
A Marseille, l'académie recrute des profs par petites annonces
Pages petites annonces du quotidien La Provence du mardi 7 octobre. Vestner France Ascenseurs recrute « Technicien d'Ascenseur H/F » pour un poste dans la région de Marseille. Un peu plus bas dans la colonne, on cherche un conducteur de travaux ». Entre les deux, cet encart :
« L'académie d'Aix-Marseille recrute Enseignant(es) ds les disciplines suivantes : sciences médico-sociales, biotechnologie, technologie, mathématiques, allemand, sciences physiques, génie civil…
Niv. licence mini exige.
C.V. à adresser à : Rectorat, Académie d'Aix-Marseille, division des Personnels enseignants »
Un lien internet renvoie également vers le site de l'Académie, pour celui ou celle qui souhaite obtenir plus d'informations ou « formuler sa candidature ».
Comment faut-il lire cette petite annonce ? Pour le rectorat d'Aix-Marseille, il n'y a là rien d'exceptionnel :
« A la rentrée, chaque académie est obligée de s'assurer que son volant de contractuels ou de vacataires est suffisant, notamment en cas d'absences longue durée pour remplacer les enseignants titulaires.
Ce sont des ajustements auxquels nous procédons tous les ans. Il ne s'agit en aucun cas de postes d'enseignants titulaires… »
Au ministère de l'Education nationale, on précise que ces ajustements sont laissés « à l'appréciation de chaque recteur d'académie ».
Mais ce qui surprend, c'est que ces « ajustements » portent sur des matières « généralistes » comme les mathématiques ou l'allemand, ce type de recrutement étant traditionnellement réservé à des matières bien spécifiques.
1 200 postes en moins dans l'académie depuis 2003
Pourquoi alors ce besoin soudain de profs de maths ? Pour le syndicat d'enseignants Snes Aix-Marseille il n'y a là aucune surprise. Laurent Tramoni, secrétaire académique, détaille :
« Depuis la rentrée 2003, l'académie d'Aix-Marseille a perdu 1 200 postes, l'équivalent de 25 collèges supprimés. On veut nous faire croire que ces contractuels ne sont là que pour assurer des remplacements. On a surtout l'impression que ce sont les profs de demain. » (Ecouter le son)
Depuis plusieurs années, les syndicats dénoncent le net recul des postes ouverts aux concours d'enseignants dans de nombreuses disciplines et déplorent la substitution des titulaires de zones de remplacement (TZR) -des profs certifiés- par des vacataires.
Une enseignante d'histoire-géo d'un lycée du centre-ville de Marseille rappelle :
« Ce qui fait la différence, c'est que les enseignants titulaires ont passé des concours, ont été sélectionnés sur leurs compétences et ont été formés pour enseigner. Les autres non. »
La tendance s'accélère mais surtout, elle prend de nouvelles formes. Pour Laurent Tramoni, la petite annonce passée par le rectorat d'Aix-Marseille est symptomatique de cet état de fait :
« C'est la première fois que le rectorat lui-même recrute des personnels pour assurer des remplacements dans un grand nombre de disciplines. On a vraiment l'impression que l'essentiel, c'est qu'il y ait quelqu'un en face des élèves. »
On connaissait déjà le recrutement d'instituteurs au smic via l'ANPE. Laurent Tramoni passe en revue les « trois nouvelles façons de recruter des enseignants » : (Ecouter le son)
Outre l'embauche par petites annonces, les établissements font donc appel aux « collègues » fraîchement retraités. Une pratique de plus en plus fréquente, comme cela a été le cas cette année au lycée Thiers, fleuron de l'enseignement public marseillais.
Au début de l'été, le proviseur a fait partir un courrier dans lequel il tente de faire vibrer la « fibre pédagogique » de ses anciens collègues :
« Vous avez choisi (ou le système a choisi pour vous…) de faire valoir vos droits à une pension de retraite. En vous enviant tout de même un peu, nous ne vous oublions pas et je me suis interrogé pour savoir si vous ne ressentiez pas un brin de frustration, la fibre pédagogique qui vit toujours en vous n'arrivant plus à s'exprimer.
C'est pourquoi je m'adresse à vous aujourd'hui. En un mot : seriez-vous prêt à nous aider -nous, c'est vos collègues en activité, l'administration du lycée, mais surtout les élèves et leurs parents- dans une projet de soutien scolaire en classe de première (…) Nous aider bénévolement, cela va sans dire. »
Des BTS contractuels en techno ?
Plus grave selon le syndicat majoritaire chez les profs : le recours aux étudiants bac+2 sortant de BTS pour assurer des enseignements. Là encore, c'est l'Académie d'Aix-Marseille qui a initié la démarche en faisant appel « au vivier des lauréats du BTS de la session 2008 » pour répondre au besoin de contractuels et vacataires en technologie au collège.
Au ministère de l'Education nationale, tout en prenant soin de ne pas dévaloriser la matière, on peine quelque peu à justifier la démarche. Au Snes, on estime qu'il s'agit tout simplement « d'une négation de la qualification des enseignants, d'une négation de l'enseignement », alors que c'est tout le système de formation, à travers notamment les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), qui est aujourd'hui menacé.
Bien au-delà du cas de la petite annonce du Rectorat d'Aix-Marseille, Laurent Tramoni déplore « une volonté idéologique de démantèlement du service public ».
Selon lui, « les économies réalisées par la suppression d'1 poste de fonctionnaire sur 2, c'est des queues de cerise dans le budget de l'Etat ». (Ecouter le son)
Et qu'en pense le recteur de l'académie d'Aix-Marseille, Jean-Paul de Gaudemar ? Chargé par le ministre de l'Education nationale d'élaborer « le nouveau lycée général et technologique », il poursuit la concertation des différentes représentants du monde éducatif, moins le Snes-FSU qui a quitté ce jeudi la table des discussions.
Le rapport Gaudemar pourrait être remis d'ici la fin du mois d'octobre, pour une communication du ministère à la rentrée des vacances de la Toussaint. Par petites annonces ?
- 26627 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque


























76
(Pour réagir, connectez-vous)
De violeta
psy | 21H59 | 11/10/2008 |
sauvons l'école ! ! !
http://sauvons-lecole-primaire.blogspot.com/
http://sauvons-lecole.over-blog.com/
http://cirev.canalblog.com/
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php ? article604
il y a dans ce pays des gens qui ont compris ce que les gouvernants sont en train de détruire et d'autres qui roupillent de leur sommeil profond de con-sommateur abusé.
Le jour où ils devront « faire la manche », ce sera trop tard pour tous !
De Béatrice1
| 22H12 | 11/10/2008 |
Des petites annonces pour recruter des profs dans certaines disciplines, ça se fait depuis une bonne vingtaine d'années, et j'ai moi-même été recrutée à bac + 2 il y a BEAUCOUP plus longtemps que ça.
à Béatrice1
De Desiderio
22H36 | 11/10/2008 |
Cela se faisait en effet, mais dans des disciplines très techniques et professionnelles où on a un faible niveau de remplaçants disponibles (allez trouver un prof pour des cours sur matériaux textiles ou pour de l'optique dans l'académie sous 48 heures), or là je vois des appels pour des professeurs de matières générales : maths (c'est vrai que cela ne se bouscule pas aux concours), allemand (mais on est en PACA et pas en Alsace ou Lorraine où les profs d'allemand sont en manque d'heures à effectuer). Moi, j'ai commencé comme maître-aux, recruté par dossier avec bac+5 et niveau exigé bac+3, il y a justement un peu moins de 20 ans. Or j'avais un statut pas forcément très juste (pas d'indemnités chômage par exemple), mais un peu meilleur que celui des contractuels (pas de congés payés sauf le prorata des heures effectuées, pas d'indemnités de suivi et d'orientation, aucune prime, pas d'heures sup, limitation à 120 heures consécutives durant un trimestre, etc.) Vous ne connaissez pas le statut de ces précaires et vous ne devriez pas vous exprimer en leur nom, surtout si c'est pour dire qu'avant c'était exactement pareil.
De kestiontoi
travailleur forcé | 18H54 | 12/10/2008 |
« On a vraiment l'impression que l'essentiel, c'est qu'il y ait quelqu'un en face des élèves »
Combien l'Etat va-t-il économiser en employant des vacataires au lieu de titulaire qui ont reçu une formation ?
« Or j'avais un statut pas forcément très juste (pas d'indemnités chômage par exemple), mais un peu meilleur que celui des contractuels (pas de congés payés sauf le prorata des heures effectuées, pas d'indemnités de suivi et d'orientation, aucune prime, pas d'heures sup, limitation à 120 heures consécutives durant un trimestre, etc.) » (Desiderio)
Que va devenir un pays qui brade sont Education nationale ?
Pourquoi Mr Darcos s'attaque-t-il à la maternelle alors que l'Allemagne cherche à augmenter la qualification de l'encadrement des jeunes enfants ?
Les apprentissages dans les premières années ne conditionnent-ils les années suivantes ?
La lutte contre l'échec scolaire ne dépend-elle pas de la qualité des enseignants et du nombres d'élèves face à ceux-ci ?
Qu'est-ce qui est le plus coûteux, un système éducatif performant ou une formation professionelle qui essaie d'augmenter les compétences des chômeurs sous qualifiés ?
à Desiderio
De Béatrice1
| 20H16 | 12/10/2008 |
Je ne m'exprime au nom de personne d'autre que le mien, mais je connais très bien la situation des précaires de l'EN et ce que je dis est parfaitement vrai. J'ai vu recruter des profs par petites annonces dans des collèges, pour des matières enseignées en collège.
à Béatrice1
De marcelo
15H01 | 12/10/2008 |
Avec quel stautut et dans quelles condiions finacières avez-vous été rétribuée ( vacatair, intérimaire … ?
Etes-vous encore dans l'enseignement ?
à marcelo
De Béatrice1
| 20H22 | 12/10/2008 |
Je suis entrée dans l'enseignement comme MA 3 en septembre 1968, avec (ce que l'on appelait alors) un DUEL (= le DEUG d'aujourd'hui), j'avais 19 ans, j'étais étudiante en anglais et j'étais nommée sur 2 établissements pour enseigner l'anglais, le français et l'histoire-géo. Nous n'étions ni vacataires ni intérimaires, nous nous pointions au rectorat 2 jours avant la rentrée, et là c'était la panique et la foire des postes à l'encan.
Je suis aujourd'hui professeur agrégé (après avoir passé les concours externes en parallèle de mes divers postes de MA), c'est ma dernière année.
De quetzal2012
enseignant précaire | 00H14 | 12/10/2008 |
Merci d'avoir répondu à celles et ceux qui font semblant de ne pas voir ce qui se cache derrière tout ça et qui font semblant de ne pas comprendre qu'il s'agit du glissement des chefs d'établissements vers le statut de chefs d'entreprise, ce qui débouchera, sauf si l'on ôtedès à présent nos oeillères, sur la privatisation de l'école.
La politique de l'autruche n'en a jamais sauvé une seule, elle ne sauvera pas plus tous les lecteurs myopes du processus en cours et encore moins les victimes de l'institutionnalisation de la précarité : les vacataires !
http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com
De Mada Lopo
décélérateur | 03H03 | 12/10/2008 |
Une enseignante d'histoire-géo d'un lycée du centre-ville de Marseille rappelle :
« Ce qui fait la différence, c'est que les enseignants titulaires ont passé des concours, ont été sélectionnés sur leurs compétences et ont été formés pour enseigner. Les autres non. »
Seriez vous certifiée en certitudes, chère collègue ?
Pédagogie et psychologie sont les deux péchés capitaux de l'IUFM. Non vous n'avez pas été recrutée sur vos compétences, mais plutôt sur vos connaissances livresques et votre capacité au formatage.
Votre pratique s'est par la suite améliorée avec le temps, l'expérience et le soutien (parfois indirect) de vos collègues…
à Mada Lopo
De newf
essaye de s'en sortir | 07H16 | 12/10/2008 |
Exact et d'ailleurs si la pédagogie s'enseignait, çà se saurait. Et on ne parle pas des wagons d'étudiants qui passent le CAPES par dépit, par peur du chomâge ou tout simplement pour se caser après s'être rendu compte que leurs études ne menaient à rien. Dire qu'ils sont recrutés sur leurs compétences (sous entendu à enseigner) est archi-faux. Et il en va de même dans le supérieur où les enseignants-chercheurs sont recrutés sur leurs travaux de recherche et sur le nombre de leurs publications alors que la plupart sont incapables de faire face à un amphi.
à newf
De bo_ra
prof stagiaire | 12H11 | 12/10/2008 |
Je ne sais pas d'où vous sortez vos opinions préconçues sur le capes, la formation et les motivations des (futurs ? ) professeurs certifiés, mais il me semble que cet avis est une généralité qui dénote une méconnaissance totale du système et des individus.
Je suis moi-même prof stagiaire en iufm et je côtoie des futurs profs étudiants à la fac, des gens qui se préparent pour le concours, des profs stagiaires ayant réussi le concours et des professeurs d'expérience.
Laissez moi vous répondre qu'au contraire de ce que vous semblez penser ce métier est un des rare qui inspire beaucoup de vocations et que pour beaucoup l'intérêt qui prime n'est pas la rémunération mais l'envie d'enseigner et le goût pour le contact avec les élèves.
A l'iufm la plupart des stagiaires affichent après quelques mois une vision critique sur leur métier ainsi qu'une réelle volonté de perfectionner leur enseignement. L'iufm peut être critiqué, il n'en reste pas moins qu'on y suit une formation de qualité qui fournit des clés et des axes de réflexion très utiles pour un prof débutant, et on y est évalué. Les profs certifiés expérimentés ayant débuté sur cette formation sont aujourd'hui très compétents.
Je pense que les vrai problèmes sont la volonté de suppression de postes et la masterisation de la certification qui va pousser les étudiants à rentrer dans l'enseignement sur petites annonces pour acquérir une expérience à faire valider plus tard ; expérience sur laquelle ils ne pourront pas avoir un regard critique puisque n'ayant pas en mains les outils pédagogiques. On va supprimer l'année la plus importante de la formation pour économiser quelques euros.
En ce qui concerne le supérieur, je ne connais pas assez le sujet pour m'exprimer dessus.
A force de taper à l'aveuglette vous allez finir par tout casser il n'y aura plus rien.
à newf
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H05 | 12/10/2008 |
« Dire qu'ils sont recrutés sur leurs compétences (sous entendu à enseigner) est archi-faux. » (newf)
Comment évaluer les compétences à enseigner ? ?
A quoi servent les inspecteurs ?
Font-ils correctement leur travail ?
Servent-ils à quelques chose s'ils permettent à des enseignants qui ne sont pas apte à enseigner de rester face à des élèves ?
Comment évaluer les compétences nécessaire à un inspecteur (si ce dernier est indipensable)pour qu'ils ne permettent plus à des enseignants jugés inaptes de faire carrière dans l'Education ?
De petitarbre
11H00 | 12/10/2008 |
Les réactions sont nombreuses face à ce sujet.
Pour beaucoup d'entres elles, on retrouve un débat qui ne s'est jamais réglé au sein de l'éducation nationale : le recrutement des enseignants. Avec ce goût amer qui ne s'est jamais adouci : les enseignants, pour la plupart, ont été recrutés sur « simple » concours, et il est de notoriété publique que ces concours n'intègre en rien la dimension pédagogique du métier, autrement dit l'expérience « clinique » de l'enseignant.
Il est en effet une situation très étrange dans ce métier : à peine muni du concours, le futur enseignant peut enseigner « indifféremment » de la 6ième à la Terminale. Il se retrouve face à des collègues ayant de 1 à 45 ans d'expérience… et sa pratique n'est en rien évaluée, si ce n'est par lui-même. On croise ainsi des « aberrations », ces fameux enseignants ultra diplômés, mais dont la pédagogie est une pédagogie de coup de marteaux : « il faut enfoncer la connaissance dans le crâne des élèves »… Si on tente en quoi que cela de leur faire des remarques, on risque de s'entendre répondre… « Je suis libre et donc je n'ai de rendre de compte à personne au sein de ma classe ; les élèves n'ont qu'à se plier à mes choix ».
Au hasard de nos rencontres, il nous arrive de croiser aussi des enseignants ayant une véritable réflexion sur leur pratique, ayant compris que, finalement, la seule personne à même de les évaluer… c'est eux-même.
Mais alors, quelle solitude ! !
Bref, le sentiment que j'ai face à ce « métier » : la formation est bien trop empirique, uniquement empirique.
Ainsi, pour moi, la question doit effectivement porter sur les capacités pédagogiques du futur enseignant ; sur ses capacités à réfléchir sur sa pratique ; ses capacités à se remettre en question. Le concours ; pourquoi pas, mais pas en tant que finalité en soi.
La dérive de ces recrutements traduit une idéologie ancré au sein de l'éducation nationale : être enseignant, c'est donné à tout le monde. Il suffit de se mettre face à 30 élèves et de faire cours. Rien de plus simple.
Car en effet, jusqu'à présent, l'idéologie propre des concours était cela : on vérife juste que vous avez des connaissances. Le reste, c'est sans importance. Les « pédagogues » ne sont que des petites personnes qui s'agitent…
Je suis personnellement convaincu qu'être enseignant est un métier. On peut décrire des techniques ; des approches ; des projets.
Je suis personnellement convaincu qu'il est possible de débattre et de construire des conditions de recrutement.
Du côté ministeriel, l'équation est simple. X elèves d'un côté nécessite Y adultes de l'autre (plus de 18 ans ; modestement éduqués). Une contrainte étant que, S désignant le salaire moyen des Y adultes, on doit avoir S fois Y inférieur à T pour cent du budget…
Le reste, les humains ; les adolescents… peu importe.
Mais tout cela rentre dans une idéologie bien plus vaste…
Marc Olive
à petitarbre
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H30 | 12/10/2008 |
« Du côté ministeriel, l'équation est simple. X elèves d'un côté nécessite Y adultes de l'autre (plus de 18 ans ; modestement éduqués). Une contrainte étant que, S désignant le salaire moyen des Y adultes, on doit avoir S fois Y inférieur à T pour cent du budget…
Le reste, les humains ; les adolescents… peu importe. »
(Marc Olive)
Pourtant le discours ministériel durant l'année scolaire n'est-il l'enfant au coeur de l'enseignement ?
Ce discours ne se traduit-il pas régulièrement à travers de nouveaux programmes ?
Mais en fin de compte qui l'emporte, les intentions pédagogiques ou le budget ?
à Mada Lopo
De Fozzie
11H27 | 12/10/2008 |
En ce qui concerne les certitudes, j'ai déjà envoyé des posts pour expliquer que personnellement, je n'en ai guère concernant mon métier. Mais merci de me dire que j'ai été recruté pour ma capacité au formatage : apprendre aux gamins à se méfier des informations, de ne pas gober la publicité, leur faire comprendre les enjeux du monde actuel, leur expliquer que le racisme n'est qu'une soupe faite de bêtise et de peur qu'on exploite allègrement ces derniers temps, que frapper une fille est une lâcheté, que tout le monde doit être respecté… Quel salaud immonde je fais ! Merci de me le rappeler.
Sur ce, je vais corriger des exercices de 3ème. Le sujet ? Les mutineries de 1917… Que voulez-vous, quand on est pourri et qu'on est là pour embrigader les élèves…
De cécile-marthe
prof | 04H05 | 12/10/2008 |
Malheureusement, ça n'arrive pas qu'à Marseille. Dans l'académie de la Réunion, on trouve la même annonce sur le site du rectorat… Et ça devrait s'aggraver.
à cécile-marthe
De Sébastien Guittard
Auvergnat exilé en Champagne | 12H17 | 12/10/2008 |
Et en Champagne Ardennes, des élèves attendent toujours leurs profs de mécanique dans plusieurs lycées, plus de six semaines après la rentrée. Ils passent leur Bac pro au mois de juin, et ils commencent à s'inquiéter.
On essaye de remplacer les profs par des collègues d'autres disciplines, mais ce n'est pas si facile d'enseigner une matière autre… Le recours aux contractuels est également envisagé, mais il semblerait que le faible niveau de rémunération, l'absence de congés payés, l'absence de frais de déplacement, ne poussent pas les candidats au portillon…
Mais il paraît qu'on peut supprimer des profs sans que cela ne soit nuisible à la mission de service public. A vérifier dans un avenir qui se rapproche… Ca va devenir dur de cacher la vérité !
à Sébastien Guittard
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H34 | 12/10/2008 |
« Mais il paraît qu'on peut supprimer des profs sans que cela ne soit nuisible à la mission de service public. A vérifier dans un avenir qui se rapproche… Ca va devenir dur de cacher la vérité ! » Sébastien Guittard)
A petite ou grande vitesse ?
Speedy Sarko va-t-il arriver à masquer la vérité ?
Réponses dans …. ?
De Vieux taxi
retraité | 07H29 | 12/10/2008 |
Avant les vacataires il y avait les « maîtres auxiliaires », la différence, c'est que les congés étaient payés, les cotisations retraite aussi etc…
Je me rappelle qu'en 1964-65, étudiant fauché,j'ai été recruté à temps plein sur des classes de 6ème et 4ème, titulaire de deux bacs et de propédeutique, salaire net mensuel 750,00 F soit, en constant,à peu près 1200€… pour un bac+1 de l'époque . Tout a bien changé, les élèves, les études, la rémunération, l'ambiance…
quarante ans après, l'impression d'un immense gâchis, d'une déroute en avant vers le Bas-Empire, le règne des gourous de l'« éducation » et des troisièmes couteaux du savoir…
Quant à faire le bénévole, qu'ils cherchent en Roumanie où l'on parle mieux le français que dans les couloirs des rectorats.
De Phil2922
Retraite invalidité | 08H17 | 12/10/2008 |
Après la réforme de 90/91 supprimant les PTT, créant la Poste, les concours ont été supprimés et maintenant ceux qui rentrent dans l'entreprise (Et oui, d'apès les décideurs, c'est une entreprise) signent une convention collective et sont de droit privé.
Qu'est ce que ça change, vous allez me dire. Et bien, ils ne prêtent plus serment devant un juge et tout en faisant le même boulot, ils ne bénéficient pas d'une grille indiciaire fonction publique et n'ont pas de garantie d'emploi. Intérimaires, CDD, CDI, ils n'ont pas de grosse paye, déjà que celle des Fonctionnaires n'a jamais été exceptionnelle. En général, on ne rentre pas dans la Fonction Publique pour s'en mettre plein les fouilles.
Pour l'instant, il y a toujours des concours dans l'Education nationale mais, avec ce genre d'annonces que l'on voit de plus en plus souvent, jusqu'à quand… ? La disparition programmée des IUFM n'est elle pas le prémice de la privatisation complète de la 1ère administration d'Etat… ? !
http://phil195829.overblog.com
à Phil2922
De Pierrrrre
16H25 | 12/10/2008 |
»..les PTT…Qu'est ce que ça change, vous allez me dire…. »
► ça change que les pététouilles deviennent deux établissements dont la performance va aller grandissante :
la Poste d'une part qui s'ouvre, à l'encontre des syndicats, à un modernisme et une efficacité d'entreprise.
La Banque Postale d'autre part qui essaye de se refaire au sortir des ambiances ronds de cuir administratifs.
----------
»…En général, on ne rentre pas dans la Fonction Publique pour s'en mettre plein les fouilles… »
► ne croyez pas cela.. c'était au contraire une excellente stratégie de carrière pour un non bachelier de niveau bac mais sans diplôme et allergique aux études :
rentrer comme agent de bas de gamme (concours assez facile).. niveau C ou D
attendre 4 ans, et passer cadre inspecteur par concours interne.. et doubler les petits copains qui se plantent aux concours externes ouverts aux licenciés…
Pour ceux qui avaient le bac et avaient un concours B,
les PTT pouvaient leur payer la fac pour préparer une licence (avec salaire)
Ensuite, au bout de trois ans de plus, ils pouvaient toujours préparer le concours interne de Cadre Sup (mais difficile à avoir..).. ou mieux, celui d'ENS PTT (équivalent à l'ENA).. c'était mieux valorisé que de faire bêtement son travail.
avec la reclassification actuelle, en jouant bien des coudes, certains sont montés de 2 étages d'un coup.
Mais pas des pététouilles, des qui en veulent, qui se bougent et n'attendent pas que ça tombe tout seul.
à Pierrrrre
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H48 | 12/10/2008 |
« ne croyez pas cela.. c'était au contraire une excellente stratégie de carrière pour un non bachelier de niveau bac mais sans diplôme et allergique aux études :
rentrer comme agent de bas de gamme (concours assez facile).. niveau C ou D
attendre 4 ans, et passer cadre inspecteur par concours interne.. et doubler les petits copains qui se plantent aux concours externes ouverts aux licenciés… » (Pierrre)
Comment un non bachelier allergique aux études fait-il pour réussir des concours ? ? ?
Ne ferai-tu pas une crise de jalousie ?
Serais-tu contre les promotions internes ?
« avec la reclassification actuelle, en jouant bien des coudes, certains sont montés de 2 étages d'un coup. » (Pierrrre)
En jouant des coude ou en marchant sur la tête des collègues ?
L'ambiance doit être chaude ? ? ? ?
« Mais pas des pététouilles, des qui en veulent, qui se bougent et n'attendent pas que ça tombe tout seul. » (Pierrrrre)
Des qui en veulent qui se bougent ne serait-il pas des adeptes du croque-en-jambes, du coup de poignard dans le dos, du lèchage de bottes….. ? ? ?
Qui est responsable de la crise financière actuelle,des pététouilles ou des qui en veulent, qui se bougent ?
Qui va payer des pététouilles ou des qui en veulent, qui se bougent ?
à kestiontoi
De Pierrrrre
20H32 | 12/10/2008 |
»….Comment un non bachelier allergique aux études fait-il pour réussir des concours ? ? ? …. »
► un concours est beaucoup plus ciblé et ouvert aux opportunistes qui se concentrent sur l'essentiel à savoir.
------------------
»…Ne ferai-tu pas une crise de jalousie ?
Serais-tu contre les promotions internes ? … »
► J'en ai moi même sacrément profité
----------------
« avec la reclassification actuelle, en jouant bien des coudes, certains sont montés de 2 étages d'un coup. » (Pierrrre)
En jouant des coude ou en marchant sur la tête des collègues ?
L'ambiance doit être chaude ? ? ? ?
► simplement en sachant profiter des opportunités, et en se positionnant dans de nouvelles filières porteuses.
Actuellement, à la banque Postale, des carrières s'ouvrent dans le commercial, le Trading, le financier.
Faut savoir lire les bulletins, répondre aux propositions et lever son nez du guichet.
----------------
« Mais pas des pététouilles, des qui en veulent, qui se bougent et n'attendent pas que ça tombe tout seul. » (Pierrrrre)
Des qui en veulent qui se bougent ne serait-il pas des adeptes du croque-en-jambes, du coup de poignard dans le dos, du lèchage de bottes….. ? ? ?
► Il y en a, et ils ne vont pas loin.. non, de ceux qui jouent le jeu de l'entreprise, jeu qui n'est pas contradictoire avec le respect des gens, au contraire.. mais effectivement, faut pas ramer à contre courant, et jouer au blocage ou au prosélythisme politique sous prétexte de « défendre l'interet des travailleurs »..
------------------
»….Qui est responsable de la crise financière actuelle,des pététouilles ou des qui en veulent, qui se bougent ? …. »
► Rien compris moi même à la réalité de la crise qui dépasse ce qui l'a provoquée.. en tous cas, c'est le moment de faire de bonnes affaires en bourse.
Sachant que La Banque Postale n'est pas concernée par le manque de liquidité, étant une banque nouvelle, elle ne s'est pas impliquée dans des participations à risque…. Au contraire, la Banque Postale, par son Cash Flow peut répondre favorablement à des demandes d'emprunt refusées par d'autres banques prisonnières d'un manque de liquidité.
à Pierrrrre
De sorry
panseuse | 09H37 | 14/10/2008 |
Nul, pauvre pierre
à Phil2922
De Béatrice1
| 20H33 | 12/10/2008 |
« Et bien, ils ne prêtent plus serment devant un juge »
Où avez-vous été chercher que les fonctionnaires aient jamais prêté serment devant un juge ? ? ? Vous vous croyez dans une série américaine !
« Pour l'instant, il y a toujours des concours dans l'Education nationale mais, avec ce genre d'annonces que l'on voit de plus en plus souvent, jusqu'à quand… ? »
Bah, il y a infiniment plus d'enseignants titulaires d'un concours de l'Etat aujourd'hui qu'il y a 30 ans ! On se faisait recruter comme MA et on était assuré d'être « titularisé » SANS CONCOURS au bout de quelques années (et chaque titularisation enlevait un poste au concours).
à Béatrice1
De Pierrrrre
08H56 | 13/10/2008 |
»….Où avez-vous été chercher que les fonctionnaires aient jamais prêté serment devant un juge ? ? ? Vous vous croyez dans une série américaine ! …. »
► l'intégralité des fonctionnaires des PTT prétait serment devant un juge, dés leur stage de formation.
(en raison de l'obligation de confidentialité vis à vis des informations privées qu'ils étaient amenés à croiser)
depuis le décret no 93-1229 du 10 novembre 1993 relatif au serment professionnel prêté par les personnels de La Poste, le serment ne se fait plus au tribunal :
Art. 1er. - Les personnels de La Poste doivent, à leur entrée en fonctions, prêter serment.
Art. 2. - Le serment professionnel fait l'objet d'un engagement signé par l'agent, qui revêt la forme suivante : << Je fais le serment de remplir avec conscience les fonctions qui me seront confiées. << Je m'engage à respecter scrupuleusement l'intégrité des objets déposés par les usagers et le secret dû aux correspondances, aux informations concernant la vie privée dont j'aurai connaissance dans l'exécution de mon service. << Je m'engage à exécuter avec probité les opérations financières confiées à La Poste. << Je m'engage également à signaler à mes responsables hiérarchiques toute infraction aux lois et règlements régissant La Poste. >>
Art. 3. - Les titulaires et les stagiaires prêtent serment devant leur chef de service et signent leur engagement en sa présence. Le serment des autres personnels est prêté devant leur chef immédiat.
idem pour France Telecom
-----------
je ne sais pas ce que décret est devenu …
mais pour les fonctionnaires des impôts, c'est d'actualité :
article 12345, allinéas 67, modifié par la loi 444, décret 777, article 11 :
»…s'engage à ne voler autrui que si c'est au profit de l'administration fiscale et peut dans ce cas là user de toutes les ficelles, menaces, pressions, dénonciations, surtaxations, saisies les plus sordides… »
les italiques marquent un léger décalage interprétatoire.
De caranvasérail
entre dédain et déclin | 08H17 | 12/10/2008 |
Merci Rémi pour cet article qui aborde différents aspects d'une question essentielle pour tous….
Remarque : toutes les réactions que je viens de lire abordent l'aspect statutaire , disciplinaire ou pédagogique du métier d'enseignant , on perçoit les rancoeurs et les agacements , les querelles entre ceux de Thiers , les ex maîtres-auxiliaires et les futurs ex-profs précaires ….
A mon avis , chers collègues , le débat de fond n'est jamais abordé car il faudrait le faire au delà des divisions statutaires , syndicales , catégorielles …
Si l'Education Nationale en est là , c'est aussi parce qu'elle a été incapable de se réunir , de défendre des valeurs communes, de construire un projet alternatif face à l'évolution des élèves ….
on en est là parce qu'un grand nombre de personnes se sont repliés sur leurs privilèges , leurs certitudes d'anciens bon élèves devenus profs , face à des élèves qu'ils ne reconnaissaient pas ……
Nous sommes en train de laisser dépecer un des services publics les plus fondateurs de la démocratie française tandis que la Poste agonise dans l'indifférence générale ….
Cette forme de recrutement des enseignants est juste un symptôme ….
mais quend allons nous , nous les profs nous poser les vrais questions , quand allons nous défendre nos valeurs , nos idées , nos élèves ?
L'heure n'est plus aux querelles de chapelle , l'enseignement privé explose aussi parce que dans le public le terrain leur est abandonné par la majorité silencieuse……
Vous me dires , facile à dire….quelle est la solution miracle ? il n'y en a jamais….
Cherchons là donc ensemble en nous unissant , réunissant , plutôt que d'adopter un repli identitaire fondé sur des faux-semblants
De hbf
HBF | 08H49 | 12/10/2008 |
Quand je lis ces commentaires, 2 réactions me viennent :
- La première c'est la triste opinion que beaucoup de personnes ont de l'école : si elle était telle qu'ils la décrivent il y bien longtemps que notre école ne fonctionnerait plus, évidemment c'est une opinion donnée par des personnes qui ne se sont jamais retrouver devant toutes les problématiques d'une classe.
- La deuxième c'est le constat suivant : aujourd'hui ont demande à un enseignant de valider et de faire passer l'assr, le b2I, des PPRE, le socle commun de compétance, un suivit de l'orientation, des projets de cytoyenneté, de santé, d'impliquer les parents dans l'éducation…et leur matière. Quand on comprend donc que ces missions doivent être accompli maintenant par des personnes qui sont recrutées par petites annonces, sans formation… (L'iufm n'est pas parfaite, mais elle procure du temps au jeunes enseignants pour appréhender la multiplicité de facettes de ce métier)
Des précaires à la place d'enseignants, des objectifs de performance qui ne seront donc pas rempli…A qui va profiter cette « casse » de l'école publique … ni aux élèves, ni au parents, ni aux enseignants…
il y a sans doute dans des cartons des objectifs de 50% d'élèves dans le privée d'ici 2020 … ? juteux marché celui de l'éducation en pleine croissance !
Libéralisons, déréglementons, individualisons-nous, critiquons des professionnels, votons… mais ne nous plaignons pas après !
HBF enseignant aimant son métier et les élèves de maternel au post bac
à hbf
De newf
essaye de s'en sortir | 09H31 | 12/10/2008 |
« si elle était telle qu'ils la décrivent il y bien longtemps que notre école ne fonctionnerait plus ».
Et bien justement notre école ne fonctionne plus. Bien sûr que vous aimez votre métier mais, sauf votre respect, permettez nous de critiquer un enseignement qui conduit un prof tel que vous à commettre pas moins de 8 fautes d'orthographe dans son commentaire.
à hbf
De kkadim
service public rhone alpes | 10H05 | 12/10/2008 |
il est paru il y a plusieurs années un livre blanc sur l'éducation, une étude des institutions de l'Europe, qui pronait simplement d'intégrer l'enseignement dans les « services », et donc de le soumettre à la fameuse « concurrence libre et non faussée “, tout en préconisant tout de même un ‘service de base’ assuré par l'état consistant à apprendre les rudiments de la lecture et de l'écriture à ceux qui ne pourraient se ‘payer’ les services permettant d'avoir de ‘vraies études’. donc rien de vraiment surprenant dans ce que relate cet article.