Marseille : un projet de parking menace le parc Longchamp

Un parking souterrain de 480 places doit être construit sous le parc Longchamp, unique poumon vert de l'hyper-centre marseillais et espace boisé classé. Le projet, auquel s'oppose un collectif de riverains, prévoit notamment l'abattage de plusieurs arbres vénérables.
Eric Mullard participe au collectif « SOS Longchamp » qui demande « l'annulation pure et simple » du projet de parking. Selon lui, les conséquences pour le parc pourraient être bien plus importantes que ce que prétendent les élus. (Ecouter le son)
Pour qui connaît Marseille, le parc Longchamp, et son palais, est un site unique. C'est pour ainsi dire le seul espace vert digne de ce nom dans le centre-ville. Un lieu auquel les Marseillais sont très attachés, qu'ils soient ou non riverains du quartier.
Classé monument historique en 1999, le Palais Longchamp cache en réalité une immense citerne souterraine bâtie au XIXe siècle pour amener l'eau de la Durance dans Marseille et ainsi permettre de régler définitivement ses problèmes d'approvisionnement.
Son parc, près de sept hectares insérés dans la trame urbaine, a abrité jusqu'en 1987 un jardin zoologique.

Depuis de nombreuses années, la municipalité a pour projet d'y construire des aires de stationnement. En 2000, l'adoption du plan de déplacement urbain (PDU) confirme la construction d'un tramway et préconise, dans le même temps que sa mise en service, l'ouverture de plusieurs parkings de délestage.
Si le tramway circule depuis maintenant un an et demi, serpentant notamment au pied du palais Longchamp, tous les parcs de stationnement n'ont pas été livrés, dont celui qui était prévu dans le périmètre du jardin.
Pour y remédier, le 13 juillet 2006, la Communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole (à l'époque dirigée par l'UMP) a approuvé un contrat de concession d'une durée de 30 ans à la société QPARK France, pour la réalisation et l'exploitation d'un parking de 485 places réalisé sur quatre niveaux. Coût total des travaux : 11,6 millions d'euros.
Une autorisation de travaux a été accordée le 6 août dernier à QPARK.
Polémique sur le nombre d'arbres coupés
Depuis cette date, les riverains sont partis en guerre contre un projet qui, à leurs yeux, menace « le dernier rempart du centre-ville contre la pollution générée par la circulation automobile. »
Ils déplorent l'arrachage d'une vingtaine d'arbres, dont certains sont vénérables.
« Il ne s'agit que de trois platanes et pas un de plus, tranche Bruno Gilles, le sénateur-maire (UMP) du secteur. Je n'ai jamais caché qu'il faudrait les couper mais il n'y avait de toute façon pas d'autre emplacement pour construire ce parking ».
Faux, rétorque en deux temps le collectif :
« Le dossier d'urbanisme fait apparaître l'abattage de 22 arbres de haute futaie dont certains ont près de 200 ans et prévoit la mort à court terme de tous les arbres situés en périphérie du chantier. »
Pour Eric Mullard, le paradoxe est frappant :
« A l'heure du Grenelle de l'Environnement, un tel projet va contre les résolutions qui y ont été prises. On fragilise un peu plus un écosystème déjà sensible pour faire la place à la voiture. » (Ecouter le son)
Concernant le choix de l'emplacement pour ce projet, le collectif rappelle que « les programmes immobiliers de ces dernières années ont disposé du peu de foncier encore disponible. Si bien qu'il ne restait que le sous-sol du parc Longchamp ».
Une partie du dossier d'urbanisme manquante
Le 19 octobre dernier, « SOS Longchamp » a déposé un recours gracieux auprès des services préfectoraux. « Le 20 décembre, si nous n'avons pas obtenu de réponse de la part du Préfet, il est très probable que nous déposions un nouveau recours, contentieux cette fois, auprès du tribunal administratif de Marseille », explique Marie-Ange Andrei-Lacroix, très impliquée dans le collectif.
Selon elle, un certain nombre d'obligations légales n'auraient pas été remplies au cours de la procédure, notamment en ce qui concerne l'information des riverains :
« Lorsque nous avons enfin eu accès au dossier d'urbanisme, il manquait la moitié du rapport de la commission nationale des monuments historiques, que nous pensons être la partie portant sur les nuisances que ce parking pourrait produire sur l'environnement. »
Le projet s'inscrit en limite d'un espace boisé classé et sur un site lui-même protégé au titre des monuments historiques. Jean-Philippe Ansaldi, directeur de cabinet du maire du secteur, Bruno Gilles, a rappelé début octobre que « la parcelle concernée par le chantier a été réservée au Plan d'occupation des sols » en 2000 :
« Elle n'est donc pas située sur l'espace boisé classé, mais elle est quand même touchée dans le cadre du classement à l'inventaire des monuments historiques du palais Longchamp.
La commission nationale des Bâtiments de France a donc été amenée à se prononcer sur la nature du projet. Ce qu'elle a fait le 2 juin dernier, “non sans avoir émis un certain nombre de réserves que nous avons prises en considération”, a encore expliqué M. Ansaldi.
L'instruction des autorisations de travaux aura duré près de deux ans, un délai “particulièrement long”, explique-t-on du côté de la communauté urbaine, compte tenue de la “sensibilité du site”.
“Le ban et l'arrière-ban des bobos”
Ce jeudi 11 décembre, les membres du collectif ont manifesté sous les fenêtres de la mairie de secteur, comme ils l'avaient fait le 2 octobre dernier. Une action qui a eu le don d'agacer le sénateur-maire Bruno Gilles, qui dit ne pas comprendre pourquoi ses administrés se mobilisent “deux mois à peine avant les premiers coups de pioche” :
“C'est le ban et l'arrière-ban des bobos du quartier qui, depuis que le projet a été présenté en juillet 2006, n'avaient pas levé le petit doigt pour protester. Je constate d'ailleurs que le dossier était revenu en mars dernier, au moment des élections municipales et avait pris un tour un peu politique. Et le voilà qui ressort à nouveau cet automne”.
Qu'importe, assurent les “bobos” du quartier, “qu'il s'agisse d'un platane ou de vingt, la problématique reste la même : une fois encore dans cette ville, c'est la voiture qui prime ! ”
“Le projet n'a pas été concerté, aucune étude d'impact n'a été réalisée et on prépare un aspirateur à voitures, car il s'agit bel et bien d'un parking de délestage pour le métro et le tramway tout proches. On attend 1500 véhicules en rotation chaque jour ! ”
Bruno Gilles assure que la vocation de l'équipement est double et si effectivement une partie servira au délestage, “l'autre sera réservée à un usage résident. Or, lorsqu'on connaît les difficultés de stationnement dans le quartier, ce sera autant de véhicules qu'on ne retrouvera pas en surface”.
La communauté urbaine a confirmé que le début des travaux étaient toujours envisagé pour le début de l'année 2009 et ce pour une durée de 19 mois. Mais a par ailleurs fait savoir que “deux recours contentieux ont été déposés auprès du tribunal administratif à l'encontre du concessionnaire”.

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De miremond
17H49 | 12/12/2008 |
bon il faudra bien finir par admettre que la voiture n a rien à faire en centre ville et que longchamp c est le centre ville
bobos ou pas il faut choisir entre la ville ou la voiture
De Aristochat
Ingénieur en retraite - Corresponda... | 06H45 | 13/12/2008 |
Cet article, particulièrement intéressant quant au manque de concertation entre les élus et la population, omet de préciser que les Marseillais(es) se battent depuis quatre ans contre ce projet. En outre, un recours pour annulation des autorisations de construire, devant le tribunal administratif, a été déposé par deux marseillaises que personne ne peut qualifier de « politiques ».
On dit dans les milieux de l'aménagement du territoire qu'une délégation de service public déstinée à construire et exploiter un parking et souvent liée à un financement de campagne électoral. Serait-ce le cas à Marseille ? D'autant que Q-Park est bien implanté dans les communes dites de droite.
(Je suis un ancien aménageur qui plus est, adhérent à l'U.M.P. ! )
De fritonpie
En construction | 19H03 | 14/12/2008 |
Marseille capitale de la culture en 2013 et de toutes les cultures. Faites que les maigres poumons verts de la cité phocéenne restent en l'état.Si tout est remis à l'identique,avec 480 places de stationnement en dessous,pourquoi pas…
De Guillaume_Z
figurant | 19H38 | 14/12/2008 |
d'accord avec ce qui a été dit
juste une précision : le tram a dégagé des centaines de places de stationnement dans le quartier . faut bien trouver des places quelque part, le mieux étant en souterrain, ce qui veut dire au final plus d'espaces publics. Quand les transports seront plus efficients dans cette ville, alors on pourra dégager encore plus de voitures, mais on peut pas d'un coup de baguette magique enlever tout le stationnement du centre ville sans compensation.
De wonderf13
Enseignante | 17H01 | 15/12/2008 |
Bonjour
J'ai lu avec intérêt votre contribution concernant le parc Longchamp.
Ceci dit, non le site ne va pas vraiment être remis en l'état. La société QPARK doit remettre de la terre et la municipalité replanter des arbres qui, même s'il ne sont pas tout petits, vont mettre des années pour grandir ; d'autant qu'ils auront beaucoup moins de profondeur pour leurs racines. D'autre part, le terrain va être drainé et les nouveaux arbres, comme les autres d'ailleurs, auront bien moins d'eau.
De plus, comme c'est dit, il n'y a pas eu d'étude d'impact pour savoir qu'elles seront les nuisances pour ceux qui habitent près des bouches d'aération et l'histoire ne dit pas qu'elle partie va être fermée pendant les 19 mois des travaux.
De arthur4
étudiant | 08H56 | 15/12/2008 |
Aristochat, vous dites « En outre, un recours pour annulation des autorisations de construire, devant le tribunal administratif, a été déposé par deux marseillaises que personne ne peut qualifier de “ politiques ”.
Madame Marie Ange ANDREI LACROIX, l'animatrice de la contestation est une militante du conseiller Général socialiste Antoine ROUZAUD.
Les réunions du collectif se tiennent dans sa permanence, 66 rue Louis Astruc ( voir site internet de l'asso www.parc-longchamp.org).
Comme quoi, avant d'énoncer des contres vérités, il faut vérifier.
De plus, cette constestation et les manifestations du collectif se font toujours devant la Mairie de secteur, alors que tout le monde sait que c'est la communauté urbaine qui gère ce dossier.
Mais aller manifester devant la porte de ses amis ne se fait pas ! ! ! ! !
Un bel exemple de manipulation politique.
à arthur4
De vivalongchamp 0000000000000000000000000000000000000000000
associatif | 12H04 | 15/12/2008 |
Bonjour
C'est pas bien petit Arthur de dire des mensonges pareils ! C'est ton parrain qui t'a soufflé ça ? Rétablissons la vérité : Marie Andrei est militante associative depuis de nombreuses années et n'a jamais été inscrite ni n'a milité dans aucun parti politique.
Les réunions du collectif se déroulent dans différents endroits( la dernière au théâtre de la Ferronnerie) prêtés par des associations ou particuliers sympathisants du mouvement. Ces lieux n'ont aucune coloration politique. Le maire du 3ème secteur est un des principaux responsables de ce projet même si aujourd'hui devant l'indignation générale il tente maladroitement d'en minimiser la portée. Le fait d'avoir passé la patate chaude à la CUM n'y change rien. D'autre part si la mairie de secteur avait fait son boulot à savoir informer et consulter les citoyens nous n'en serions pas là ! Alors au prochain conseil d'arrondissement que les copains d'Arthur aient le courage d'entrer par la grande porte…au lieu de raser les murs des sorties de secours.
De arthur4
étudiant | 16H01 | 15/12/2008 |
vivalongchamp, comment osez-vous nier qu'une réunion du collectif a eu lieu dans la permanance de Monsieur ROUZAUD, ancienne permanence de Monsieur GUERINI. Le local du 66 rue Louis Astruc était même l'adresse du local de leur campagne comme le prouve les documents électoraux.
Comme d'ailleurs (ca devient une habitude) le local du Comité de Défense des Riverains du Parc Longchamp (CODERIPAL) est l'ancienne permanence du même Antoine ROUZAUD au 140 rue Horace Bertin.
Il faut soit e^tre aveugle, soit de mauvaise foi pour nier ces faits.
Alors arrêtez de dire que « ces lieux n'ont aucune coloration politique ». C'est du foutage de gueule.
Quand à mon parrain, laissez le reposer en paix. Je ne comprend pas trop cette allusion pour le moins déplacée.
à arthur4
De longchampforever
particulier | 15H51 | 16/12/2008 |
Bonjour Arthur
En tant que vieil habitant du quartier je peux vous dire que le local de la rue Louis Astruc(où je vais aujourd'hui jouer au loto) est une ancienne quincaillerie : il est vrai que, vu les casseroles que se trimbalent certains de nos élus on peut dire qu'une casserole a une couleur politique. Même chose pour celui de la rue Horace Bertin : c'était un petit bazar. Là aussi le monde politique en France étant un sacré bordel on peut par analogie parler de couleur politique. Un bon conseil : retournez donc à vos études et arrêtez de tout mélanger. Arrêtez aussi de détourner le débat : nous nous battons pour conserver un espace vert au cas où vous ne l'auriez pas compris. Et puisque vous paraissez au mieux avec les élus nous aimerions bien disposer d'une salle plus grande pour notre prochaine réunion. Peut être à la mairie de secteur ? Merci d'avance de faire passer le message.
à longchampforever
De arthur4
étudiant | 16H12 | 16/12/2008 |
Si la réunion s'était tenu dans une permanence UMP, que n'aurait-on pas entendu.
Mais s'il vous parait normal de tenir des réunions dans des locaux politiques, je reste dubitatif sur votre sens de l'apolitisme ! ! ! !
Quand aux attaques sur mon statut d'étudiant, c'est tellement bas que cela montre le peu d'arguments que vous avez à présenter.
Enfin, j'avoue que je ne savais pas qu'avant, ce local était une ancienne quincaillerie. Il n'est demeure pas moins que quand celle-ci a fermé, c'est devenu une permanence politique comme l'atteste les documents électoraux de Monsieur GUERINI.
Mais de cela, vous n'en avait cure, si j'ai bien compris le sens de votre message.
à arthur4
De Marie A
associatif | 20H22 | 16/12/2008 |
Cher Arthur,
Il parait que vous vous intéressez à moi au point de m'inventer une carrière de militante politique et d'animatrice de mouvements subversifs.Quelle imagination ! Et que l'anonymat est une belle chose. quand il s'agit de baver sur autrui. Je ne sais vraiment pas où vous êtes allé pécher un tel tissu d'inepties.Désolée de vous décevoir : le collectif sos Longchamp n » a pas eu besoin de moi pour réunir des centaines de mécontents et je n'ai pas eu besoin de déposer un recours : la liste des requérants devant le tribunal administratif est tellement longue que l'avocat a été obligé de refuser du monde…
Au fait puisque la question des lieux de réunion semble être pour vous une idée fixe, sachez que toutes les propositions sont acceptées : si M Muselier nous invite à la mairie de secteur nous y allons, si M Blum ou un autre élu quel qu'il soit nous propose sa permanence pas de problème. Pareil si M Gaudin nous accepte à l'Hôtel de Ville. On peut rêver…Vous êtes cordialement invité au prochain rassemblement, on pourra en discuter. Il y a tout de même des choses plus intéressantes dans la vie que colporter des ragots sans fondement.
De longchampforever
particulier | 16H07 | 16/12/2008 |
Résumé de la situation
_Le Parc Longchamp est un site classé.
_Malgré cela la Ville a accordé à une société privée une autorisation de construire un parking de 500 places.
_Les Marseillais n'ayant été ni consulté ni informés sur ce projet crient au scandale : on ne détruit pas le seul poumon vert du centre ville, le dernier rempart contre la pollution à Marseille, un site qui fait partie du patrimoine historique et culturel de la ville pour le profit de quelques spéculateurs.
-La Ville affirme qu'un parking était prévu à cet endroit au PLU ? Faux : les planches du PLU sont visibles à l'urbanisme et ne font rien apparaitre de tel !
-Et des questions sont sans réponses en particulier où est l'étude d'impact sur la santé et l'environnement ? des centaines de mètres cubes de gaz toxiques dans les poumons des riverains, des usagers, des centaines de gosses des écoles et des centres aérés dont Longchamp est la seule bouffée d'oxygène.
-En conclusion : parking Longchamp = opération commerciale juteuse pour certains mais nuisible et coûteuse pour les Marseillais….Donc : il faut sauver Longchamp !
à longchampforever
De arthur4
étudiant | 09H45 | 17/12/2008 |
si tout ce que vous dites est vrai, le permis sera annulé par la justice.
Remettons en nous donc à la sagesse de la justice et reparlons en après ! ! !
Quand aux locaux pour les réunions du collectif, je pense que le local du 140 rue Horace Bertin ou se trouve le CODERIPAL est tout indiqué.
à arthur4
De vivalongchamp 0000000000000000000000000000000000000000000
associatif | 15H37 | 17/12/2008 |
Cher Arthur
L'idée est bonne, hélas, nous sommes beaucoup trop nombreux pour tenir danx dix mètres carrés : c'est bon pour les partisans du parking (une cabine téléphonique leur suffirait) ! Pour SOS Longchamp à l'allure où vont les choses il nous faudra bientôt le Dôme pour le moins. Mais nous sommes modestes : un bon mouvement Monsieur le Maire, ce ne sont pas les grandes salles vides qui manquent à Marseille. Et nous pourrons discuter de ce morceau impérissable de la littérature de science fiction : la lettre de la mairie de secteur.
Quant à l'annulation du permis de construire, nous y comptons bien. Et ce jour là comme nous ne sommes pas rancuniers,vous êtes cordialement invité à faire la fête avec nous sous les platanes avec tous vos copains. A bientôt Arthur.