A Marseille, l'académie recrute des profs par petites annonces

Pages petites annonces du quotidien La Provence du mardi 7 octobre. Vestner France Ascenseurs recrute « Technicien d'Ascenseur H/F » pour un poste dans la région de Marseille. Un peu plus bas dans la colonne, on cherche un conducteur de travaux ». Entre les deux, cet encart :

« L'académie d'Aix-Marseille recrute Enseignant(es) ds les disciplines suivantes : sciences médico-sociales, biotechnologie, technologie, mathématiques, allemand, sciences physiques, génie civil…

Niv. licence mini exige.

C.V. à adresser à : Rectorat, Académie d'Aix-Marseille, division des Personnels enseignants »

Un lien internet renvoie également vers le site de l'Académie, pour celui ou celle qui souhaite obtenir plus d'informations ou « formuler sa candidature ».

Comment faut-il lire cette petite annonce ? Pour le rectorat d'Aix-Marseille, il n'y a là rien d'exceptionnel :

« A la rentrée, chaque académie est obligée de s'assurer que son volant de contractuels ou de vacataires est suffisant, notamment en cas d'absences longue durée pour remplacer les enseignants titulaires.

Ce sont des ajustements auxquels nous procédons tous les ans. Il ne s'agit en aucun cas de postes d'enseignants titulaires… »

Au ministère de l'Education nationale, on précise que ces ajustements sont laissés « à l'appréciation de chaque recteur d'académie ».

Mais ce qui surprend, c'est que ces « ajustements » portent sur des matières « généralistes » comme les mathématiques ou l'allemand, ce type de recrutement étant traditionnellement réservé à des matières bien spécifiques.

1 200 postes en moins dans l'académie depuis 2003

Pourquoi alors ce besoin soudain de profs de maths ? Pour le syndicat d'enseignants Snes Aix-Marseille il n'y a là aucune surprise. Laurent Tramoni, secrétaire académique, détaille :

« Depuis la rentrée 2003, l'académie d'Aix-Marseille a perdu 1 200 postes, l'équivalent de 25 collèges supprimés. On veut nous faire croire que ces contractuels ne sont là que pour assurer des remplacements. On a surtout l'impression que ce sont les profs de demain. » (Ecouter le son)

Depuis plusieurs années, les syndicats dénoncent le net recul des postes ouverts aux concours d'enseignants dans de nombreuses disciplines et déplorent la substitution des titulaires de zones de remplacement (TZR) -des profs certifiés- par des vacataires.

Une enseignante d'histoire-géo d'un lycée du centre-ville de Marseille rappelle :

« Ce qui fait la différence, c'est que les enseignants titulaires ont passé des concours, ont été sélectionnés sur leurs compétences et ont été formés pour enseigner. Les autres non. »

La tendance s'accélère mais surtout, elle prend de nouvelles formes. Pour Laurent Tramoni, la petite annonce passée par le rectorat d'Aix-Marseille est symptomatique de cet état de fait :

« C'est la première fois que le rectorat lui-même recrute des personnels pour assurer des remplacements dans un grand nombre de disciplines. On a vraiment l'impression que l'essentiel, c'est qu'il y ait quelqu'un en face des élèves. »

On connaissait déjà le recrutement d'instituteurs au smic via l'ANPE. Laurent Tramoni passe en revue les « trois nouvelles façons de recruter des enseignants » : (Ecouter le son)

Outre l'embauche par petites annonces, les établissements font donc appel aux « collègues » fraîchement retraités. Une pratique de plus en plus fréquente, comme cela a été le cas cette année au lycée Thiers, fleuron de l'enseignement public marseillais.

Au début de l'été, le proviseur a fait partir un courrier dans lequel il tente de faire vibrer la « fibre pédagogique » de ses anciens collègues :

« Vous avez choisi (ou le système a choisi pour vous…) de faire valoir vos droits à une pension de retraite. En vous enviant tout de même un peu, nous ne vous oublions pas et je me suis interrogé pour savoir si vous ne ressentiez pas un brin de frustration, la fibre pédagogique qui vit toujours en vous n'arrivant plus à s'exprimer.

C'est pourquoi je m'adresse à vous aujourd'hui. En un mot : seriez-vous prêt à nous aider -nous, c'est vos collègues en activité, l'administration du lycée, mais surtout les élèves et leurs parents- dans une projet de soutien scolaire en classe de première (…) Nous aider bénévolement, cela va sans dire. »

Des BTS contractuels en techno ?

Plus grave selon le syndicat majoritaire chez les profs : le recours aux étudiants bac+2 sortant de BTS pour assurer des enseignements. Là encore, c'est l'Académie d'Aix-Marseille qui a initié la démarche en faisant appel « au vivier des lauréats du BTS de la session 2008 » pour répondre au besoin de contractuels et vacataires en technologie au collège.

Au ministère de l'Education nationale, tout en prenant soin de ne pas dévaloriser la matière, on peine quelque peu à justifier la démarche. Au Snes, on estime qu'il s'agit tout simplement « d'une négation de la qualification des enseignants, d'une négation de l'enseignement », alors que c'est tout le système de formation, à travers notamment les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), qui est aujourd'hui menacé.

Bien au-delà du cas de la petite annonce du Rectorat d'Aix-Marseille, Laurent Tramoni déplore « une volonté idéologique de démantèlement du service public ».

Selon lui, « les économies réalisées par la suppression d'1 poste de fonctionnaire sur 2, c'est des queues de cerise dans le budget de l'Etat ». (Ecouter le son)

Et qu'en pense le recteur de l'académie d'Aix-Marseille, Jean-Paul de Gaudemar ? Chargé par le ministre de l'Education nationale d'élaborer « le nouveau lycée général et technologique », il poursuit la concertation des différentes représentants du monde éducatif, moins le Snes-FSU qui a quitté ce jeudi la table des discussions.

Le rapport Gaudemar pourrait être remis d'ici la fin du mois d'octobre, pour une communication du ministère à la rentrée des vacances de la Toussaint. Par petites annonces ?

76 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de ZYXXYO

De ZYXXYO

09H38 | 12/10/2008 | Permalien

Ces personnes recrutées par petites annonces, subissent t-elles au moins une formation de base avant d'enseigner ou rien du tout ?

Portrait de Ech-picard

à ZYXXYO Portrait de ZYXXYO De Ech-picard

10H26 | 12/10/2008 | Permalien

Rien ! Rien ! Rien !
C'est chacun sa M…. (vue ailleurs)
Le plus triste c'est que les compétences pédagogiques soient la ou pas. Il n'y aura aucune reconnaissance.
Les postes au CAPES interne réduits au maximum.
Je connait d'excellent prof qui faute de mieux, décroche des postes dans le privé encore moins bien rémunéré (par l'état) et toujours précaire.
Il y a une volonté systématique de casser du prof.
A mon humble avis ça empire.
Prof de toutes les catégories UNISSEZ VOUS !
C'est le retour vers le passé, des classes de 40 et plus !

Signé : un fils d'enseignants, marié à une enseignante, qui a fait carrière dans l'industrie.
Je vois et j'ai vu l'envers du décors !

Portrait de Desiderio

De Desiderio

14H55 | 12/10/2008 | Permalien

Beaucoup de contractuels sont des gens qui préparent en même temps les concours ou qui ont déjà tenté les concours, ils peuvent donc bénéficier d'une formation (mais en fait surtout disciplinaire pour les concours externes, avec juste quelques épreuves didactiques et non pédagogiques). Cependant, il est alors difficile de rester inscrit à des formations du fait des horaires qui peuvent coïncider et puis il faut savoir que les stages Mafpen sont toujours bloqués sur des mardi-mercredi ou des mercredi-jeudi donc avec au moins un jour de classe (le contractuel ne sera pas payé pendant ce temps-là, il est payé à l'heure de classe réellement effectuée). Ses horaires peuvent changer d'une semaine à l'autre s'il est appelé à une autre mission. En outre, il est difficile de s'inscrire dans une formation Mafpen en cours d'année surtout si les effectifs sont pleins dès le mois de juillet (il faut passer alors par le chef d'établissement ou le médecin du rectorat, une assistante sociale du rectorat, la DRH, l'inspection, on se signale comme un cas).

L'an dernier, j'ai remplacé une prof dépressive et en fin de carrière. Je suis TZR de lettres (donc titulaire, avec frais de déplacements, congés, points de retraite, primes pour les conseils de classes, heures sups payées si j'en fais et aucun dégrèvement en cas de sous-horaire), le poste était de lettres-histoire, il a donc été coupé en deux parce que je me voyais mal préparer à un bac pro ou un BEP dans une matière que je possède fort bien, mais pas assez pour des classes d'examen (il ne suffit pas de lire la table des matières du manuel ou de connaître le programme et le référentiel ou les annales, il faut avoir réfléchi). Mon binôme était un contractuel qui ne bénéficiait d'aucun de mes avantages, qui commençait seulement et qui préparait le PLP. Mais l'inspecteur lui a délégué un tuteur dès la deuxième semaine, tuteur qui assistait à certains de ses cours ou dont il observait certains cours. C'est, je crois, assez rare, voire exceptionnel, mais dans l'enseignement professionnel, il y a souvent une plus grande attention aux situations particulières que dans l'enseignement général. J'ai pu suivre de telles formations quand j'ai débuté comme maître-aux (là aussi dans l'enseignement professionnel avant que je ne bifurque vers le général), j'ai eu droit alors à des stages et à un tuteur au milieu de la première année, mais je ne pense pas que ce soit le cas pour tous les nouveaux contractuels qui se retrouvent dans une situation de grande précarité face aux représentants de l'institution.

Portrait de Nondupe

De Nondupe

09H39 | 12/10/2008 | Permalien

Pauvre école, pauvre éducation nationale, pauvres élèves et pauvres citoyens.

Quoi de surprenant à tout cela ?
Cela fait quelques années que le mécanisme a commencé.

Ce qui gène l'état, ce sont les fonctionnaires : il faut les payer, y compris quand ils deviennent vieux et même à la retraite. Ils ont des revendications. On ne peut pas le virer du jour à l'autre.
Tout cela fatigue nos petits ministres compatbles.

Alors, la solution : externaliser les compétences.
Les vacatiares, c'est mal payé, malléable, renvoyable, congédiable à merci.
Quand le lycée ferme, on arrête de les payer.
A la retraite, ils font pas chier et vont comme les autres quémander leur obole.
C'est vraiment tranquille , les vacataires.
le ministres et ses benéts congénitaux, (dont il fait partie en tant que inspecteur général) peuivent continuer à débiter leurs fadaises (le petit gaudemar aurait en projet pour le lycée de supprimer l'histoire qui deviendrait optionnelle ! Bravo l'idée…Génial pour faire des non-citoyens).

Nous sommes bien là dans un système abject qui vise à gérer (il sentait bon le sable chaud , mon gestionnaire)ouvertement au détriment de l'intelligence, de la culture, de la citoyenneté et même, au-delà de la civilisation.

Donner aux élèves et futurs citoyens, le minimum vital(une sorte de RSA de la scolarité)revient à saper les fondements de notre culture, mais avec l'avantage énorme d'en faire des captifs des journaux télé qui goberont tout ce que le pouvoir leur raconte, sans disposer d'un esprit critique. De bon esclaves.

Merci notre démocratie. Merci les politiques.
Le destin de notre pays est de bien mauvaises mains.
Elles puent la dictature.

Portrait de hallucine

De hallucine

dans le flou | 09H48 | 12/10/2008 | Permalien

On manque de profs de maths, de sciences physiques dans à peu près toutes les académies ( ! )
Pour les sciences physiques, la « solution » trouvée est de supprimer cette matière en collège.

Portrait de léo solo

à hallucine Portrait de hallucine De léo solo

10H06 | 12/10/2008 | Permalien

Ainsi que l'hist-géo.

Portrait de Desiderio

à hallucine Portrait de hallucine De Desiderio

15H45 | 12/10/2008 | Permalien

Pas encore. Cela viendra. Mais un premier pas avait été fait par Claude Allègre (alors conseiller de Lionel Jospin, ministre) avec la suppression de la physique-chimie en 5e et 6e. Allègre déteste profondément la physique qui lui a causé trop de problèmes au sujet de l'opinion sur ses compétences scientifiques… En outre, cela coûtait très cher du fait des dédoublements pour des TP que l'on doit surveiller en petits groupes. Elle avait été rétablie en 5e seulement par Bayrou quelques années après, mais comme le manque d'enseignants devient de plus en plus criant dans cette discipline (souvent occupée par des contractuels d'origine étrangère, faute de titulaires car les diplômés partent tous en entreprise ou dans la recherche), il est prévu de la faire sortir du tronc commun au lycée, donc de la mettre en option ou module, et non pas de la supprimer totalement au collège. On se dirige plus vers un enseignement à deux vitesses encore plus différentes dans le second cycle, les lycées qui pourront encore offrir de la physique et donc un accès à des prépas scientifiques, et puis les autres.

Portrait de papy55

De papy55

prof. en province | 10H39 | 12/10/2008 | Permalien

Ce cas est typique de ce qui deviendra la norme dans peu de temps…. !

Je suis toujours persuadé (ce n'est pas le cas de tous ! ) que l'EN sera privatisée, ou plus exactement l'Education sera livrée « au grand marché », le secteur public se limitant à l'équivalent de la CMU pour la prise en charge des problèmes de santé, une sorte de « Couverture Educative Universelle » !

Et donc dans ce cas, dans le public comme dans le privé, sera généralisé un système déjà existant dans de nombreux secteurs : le recours à l'intérim….Les méthodes et l'organisation pédagogiques que l'on cherche à imposer dans les différentes disciplines depuis quelques temps, vont à mon avis dans ce sens !

Portrait de Anthropia

De Anthropia

12H13 | 12/10/2008 | Permalien

Une preuve de plus de la politique de démantèlement de Sarkozy, dérégulation, destruction des piliers de notre système éducatif, social, de santé et de recherche.

http://anthropia.blogg.org

Portrait de Rouille_Encagée

De Rouille_Encagée

Citoyen du monde | 12H17 | 12/10/2008 | Permalien

Ce n'est pas nouveau comme phénomène. Déjà depuis quelques années les lycées posent des annonces à l'ANPE en quête de professeurs car quand les chefs d'établissement demandent du renfort quand un prof est absent pour une certaine durée, le rectorat n'a plus assez de remplaçants, et du coup les élèves se retrouvent sans prof. Du coup, le chef d'établissement, désarçonné, préfère encore demander par l'ANPE un vacataire plutôt que de voir ses élèves se rétamer lamentablement au Bac car il n'y avait plus personne pour leur faire cours.

Portrait de Desiderio

à Rouille_Encagée Portrait de Rouille_Encagée De Desiderio

21H39 | 12/10/2008 | Permalien

Oui, cela existait depuis longtemps mais dans ds matières bien précises, par exemple un de mes cousins a été recruté ainsi pour un poste en hôtellerie-restauration. On ne trouve pas des gens ayant ce type de formation pour faire un remplacement en frappant à la porte des IUFM. C'était donc des profils très particuliers qui sortent du cadre universitaire strict. Allez donc trouver un remplaçant en plasturgie ou en sommellerie ou même en éco-gestion-droit dans la semaine pour faire des contrats de quinze jours renouvelables à chaque fois ! Il n'y a pas beaucoup de candidats inscrits pour un remplacement. Ce qui est plus inquiétant dans ce cas, c'est que cela frappe aussi des matières comme les maths, la physique. Ce sont des disciplines abandonnées pour les concours, car on a plus de possibilités d'épanouissement ailleurs. On ne passera pas de petites annonces pour le français, l'histoire, l'anglais, l'EPS, les arts pla, la musique : les candidats se bousculent aux concours et le vivier des précaires y est énorme.

Portrait de suno

De suno

découvre le monde | 13H08 | 12/10/2008 | Permalien

La solution

supprimer des postes dans des matières aussi « inutiles » que les sciences physiques, la SVT ou les maths. En effet, on vient dans un monde de plus en plus facile à comprendre, notamment en ce qui concerne les enjeux de société (pollution, énergie, ….)

Bien sûr, je suis volontairement provocateur mais c'est bien dans les propositions de notre ministre de l'éducation dans le cadre de son projet de réforme sur le lycée applicable en ….septembre 2009 !

Cela passe par la suppression des sciences dans la classe de seconde par exemple.

Pour en savoir plus et émettre son opposition via une pétition en ligne sur le site de l'Union des Professeurs de Physique et Chimie (près de 20 000 signatures déjà) :

http://www.udppc.asso.fr/news/fiche_news.php ? news=301

Même combat chez les enseignants de SVT :
http://www.apbg.org/

Merci de relayer ces infos car beaucoup de gens ne sont pas du tout au courant.

Portrait de Pierrrrre

De Pierrrrre

13H22 | 12/10/2008 | Permalien

« Ce qui fait la différence, c'est que les enseignants titulaires ont passé des concours, ont été sélectionnés sur leurs compétences et ont été formés pour enseigner. Les autres non. »

► les enseignants titulaires n'ont pas été recrutés pour leur compétence à enseigner.
Ils l'ont été sur le seul critère de concours.
Et fort peu ont été « formés »,
une « formation » qu'ils villipendent eux même.

Souvent, de jeunes enseignants sont jetés en pâture sans préparation dans des postes à élèves difficiles, postes dont personne ne veut.

Et souvent aussi, l'enseignement est choisi en raison d'échecs à d'autres concours, choisi comme un pis allé, un peu par force.. « ça n'est pas fait pour moi, mais au moins j'aurai petit salaire et vacances d'assurés ».

La frustration de ces enseignants se retrouve dans leur état d'esprit caractériel dont les élèves subissent les conséquences.

J'en connais.. et vous en connaissez aussi.

Le recrutement derait se faire au sein de chaque établissement, en adéquation avec un projet d'école, une cohérence pédagogique et comportementale,
et non pas par concours nationaux sur critères étatiques défendus par les syndicats.

C'est en cela que les établissements privés peuvent mettre en oeuvre une pédagogie plus pertinente et cohérente que les établissements publics.

Portrait de papy55

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De papy55

prof. en province | 14H24 | 12/10/2008 | Permalien

Là je reconnais vos qualités indéniables de parfait propagandiste UMP !
Votre connaissance des intentions réelles en matière de réformes programmées du lycée, pour 2009, est d'ailleurs, semble-t-il parfaite, sans oublier l'argumentaire associé au dossier, tiré du bréviaire adéquat !

Une petite louche de disqualification des enseignants en suggérant qu'ils auraient choisi le métier en raison d'échecs supposés à d'autres concours plus « solides » et ceci pour un salaire minable et assuré. La preuve dans leur état d'esprit caractériel…..

Une petite louche de disqualification des syndicats qui seraient favorables à des concours nationaux sur critéres étatiques.

La solution de bon sens : les « concours » locaux qui permettraient une cohérence autour de projets d'école (suggérant au passage l'incohérence actuelle ! )……et ce que vous ne dites pas, c'est que ces concours auraient l'avantage d'un recrutement par cooptation sur la base du « mérite », notion si chère aux gouvernants en place et plus propice à la docilité !

Une petite allusion aux établissements privés supposés très efficaces !

Que voilà un bel argumentaire bien ficelé et fort apprécié par l'électeur traditionnel des amis sarkosistes.

Portrait de Pierrrrre

à papy55 Portrait de papy55 De Pierrrrre

16H06 | 12/10/2008 | Permalien

« … parfait propagandiste UMP ! … »
► Je ne suis pas UMP, j'ai mes idées, elles sont miennes, sont des idées libérales, et je les défends sans éprouver le besoin de me faire encapsuler
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« …Une petite louche de disqualification des enseignants en suggérant qu'ils auraient choisi le métier en raison d'échecs supposés à d'autres concours plus “ solides ” et ceci pour un salaire minable et assuré. La preuve dans leur état d'esprit caractériel….. »
► exact et j'assume..
Le nombre de frustrés de la vie est important chez les enseignants arrivés à ce métier après échec de leur projet professionnel.
Tous les enseignants (les « vrais ») pourront vous dire qu'ils côtoient de nombreux collègues ayant ce profil
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« …Une petite louche de disqualification des syndicats qui seraient favorables à des concours nationaux sur critères étatiques…. »
► pas qui « seraient », qui sont favorables à des règles étatiques et identiques pour tous.
C'est dans cet égalitarisme, générant une absence totale de gestion du personnel au sein de chaque établissement scolaire qu'on doit chercher les problèmes de nos écoles.
Nos enseignants sont des électrons libres, « dirigés » par une hiérarchie virtuelle, éloignée, et sans aucune obligation de cohérence avec le travail des autres enseignants de leur établissement.
Un directeur d'école, un principal de collège, un proviseur n'a aucun pouvoir sur le travail d'un enseignant (sinon vérifier sa présence)
Leur carrière ne prend nullement en compte leur qualité pédagogique.
Leur inspection se passe une fois tous 2, 3 ou 4 ans, est prévue à l'avance, et les opportunistes se contentent de se renseigner sur les marottes de l'inspecteur, et font une répétition et une générale avec la classe la veille de l'inspection.
Il leur est bien plus profitable de préparer l'agreg que de préparer leurs cours.
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« ….La solution de bon sens : les “ concours ” locaux …. »
► Je n'ai jamais parlé de concours locaux (c'est maladif, ce besoin de concours),
Mais d'un recrutement par entretiens, voir après période d'essai, par l'établissement demandeur, sur un pool d'enseignants disponibles et dont la qualification est en cohérence avec les exigences de l'Education Nationale.
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« …qui permettraient une cohérence autour de projets d'école (suggérant au passage l'incohérence actuelle ! )…. »
► Absolument.. les projets d'Ecole ne sont élaborés qu'afin de faire joli à l'affichage dans le hall d'entrée de l'Ecole.
C'est la seule utilisation qui en est faite :
Aucun objectif n'est défini.. je parle de vrais objectifs, quantifiables.. pas d'intentions vaseuses du genre « favoriser l'autonomie des enfants ..les faire progresser dans les apprentissages fondamentaux.. pipotique et compagnie… »
Un objectif est une action à effectuer,
dont on peut apprécier si elle a été bien effectuée, et apprécier ses conséquences et sa pertinence.
Il est évaluable, l'ensemble des objectifs définis constituant la collection des moyens et des actions mis en place par l'équipe d'enseignants de l'école en cohérence avec le projet d'Ecole.
C'est un outil de travail,
Pas une rédaction de début d'année scolaire où on mélange les jolies phrases de l'année précédente pour en sortir de nouvelles. « Belle Marquise vos beaux yeux »
——————————-
« ……et ce que vous ne dites pas, c'est que ces concours auraient l'avantage d'un recrutement par cooptation sur la base du “ mérite ”, notion si chère aux gouvernants en place et plus propice à la docilité ! … »
► effectivement, le recrutement par cooptation permettrait le copinage..
Sauf si la direction de l'Ecole est collégiale,
sauf si le réel souci d'un recrutement est un souci pédagogique,
sauf à craindre qu'à force de recruter n'importe qui, les parents aillent dans l'Ecole d'à coté, ce qui génèrerait la fermeture des classes….
(Ca devrait vous plaire, la lutte des classes.. vrai qu'elle se ferait dans une logique de loi du marché)
————————-
« …Une petite allusion aux établissements privés supposés très efficaces ! … »
► Dans le privé, on peut trouver le pire.. comme le meilleur.
Et effectivement, leur capacité à recruter eux même leurs enseignants leur apporte la possibilité d'atteindre le meilleur.
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« Que voilà un bel argumentaire bien ficelé et fort apprécié par l'électeur traditionnel des amis sarkosistes. »
►Que voilà un bel argumentaire bien ficelé et fort apprécié par l'électeur traditionnel des amis socialistes.

Portrait de papy55

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De papy55

prof. en province | 19H43 | 12/10/2008 | Permalien

Je ne reprendrai pas un par un, les divers points de vos commentaires.Je me contenterai d'apporter quelques indications complémentaires.

Comme vous je ne suis pas « encapsulé » et si l'idée m'en venait, peut-être seriez-vous surpris de mon choix !
Je pense cependant que vos tendances idéologiques (mot que je n'aime pas) vous portent plus vers l'UMP sarkosiste que vers un parti de gauche !

Vos diverses interventions sur Rue89 me conduisent à penser que vous êtes un fervent opposant à l'interventionnisme de l'Etat et tout autant partisan d'un système où l'initiative privée serait reine !

Vos convictions doivent être sérieusement ébranlées en ces temps de crise financière, où les états les plus libéraux s'apprêtent à voler au secours d'un système financier devenu totalement incontrôlable !

Je précise que vos interventions ne sont généralement pas dénuées d'arguments contrairement à d'autres, et cela est à porter à votre crédit, mais ce que je regrette c'est que vous ne pouvez vous empêcher de recourir à la disqualification permanente !

Un dernier point pour revenir à votre commentaire immédiat, sachez que dans ma spécialité d'enseignement et les spécialités connexes, nombreux sont les enseignants diplômés de grandes écoles et dont la réussite professionnelle n'est pas à remettre en cause ! La notion de réussite reste toute relative, chacun y attachant ses propres critères !

Portrait de Pierrrrre

à papy55 Portrait de papy55 De Pierrrrre

09H35 | 13/10/2008 | Permalien

 »…Je pense cependant que vos tendances idéologiques (mot que je n'aime pas) vous portent plus vers l'UMP sarkosiste que vers un parti de gauche ! … »
► l'idéologie me semble venir de l'irrationnel. En fait, mes convictions libérales ne sont que résultat d'une réflexion cartésienne : c'est ainsi que les choses marchent, et suis pour le libéralisme par simple constat de la prééminence des théories d'équilibre des eaux, et de la loi d'Archimède..
Ce n'est pas une opinion, c'est une vérité de mécanisme de vie qui s'impose à moi.

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 »…Vos diverses interventions sur Rue89 me conduisent à penser que vous êtes un fervent opposant à l'interventionnisme de l'Etat… »
► pas du tout, je pense au contraire que l'Etat devrait intervenir avec plus d'efficacité pour la petite délinquance, le contrôle de l'immigration, le respect des contrats signés, la bonne conduite des entreprises publiques, la bonne gestion du personnel d'Etat, la bonne gestion de son patrimoine…. et je le trouve déficient dans tous ces domaines.

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 »…et tout autant partisan d'un système où l'initiative privée serait reine ! … »
► oui, je pense qu'un système viable et pérenne
est celui où la somme des comportements privés conduits par le mieux être de chacun,
génère une synergie positive et un mieux être collectif.
Un système qui ne mette pas en opposition intérêts individuels et intérêt collectif.. un tel système générant contournement des règles, flicage et goulags pour récalcitrants

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« Je pense cependant que vos tendances idéologiques (mot que je n'aime pas) vous portent plus vers l'UMP sarkosiste que vers un parti de gauche ! »
► je ne suis pas de gauche puisque libéral,
j'ai cru en Sarko quand il proclamait qu'il serait un président impopulaire.
Je regrette que sa marche forcée soit associée par pas mal de compromis populistes et d'un manque de détermination… j'aurais préféré une Thatcher, impopulaire et courageuse qui a sorti l'Angleterre de la mouise.
Son style people me gonfle (je préfère un Fillon)
Mais j'apprécie la clarté de ses discours et souvent il corrige ses erreurs.
Pour l'UMP, je pense que gaullisme et gauchisme sont les deux raisons du recul de la France dans le monde.

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 »…Vos convictions doivent être sérieusement ébranlées en ces temps de crise financière, où les états les plus libéraux s'apprêtent à voler au secours d'un système financier devenu totalement incontrôlable ! … »
► C'est bien la preuve que le marché est roi et sait remettre les pendules à l'heure quand on tire trop sur la ficelle.
Simplement, les mouvements s'appuient sur les phénomènes psycho économiques générant des vagues dont il faut essayer d'éviter les dégâts en attendant qu'elles ne se calent à nouveau autour d'un nouvel équilibre des choses.
Le laisser-faire de la FED lors de la faillite de la Banque Lehmann Brothers a été la connerie qui a tout déclenché.

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 »…. ce que je regrette c'est que vous ne pouvez vous empêcher de recourir à la disqualification permanente ! … »
► accordez moi que l'endroit se prête aux arguments qui tuent et qui essayent de déstabiliser l'adversaire.
Effectivement, j'ai tendance à préférer user de la grosse masse plutôt que du marteau de bijoutier.
En fait, je vous confesse que mes interventions sont plus guidées par une intention prosélyte que par l'engagement d'un dialogue nuancé et une convivialité cybernétique.

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 »…Un dernier point pour revenir à votre commentaire immédiat, sachez que dans ma spécialité d'enseignement et les spécialités connexes, nombreux sont les enseignants diplômés de grandes écoles et dont la réussite professionnelle n'est pas à remettre en cause ! La notion de réussite reste toute relative, chacun y attachant ses propres critères ! … »
► je vous en rend hommage.. ce que vous dites est vrai,
et ce que je disais se devait d'être resitué dans une vérité multiple et complexe.
Je savais que des réactions telles les vôtres permettraient de corriger le tir, mais sans pour autant remettre en cause ma tranche de vérité dite.

Portrait de Judith13

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De Judith13

18H14 | 12/10/2008 | Permalien

Vous êtes enseignant ?
Vous parlez de ce métier avec tant d'assurance qu'on pourrait le croire…
Je suis enseignante dans le privé et les chefs d'établissement n'ont pas de réelle marge de manœuvre, ils sont soumis aux mêmes critères de priorité etc… que dans le public. La qualité supposée meilleure des enseignants du privé est un gros leurre… mais si ça vous fait plaisir de le croire…
Ensuite dans le privé le Projet d'établissement c'est : faire plaisir aux parents. le parent a toujours raison puisqu'il paie. On n'a que faire de réflexions pédagogiques : ce qui importe : la satisfaction du parent.
Renseignez-vous avant de traiter la majorité des profs de frustrés et caractériels, évitez les généralités.

Portrait de Pierrrrre

à Judith13 Portrait de Judith13 De Pierrrrre

10H33 | 13/10/2008 | Permalien

 »…Vous êtes enseignant ? … »

► oui, j'ai été, de bac - 10 à bac +5, et je pratique encore mais hors EN.(ça paye plus)

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 »…Je suis enseignante dans le privé et les chefs d'établissement n'ont pas de réelle marge de manœuvre, ils sont soumis aux mêmes critères de priorité etc… que dans le public…. »
► Ils ont les marges de manœuvre qu'ils se donnent, et je sais que certains aiment à se présenter noyé par des contraintes plus théoriques que réelles.
De fait, un chef d'établissement libre pourra recruter qui lui convient.

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 »…La qualité supposée meilleure des enseignants du privé est un gros leurre… mais si ça vous fait plaisir de le croire….. »
► On trouve dans le privé, ainsi que dans le public le pire comme le meilleur.

Mais je dis que le privé possède cette petite dose de liberté de gestion que certains établissements (pas tous) utilisent pour atteindre l'excellence.

Seul le privé permet de mener des expériences pédagogiques..

Ecoles Montessori.. publiques ou privées ?

même Célestin Freinet, défenseur de l'Ecole publique et laïque, anti clérical, fréquentant
l'épouse de Lénine qui, par copinage démokkratik était aussi ministre de l'Education Nationale,
ses innovations pédagogiques, tout communiste qu'il soit,
c'est dans quelle école qu'il a pu les mener à bien ?

Dans une école privée.

Et moi, un libéral,
suis un fervent défenseur de la pédagogie Freinet, parce qu'elle ouvre au libéralisme,
lui, Freinet, qui se disait communiste, mais qui en fait était un libéral qui s'ignorait.
Pas pour rien que le Parti Communiste l'a viré de ses rangs : il le trouvait dangereux.

quelques principes de Freinet :
♦l'enfant pas plus que l'adulte - n'aime être commandé d'autorité.
♦Nul n'aime s'aligner, parce que s'aligner, c'est obéir passivement à un ordre extérieur.
♦Nul n'aime se voir contraint à faire un certain travail, même si ce travail ne lui déplaît pas particulièrement. C'est la contrainte qui est paralysante.
♦Chacun aime choisir son travail, même si ce choix n'est pas avantageux.

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 »…Ensuite dans le privé le Projet d'établissement c'est : faire plaisir aux parents. le parent a toujours raison puisqu'il paie. On n'a que faire de réflexions pédagogiques : ce qui importe : la satisfaction du parent….
 »
► il est exact que certains établissements ont une vision raz des pâquerettes.
(remarquez, la satisfaction des parents ne passe pas fatalement par une pédagogie d'apparat. Il est des parents qui sont très sensibles à une profondeur et un recul du travail des enseignants.. encore faut-il les considérer comme partie prenante de ce travail.

les parents s'éduquent ainsi que les enfants et sont ouverts à l'explication d'une démarche pédagogique, surtout si cette démarche fait partie du contrat d'entrée de l'élève dans l'établissement.
Un « faites démago » est générateur d'enfants en plus, mais aussi de parents qui vont voir ailleurs…
Dans cette école dont vous me parlez, changez le directeur et mettez en un digne de ce nom, ou bien instaurez une direction collégiale, et vous vous verrez pousser des ailes de désir de partager des novations pédagogiques pour le plus grand bien des élèves.
La richesse d'une école, ce sont ses enseignants.
C'est la cohésion de l'équipe enseignante,
et c'est une direction qui sait s'appuyer sur la compétence et les échanges entre enseignants.

Tout le reste suit et en découle.

Combien de richesse, de potentiel inexploité, demeure caché dans la frustration de tant d'enseignants qui voudraient, mais ne peuvent rien faire dans une école sans cohérence..
Ils ferment alors la porte de leur classe, et font ce qu'ils peuvent, avec le petit Eric, Ahmed et Mamadou qui fichent le bazar et pour lesquels il faut faire avec.
Et le cours de botanique qui endort la classe, alors que l'herbe du carré de pelouse de dehors ne demande qu'à être bêché.

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 »…Renseignez-vous avant de traiter la majorité des profs de frustrés et caractériels, évitez les généralités….. »
► je n'ai pas parlé de majorité, mais ces frustrés représentent une forte minorité.
Il est un phénomène nouveau que je perçois, c'est que tout enseignant affiche son désir de retraite, son raz le bol des enfants, son dégoût des parents, sa répulsion envers les mesures Darkos… vraiment, suffit d'engager une conversation avec un enseignant, et on est de suite content de ne pas être dans sa classe…
Je me trompe vraiment ? ou le milieu pourtant éclectique que je fréquente est particulièrement marqué ?

Portrait de sorry

à Judith13 Portrait de Judith13 De sorry

panseuse | 10H14 | 14/10/2008 | Permalien

je confirme ce que dit Judith 13, ayant enseigné 18 ans dans le privé « catholique », qui ne brille ni par son humanité, ni par sa charité, mais qui est soumis aux dictats des parents qui « payent ».
La plupart du temps, les chef(es) d'établissements cautionnent les conneries des chères têtes blondes, craignant les réactions des parents, et dans ces conditions, les profs sont peu soutenus par leur hiérarchie.

Portrait de layote

De layote

13H40 | 12/10/2008 | Permalien

La prof de maths de mon fils remplaçante pour l'année en
4éme est visiblement en difficulté dans son poste (pas de fil conducteur , erreurs mulktiples au tableau, diificulté à gérer une classe ce qui je reconnais n'est pas forcément aisée), accent prononcé lié à sa nationalité avec difficultés de compréhension à la clé(merci de n'y voir aucun racisme svp)
Je m'interroge car il s'agit visiblement d'un recrutement hors concours alors que de milliers d'étudaiants préparent le capes chaque année pour un nombre de poste qui diminue
.Ainsi on nivelle par le bas la qualité de l'enseignement délivré à nos enfants avec des profs qui n'ont pas le niveau ni les qualifications requises car payés moins chers et jetables quand on veut.
C'est lamentable tant vis à bis de ces personnes , des étudiants qui préparent le concours que des enfants et source d'une profonde inégalité doutant que ces professeurs de substitution officient dans les collèges de beaux quartiers de Paris.
Après cela Darcos libére la carte scolaire.
Foutaise.
En attendant j'aide mon fils en math en reprenant le programme et en suivant les cours des autres classes mais tout le monde ne le peut pas.
Inégalité voilà la conséquence ….

Portrait de michelpa

De michelpa

prof honoraire univ paris7 | 17H01 | 12/10/2008 | Permalien

l'école doit être le reflet de la vie.
de plus en plus de salariés, stagiaires, remplaçants intérimaires travaillent dans des conditions pénibles de précarité, dans des domaines pour les quels ils n'ont pas été formés.
il est donc même pas normal , il est souhaitable que les enseignants soient aussi précaires et mal formés. Et si vous croyez que votre fils ou votre fille sera plus intelligent parce que ses profs sont agrégés ou capésiens c'est vraiment que vous êtes une ou une imbécile.

Portrait de layote

à michelpa Portrait de michelpa De layote

18H48 | 12/10/2008 | Permalien

Je demande juste dans ma banlieue que mon fils et ses camarades puissent bénéficier d'un enseignement « normal » avec un professeur qui explique , est compris et dont le cours est structuré.Rien de plus.Dans toute profession , le minimum requis est que la personne qui exerce son métier en ait la compétence.Certes les capésiens ne sont peut être pas les mieux formés mais dans ce cas arrêtons le concours.Quant aux agrégés pourquoi l'exiger , cela n'a aucun sens en collége.Décidément je suis peut être une imbécile mais vous n'avez rien compris.Est ce là une preuve d'imbécilité ? ? j n'oserais le dire par simple respect pour vous minimum de cordialité sur un forum.

Portrait de laheute

De laheute

contractuel de l'enseignement | 17H15 | 12/10/2008 | Permalien

Cette situation est particulièrement honteuse. Je suis moi même contractuel de l'enseignement et participe sans trop avoir le choix à cette casse de l'éducation. Mais je crois que bon nombre d'internautes ne connaissent pas réellement la situation. En effet, pour les contractuels ces derniers sont employés (renouvelés) chaque année après analyse de chaque proviseur. Pour ma part, mon travail est reconnue par bon nombre de mes collègues, proviseur voir même Inspecteur. Mais le monde éducatif (syndicats, enseignants et hiérarchie de l'institution) ne veulent en aucun cas nous reconnaitre. En effet bon nombre de personne considère que seul le concours construit un bon prof. J'ai vu des dizaines de situations où des profeseurs agrégés n'étaient pas bon et des contractuels qui avaient vraiment la foi. Ainsi et petite pensée pour le SNES, tout le monde ne veut pas nous reconnaitre et nous sortir de notre situation (personnelement je suis au chômage après 4 années en continu de travail). La validation des acquis et des expérience est un leurre et malheureusement les syndicats participent à cette casse en ne protégeant pas ceux qui ne sont pas fonctionnaires.
Alors le concours ? ? ? Il suffit juste de voir le ratio présent/place pour voir que cela devient de plus en plus difficile.
Nous devons absolument nous battre dès maintenant et j'appelle les précaires à multiplier les contacts pour que les médias fassent échos de notre situation.

Portrait de layote

à laheute Portrait de laheute De layote

18H53 | 12/10/2008 | Permalien

Je suis tout à fait d'accord avec vous.Vous êtes les premières victimes d'un systême basé sur l'économie de cout et reconnait que bon nombre d'entre vous ont des compétences et qualités requises pour l'enseignement.Le problème est qu'en vous intégrant vous aurez une carrière avec avancement et échelons donc surcout.Vous êtes le symbole de la précarité de la fonction publique avec à terme une filière de recrutement affaiblie par l'absence d'attractivité et le risque de recrutements inadaptés (incompétence , démotivation voir mon post précédent).

Portrait de Béatrice1

à laheute Portrait de laheute De Béatrice1

| 20H51 | 12/10/2008 | Permalien

C'est une règle générale de la fonction publique : on y entre par CONCOURS ANONYME. Tout autre mode de recrutement est la porte ouverte à l'arbitraire. Vous avez vu des DIZAINES de professeurs agrégés qui n'étaient pas bons ? Et bien moi qui ait préparé des CENTAINES de vacataires aux concours internes de l'EN, j'en ai vu dont le niveau était absolument EPOUVANTABLE, et à qui il était honteux de confier des classes.

Portrait de Desiderio

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Desiderio

21H19 | 12/10/2008 | Permalien

On y entre aussi par titularisation sur simple présentation du dossier et avec un nombre d'années d'ancienneté dans des postes précaires, c'est ce qui est arrivé à beaucoup de MA, d'AE dans le début des années 80 pour le secondaire. On a connu aussi le concours réservé pour résorber les derniers MA : c'était en fait une formalité où on avait éliminé pratiquement toutes les difficultés des concours internes et externes et il n'était pas du tout anonyme. Quand on observe le parcours des IATOS, on s'aperçoit que la plupart de ceux d'un certain âge sont devenus fonctionnaires sans aucun concours ou n'ont passé un concours interne ensuite que pour avoir une promotion.

Portrait de cilagam

à Desiderio Portrait de Desiderio De cilagam

(demandeuse d'emploi public rémunér... | 07H05 | 14/10/2008 | Permalien

Ce n'est plus le cas : au bout de six ans (c'est le maximum auquel il peut prétendre) , un assistant d'éducation va tout droit à l'ANPE. Il ne peut même plus passer le concours en interne car il faut être en poste au moment de l'inscription.

Portrait de Béatrice1

à Desiderio Portrait de Desiderio De Béatrice1

| 23H07 | 14/10/2008 | Permalien

C'est pourquoi j'ai écrit plus haut qu'il y a BEAUCOUP plus d'enseignants titulaires d'un concours aujourd'hui qu'il y a trente ans, car ces pratiques sont fort heureusement terminées. C'est la gauche qui avait commencé ces titularisations à tours de bras - en commençant par les MOINS diplômés : j'ai vu un MA3 de musique qui avait pour TOUT diplôme une médaille d'accordéon - pas de licence, pas de bac, pas de brevet des collèges - et qui était un véritable ANALPHABETE - titularisé comme PEGC français-musique ! Depuis le grade de PEGC a été supprimé, il est donc devenu certifié, et les collèges du disctrict se le refilent d'une année sur l'autre car c'est un désastre, et lui a un salaire garanti à VIE, au détriment de générations de gamins qui sont passées entre ses mains…

C'est la raison pour laquelle le ministère (gauche ou droite) a cessé de recruter des MA : le pli était pris, au bout de quelques années il fallait une « titularisation massive ». D'autre part, il a lancé une opération d'intégration des MA existants PAR CONCOURS (CAPES interne, qui a été inventé pour ça, CAPES « réservé » et « spécifique »), moins difficiles que les concours externes certes (surtout pour les 2 derniers), mais qui n'étaient PAS délivrés d'office : j'ai vu bien des candidats écartés pour incompétence criante. C'est triste pour eux, mais l'EN n'est PAS un bureau de placement, l'EN confie aux enseignants ce que le pays a de plus précieux : ses enfants.

Le concours ne fait pas tout, certes. Mais il a le mérite de vérifier la compétence du candidat dans sa matière, avant de lui apprendre lors de sa formation, comment dispenser son savoir. Avant de parler de pédagogie, il faut avoir quelque chose à transmettre. Alors cette histoire d'agrégés nuls et de vacataires brillants, elle est plus qu'éculée, croyez-moi. Quand les vacataires sont brillants, ils passent les concours et ils y sont reçus.

Et je vous rappelle qu'un non-titulaire titularisé, c'est mathématiquement un poste en moins pour les candidats au concours.

Portrait de kk

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De kk

star malgré elle | 15H23 | 15/10/2008 | Permalien

Désolée, Béatrice, ça ne va pas durer ; dans l'enseignement primaire, on recrute à nouveau des vacataires (oui, vous avez bien lu : vacataires) depuis juin et la pratique va se généraliser avec la création d'agences de recrutement.
En Sarthe, en juin, on a fait appel aux listes de personnel de l'éveché (oui, vous avez bien lu) pour recruter des remplaçants en CDD.

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