CNRS : le sens caché d'un logo censé « démythifier l'organisme »
Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) vient de changer de logo. Dans une note du 10 octobre, le directeur de la communication explique que ce nouveau logo, concocté par un cabinet spécialisé, « a pour objectif d'accroître la visibilité de l'organisme en France, en Europe et à l'international dans le contexte actuel d'évolution de la recherche ». Fichtre !
S'il est pourtant un organisme français connu et réputé sur tous les continents, infiniment plus visible que n'importe quelle université nationale, c'est bien le CNRS…
Alors, qu'elle est la symbolique sous-jacente à ce nouveau logo ? La note tente de l'expliquer. C'est un chef d'oeuvre de l'art (moderne) de la communication. Si vous y êtes imperméable, c'est que vous n'êtes pas du tout dans le coup. Premier point, affirmant une « puissance graphique favorisant la mémorisation du signe » :
« La forme, très novatrice, évoque la matière mise à disposition des chercheurs par notre planète, son environnement et ses ressources. Une matière malléable et souple, prête à se livrer aux savoirs et expertises de la recherche scientifique comme la motte de terre glaise destinée à être travaillée par les mains habiles du sculpteur. »
Les chercheurs savent bien que les données et théories scientifiques ne sont ni malléables, ni souples. Et si c'était eux-mêmes que l'on souhaitait, par ce logo, plus malléables et plus souples ?
Second point, prônant « simplicité, diversité, anticonformisme » :
« Le choix des caractères en bas de casse pour l'acronyme CNRS permet de démythifier l'organisme. L'institution démontre ainsi sa volonté de se rendre plus accessible.
Enfin, l'accident visuel que représente la signature, “dépasser les frontières”, intégrée dans un sens de lecture différent de celui, naturel, de l'acronyme, démontre la capacité de l'organisation à se détacher des usages courants et sa capacité à aller vers des champs inexplorés propres à l'exercice de ses missions de recherche. »
Démythifier l'organisme, est-ce vraiment nécessaire quand, au contraire, nous tentons, nous, chercheurs, d'attirer de nouveaux talents avec des moyens et des salaires si peu attractifs ? Quant aux frontières, s'il est une activité qui les ignore et organisme qui ne les connaît pas, c'est bien la recherche scientifique et le CNRS.

Et la note précise, « Attention, le nouveau logotype n'utilise plus le développé “centre national de la recherche scientifique”. De ce fait, l'explication de l'acronyme ne peut et ne doit plus être associée au logotype d'aucune manière ».
Si nos interlocuteurs sont, comme on peut le penser, perdus sans les signes et acronymes, ils n'auront plus une référence immédiate à la recherche scientifique. Le CNRS va rejoindre le maquis des CNTS, CNRT, CTRS, CTNS, CRNS, CRNT, CSRT, … sigles existants, mais bien confidentiels. La note ne donne aucune explication au choix des couleurs. L'ancien logo était bleu, plus clair, il est vrai.
Il n'y a donc pas, sur ce point, de rupture symbolique. Il faut dire que le bleu (soutenu) est aujourd'hui à la mode : le parti au pouvoir l'a fait sienne. Si le CNRS devait devenir, par la suite, caméléon, je suggèrerais un logo holographique, bleu lorsqu'on le regarde de droite, vert de face et rose ou rouge lorsqu'on le voit par le côté gauche.
Je ne peux que recommander l'excellent article d'E. Saint-James, expert en typographie, publié sur le site de Sauvons la recherche qui analyse le logo sous toutes ses facettes (notamment le coût, la typographie et la calligraphie) et donne une vision renversante du logo de Jacques André (CNRS-INRIA Rennes), suggérant de ne pas le laisser traîner devant un miroir !
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De jojomigrateur
Photojournaliste | 10H46 | 20/10/2008 |
Qui,à part un gaucher aurait pu percevoir message subliminal, « culs » qui était caché dans l'ancien logo du cnrs… ? La police mène l'enquête et le vilain sera prochainement, si ce n'est déjà fait, fiché au fichier EDVIGE… !
De michel 13
| 18H08 | 20/10/2008 |
Oui, il faut absolument lire l'excellent article d'E. Saint-James, expert en typographie, publié sur le site de Sauvons la recherche qui analyse le logo sous toutes ses facettes (notamment le coût, la typographie et la calligraphie). Après cet avis très bien argumenté, il me semble difficile de rajouter quelque chose de plus.
Est-ce bien le moment de changer le logo du CNRS ? Quel est le but inavoué ?
à michel 13
De RilaX
13H43 | 21/10/2008 |
Pour en rajouter un peu plus donc, je trouve que le « dépasser les frontières » est assez phallique surtout lorsqu'il rejoint son préservatif de n.
Et alors quand on le voit dans le mirroir … ce n'est plus « dépasser les frontières » mais les enfoncer dans le C…. NRS !
De ericj
10H28 | 21/10/2008 |
Après les agences de notations il serait bon de se pencher sur l'utilité réelle des agences de communication.
De compte désactivé 2
10H30 | 21/10/2008 |
Un peu trop de cocoricos injustifiés dans cet article ! Le CNRS est un tonneau des Danaïdes pour le contribuable français. On aimerait bien qu'ils TROUVENT, nos chercheurs et non qu'ils s'installent dans une carrière juteuse de fonctionnaires, qui leur assure un salaire ultraconfortable, même s'ils ne trouvent rien ! ! ! !
à compte désactivé 2
De spin590
11H07 | 21/10/2008 |
Mon cher Gaëtan, si vous souhaitez un « salaire ultraconfortable » je vous conseille d'éviter le CNRS, et d'aller vite soit dans le privé soit à l'étranger. Il faut vraiment avoir la foi pour à 30 ans, après un BAC+8, deux années d'assistant-chercheur, et une année d'enseignement et recherche aux USA, « Revenir plein d'usage et raison » gagner 2 350 € brut par mois.
à spin590
De Teez-teez
Back in the USSR | 12H23 | 21/10/2008 |
Sans compter que si on veut avoir une recherche appliquée performante, il faut commencer par soutenir la recherche fondamentale…
à compte désactivé 2
De Calvin
Physicien à Paris | 14H16 | 21/10/2008 |
Vous en savez quoi exactement ? (salaire/trouve rien/etc…)
De organe_dhonneur
10H39 | 21/10/2008 |
C'est un très mauvais logo et la branche comm » du CNRS s'est fait parfaitement ******. So what ?
C'est une nouveauté qu'on n'a pas de culture graphique et encore moins du culture du logo en France ? Vous avez jamais vu le nouveau logo ANPE ?
à organe_dhonneur
De Blaise11
Ich liebe mich | 11H14 | 21/10/2008 |
Légère nuance à votre propos : La France a une énorme culture graphique et typographique (le club français du livre). Il est vrai que les pays d'Europe Centrale et de l'Est nous ont bien fournis en matière grise : Cassandre (ukraine), Jean Widmer (suisse) hier, Batory (pologne) aujourd'hui. On peut rajouter Savignac et autre Grapus (mai 68) et l'énormissime Roman Cieslewicz.
Légère nuance.
De Blaise11
Ich liebe mich | 11H18 | 21/10/2008 |
Ce logo est complètement con. La claim annonce fièrement « dépasser les frontières »… avec une typo enfermée dans une bulle et cette même claim qui vient elle aussi s'enfermer dans le N : c'est stupide. L'approche des lettres donne la nausée, c'est étriqué, enfermé, serré, ce logo est une bouse.
De alain13
étudiant | 11H39 | 21/10/2008 |
Je viens de lire les analyses amusantes que vous proposez de vos deux logos. On passe finalement de quatre spermatozoïdes, en lutte pour qu'on leur accorde crédit, enfin surtout des crédits, à une ovule en attente de fécondation. Sans qu'il faille passer devant un miroir, ou par le cul, comme le commentateur en révèle le fantasme, le passage de l'un à l'autre de ces logos ne serait-il pas une sorte d'aveu d'impuissante ?
A moins qu'il ne s'agisse d'un mauvais présage, puisque l'ANPE a changé coûteusement son logo (en ne parlant que du coût du logo, chers chercheurs, vous omettez le changement des enseignes, des couvertures de vos ouvrages, de votre papier à entête et de vos cartes de visite) avant de fusionner avec les Assedic ?
Ce n'est pas ce changement de logo qui vous donnera le crédit que vous n'avez pas par rapport aux chercheurs de la communauté internationale. Une affaire de crédits répétez-vous ? Permettez-moi d'en douter.
Pour ne donner qu'un exemple, vous vous souvenez certainement que l'INSERM (enfin certains chercheurs de l'INSERM, je n'ose pas imaginer qu'il s'agissait des meilleurs) avaient eu l'oreille du chef de l'Etat pour dépister parmi les jeunes enfants les délinquants de demain ? Devant les protestations, dont de scientifiques éminents, l'INSERM a fini par battre en retraite.
Vous vous dites bien ( ? ) évalués par vos pairs. Et bien non, vous n'êtes certainement pas bien évalués par vos pairs, sinon nous n'en serions pas là. Sortez de ce conservatisme protecteur et acceptez que la société civile participe à cette évaluation. Il y a ailleurs qu'au CNRS des gens aussi bons que vous pour contribuer à une juste évaluation. Cessez d'être juge et partie, c'est trop facile. Le public a le droit d'être pris à témoin, pour vos revendications, comme pour votre production.
à alain13
De Teez-teez
Back in the USSR | 12H25 | 21/10/2008 |
« Le public a le droit d'être pris à témoin, pour vos revendications, comme pour votre production. »
j'ai du mal à comprendre comment le public pourrait bien évaluer la production des chercheurs du CNRS ?
à Teez-teez
De alain13
étudiant | 14H14 | 21/10/2008 |
Précisément, en choisissant cette citation, vous montrez que vous êtes partial, et le public dont je suis, est capable de s'en rendre compte.
Je parle de participation du public, je parle de gens de niveau comparable à ceux du CNRS mais qui n'y sont pas.
Il manque déjà à beaucoup de chercheurs la pédagogie qui leur permettrait de se faire comprendre.
Ils ne se rendent pas compte non plus que d'autres sont capables de faire ce qu'ils font et que souvent ils le font ailleurs qu'au CNRS.
Quant aux mathématiciens, justement, dont quelqu'un parle plus bas, il y en a qui savent très bien que le CNRS n'est pas pour eux un lieu d'excellence.
Votre système d'évaluation n'est pas bon et vous refusez de regarder la vérité en face.
à alain13
De Teez-teez
Back in the USSR | 08H02 | 22/10/2008 |
d'accord, je pensais que vous parliez du grand public.
mais quand même, vous êtes surs que les chercheurs du CNRS vivent dans une bulle hermétique par rapport à tous leurs confrères ? je ne connais pas grand-chose du milieu de la recherche, mais j'avais plutôt l'impression que les chercheurs échangeaient régulièrement entre eux, notamment lors de congrès ou de conférences, ou simplement par l'intermédiaire de leurs publications dans les revues scientifiques. Et donc, l'évaluation se fait par les pairs, ce qui semble logique non ?
à alain13
De Calvin
Physicien à Paris | 14H19 | 21/10/2008 |
D'où sortez vous exactement toutes ces brillantes vérités que vous nous assenez ?
à alain13
De efji
15H27 | 21/10/2008 |
Pouvez-vous développer votre affirmation sur les mathématiciens du CNRS. Ca m'intéresse…
à alain13
De parenthèse
enseignant-chercheur | 07H51 | 22/10/2008 |
Cher alain13, vous écrivez :
Ce n'est pas ce changement de logo qui vous donnera le crédit que vous n'avez pas par rapport aux chercheurs de la communauté internationale.
Le présent article s'inspire, en le citant, d'un texte paru sur le site de Sauvons La Recherche, dont le
forum de discussion
est particulièrement actif.
Si vous aviez bien lu ce texte et ce forum, vous auriez compris que ce logo est une initiative de la direction du CNRS totalement désapprouvée par l'ensemble des chercheurs. Votre amalgame est un premier indice de la superficialité de vos propos.
Ensuite, sur quoi vous appuyez-vous pour affirmer que les chercheurs du CNRS n'ont aucun crédit à l'international ? La France est en 5e position pour le nombre de publications scientifiques (bien que 16e pour le financement de la recherche publique), c'est ça que vous appelez une absence de notoriété (et de performance) ?
Il y a bien des choses à reprocher au CNRS, mais ce n'est pas en affirmant des contre-vérités que vous le ferez évoluer dans le bon sens.
De gévaudanais
si, finalement, criera au loup | 12H59 | 21/10/2008 |
Pour apporter une contribution à ce débat mené de main de maître par notre ami gaëtan, c'est de Gaulle qui avait dit : « Des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent on en cherche », ce qui dénotait déjà le mépris que beaucoup ont pour la recherche fondamentale. Spin500 donne le montant exact du salaire de début d'un chercheur CNRS qui parfois vient de Normale Sup. Et pour répondre à Alain13, pour juger la recherche en maths, il va devoir se mettre à la géométrie non commutative. Chiche ?
Pour paraphraser Staline on pourrait aussi dire/ La France, combien de médailles Fields ? ».
à gévaudanais
De Calvin
Physicien à Paris | 14H22 | 21/10/2008 |
http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9daille_Fields#Classement_par_pays
La France est le second pays dans le classement par médaille Fields. Pas mal pour un système aussi nul que le disent certains posts, non ?
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 13H08 | 21/10/2008 |
Si je peux me permettre M. Boulesteix, il me semble que vous n'ayez pas du tout compris : ce logo a été parfaitement étudié pour délivrer son sens caché lors d'un éventuel crach de fusée, en effet dans ce cas tout le monde vera où ils l'auront…
De noone.1
13H45 | 21/10/2008 |
< - citation du Dr. « tou dors, tou dors », CNRS
pour y avoir bosser un temps, heureusement pas trop long, je ne m'étonne plus de rien. Un chercheur y passe 6j/7 dans des réunions à la con, à faire de la paperasse, de l'administratif, des corrections, relectures et autres à outrance car c'est le seul moyen d'avancement et de reconnaissance qu'on lui reconnait (ah oui et aussi 10publis/mois dans le journal du rire et de l'oubli), et le tout en essayant de récupérer un max d'étudiants pour pouvoir faire son boulot puisqu'on n'en lui laisse pas le temps. (c'est sûr, c'est pas le même résultat mais attention, ben oui, faudrait surtout pas laisser un chercheur chercher ou lui donner des moyens, ça risquerait de remettre en cause trop de choses…)
tiens, c'est marrant, le logo inversé avec la « merveilleuse accroche » « déplacer les frontières » (fallait qd même oser, pourquoi pas deep space ten ? ) qui s'élève entre en C et un S, me fait plutôt penser à une bite, de là à penser bitocul, y'a pas loin…..
De noone.1
13H46 | 21/10/2008 |
je sais pas pourquoi c'est pas passé, la citation en début de msg était blablabla, blabla, blaaa, blablabla, bla
De Pentelique
consultant biotechnologie | 14H19 | 21/10/2008 |
Fallait il dépenser un million d'Euros pour convaincre l'inconscient des membres du CNRS que leur sort en était jeté et qu'ils se retrouveront dans peu de temps dans une fosse septique ? Ce logo en forme de cybale pénétrée par une devise invertébrée est bien la négation d'une activité mentale. Les membres du CNRS doivent ils aussi subir la hire de leur direction qui se paient leur tête et mentent pour courtiser une autorité vantarde et malade d'ignardise ? . Ce logo est il un psychotrope pour guérir le délire obsessionnel de certains présidents d'université de paca ?
Pleurons sur la bêtise qui a sélectionné ce concept, par crainte des pointes de lance qui éclairait l'ancien logo.
De Stump
Etudiant | 14H39 | 21/10/2008 |
Ce qui me fait le plus peur, ce n'est pas le ridicnrse de ce logo, mais le fait qu'un jour apres une longue reunion, les dirigeants du CNRS aient signe un papier pour accepter ce truc, peut etre meme un gros cheque ( ! ) apres avoir entre eux decide « hmm ouais pas mal ce logo ».
De J.C.M.
17H34 | 21/10/2008 |
Bonjour.
… combien a coûté cette révolution communicationnelle ?
Sans doute plusieurs fois le salaire mensuel d'un apprenti chercheur…
Lamentable.
Cordialement.
J.C.M.
à J.C.M.
De efji
18H58 | 21/10/2008 |
40 k-euros.
+200 k-euros pour un clip de J.J.Beneix.
Rappel : le salaire d'un chargé de recherche débutant est d'environ 2000 euros/mois. Mais il est un peu désobligeant de le traiter « d'apprenti chercheur » car il a en général plus de 30 ans et une solide expérience de recherche après son doctorat.
De spin590
23H33 | 21/10/2008 |
Le mépris qui ressort de certains commentaires pour la recherche fondamentale publique, dénote de l'ignorance totale de ce qu'elle représente pour la recherche appliquée, puis pour la mise en oeuvre industrielle des plus grands progrès technologiques des 200 dernières années.
Nombre des plus grandes sociétés privées mondiales avaient, et pour certaines ont toujours, des labos plein de professeurs nimbus (très bien payés), qui ont passé leur temps à publier, ont parfois eut des prix Nobel, et la plupart du temps vu leurs recherches aboutir à rien jusqu'au jour où ….
Quel que soit le sigle attaché à cet ensemble de nos « nimbus » du public, souhaitons qu'ils perdurent le plus longtemps possible et qu'il en reste à accepter vos remarques désagréables voire injurieuses pour permettre à vos enfants et petits enfants de profiter des leurs travaux sans qu'ils soient contraints par la vénalité commerciale.
De KIKI21000
sans emploi | 01H43 | 22/10/2008 |
avoir dépenser plusieurs millier d'euros pour chercher un logo pour la recherche il fallait de super chercheurs pour avoir une telle idée.
et pendant ce temps là la recherche, la vrai celle des chercheur peine à trouver les moyens de survivre, c'est abacabrantesque !
De antonh
curieux | 20H03 | 22/10/2008 |
traduction : aider la recherche en france ?
mon cul ! !
désolé…