05/02/2009 à 23h05

Enseignants-chercheurs : après la grève dans les facs, la manif


La réforme des universités a fait descendre près de 40 000 enseignants-chercheurs dans la rue, jeudi, dans une vingtaine de villes en France, dont plusieurs milliers à Paris (moins de 4 000 selon la police, 15 000 pour les syndicats). A Aix-Marseille, la manifestation a réuni entre 2000 et 5000 personnes dans les rues de Marseille. » Une mobilisation importante pour dénoncer la politique de « casse du service public, le démantèlement du CNRS ou encore la réforme du statut d'enseignant-chercheur.

Université de Provence à Aix, campus de Saint-Jérôme ou de Luminy à Marseille, Institut d'études politiques, IUFM, étudiants et lycéens... les sites universitaires en grève dans la région étaient largement représentés dans le défilé.

Après la journée interprofessionnelle du 29 janvier dernier et avant un nouveau rendez-vous de l'enseignement supérieur le 10 février prochain à Paris, les manifestants de Marseille ont chanté et crié en nombre leur ras-le-bol.

Une colère résumée par Bruno Truchet, enseignant-chercheur à l'Université de Provence :

“Il y a une énorme différence entre les objectifs affichés du gouvernement, c'est-à-dire priorité enseignement supérieur et recherche, et la réalité de leur motivation qui est juste une destruction du service public.” (Voir la vidéo)



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  • DV8
    DV8
    • Posté à 09h26 le 06/02/2009

    Ça n'a rien a voir avec la manif mais je ne peu m'empêcher de réagir a l'intervention du prof d'IUFM.
    J'ai relevé un « et il y a bien des chercheurs sur l'enseignement a cet égard » suivit d'un magnifique « de plus dans notre plate-forme commune » avec pour finir un formidable « transformation des concours pour en faire des choses qui sont deja mal-placées » trouvé au milieu d'une intervention vraiment obscure.
    Ça ma rappelé avec nostalgie le temps ou je collaborait avec des formateurs d'IUFM. Encore aujourd'hui je me demande ce qu'il cherchaient a m'expliquer.
    D'ailleurs si il y a des gens ici qui peuvent faire une traduction en français, je leur en seraient redevable.

    Voila, ça ce n'était qu'un détail, maintenant je voudrais après lecture des liens réagir sur la suppression du CNRS : On marche sur la tête, supprimer un organisme de recherche avec une réputation comme le CNRS !
    Que tout ne fonctionne pas correctement, tout le monde le sait et les chercheurs réclament tout les jour des changements.
    Mais ça c'est juste dément, fou, irresponsable.

    Quant tu pense que dans certaine discipline certains labo étranger sont a la fête quant il peuvent juste insérer un petit logo CNRS dans leurs projets fruit de la collaboration avec cet éminent organisme de recherche (qui participe souvent de manière très maigre).

    J'imagine désormais la gueule de mes collègues lorsqu'ils viendront me demander :
    « Tu peu me mettre le logo du CNRS sur ma clef USB c'est pour telle présentation ? »
    « Ah bah non, désolé, le CNRS a été dissous par notre président. Tiens a la place je te file le logo de l'université pour 3eme age de St Brieuc, ça fera classe »...

    Amis jeune-chercheurs, appel a la désertion massive !
    Barrez-vous massivement a l'étranger pendant que vos diplômes français possède encore une certaine aura.

  • Network 23
    Network 23 répond à bebof
    • Posté à 13h51 le 06/02/2009

    Bebof, je soutiens, tout comme vous, cette grève.

    Je m'étonne juste d'une chose, et je m'en étonnais déjà l'année dernière :

    justement, pourquoi ne pas rendre davantage public les propositions positives ?

    pourquoi les enseignants-chercheurs, qui, au bout de longues tergiversations, se sont mis à se mobiliser (les étudiants n'ont pas attendu le décret), ne s'interrogent pas aussi sur ce qu'il faut changer dans le cursus des étudiants ?

    Comment se fait-il que bcp d'étudiants en master ne savent pas que, pour demander une allocation de recherche (qui se font rares), il faut le faire l'année d'obtention du master ?

    Comment se fait-il que, ds bcp d'UFRs, on ne sait absolument rien du devenir des étudiants et des doctorants ? dans mon UFR, je ne sais même pas combien de doctorants il y a (alors, compter ceux qui ont lâché l'affaire, faute de moyens ou pour d'autres raisons...).

    Comment se fait-il qu'on puisse faire 5 ans de fac dans des sections où le débouché principal demeure le CAPES ou l'agrégation, sans avoir été aiguillonné dès le départ, dans la formation, vers cet objectif ? (Vous me direz que l'avantage de la fac, c'est l'indépendance qu'elle accorde aux étudiants - mais ne pas les contraindre à se préparer à un concours que pour la plupart ils passeront, et devront donc préparer dans l'improvisation l'année de préparation du concours, c'est les envoyer au casse-pipe...)

    Pourquoi les masters n'organisent-ils pas (ou plus, ça dépend desquels) des réunions d'info sur les façons de faire une thèse, d'obtenir des fonds, les risques et les aléas de celle-ci, bref, la perspective professionnelle ?

    Tout ceci se passe dans l'obscurité la plus totale (par surprise, j'ai appris qu'on pouvait avoir son CAPES et le valider en enseignant à la fac par 3 ans de monitorat, pendant qu'on est inscrit en thèse ; personne dans mon entourage ne le savait ! )

    Quelques questions dont j'aimerai que les enseignants-chercheurs s'emparent... voeux pieux ?

  • meli
    • Posté à 14h46 le 06/02/2009

    voici un article intéressant sur la réforme des universités (Attac) :
    Lien

    Cela va plus loin qu'une réforme des statuts, c'est la mort programmée de l'université pour tous, la fin de certaines filières (surtout les sciences humaines et sociales), la mise en place d'un mécenat à la place de la subvention d'Etat. Et puis, il est à prévoir une augmentation des droits de scolarité, car autonomie oblige, l'Université devra chercher l'argent (c'est déja le cas) qui va lui manquer.

    Classes moyennes, couches modestes, vous pouvez dire adieu aux études supérieures pour vos enfants (à moins de vous endetter encore plus). Elles ne seront réservées qu'aux plus riches. Si la sélection par l'argent existe déja (il ne faut pas se voiler la face), cette réforme va considérablement accélerer les choses.

    L'Université a bien sûr besoin d'une réforme, mais certainement pas celle-ci.