Contre les réformes Darcos, la « veillée des écoles » mobilise

Plus d'un millier d'enfants, d'enseignants et de parents d'élèves marseillais ont défilé jeudi soir entre le palais Longchamp et le Vieux-Port à l'occasion de la « veillée des écoles » organisée pour dénoncer les réformes actuellement mise en place dans l'Education nationale. Un cortège qui a surpris par son ampleur.

Après avoir organisé des temps d'information et de discussion dans les écoles en fin de journée, les manifestants ont convergé vers la place Leverrier, dans le 4e arrondissement. Une trentaine d'établissements étaient représentés dont plusieurs des quartiers Nord de la ville.(Voir la vidéo)

Lire aussi : Service public d'éducation : Marseille entre en résistance.

10 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de JIMLUC

De JIMLUC

Ingénieur | 16H30 | 05/12/2008 | Permalien

Je suis heureux de voir que ça bouge.

Le gouvernement est en train de vraiment faire n'importe quoi. Sous prétexte d'économie à tout va il sacrifie l'école de la république.
Alors on va dire qu'en cette période de crise, il faut faire des économies … mais où va-t-on ?
Nicolas Sarkozy débloque des milliards d'euro pour sauver les banques et relancer l'économie mais par contre il s'assoie sur le devenir de l'école de la république !
C'est inscrit dans la loi … l'école doit être la première dépense et la priorité de l'état.
Il semble malheureusement que ça devienne le dernier souci de notre gouvernement de droite !

Bravo à tous les parents, enseignants et enfants qui se sont mobilisé ! Il ne faut pas en rester là … sinon il est certain que l'on signe la mort de l'école publique.

Hasta la victoria siempre !

Portrait de Missa

à JIMLUC Portrait de JIMLUC De Missa

07H49 | 06/12/2008 | Permalien

Pas mieux

Portrait de zénon denon 84

De zénon denon 84

Bonne | 19H00 | 05/12/2008 | Permalien

« veillée des Ecoles “
Tant mieux ,une manif le soir à la veillée .
Tout change ,
dans le sens de la Résistance .
Mot si souvent galvaudé ,mais qui
ici reprend tout son sens .
Du sens .
Préparons les braises pour Noel
on apporte les patates …
Rien n'est perdu, les amis .Non .

Portrait de Rosalie1334

De Rosalie1334

prof | 20H50 | 05/12/2008 | Permalien

La casse du service public s'effectue un peu partout en Europe. L'objectif est double :

• créer une école à deux vitesses : les nantis dans le privé, les défavorisés dans le public afin de ruiner l'ascenseur social déjà de moins en moins efficace.
Un bon moyen pour l'oligarchie de préserver sa domination.

• permettre aux investisseurs privés de placer leurs fonds dans des entreprises d'éducation et leur assurer ainsi une rentabilité à deux chiffres.

Portrait de punky

De punky

ni jah ni maitre | 22H04 | 05/12/2008 | Permalien

Magnifique manif ! ! ! !
Même si 4 syndicats avaient appellés au rassemblement ,ils étaient pour le moins très discret ! !
Et oui quand la base ce réveil et est en colère (car c'est ce que l'on pouvait entendre )cette colère qui gronde…tous ces enfants,ces parents ,g-parents…etc qui crient leur raz le bol…ben..moi je suis rentré avec le sourir et avec de l'espoir.
N'oublions pas nos lycéens qui au lycée« Mongrand » se sont fait évacuer avec force (mattraque,lacrymo et autre écrasement avec des poubelles)
La veille des écoles sera reconduite dans la semaine et nous espérons encore plus de monde ! ! ! !
Merci aussi à ces enseignants qui ont refusés d'obéir

Portrait de miremond

à punky Portrait de punky De miremond 34942

11H24 | 06/12/2008 | Permalien

TENEZ NOUS AU COURANT DES PROCHAINES MANIFS ! ! ! ! ! !

Portrait de punky

De punky

ni jah ni maitre | 16H25 | 06/12/2008 | Permalien

Si tout va bien une est prévu le 12 ! ! !
Au total hier 120 courriers de désobéissance ont été déposés à l'I.A.

Portrait de zénon denon 84

De zénon denon 84

Bonne | 17H40 | 06/12/2008 | Permalien

pour le quidam de passage…dans la RUE.
I A inspection académique !

ça peut aider .

Portrait de superpapa

De superpapa

instit spécialisé | 19H21 | 06/12/2008 | Permalien

Alain ARNAUD Rééducateur de l'Education Nationale à Vénissieux ( Rhône)
Oullins le 03 / 12 / 2008

à : Monsieur Darcos, Ministre de l'Education Nationale
objet : économies …

Monsieur le Ministre,

Je crois que l'histoire que j'ai à vous conter mérite réflexion ; aussi, je me permets d'abuser un peu de votre temps précieux.

Je connais un Rééducateur de l'Education Nationale (que l'on appelle plus commodément maître G, peut-être pour feindre de ne pas savoir ce qu'est réellement son métier …).
Il est maître depuis plus de vingt-six ans. Après de nombreuses années dans des classes de perfectionnement ou des Cl.I.S. (vous connaissez sans doute « un peu le sujet » donc je m'abstiendrai de préciser ces sigles.) il a souhaité changer. Pourquoi ?
Essentiellement parce qu'il croit à son métier, il croit en l'Ecole Publique Laïque. Sans imaginer sauver le monde, sa mission est claire : « donner plus à ceux qui ont le moins » (je pense citer l'un de vos prédécesseurs).
L'ami dont je vous parle a exercé 8 ans en classe de perfectionnement (avec en cours de route une formation d'un an sanctionnée par un examen national) ; puis 7 ans en Cl.I.S…
Apprécié par ses collègues, bien noté par ses I.E.N. successifs, il menait une carrière agréable avec la conviction de faire « au mieux » pour ses élèves. Quelques heures supplémentaires (de 6 à 8 par semaine)pour « arrondir les fins de mois » et un travail à quelques minutes de chez lui. Il aurait pu ronronner tranquillement jusqu'à la retraite … (qui s'éloigne d'ailleurs à mesure qu'il avance dans sa carrière alors qu'il avait signé un engagement stipulant la retraite à 55 ans ; nous pourons peut-être parler de pénibilité à ce sujet dans un improbable futur courrier.)
Mais voilà ! Un peu idéaliste sans doute, mon ami a voulu essayer de travailler avec les enfants en difficulté en amont des classes spécialisées, c'est à dire avant qu'ils n'y « arrivent »…
Choix difficile s'il en est : reprise des études à la quarantaine, lectures « pointues » , formation, examen … Il acceptait aussi de gagner moins. (avec un an de formation en plus … Vous apprécierez , je pense, le libéralisme de l'EN ! ) Le choix fut cependant fait.
Il est nommé au sortir de la formation et bien sûr contre son gré dans une zone en grande difficulté. Il décide pourtant d'y rester pour mener à bien sa mission et non pas pour la « prime » qui part intégralement en carburant pour sa voiture et repas pris à l'extérieur avant le 15 du mois.
Et là , il apprend soudainement qu'il ne sert à rien ! Que le Ministre de l'Education Nationale est plus préoccupé par les économies budgétaires que par l'éducation des jeunes français. Je ne répéterai pas, bien sûr, les mots dont il a fait usage à votre sujet en apprenant la nouvelle, mais sa colère était vive. Le pire étant peut-être les prédictions « à la Nostradamus » qu'il fit à ce moment-là : délinquance, explosion des cités, etc,
Monsieur le ministre, rééducateur moi-même, je ne ferai pas répétition des dires ou colères de mon ami ; néanmoins, je me permets de vous rappeler les missions du rééducateur de l'éducation nationale définies par la circulaire d'avril 2002, toujours en vigueur, et que vous connaissez sans doute par coeur :
« […]la construction ou la restauration de ses compétences d'élève. La (re)conquête du désir d'apprendre et de l'estime de soi, l'ajustement des conduites émotionnelles, proposées en classe et dans les apprentissages. C'est cette finalité qui ne doit pas être perdue de vue. “
J'ajoute à ceci un autre extrait de la circulaire :
‘Face à cela, certains enfants, du fait des conditions sociales et culturelles de leur vie ou du fait de leur histoire particulière, ne se sentent pas autorisés ’ à satisfaire aux exigences scolaires, ou ne s'en croient pas capables, ou ne peuvent se mobiliser pour faire face aux attentes (du maître, de la famille, etc.). Les aides spécialisées à dominante rééducative ont pour objectif d'amener les enfants à dépasser ces obstacles, en particulier en les aidant à établir des liens entre leur ‘ monde personnel ’ et les codes culturels que requiert l'école, par la création de médiations spécifiques. C'est la raison pour laquelle les aides spécialisées s'effectuent avec l'accord des parents et, dans toute la mesure du possible, avec leur concours.”
Il ne s'agit pas de pratiques “psychologisantes ou médicalisantes” (je vous cite) mais de médiations propres à aider de nombreux élèves (35 à 45 par an pour ce qui me concerne sans compter les actions de prévention. )
Dites moi s'il vous plait, Monsieur le Ministre, à quel moment de leur formation initiale les Professeurs des Ecoles apprennent-ils à faire cela ?

Soyez assuré Monsieur le Ministre de mon profond attachement et de mon dévouement à la cause de l'Ecole Pulique Laïque.
A. ARNAUD
(lette postée aujourd'hui ; je souhaite que sa mise en ligne oblige monsieur darcos à en tenir compte)

Portrait de abcd

De abcd

retraitée | 10H52 | 08/12/2008 | Permalien

Reçu d'amis enseignants :
La journée d'Enzo - 3 septembre 2012

Enzo est assis à sa place, parmi ses 42 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tachée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d'une grande marque automobile.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l'entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu'elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 69 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l'intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal. Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l'a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l'a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine. Il a commencé l'école l'an dernier, à 6 ans. L'école maternelle n'est plus obligatoire, c'est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l'école privée à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l'accueil et le goûter n'existent plus, place à la morale, à l'alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se taire, se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante à cinquante élèves chacun comme une garderie. L'école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès… Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l'école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l'aider pour les devoirs, ils font trop d'heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l'école, pour aider son grand-père, qui n'a presque pas de retraite.

Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur de l'école (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n'oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il paraît qu'il n'avait pas de papiers… Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.

Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l'assurance, et ses parents n'ont pas les moyens. L'an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l'école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L'EPEP (établissements publics d'enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d'enseignant. Ils seront 45 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école. Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par cœur. Mais sa mère dit qu'il n'y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d'Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l'usine est partie là-bas. Il ne l'a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s'appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c'est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !

Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune soeur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l'école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c'était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner. Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n'est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c'est épuisant. » Surtout qu'elle dort dans le salon chez Enzo, elle n'a pas assez d'argent pour se payer un loyer.

Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l'abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d'Arc et les dix commandements par coeur. C'est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…

Enzo se demande pourquoi il est là.

Pourquoi Saïd a dû partir.
Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit.
Pourquoi et comment les usines s'en vont en emportant le travail.
Pourquoi ils sont si nombreux en classe.
Pourquoi il n'a pas une maîtresse toute l'année.
Pourquoi il devra prendre le bus.
Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages.
Pourquoi on le punit ainsi.
Pourquoi il n'a pas de lunettes.
Pourquoi il a faim.

Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement trouvées sur le net.

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code