
Papin, Tapie, Maradona… l'OM mythifié qui cache la forêt
Il est beaucoup question du club de foot le plus populaire de France ces derniers jours dans les médias. Mais l'OM d'hier fait toujours plus rêver que l'OM d'aujourd'hui.
C'est un club de football indécrottable de l'image de sa ville. Et vice-et-versa. L'OM reste le club le plus populaire de France sans n'avoir plus remporté aucun titre depuis… 1993. Autrement dit une éternité pour un supporter acharné que deux Coupes Intertoto (2006, 2007) n'auront évidemment pas suffi à rassasier. (Voir la vidéo)
Et pourtant. On parle toujours autant de l'Olympique de Marseille. Le journal L'Equipe consacre un « quatre pages spéciales » au club marseillais dans son édition du 10 février, avec une Une spécifique pour Marseille et sa région.
En fin de semaine dernière, c'est la version papier glacé du quotidien sportif -L'Equipe Mag- qui faisait sa couverture sur une histoire maintes et maintes fois évoquée : l'année où Diego Maradona a failli signer à l'OM.
Chaque fois bien sûr, il y a le prétexte d'une actualité immédiate. Cette semaine, à quatre jours d'intervalle, le stade Vélodrome aura été plein comme un oeuf à deux reprises. Pour accueillir dimanche dernier les Girondins de Bordeaux, équipe en forme du moment (victoire marseillaise 1-0). Pour recevoir la sélection argentine entrainée par Diego Maradona pour un match amical face à l'équipe de France, mercredi 11 février.
L'arrivée du prodige argentin dans la région a d'ailleurs animé les supporters marseillais, très attachés à la figure « del pibe de oro ».
Papin, Boli et Tapie ressortis du placard
On en appelle souvent aux héros d'hier. Ceux qui ont marqué l'histoire du club, qu'ils soient joueurs, entraîneurs ou dirigeants. Et même, donc, ceux qui n'ont que failli marquer l'histoire du club, à l'image de Maradona. On ressort les Papin, Boli et Tapie du placard, on les dépoussière un peu et on entretient le mythe.
Jean-Pierre Papin, par exemple, désigné comme le joueur le plus emblématique de l'histoire du club, se prête volontiers au jeu. Et explique sa cote d'amour auprès des supporters marseillais, dans la grande tradition des interviews de footballeurs :
« Les gens savent que je n'ai jamais triché. J'ai joué le jeu chaque fois que je suis entré sur le terrain. J'ai défendu le maillot de l'OM et du club, comme il mérite de l'être. »
Mais le mythe ne doit pas cacher la forêt. Comme le rappelle Dominique Rousseau, de L'Equipe, à propos de Bernard Tapie, désigné dans un sondage réalisé par le quotidien sportif, meilleur président de l'OM :
« De la période Tapie, la majorité des sondés n'a donc voulu retenir que les années de gloire, très lointaines aujourd'hui (…) Les Marseillais auraient-ils la mémoire sélective ? »
Qu'importe l'affaire OM-VA pourvu qu'on ait l'ivresse d'avoir été, grâce à Tapie, « à jamais les premiers » (premier club français à avoir décroché un titre de champion d'Europe). Mais les temps anciens parviendront-ils à masquer encore longtemps le vide du palmarès olympien des temps récents ?
L'histoire du recours déposé par certaines joueurs de l'OM, dont Eric Di Meco, « pour récupérer le titre de champion de France 1993 », que la Fédération Française de Football avait retiré à Marseille après l'affaire OM-VA, est un exemple supplémentaire de ces retours en arrière répétés.
Couverture du stade, grand stade hors de la ville…
Tous les faux-fuyants sont bons pour faire oublier « la réalité du terrain », comme disent les joueurs. Les différentes hypothèses de couverture du Stade Vélodrome, par exemple, permettent de détourner l'attention des supporters.
Est aussi ressorti des oubliettes ces dernières semaines le projet de construction d'un grand stade à l'extérieur de la ville. Un projet dont on parlait déjà en… 1993, année du sacre olympien.
A une question posée sur le sens d'une implantation du stade de l'OM hors de la ville mais au centre de l'aire métropolitaine marseillaise, comme « symbole de l'aire métropolitaine marseillaise et signe de l'intercommunalité », le sociologue Christian Bromberger avait émis à l'époque quelques réserves :
« L'OM au stade Vélodrome sert de lieu de transition, il permet un passage des populations du nord au sud de la ville, de l'Etang-de-Berre vers Marseille où les populations “exilées” font un pèlerinage. Implanter ce type d'équipement à l'extérieur, ce serait la perte d'un symbole fort de l'espace marseillais, et mettre fin à la circulation du nord au sud. »
Ce qui pose évidemment de vraies questions, mais permet de ne pas être trop regardant sur les résultats sportifs du moment. Et comme le dit si bien Jean-Pierre Papin dans L'Equipe :
« C'est ce qu'il manque aujourd'hui. Il manque un titre. Il y a un bailleur exceptionnel (Robert-Louis Dreyfus, ndlr) dans le sens où il n'a jamais vraiment dit quoi que ce soit, mais maintenant il faut lui faire plaisir et faire plaisir au public. Je les trouve bien patients depuis quinze ans, franchement… »
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De bastadeboludos
commentjecomprendspas | 18H38 | 10/02/2009 |
- ha parce qu'il faut gagner des titres pour aller voir et supporter son équipe ?
- ha parce que vous pensez vraiment que les couleuvres (promesse de toits, de tels ou tels joueurs) on les avale et qu'on ne se rends pas compte que notre équipe ne vaut pas un clou et que c'est pour ça qu'on va toujours et encore au stade ?
Décidemment à Paris, vous ne comprendrez jamais rien de rien au football !
De netchou
assis devant le clavier,m'sieur le ... | 19H20 | 10/02/2009 |
Ah,l'hoème ! pour beaucoup de vieux Marseillais c'est un club qui les faisait vibrer réellement,le stade vélodrome avait VRAIMENT
un vélodome (certainement que pas mal de supporter n'en n'ont aucune idée ! ).Il est sur qu'aujourd'hui ce club vit sur son passé et les gars qui l'adulent ne font que perpétuer le mythe,pauvre de nous.Pour ma part ce n'est qu'une équipe perdue dans la masse de clubs concourant dans la course au pognon.Mais il m'arrive de temps en temps de dire allez l'om,comme un breton dirait kenavo.Il est loin le temps ou dès que l'on avait l'occasion d'écrire 2 lettres,dans la neige(rare ici,quoique ! ) ou sur une vitre embuée et autre plage de sable ,c'était celle de l » OM.Allez…
De aymerico
géographe des surfaces | 12H07 | 12/02/2009 |
Je ne comprends pas vraiment l'intérêt de cet article… quel est le rapport entre l'OM mythifié, les projets de stade évoqués, les mauvais résultats actuels… Aucun titre depuis 1993 et 2 coupes intertoto, c'est un peu réducteur, il me semble que l'OM est allé 2 fois en finale de Coupe de l'UEFA face à Parme puis Valence dans cet intervalle. Qui a fait mieux en France … ? Lyon ? Le Monaco de Deschamps sans doute. S'arrêter au « titre » n'est pas pertinent [c'est justement la logique de Tapie] - c'est un aboutissement certes - mais le foot c'est d'abord et avant tout du spectacle (l'OM fascine ce qui explique l'attachement qu'il suscite y compris dans le Nord de la France) et du lien affectif envers une ville/un lieu/une culture populaire. La véritable question est bien là : comment générer du spectacle ? en participant brillamment aux plus hautes compétitions notamment… et comment y arriver ? en formant une équipe compétitive (qui dépend peut-être en partie de l'argent mais avant tout du projet sportif et de l'âme du club). Ce qu'aucun club français ne parvient à faire, même si Lyon s'en rapproche. Il faut garder ses meilleurs joueurs, les jeunes talents français par exemple… un coup de pouce de M'sieur Platini ?