Manifestation contre Darcos : les lycéens marseillais en pointe

Manifestation lycéenne à Marseille (Rémi Leroux)

Comme partout ailleurs en France, Marseille s'est mobilisée contre les réformes menées par le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos. Plus de 1500 personnes ont défilé sous la pluie et dans le froid pour dénoncer la politique de « casse de l'Education nationale », en particulier en primaire et dans les lycées.

Ce sont les lycéens marseillais qui ont ouvert le cortège et fustigé la politique du gouvernement à grands renforts de slogans réclamant, entre autre, la démission du ministre de l'Education nationale et l'arrêt du projet de réforme du lycée.

Dans le primaire, enseignants et parents d'élèves ont demandé une nouvelle fois le gel des réformes en cours. Ils réclament le maintien de tous les maîtres d'école rattachés au Réseau d'aide spécialisée pour les enfants en difficulté (Rased), dont le ministre avait annoncé la suppression avant de revenir en partie sur ses déclarations la semaine dernière.

Dans les Bouches-du-Rhône, 151 enseignants de primaire ont signé une lettre de désobéissance qu'ils ont remis à l'Inspecteur d'académie en fin de semaine dernière. Lettre dans laquelle ils justifient leur refus de mettre en oeuvre les nouveaux programmes ou l'aide personnalisée dans ce contexte de remise en cause du service public d'éducation.

Les « désobéissants » mis en garde par l'Inspection d'académie

En réponse, l'Inspecteur d'académie des Bouches-du-Rhône, Gérard Trève, a fait passer à l'ensemble de la profession une « mise en garde » face à « de tels comportements » :

« Quelques enseignants ont jugé utile de me faire parvenir des courriers par lesquels ils affirment s'affranchir de la mise en œuvre des textes officiels qui régissent le fonctionnement de l'éducation nationale. (…)

“Je tiens à rappeler en effet qu'aucun fonctionnaire n'a la faculté de définir les tâches qu'il souhaite accomplir et celles dont il ne veut pas s'acquitter. Il est tenu de mettre en œuvre l'ensemble des missions qui sont contenues dans les textes définissant son service.

‘La non exécution de tout ou partie de ces missions s'assimile donc à un service non fait qui, outre des retraits sur salaire, peut se traduire également par des sanctions disciplinaires.’

Un Inspecteur de l'Education nationale des Alpes Maritimes, aujourd'hui à la retraite, a affirmé son soutien aux ‘désobéissants’ dans un courrier qu'il adresse à l'Inspecteur d'Académie :

‘Quand on a la chance de rencontrer des enseignantes et enseignants qui ont le courage d'informer leur hiérarchie sur les ordres qu'elles et ils refusent d'exécuter parce que de nature à compromettre gravement un intérêt public’ (selon les termes mêmes de la Loi Le Pors n° 83-634 du 13 juillet 1983, relative aux droits et obligations des fonctionnaires - article 28), on ne peut que les remercier, les écouter et transmettre aux échelons hiérarchiques supérieurs, avec l'espoir que leur alerte légitime sera prise en compte.”

La mobilisation marseillaise devrait se poursuivre avec, le 16 décembre prochain, une nouvelle soirée de mobilisation baptisée “Pleins feux sur l'école”…

Manifestation lycéenne à Marseille (Rémi Leroux)

Photo : Manifestation dans l'Education nationale, Vieux-Port, Marseille (Rémi Leroux).

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Portrait de Alec Sandre

De Alec Sandre

01H47 | 11/12/2008 | Permalien

Le but des « réformes » de Darcos est (sous le prétexte toujours renouvelé pour les gogos d'être plus en phase avec l'évolution de la société et « plus moderne ») de dégrader l'enseignement public, en réduisant drastiquement ses moyens et ses ambitions, pour favoriser l'enseignement privé, catholique en particulier, avec lequel il aurait, selon certaines informations, des relations très étroites.

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De ovni2

parlà | 12H34 | 11/12/2008 | Permalien

« Manifestation contre Darcos : les lycéens marseillais en pointe »
petits branleurs « manipulés » par les profs pratiquement tous gauchistes

Portrait de jdupons

à ovni2 Portrait de ovni2 De jdupons

professeur | 15H19 | 11/12/2008 | Permalien

Ce matin, à Brest, dans le lycée où je travaille, une quarantaine de grenades lacrymogènes ont été tirées sur l'intérieur de l'établissement, sur la cour où environ 500 élèves étaient pacifiquement en train de regarder une poignée de casseurs qui étaient à l'extérieur de l'établissement. Des grenades lacrymogènes ont atterri sur le centre de documentation qui aurait pu prendre feu, et la majorité des élèves, pacifiques, a été fortement choquée par cette intervention brutale de la police.
Puis ils sont partis, très remontés, pour manifester en ville…
Résultat dramatique … ! Dans le lycée où je travaille pas plus d'une centaine d'élèves auraient pu normalement participer à ce genre de mouvement, mais à cause de la brutalité de l'intervention , tout à fait démesurée et disproportionnée de la police, dont ils ont été victimes, ils se sont retrouvés à plus de 600 dans la rue.
C'est cela que vous appelez des manipulés gauchistes ? le jour où vous prendrez une lacrymogène dans la figure, ça mettra peut-être votre cerveau en marche !

Portrait de ella01

à ovni2 Portrait de ovni2 De ella01

infirmière | 18H24 | 12/12/2008 | Permalien

Ce commentaire me rappelle à quel point la bêtise humaine peut être édifiante. Que des élèves aient la volonté de se battre pour que l'enseignement qui leur est prodigué, dans le système scolaire public, ne soit pas un enseignement au rabais et que des gens à l'esprit manifestement étriqué, comme le votre, les taxent de « branleurs », me laisse sans voix. Quant à l'évocation d'une manipulation des élèves par leurs professeurs, et bien cela m'éclaire sur les raisons pour lesquelles notre société en est arrivée là : s'il existe beaucoup d'autres personnes ayant votre haut niveau de stupidité, et que tous sont des électeurs, et bien on n'est pas sortis du sable ! ! ! ! !

Portrait de jdupons

De jdupons

professeur | 15H17 | 11/12/2008 | Permalien

Ce matin, à Brest, dans le lycée où je travaille, une quarantaine de grenades lacrymogènes ont été tirées sur l'intérieur de l'établissement, sur la cour où environ 500 élèves étaient pacifiquement en train de regarder une poignée de casseurs qui étaient à l'extérieur de l'établissement. Des grenades lacrymogènes ont atterri sur le centre de documentation qui aurait pu prendre feu, et la majorité des élèves, pacifiques, a été fortement choquée par cette intervention brutale de la police.
Puis ils sont partis, très remontés, pour manifester en ville…
Résultat dramatique … ! Dans le lycée où je travaille pas plus d'une centaine d'élèves auraient pu normalement participer à ce genre de mouvement, mais à cause de la brutalité de l'intervention , tout à fait démesurée et disproportionnée de la police, dont ils ont été victimes, ils se sont retrouvés à plus de 600 dans la rue.
C'est cela qu'on recherchait ?
Jacques.

Portrait de Anny Paule

De Anny Paule

docteur en sciences de l'éducation | 20H53 | 11/12/2008 | Permalien

Que ce soit à Marseille ou ailleurs, nous nous devons, nous, parents, grand-parents, citoyens, de soutenir les lycéens, les étudiants, les enseignants dans leur lutte contre la grande braderie organisée par ce gouvernement…
Ce qui se produit en France est à rapprocher de se qui se passe en Grèce… et ailleurs en Europe (même si certaines informations nous sont soigneusement cachées).
L'Europe de Lisbonne qui nous a été imposée par ce gouvernement (puisqu'on nous a privés d'un référendum et qu'on est passé sur notre refus de mai 2005), c'est le « tout marchand » ! L'Ecole (au sens générique), avec la santé et tout ce qui pouvait encore s'apparenter à nos services publics, est à VENDRE. Pour mieux la vendre, il faut qu'elle ne coûte rien… alors, on « dégraisse » les programmes, les options, le nombre des enseignants… jusqu'au moment où ce système (que l'on nous enviait ! ) ne pourra plus fonctionner, où les familles qui en auront les moyens seront contraintes d'inscrire leurs enfants dans des établissements privés payants, laissant ceux qui ne pourront pas s'offrir ce luxe dans ce qui subsistera de notre école républicaine.
Honte à ceux qui démolissent notre jeunesse, notre avenir… Honte à ceux qui osent envoyer des policiers et des chiens dans nos classes… Honte à ceux qui instaurent un service minimum, considérant l'école comme un lieu où l'on « garde » les enfants et les adolescents, et non l'endroit où l'on instruit…
Honte à ceux qui aboient avec les loups et ne mesurent pas la gravité de la situation…
Citoyens, réfléchissez ! Ce moment est grave, très grave… Il mérite que nous organisions la Résistance pacifique, mais que nous résistions tous.
Darcos est aux ordres… Il obéit… C'est tout !
Lire « Main basse sur l'école publique », E. Khaldi et M. Fitoussi, Demopolis, août 2008, tout est dit !

Portrait de icci

De icci

professeur de lettres | 13H13 | 13/12/2008 | Permalien

Des enseignants sur le fil du rasoir.
Quelle est la bonne attitude à adopter ? ? Doit-on faire cours devant des classes de 10 élèves et pénaliser les absents ? ou bien doit-on ne pas faire cours et pénaliser les élèves présents ?

Une chose est sûre, il ne faut pas adopter la politique de l'autruche
et faire comme si rien ne se passait dans les lycées marseillais.

Une seconde chose est sûre, pour un enseignant, tous les élèves sont égaux.Il est indigne de penser que les élèves grévistes sont les mauvais élèves, les propres à rien (les bons étant ceux qui sont bien sages, qui sont sérieux et vont en cours) .
C'est vraiment méconnaître ce qui se passe en pensant que les élèves qui manifestent dans la rue devraient être pénalisés. Au contraire, on les voit faire preuve d'actions civiques, d'actions responsables, on les voit réaliser une véritable prise de conscience politique et réfléchir aux moyens d'actions appropriés !

Portrait de gelu42

De gelu42

09H34 | 14/12/2008 | Permalien

Info de la FCPE,
> > Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs, Sarkozy veut imposer une réforme géniale. Il a décidé d'offrir aux
> > expatriés la gratuité des écoles et lycées français de l'étranger. Un cadeau sympa, non ? Sauf qu'il va surtout profiter aux plus aisés, et que l'addition, pour l'Etat, s'annonce carabinée. Ces écoles, très cotées étaient jusqu'à présent payantes. Certains lycées sont des établissements publics, d'autres, privés sous contrat. En tout 160 000 élèves y sont scolarisés, dont 80 000 français. Sous la tutelle du Quai d'Orsay, chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des sommets : 5 500 euros l'année à Tokyo, 6 500 à Londres, 15 000 à New York et 17 000 euros -le record- à San Francisco.

Au diable l'avarice ! Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place. A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65 000 euros par an -pas vraiment le smic- pour décrocher 4 500 euros d'aide. Environ un quart des élèves français bénéficient d'une bourse. Mais pour Sarko, ce n'était pas assez.

Depuis l'an dernier et à la demande express de l'Elysée, l'Etat prend en charge l'intégralité des frais de scolarité des élèves français de terminale… quels que soient les revenus des parents. Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre, ce sera le tour des premières, puis des secondes l'an prochain, et ainsi de suite. « 
> > J'aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué Sarko, le 20 juin dernier, devant la communauté française d'Athènes. Mais j'ai voulu commencer par l'année la plus chère pour que vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français. » Encore merci !
> > Mais générosité pour qui ? A Londres, l'une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d'euros de revenus annuels. Et deux autres gagnent plus d'un million. Jusqu'alors, une partie du financement était assurée par des grandes entreprises françaises désireuses d'attirer leurs cadres vers l'étranger. Ces boites, comme Darty ou Auchan, rentrent déjà leur chéquier : pourquoi payer les frais de leurs expat » si l'Etat régale ? Un coût qui fait boum Au Quai d'Orsay, l'Agence française de l'enseignement à l'étranger a simulé le coût de cette plaisanterie mais s'est bien gardé d'en publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du « Canard ».

D'ici dix ans, appliquée du lycée jusqu'au CP ( sans parler de la maternelle), la gratuité coûterait à l'Etat la bagatelle de 713 millions d'euros par an ! Intenable ! La vraie priorité, c'est l'ouverture d nouveaux établissements, pas la gratuité. Mais pourquoi Nicolas Sarkozy s'est lancé la dedans ? Peut-être parce qu'il se sent personnellement concerné par la question : après avoir été annoncé à New York puis à Londres, petit Louis est finalement inscrit au lycée fran7ais de Doha… Et il va falloir payer !

Auditionné par le Sénat à la fin juin, Bernard Kouchner n'a pas nié ces menus « inconvénients ».
> > Son cabinet songe d'ailleurs à couper la poire en deux : une gratuité partielle… mais toujours sans conditions de revenus. Sauf que, pour le moment, Sarko n'en veut pas. « Je tiens beaucoup à la gratuité », s'entête-t-il à chaque déclaration à l'étranger. Sans prendre le temps de préciser comment sera financée cette très généreuse gratuité !

Portrait de moonlite

De moonlite

mère au foyer | 22H34 | 14/12/2008 | Permalien

Le lycee de Gardanne est bloqué depuis mardi. A AIx, le lycée Cézanne. Les journaux et media nationaux ne se font pas l'echo de tous ces blocages et manifs : on ne parle que de la Bretagne car ça bastonne !
Rue 89 ne pourrait pas lister les etablissements fermés pour qu'on prenne consciense de l'étendue du mouvement que Mr Darcos traite avec le plus grand des mépris ?
Parlerait-il de fermeture une semaine avant, s'il s'agissait d'un mouvement de quelques poignées d'agitateurs gauchistes ? ?
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