
Assurance chômage : les intermittents en embuscade
Alors qu'une septième séance de négociation sur l'assurance chômage s'est tenue à Paris ce mardi, les intermittents espéraient que les fameuses annexes 8 et 10 de la convention Unedic qui régissent leurs professions y seraient abordées.
Il n'en a rien été et leur régime spécifique ne sera évoqué par les partenaires sociaux qu'au début de l'année prochaine. Peu importe. Les intermittents en ont profité pour faire part de leurs interrogations concernant notamment l'éventuelle suppression de l'annexe 8, régime spécifique des techniciens, évoquée ces dernières semaines.
Si elle devait se confirmer, cette suppression provoquerait une bascule des techniciens vers le régime général. Une issue que les intermittents n'envisagent pas une seule seconde.
A Marseille, pendant qu'une délégation rencontrait les représentants locaux du Medef, une petite centaine d'intermittents bloquaient la rue. Et évoquaient leurs craintes…
Stéphane, musicien dans le groupe Kanjarock
Stéphane est musicien, joue dans plusieurs groupes marseillais, Kanjarock et Moussu T e lei jovents, il est intermittent depuis quinze ans.
Les attaques répétées contre le régime des intermittents, estime-t-il, ont considérablement « fragilisé des métiers qui génèrent pourtant une économie induite considérable » :
« Depuis quatre ans, chaque année le statut est modifié. On a l'impression qu'on veut faire de nous une caste de travailleurs à part. Le travail des intermittents n'est pas reconnu à sa juste valeur. Le festival d'Avignon, par exemple, il faut voir les millions d'euros qu'il génère en retombées indirectes pour la ville… »
Pour Stéphane, il y a de la part de l'Etat « la volonté de mettre au garage tous les gens qui travaillent dans le spectacle ».(Ecouter le son)
Le gouvernement profitant, une nouvelle fois, que « personne n'y pense pour faire passer les réformes » : (Ecouter le son)
Perrine, technicienne aux Ateliers Sud Side
Perrine travaille aux ateliers Sud Side, à la Cité des Arts de la Rue, un atelier de construction de structures scéniques pour le spectacle vivant. Ils sont une dizaine d'intermittents à composer le « noyau dur » de Sud Side.
Perrine réalise ses heures d'intermittence principalement aux Ateliers. Elle rappelle que créer des postes de permanents « équivaudrait à employer à temps plein seulement quatre personnes » : « Il serait donc tout simplement impossible de faire fonctionner la structure dans ces conditions. »
De la même manière, elle estime qu'intégrer les techniciens au régime général entraînera la disparition de la plupart d'entre eux, en particulier ces « petits » métiers qui vivent et font vivre le spectacle vivant, en étant à la fois très proches de l'artisanat. (Ecouter le son)
Rémi, monteur, travaille pour la télévision
Autre effet collatéral non négligeable : la suppression de la publicité sur les chaînes télé de service public. Rémi est monteur, intermittent depuis huit ans. Il travaille principalement pour la télévision, entre Paris et Marseille. Ses documentaires sont montés en coproduction avec France 2, France 3 ou Arte :
« Les durées des contrats sont de plus en plus courts, les salaires de plus en plus bas. A Marseille, France 3 ne fait quasiment plus appel aux intermittents, or c'était le plus gros employeur de la région. » (Ecouter le son)
Rémi explique que les boites de production pour lesquelles il travaille actuellement ne sont pas touchées pour l'instant par la perspective de suppression de la publicité. Mais la situation pourrait être bien différente début 2009.
C'est également ce qu'a laissé entendre la Société civile des auteurs multimédia (Scam), l'une des principales organisations de créateurs de programmes audiovisuels :
« Alors que des menaces pèsent sur le droit d'auteur, la modification des critères de durée d'indemnisation entraînera mécaniquement une baisse de revenus des allocataires, et cette baisse globale des revenus des auteurs-réalisateurs et des techniciens ne fera qu'aggraver la paupérisation, déjà en cours, de la profession. »
Photo : Manifestation des intermittents à Marseille (Rémi Leroux/Rue89)
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De Guy Valte
17H18 | 24/12/2008 |
On annonce deux millions de chômeurs, les syndicats annoncent que seul un chômeur sur deux est indemnisé, ça fait donc quatre millions de chômeurs, plus les précaires, plus les trop mal payés, ça commence à faire beaucoup de monde. Considérés comme responsables de leurs sorts, on estime qu'ils n'ont à s'en prendre qu'à eux mêmes et puis c'est la crise alors on peut rien faire.
Combien de temps encore les gens vont ils se laisser pourrir la vie par un système qui ne fonctionne que pour une minorité, une « élite » Un système qui fait la preuve de sa non viabilité. Ne serait il pas temps d'envisager de « tourner la page » ? Mettre les gens au centre, prioritaire de ce que doit faire un gouvernement ? Au lieu de faire exclusivement du commerce, et du foot. N'y a t'il pas dans le monde des sociétés qui fonctionnent de façons plus équilibrées ?
De antietatiste
médecin | 19H31 | 24/12/2008 |
Ce n'est pas au contribuable a payer des saltimbanques a ne rien faire (ou a trop en faire comme certaine epouse ..)
Si le saltimbanque veut des sous soit il est capable d'en gagner en étant saltimbanque et en vendant son spectacle, soit il n'en est pas capable et il fait comme moi : il bosse.
De -SimplePenseur-
techlight | 12H28 | 26/12/2008 |
réponse à antietatiste
les saltimbanques que nous sommes, contrairement à ce que vous pensez, travaillent dur ! ! le week end, la nuit, dans le froid, sans limite d'horaire pour que le spectacle et la magie qu'il dégage puissent exister, nous donnons beaucoup de nous même.
-Les répétitions (non rémunérées) prennent bien plus temps tout au long de l'année que le nombre de cachets pour une majorité d'artiste
- Niveau technicien, je voudrais vous y voir…. Bossé 15 jours d » affiler en dormant 5h00 par nuit, passer vos journée à charger des camion de fly, à porter des machines plus lourdes que vous… et tout faire vite car bientôt le spectacle doit commencer…. le temps de formation pour apprendre à se servir de nouvelles bécannes est trés souvent non rémunéré donc pris sur notre temps libre
Tout ça pour VOUS, qui ne vous donnez même pas la peine de voir l » envers du décor, le spectacle ne commence pas quand le rideau s » ouvre…. il commence bien avant et se termine bien après que vous soyez aller vous coucher.
je suis encore au régime général et je suis bien placé pour vous dire que c » est la merde, je suis censé toucher 950 euros par mois le 5 si j » ai pas travailler.lorsque je travail peu (2 cachets), je dois attendre les fiches de paye soit le 10 et les envoyer pour qu » elle soit traité, au mieux je suis payer par les assedice le 23, ce qui m » entraine de lourds frais banquaire chaque mois (ma vie, elle, ne s » arrete pas)…. et c » est valable pour tout les bénéficiare de L'ARE
Si il y a une réforme à faire elle commencerai, selon moi, par là
c » est pas en affamant le peuple qu » on fera retrouver un équilibre
économique….
La politique antisociale de notre gouvernement est un sujet qui me tiens a coeur….
Touchez pas à nos droits ! ! ! !
De centpiaces
agité du bol | 13H02 | 27/12/2008 |
Un peu plus bas j'ai dénoncé quelques abus certains pseudos « intermittents du spectacles », car y avait quand même pas mal de flou d'où les abus, mais au final qui trinque ? Les vrais bosseurs car justement vivre dans la voie artistique c'est franchement choisir une vie difficile, car pour beaucoup voir trop de gens les métiers artistiques sont pas du travail ! Dans ces conditions comment valoriser son labeur ? La voie qu'on a choisit ? J'en fais partie des ces gens qui triment sans compter les heures au détriment de sa famille, de sa copine, etc. Mais je fais aussi des boulots alimentaires qui n'ont rien à voir avec mon crédo. Je me bouge le cul, et je ne suis le poids de personne.