Abus et dérives de la rénovation urbaine à Marseille

Les grands projets de réhabilitation menés dans la ville forcent les populations les plus fragiles à quitter leurs quartiers.

Rue de la République, Marseille (Rémi Leroux/Marseille89)

En une dizaine d'années, Marseille est devenue l'un des symboles, parfois jusqu'à la caricature, des politiques de « revitalisation » urbaine menées à travers de nombreux pays d'Europe. Des opérations de grande ampleur mises en œuvre au bénéfice de promoteurs privés et autres fonds de pension, au détriment des habitants des quartiers réhabilités.

Alors que Marseille s'apprête à accueillir une réunion informelle des ministres européens du Logement et du Développement urbain (du 24 au 26 novembre), un forum européen ainsi qu'une manifestation « pour le droit au logement » sont organisés à Marseille samedi.

L'occasion de reposer la question de l'impact des politiques libérales sur les conditions d'accès au logement pour le plus grand nombre, tandis que se met en place la « loi Boutin » et que les conséquences de la crise financière se font sentir.

Dans ce cadre, Marseille est donc devenue un symbole, la « capitale européenne du logement ». Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Dal (Droit au logement), rappelle ce qui fait l'originalité de la cité phocéenne. (Ecouter le son)


Il précise par ailleurs les principaux mécanismes qui définissent le processus de « gentrification », d'embourgeoisement. (Ecouter le son)


Cette restructuration urbaine a rencontré à Marseille de nombreuses résistances. Certaines ont permis de faire condamner des investisseurs peu scrupuleux. D'autres n'ont pas pu empêcher les délogements et les expulsions.

La rue de la République, le symbole

« Mme. X » habitait dans l'ilot 30, un bloc d'immeubles datant du XIXe siècle situé dans le quartier de la Joliette, au bout de la rue de la République, sur le périmètre Euroméditerranée.

Son appartement était l'un des trois derniers occupés dans ce bloc promis à réhabilitation. C'était il y a trois ans et elle témoignait, comme d'autres riverains et commerçants du quartier, dans le documentaire de Patrick Taliercio, « Indésirables ».

Dans ce film, achevé au printemps, le réalisateur met en parallèle la parole de ces habitants finalement délogés et les ambitions « bling-bling » des élus et des promoteurs du programme baptisé « Marseille République ». (Voir la vidéo)


A l'époque président d'Euroméditerranée, Renaud Muselier (UMP) avait salué l'action de Lone Star, le fonds de pension texan propriétaire de quelque 600 logements et 50 000 m2 de surfaces commerciales, sur un périmètre « où rien n'avait bougé depuis trop longtemps » :

« Vous n'êtes pas la grosse société américaine là pour gagner de l'argent sur le dos des Marseillais. Vous êtes là pour restructurer un espace public, pour gagner de l'argent, pour donner des appartements pour les Marseillais qui ont besoin de se loger parce qu'il faut de tout, partout, pour tous. »

En début d'année, Lone Star a effectivement gagné de l'argent en revendant 200 millions d'euros un patrimoine acheté 117 millions quatre ans plus tôt à la société Atemi, filiale française du fonds Lehman Brothers Real Estates Partners.

Entretemps, les appartements ont été vidés de leurs habitants et les pieds d'immeubles de leurs commerçants. L'espace public, lui, a été transformé avec l'arrivée du tramway et a également participé à valoriser le patrimoine des investisseurs texans.

Ce mécanisme a eu pour conséquence de provoquer une flambée du prix des loyers, dont certains ont été multipliés par trois en quatre ans, et ainsi de priver les ménages les plus modestes et les classes moyennes de la possibilité de se loger dans ce secteur.

Noailles, Belsunce… des quartiers encore populaires

Dans le même temps, les programmes de réhabilitation des autres quartiers de l'hypercentre semblent au point mort. Dans le quartier populaire de Noailles, le périmètre de restauration immobilière (PRI) -outil d'intervention activé par la municipalité en 2002-, est très loin d'avoir rempli ses objectifs. Si certains immeubles ont effectivement été rénovés, l'habitat reste très largement dégradé.

Dans le quartier Belsunce, Nourredine Abouakil, de l'association Un centre ville pour tous, rappelle que « les principaux bénéficiaires sont ceux qui ont investi dans des produits financiers défiscalisés grâce au PRI. Or, aujourd'hui, cette défiscalisation est considérée comme une niche fiscale ».

« Les principaux perdants », poursuit-il, « sont les personnes vulnérables qui vivaient là. » La plupart du temps, des travailleurs isolés à la retraite qui louaient à des marchands de sommeil un lit dans une chambre de l'un des nombreux hôtels meublés du quartier :

« La reconquête du centre-ville s'est toujours faite contre et pas pour, ni avec les Marseillais. Un vieil arabe qui a vécu pendant trente-cinq années dans la même chambre d'hôtel à Belsunce est Marseillais au même titre que n'importe qui. Sauf que, contrairement à n'importe qui, il a été expulsé. »

Dans le cadre des programmes de financements de l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) de la loi Borloo, un périmètre centre-nord a été défini et devrait inclure les quartiers Noailles et Belsunce.

Pierre N'Gahane, préfet délégué à l'Egalité des chances en charge des projets ANRU :

« Le projet Centre-Nord est un programme de 200 millions d'euros, dont 30 millions seront versés au titre de l'ANRU. Il est extrêmement complexe à mettre en place car, contrairement à une cité, gérée la plupart du temps par un voire deux bailleurs sociaux, nous avons dans le centre-ville une multitude de petits propriétaires. »

Le dossier, poursuit le préfet, « devra être finalisé dans le courant 2009 et les conventions signées avant la fin de l'année prochaine ». Ce qui est valable également pour les quatorze autres projets ANRU de la ville, des projets situés pour l'essentiel dans les Quartiers nord.

Les cités des Quartiers nord

Salif a grandi à la Savine (15e), une cité avec vue sur mer, comme souvent à Marseille. 2900 habitants, 944 logements, avec un bailleur social unique, la Logirem. Une cité, dit-il, « où il n'y a rien, rien à voir, rien à faire ». 30% de la population marseillaise habite les Quartiers nord.

La réalisatrice marseillaise Charlotte Ramette a accompagné Salif à la Savine et suivi les premières étapes de la concertation avec les habitants. (Voir la vidéo)


Pierre N'Gahane rappelle que le coût des projets marseillais est estimé à 1 milliard d'euros, dont 300 millions seront des financements ANRU.

« 2471 logements environ devraient être détruits et un peu plus de 3000 reconstruits pour quelque 5200 logement réhabilités à l'horizon 2012 ».

Il confirme que deux cités importantes de Marseille, Air Bel et Frais-Vallon, ne pourront pas bénéficier de cette première enveloppe de l'Agence nationale de rénovation urbaine (12 milliards).

Quelles perspectives ?

Pour l'équipe municipale (UMP), si la crise internationale aura un impact sur les projets marseillais -« ce serait mentir que de dire le contraire“-, on le minimise, et on n'entend pas s'arrêter en si bon chemin !

Jeudi 20 novembre, la ville de Marseille était présente au Marché international des professionnels de l'implantation commerciale (Mapic) organisé chaque année au Palais des festivals à Cannes.

Son objectif était d'y vendre ‘de grands projets commerciaux pour une capitale euroméditerranéenne’, via quelques ‘opérations structurantes’ qui, dans les trois prochaines années, créeront 100 000 m2 de surfaces commerciales supplémentaires dans le centre-ville.

Benoît Eugène est membre du collectif du quartier du Midi, à Bruxelles, un secteur qui, depuis quinze ans, est ‘l'objet d'efforts laborieux et peu discrets pour redessiner les alentours de la gare’, dans la même logique que celle qui prévaut à Marseille.

Il a par ailleurs coordonné le numéro de la revue marseillaise Agone, ‘Villes et résistances sociales’ et il est sans concession :

‘Depuis la mise en concurrence des villes européennes dans le cadre du traité de Lisbonne, c'est la course pour attirer des mètres carrés de bureaux ou de surfaces commerciales.

A l'occasion de rendez-vous comme le Mipim [Marché international des professionnels de l'immobilier, ndlr] ou le Mapic, les élus ne font qu'une seule chose : vendre en porte-jarretelles leurs quartiers populaires ! ’

Indésirables documentaire de Patrick Taliercio - inclus dans la revue Agone ‘Villes et Résistances sociales’ (38/39, 2008).

A écouter aussi : Les émissions spéciales que Radio Grenouille consacre à la question du logement du vendredi 21 au mardi 25 novembre.

Photo : Rue de la République, Marseille (Rémi Leroux/Marseille89)

9 commentaires sélectionnés

Portrait de Clem

De Clem

Bobo sous nicotine. | 16H59 | 21/11/2008 | Permalien

très bonne émission de Là bas si j'y suis sur le sujet
elle date de 2006 mais elle est toujours juste

on peut la réécouter à cette adresse
http://www.la-bas.org/article.php3 ? id_article=984

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De dommarco

travailleur | 19H17 | 21/11/2008 | Permalien

La photo qui illustre l'article est celle d'une boulangerie qui à fermé il y a un an l'on y mangeait les croissants les meilleurs et les moins chers du quartier, La patronne était une femme très généreuse, vraiment très gentille. Ils se sont battus jusqu'au bout, on leur a pas fait de cadeaux.
Cette rue je la connais, ce quartier aussi. La nuit dernière on a tagué des slogans anti urbaniste sur les grands panneaux de pub de ANF, la veille ils avaient été tachés par des jets de peinture rouge.
Tous les rideaux sont baissés, les grandes marques qui se sont établies au début de la rue n'attirent aucun client, c'est le désert. On ne s'attaque pas seulement au familles pauvres mais aux vieux en leur faisant peur ; évidement la police ne se déplace jamais sur un appel à l'aide comme si les derniers habitants n'en valaient pas la peine. On peut se faire braquer dans les halls d'escalier.
Il faut croire que la rénovation va prendre beaucoup de temps et le remplissage du vide, n'est pas prévu pour demain. celà veut dire qu'il y a beaucoup d'argent derrière tout ça, mais que le but ultime c'est un profit brut et non la rénovation d'un quartier.
Curieusement, il n'y as pas beaucoup d'immigrés, la plupart sont naturalisés, n'en déplaise au relachements des sphincters de « vive nicolas princen », pour cause de nervossité excessive, je présume, et pas mal de français de souche d'origines modestes.
Euromediterranée est une machine a broyer le tissus social, la problèmatique est strictement financière, elle se déroule dans le mépris le plus total et la logique la plus absurde.

Portrait de vinz13

De vinz13

bisounours gauchiste | 19H25 | 21/11/2008 | Permalien

Peut être, dans 20 ans, quand on reviendra au Panier, ou à Noaille, on se dira : « C'est beau et propre maintenant, mais, je sais pas, c'est pas comme avant, un peu comme si l'âme de la ville c'était envolée ». Il n'y aura plus de vieil arabes, le dos courbé par le labeur, de mamas aux vêtements colorés. Plus de linge aux fenêtre, les gens dans la rue ne parleront plus avec l'accent marseillais, mais avec un accent neutre, sans origine. Les seules langues exotiques que l'on entendra seront l'anglais, l'allemand peut être un peu. Le chinois aussi sans doute. Plus d'arabe, de kabyle, de comorien. Dans les rues commerçante ou dans les centre commerciaux (qui fleurissent au 4 coins de la ville, les terrasses du ports, celui de la Capelette…), on pourra s'acheter des livres à la FNAC ou à Virgin, des vêtements à Celio, Zara, H&M ou pour les plus fortunés Prada ou Louis Vuitton…, des chaussures chez France Arno ou Footlooker…les mêmes livres, les mêmes vêtements, les mêmes chaussures qu'à Paris, Lyon ou toutes les autres villes du mondes. On ira voir l'OM assis sagement sur nos sièges, si on a les moyens d'acheter des places. Sinon ce sera dans un bar décoré façon D(ébile) é c(onne) ou philipp Starck, ou tout autre gourou du prêt à décoré. Les gens seront beaux, propres et gentils. Des touristes, des profs, des cadres, des retraités. On se dira que notre ville ressemble au mieux à un jolie vase bien creux avec de jolies fleurs artificielles, au pire à une pute de luxe, aguicheuse, prête a te faire cracher ton fric (consomme mon lapin consomme) pour te laisser encore plus frustré que tu ne l'était avant. On regrettera le temps ou les cagoles riaient forts, on regrettera le petit épicier, le petit primeur de quartier que remplaceront toutes ces enseignes rutilantes. On se la raconteras avec le Panier, on en fera un mythe, qu'on évoquera quelquefois, avec nos petits enfants, sans bien savoir, finalement de quoi on parle.
Il y'a 20 ans, et mêmes plus, on bâtissait des HLM immondes gigantesque et inhumains. A ceux qui s'en offusquait, on répondait que c'était ça la modernité et le progrès. Aujourd'hui c'est pareil, on nous vends l'installation d'un nouveau magasin H&M ou de n'importe qu'elle ersatz merdique de l'uniformisation marchande comme le summum de la modernité, un signe du « progrès » de Marseille. On s'enthousiasme, on s'extasie, on se congratule, on exulte on se monte le chibre.

Moi de cette modernité là je n'en veux pas. Je veux que Marseille reste Marseille, parce quand elle deviendra à son tour, un non-lieu de la mondialisation, un quartier anonyme du village global, quand le capitalisme auras réussi à faire de Marseille ce que révait d'en faire les nazis, alors comme mes grands-parents, je serai un déraciné. Comme eux, je n'aurai plus de chez moi.
Mais moi, je n'aurai même plus l'espoir de jamais en retrouver un…

Portrait de Anna M

De Anna M

Kanata | 21H23 | 21/11/2008 | Permalien

Marseille n'est déjà plus Marseille. J'en suis partie en 2001, pour le grand saut outre-atlantique, je suis revenue cet été, en Juin, pour quelques semaines. Je n'ai plus reconnu ma ville. Marseille m'est devenue étrangère, défigurée, méconnaissable.
Oui il fallait des travaux de rénovation, oui il fallait ravaler certains quartiers, mais en concertation avec la population. Et en respectant ce qui différenciait encore cette ville des autres : un centre populaire, animé, et non pas livré aux bureaux, aux banques, à toutes ces officines qui vous transforment le coeur d'une ville en un lieu déshumanisé.
Trop de marchands de sommeil profiteurs à Belsunce, trop d'appartements insalubres à Noailles, trop de propriétaires abusifs dans ces quartiers. Oui, il fallait refaire une beauté à Marseille. Mais pas ça ! Est marseillaise toute personne qui y vit, quelle que soit son origine et/ou sa situation. Or, on a enlevé Marseille aux marseillais.
Marseille a déjà perdu son âme, tous ces quartiers comme autant de villages. Reste une rue de la République hideuse, désincarnée, vidée de ses habitants qu'on a contraint au départ. Pour aller ou ? S'entasser dans des HLM à la périphérie de la ville ?
L'existence n'était déjà pas facile pour tout le monde à Marseille, mais maintenant…
Ciao Marseille, ce n'est pas demain la veille que je reviendrai !

PS/ Comme Clem, je vous invite à écouter l'émission de Mermet sur Marseille. Un vrai scandale, en plus d'être un désastre.

Portrait de PATRICEMARS

De PATRICEMARS

23H04 | 21/11/2008 | Permalien

Je suis revenu, il y a peu dans la rue de la république, c'est lugubre . les anciens habitants sont partis en nombre, mais pas tous . Une ancienne identité ou visage disparaît, sans qu'une nouvelle apparaisse vraiement .
Si, j'avais du pognon je ne viendrais certainement pas dans le coin . Trop triste , plus de commerces de proximité ! Quel gâchis , Pour le moment .

A toutes choses , il faut raison garder . On ne peut pas être contre la rénovation urbaine ; faut-il encore la conduire intelligemment et qu'elle ne devienne pas le terrain de chasse des spéculateurs sans scrupule .

Le projet municipal de construire un grand pôle tertiaire, n'est pas une mauvaise idée, fallait-il encore le faire en conservant l'esprit des lieux .
Il est normal qu'il y est plus de gens aisées et éduquées dans l'hyper centre d'une grande métropole, mais toutes les couches sociales doivent aussi etre présentes . Faire évoluer sans bouleverser .

Une préoccupation demeure tragiquement abscente : La valorisation esthétique des lieux . Et le devellopement durable ? Une efficacité energétique ambitieuse es-elle demandée aux constructeurs ?
Recherche t-on une cohérence suffisante de tout le tissu urbain ?

Portrait de netchou

De netchou

assis devant le clavier,m'sieur le ... | 23H25 | 21/11/2008 | Permalien

Je ne souhaite qu'une chose ; que la crise freine les ardeurs de ces destroyeurs d'âmes que sont ces promoteurs sans scrupules.Le centre ville de Marseille,je l'ai toujours fréquenté,petits restos pas chers et épiceries UNIQUES en leur genre qui fournissent des produits qui te font voyager autour de la planète.Qu'il y ait de la délinquance,soit,mais elle ne s'arrête pas qu'au centre ! Et puis l'autre était sensé karchérisé les gens mal intentionnés…De toute façon les Marseillais sont en train de s'apercevoir des abbérations du projet de réhabilitation menés par gaudin,un centre ville impraticable à certaines heures et particulièrement la Canebière.Ou de toute manière il est préférable de se ballader à pieds.

Portrait de kkadim

De kkadim

service public rhone alpes | 09H23 | 22/11/2008 | Permalien

lyonnais je suis, mais je retrouve ici les mêmes choses, à la sauce lyonnaise. ainsi la « confluence “ ( prenez une carte : c'est la pointe de terre à la jonction du rhone et de la saone ) était un quartier trés populaire, niché derriére la gare de perrache, avec de nombreux entrepots, le marché de gros etc… quand j'y suis arrivé c'est bien simple, il y avait des bistrots à chaque coin de rue
aujourd'hui ce sont des banques…
en effet la municipalité ( de droite comme de ‘gauche’ ) veut faire de lyon une ville ‘internationale’. résultats la quasi totalité du quartier est destinée à être rasé. à la place : une marina, un centre de conférence, des hotels de trés grand luxe et des apparts aux alentours des 4000 euros le métre carré. a la place de la cité hbm, le nouvel hotel de région ( un cube de verre coupé en biseau pour faire architecture ) alors qu'il en existe déjà un, mais trop éloigné en banlieue ( chic la banlieue quand même ). en parlant de banlieue : le plus grand boulodrome du coin, avec son resto. qui amenait de la vie en ce lieu : rasé et reconstruit en trés grande banlieue : le populo jouant aux boules à coté de la marina n'était sans doute pas assez ‘vendeur’ ; à la place un musée ( à l'architecture dejà démodé ) dont les fondations ne sont toujours pas sorties de terre, et dont personne ne sait ce qu'il contiendra exactement, mais qui valorisera le quartier. bien entendu comme à marseille, le tram est déjà totalement installé, alors que dans certains quartiers qui en auraient l'utilité on est prié d'attendre. bref comme à marseille beaucoup de fric à faire, et les populations modestes sont chassées, malgrés l'alibi d'un ou deux hlm construit.
je pense que ce constat est valable dans pas mal de ville.

PS : je dois avouer que tout lyonnais que je suis j'adore descendre sur Marseille, même si on l'aseptise de plus en plus, je ne sais à quoi celà tient, mais il y a un je ne sais quoi qui me ravit.

Portrait de Philippe@LiveinMarseille.com

De Philippe@LiveinMarseille.com

musicopathe | 12H29 | 22/11/2008 | Permalien

Habitant là depuis 13 ans j'ai moi aussi vu la ville se transformer, véritable labo à ciel ouvert de l'UMP, même avec la résistance farouche de, notamment, UCVPT. Un exemple pas encore cité : quand une place est refaite à Marseille, on n'y remet pas de bancs ! Mettant en péril tout un art de vivre dehors entre voisins (exemple : le haut de la Canebière/allées Gambetta).
Pour ce qui est de la rue de la République, ce qui est fascinant c'est que c'est le même projet qu'Haussmann a déjà raté il y a 150 ans - faire ex nihilo de cette rue une allée bourgeoise et commerçante !
On y a réinstallé des magasins déjà présents ailleurs (comme si les marseillais allaient soudain renoncer à leur chère rue St Ferréol, à 500 mètres de là, et pire, à Plan-de-Campagne)… Echec garanti donc surtout qu'il n'y a ni stationnement ni piste cyclable.
Quand à aller habiter là, même avec de l'argent ? Pas d'espaces verts, pas de commerces de proximité ou de crêche, à peine de quoi stationner, … A qui ça peut bien faire envie ?
Encore un peu de patience et le quartier repartira dans un cycle : désertification, dégradation, réouverture au logement social et peut-être, fin heureuse, retour des déplacés… Jusqu'à la prochaine fois. Celui qui ne connaît pas son histoire, etc.

Portrait de Suzanna

De Suzanna

13H43 | 22/11/2008 | Permalien

Conscient que notre ville pourrait être bien mieux gérés, que les opérations pourraient également être bien plus transparentes et exemplaires, il n'en reste pas moins que si parmi vous certains regrettent la première tranche de la rue de la république (du Vieux Port jusqu'à Sadi-Carnot), ce n'est certainement pas mon cas. L'avenue s'est métamorphosée et a retrouvé un certain cachet qui lui manquait tant.

Qui peux être intéressé par ses logements ? Des gens travaillant sur Euroméditerranée.

Une ville évolue. Le Marseille des années 30 n'a plus rien à voir avec celui des années 60 qui lui même n'a rien avoir avec celui ces années 80 qui enfin n'a plus grand chose à voir avec celui des années 2008. Et c'est le cas pour l'ensemble des villes européennes qui suivent le processus de « gentryfication », les aléas conjoncturels et les changements de mentalités de nos sociétés occidentales. Pourquoi cela choque-t-il à Marseille. Parce que la ville a commencé ce processus bien après celui d'autres villes, parce que la ville est globalement plus pauvre que les autres grandes villes françaises ou européennes.
Maintenant, il parait important de maintenir cette mixité sociale qui fait la force de notre ville et dans laquelle nos élus se complaise. Ici encore, beaucoup d'entre vous semblent omettre que la mixité sociale se fait à l'envers dans le centre ville de Marseille (le 3ème arrondissement étant l'un des arrondissements les plus pauvre de la ville). Ainsi, l'objectif est d'attirer une classe moyenne dans ces quartiers largement paupérisés. La ville de Marseille est pauvre en ressource financière (moins de la moitié des marseillais paient leurs impôts et la dette de notre ville est abyssale).

Il faut donc continuer à ré-attirer une population plus aisées dans ce centre en le rendant plus attractif (et dieu sait s'il y a des choses à faire et des choses qui ont été mal faite).

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