Le dessinateur Charb invité de Rue89 ce vendredi

"Charb n'aime pas les gens." En tout cas, c'est le nom de sa rubrique dans Charlie Hebdo, hebdomadaire qu'il a rejoint dès sa relance en 1992, et dont il est aujourd'hui rédacteur en chef adjoint. Cette misanthropie assumée nourrit l'œuvre du dessinateur, de son vrai nom Stéphane Charbonnier, qui a accepté de rejoindre l'équipe de Rue89 vendredi, à l'occasion de la sortie de son "Dico Sarko".
Sa marque de fabrique, ce sont ses personnages aux traits cabossés, au teint jaune et aux yeux globuleux. Charb les aime lâches, stupides et malfaisants: c'est ce qui fait la force de ces dessins. Une férocité sans concessions, loin de la bienveillance un peu nunuche d'un Plantu ou du décalage absurde d'un Pétillon.
Charb se coltine la connerie ordinaire sans l'esquiver ou l'euphémiser. L'une de ses cibles favorites? Les accros à la cigarette, descendus en flammes dans un mini album mordant ("J'aime pas les fumeurs", éd. Hoebeke).
"Les animaux sont des cons comme les autres"
Charb n'aime pas non plus les bêtes. "Les animaux sont des cons comme les autres", rappelle le site officiel de Maurice et Patapon, un chat et un chien qui mêlent scatologie et philosophie dans des strips jouissifs. Une adaptation en dessin animé est en projet.
Surtout, Charb n'aime pas Sarkozy. Le Président est bien sûr passé aussi à la moulinette de son trait trash: il en fait un nain empâté, aux paupières tombantes, pathétique à force de veulerie et de vulgarité. Mais l'actuel occupant de l'Elysée est si caricatural qu'il en devient difficile à caricaturer. Alors au choc des dessins, Charb a décidé d'ajouter le poids des mots.
Dans son "Dico Sarko", il revisite le lexique présidentiel, ce que le linguiste Alain Rey appelle dans la préface une "novlangue, remplie de valeurs-phares éblouissantes, qui rendirent miros la majorité des électeurs français", poussant sa logique jusqu'à ses extrémités les plus flippantes. Ses définitions mêlent le potache et le militant, l'odieux et l'absurde. Avec quelques perles:
ABSTENIR (S') v. pron. Voter Sarkozy tout en restant devant la télé. Ne se dit pas de l'ex-femme du Président. On dira plus prudemment: au deuxième tour de la présidentielle, Cécilia est restée devant la télé.
BIDET n. m. Sorte de baignoire où le Président est sûr d'avoir pied.
CHUT! interj. Ligne éditoriale des journaux français.
FANATIQUE adj.et n. Qui vote communiste au premier tour d'une élection présidentielle
JEUNE adj. n. Qui devient un vieux con de droite s'il réussit sa vie et un vieux con de gauche s'il la rate.
OUBLI n. m. Endroit où vit Jacques Chirac.
PETITION n. f. Texte revendicatif inutile que des militants font signer à d'autres militants dans l'espoir de donner un sens à leur vie de merde.
Charb exerce régulièrement son art du dézingage dans les colonnes de Libération, de Rouge, de Fluide Glacial et dans l'émission de Marc-Olivier Fogiel, "T'empêches tout le monde de dormir". Mais vendredi, c'est dans les articles de Rue89 qu'on pourra retrouver ses dessins, accompagnés de définitions tirées de l'album. Espérons qu'il y aura beaucoup de choses que Charb n'aimera pas.
► Dico Sarko, L'indispensable manuel de survie en Sarkozie" de Charb - éd. 12bis - 72p., 10,50€.
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Mais helas, marquer d un pieux le point culminant de la maree haute na jamais permis d empecher ou de retarder l inevitable reflux.
L eCharb ca pique et fo que ca fasse mal nom de dieu, surtout si ca sert a rien.
pour une fois Charles je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas de droite et ça me donne cette capacité si typique de taper sur mon camp quand je ne suis pas d'accord.
dans votre liste j'en aime beaucoup, comme la plupart de ce qui s'en prennent à Val ici... il n'empêche que Charlie n'est plus mon bol d'air puisque... je ne l'achète plus. Si j'en ai l'occasion j'en lis ceux que j'y aime (de Satouf en passant à Peloux jusqu'à Oncle Bernard -même si lui aussi il commence à me fatiguer sur inter...- ou Charb pour le dessin) mais je n'y retrouve plus la moindre impression de "enfin quelqu'un le dit !" ça me fait de moins en moins rire.
Voyez vous Charlez-Mouloud, quand Libé a été menacé j'ai été terrifié (je veux dire, vraiment) je pensais que le signe était terrible et qu'il fallait absolument sauver ce journal. Aujourd'hui quand je vois ce que Joffrin en a fait ... je ne l'achète plus... je lis quand j'ai l'occasion, j'adore certaines plumes mais si demain il disparaissait ça me peinerait mais pas beaucoup plus... au fond ces deux journeaux ont perdu leur coté "bol d'air, oxygène" ils sont devenus consensuels, terriblement donneur de leçon, raisonnable là où on aurait besoin de déraison et provocateur là où ça ne choque plus personne.
donc je crache dans la soupe que je veux si elle n'est pas bonne en espérant qu'elle le redevienne et je m'en passerais comme je m'en passe aujourd'hui si elle reste tiède, fadasse comme aujourd'hui.
Maurice et Patapon c'est la bédé idéale pour les toilettes j'ai jamais trouvé mieux.
Il y a un aspect incitatif a voir autant d'étrons, de cacas et de boudins, et le remugle des intestins secoués par les contractions rapides du diaphragme (rire) aident a faire passer tout ca comme une lettre a la poste.