévaluation et sans prendre en compte le financement de gros travaux. ! ! ! !

    Claude Ozzarrolo

  • Philippe@LiveinMarseille.com
    • Posté à 14h59 le 23/02/2009
    • Internaute
      musicopathe

    Réponse à Vérodolot :
    bien tenté le coup des colombes argentées...
    Hélas après incinération, et ça ne vous a pas échappé, il reste 25 % en tonnage de mâchefers (déchet vitrifé à tendance suspecte) et de résidus de traitement de fumée (déchet pulvérulent et lui, toxique avéré).

    Soit au (très bas) mot 150 000 t de déchets à enfouir.
    Donc, une fois qu'on aura remblayé avec des mâchefers tout ce qui peut l'être (comme une ligne LGV par exemple) en supposant que ça ne suinte pas, on continuera EN EFFET à utiliser Entressen et/ou un autre site d'enfouissage.

    Car même les gabians ^(goélands) de Marseille et leur estomac à tout épreuve (j'en ai vu un gober un rat crevé une fois...) n'ont pas assez d'appétit pour bouffer des pierres et des poussières toxiques, hélas.

    « le plus beau coup des incinérateurs c'est d'avoir fait croire que leurs déchets n'existaient pas ». Et encore on a pas parlé de dioxine, ne soyons pas vulgaires, le principe de précaution ça énerve les gens raisonnables.