07/06/2010 à 18h55

Faut-il aimer ou ne pas aimer le bouton « J'aime » de Facebook ?

Yann Guégan | Rue89 avec les doigts est là http://bit.ly/tjVbJR Rue89

On était prêt à l'installer. Et puis on a eu des doutes. Faut-il vraiment vous proposer le bouton « J'aime » fourni par Facebook au pied de chacun des articles de Rue89 ? Cette petite ligne supplémentaire est un des outils proposés par le réseau social pour faciliter les échanges avec les sites Internet qui le souhaitent.


Son installation est très simple, son fonctionnement encore plus : si je suis connecté à Facebook, un simple clic sur le bouton « J'aime » et un lien vers l'article s'affiche sur mon profil. Une façon simple et efficace de signaler un article à mon réseau personnel.


Avec au moins 10 millions d'utilisateurs de Facebook rien qu'en France, la tentation est grande d'attirer du trafic en misant sur le travail de recommandation (massif et gratuit) de ces derniers. Le bouton « J'aime » s'est donc rapidement répandu sur le Web. Et Rue89 s'apprêtait donc à l'installer aussi.

Le site Ecrans retire le bouton « J'aime » de ses pages

Plusieurs éléments nous font hésiter :

  • Le bouton « J'aime » permet à Facebook de connaître les pages qu'un internaute visite... même s'il ne clique pas dessus. Plus généralement, il lui permet de rassembler un maximum de données sur notre façon de naviguer sur le Web.
  • Facebook est un peu... envahissant. La stratégie de la firme est clairement de s'insinuer partout où c'est possible.

    Ainsi on peut se connecter à un site grâce à Facebook (comme sur Le Post, ce qui évite de devoir se créer un compte), commenter des vidéos en direct (ce que propose Dailymotion pour la téléréalité Dilemme), voire afficher sur son profil tous les articles qu'on a lus (par exemple sur le site américain Huffington Post)...

Nos confrères d'Ecrans, un des sites de Libération qui l'a expérimenté pendant un mois, viennent de décider de le retirer de leurs pages. Erwan Cario, son rédacteur en chef, s'en explique en ces termes :

« Nous ne sommes pas des anti-Facebook hargneux, mais entre la page dédiée à Ecrans.fr, la possibilité de partager les articles sur le réseau social et ce “J'aime” omniprésent, on frisait l'overdose. Et puis, finalement, il y avait cette sale impression de devenir une sorte de “succursale” de Facebook. »

Même volte-face pour le blogueur Korben, qui livre au passage ses conseils aux internautes qui souhaitent se débarrasser de l'impétrant :

« On n'a pas vraiment la possibilité de choisir si on veut voir apparaître ce bouton “J'aime” sur son site préféré ou pas. Je trouve d'ailleurs cela abusé de la part de Facebook de ne pas laisser le choix à ses utilisateurs via les paramétrages de confidentialité de nos comptes. »

Ne pas intégrer ce bouton, c'est se priver de visibilité

Evidemment, on peut être tenté d'envoyer balader Facebook et ses boutons envahissants. Sauf que pour un site comme Rue89, ne pas intégrer le « J'aime », c'est se priver d'une possibilité de diffusion de notre travail dont l'efficacité n'est pas négligeable.

Etre actifs sur Facebook nous permet de faire connaître Rue89 à un public nouveau, de proposer régulièrement une sélection de ce que nous publions, et parfois de faire remonter des informations.

Erwan Cario note d'ailleurs dans son billet que sur Ecrans, le bouton « J'aime » était enfoncé souvent plus de 400 fois par article. On peut trouver surprenant, voire moralisateur, de priver les utilisateurs d'une fonctionnalité qu'ils plébiscitent...

Si Facebook, c'est le diable, il faut bien reconnaître que nous dînons déjà avec lui, avec une cuillère de moins en moins longue. La page de Rue89 compte plus de 15 000 abonnés, Pierre Haski pourrait organiser un apéro géant rien qu'avec ses amis, et il y a déjà un lien de partage sur Facebook en tête et au pied de chaque contenu que nous publions...

Et puis chaque internaute peut décider, en conscience, de boycotter Facebook ou de s'y inscrire, de l'abandonner, d'y rester ou non connecté pendant sa navigation.

Voilà où en est notre réflexion. On compte sur vous pour l'alimenter, si possible sans verser dans l'« antifacebookisme » primaire...

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  • Sam_des_bois
    • Posté à 20h05 le 07/06/2010

    Lorsque je lis un article sur rue89, si je le trouve sympa, je crée un lien sur mon compte facebook pour le faire partager. Pas besoin d'un bouton automatique que l'on pourrait appuyer par réflexe.
    Si quelqu'un aime un écrit, il se chargera de lui même de le diffuser.

    Vous existiez sans cela, vous avez été reconnu comme une référence en matière de journalisme sans ce bouton. Les guignols de l'info vous ont cité sans que ce maudit bouton n'apparaisse jamais. Vous n'avez donc pas besoin de ce genre de publicité qui pourrait bien amener plus de problèmes que d'avantages.

  • daryo
    daryo
    Juriste
    • Posté à 20h08 le 07/06/2010
    • Expert
      Juriste

    Ajoutez-le. Ou pas. Ce n'est pas grave sur mon mac il est bloqué de toutes façons.

    Je suis inscrit sur Facebook mais ce bouton, comme le dit le rédac chef d'écrans, c'est franchement l'overdose. J'ai été ravi de voir qu'ils avaient décidé de l'enlever. Entre parenthèses dans ma TL je ne vois jamais des gens aimer des pages externes sauf à de rares occasions. Les gens partagent, majoritairement

    Je partage souvent vos articles, je copie l'URL et la colle sur Facebook. Je décide de le partager quand j'en ai lu la moitié en général, ravi de ma découverte je le termine APRÉS l'avoir partagé. Et j'ai pas le réflexe de naviguer en bas pour voir si il y a un bouton de partage.

    Pas besoin de lien en bas de l'article, ça me convient très bien comme ça.

  • Jean-Baptiste
    • Posté à 01h13 le 08/06/2010

    Un citation de novembre 2009 sur paidcontent Lien

    « At my request, HuffPo supplied some details : Facebook referral traffic is up 48 percent since the launch—and the already-heavy volume of comments jumped to 2.2 million from 1.7 million in July. Fifteen percent of HuffPo comments now come from Facebook. In September, Facebook referrals accounted for 3.5 million visits, up 190 percent from June and 500 percent from January. Those numbers continue to build, according to HuffPo's internal stats.

    Donc les résultats sont au rendez-vous sur HuffingtonPost.

    Mes conseils dans l'ordre décroissant quantité d'interaction et dans un ordre croissant d'intensité (implication plus forte des lecteurs/commentateurs).
    1 Je permettrai le like de facebook.
    2 J'intégrerai la création de compte avec facebook/twitter au minimum et n'importe quel autre réseau comme sur Huffington Post (par contre je choisirai viadeo à la place linkedin).
    3 J'intégrerai les commentaires avec les réseaux sociaux de mes lecteurs. Le lecteurs peux choisir de faire connaitre son commentaire à son réseau d'ami facebook ou twitter.

    Résultat auxquels ont peux s'attendre :
    1 En le couplant le “ like ” avec les boules vous multiplierez son impact aux réseaux sociaux de vos lecteurs et le positiverez (moins de nazage) et vous en aurez plus car la création de compte n'est plus nécessaire.
    2 Vous simplifiez le processus d'inscription donc plus de comptes (rien ne vous empêche de demander l'email dans une phase ultérieure).
    3 Vous permettez à vos commentateurs et lecteurs de recruter des nouveaux lecteurs/commentateurs qui partagent leur point de vue ou s'y opposent.

    Vous pourriez craindre de perdre la coté central du site avec les revues publicitaires qui vont avec.

    Mais d'un inutile de ramer a contre courant. Quand le trafic Facebook dépasse celui de google aux USA il ne faut pas rater le coche en France. LePost le fait alors qu'ils n'ont pas la briques Drupal.

    Et de deux rien ne vous empêche de développer une intégration dans votre site de l'activité des réseaux sociaux tiers. Sur Huffington Post je sais ce que mes “amis” ont lu, aimé, commenté, twitté sans quitter le site. En les voyant tous en lisant HP je suis tenté de les faire venir pour interagir avec moi.

    Les réseaux sociaux de force centrifuges deviennent forces centripètes.

    En résumé plus temps passé sur votre site + plus d'implication des lecteurs = un trafic mieux valorisable contrairement au trafic SEO qui a de faible taux de rebond et un CPM bas.

  • Hulk
    • Posté à 04h51 le 08/06/2010

    « On peut trouver surprenant, voire moralisateur, de priver les utilisateurs d'une fonctionnalité qu'ils plébiscitent… »

    Très surprenant cet argument. On pourrait dans cette phrase remplacer « le bouton facebook » par « le hashish », « la vitesse excessive sur la route », « le bouton donnant accès à la vie privée des peoples », « le tabac », « l'alcool », etc., votre phrase marcherait quand même...

    En creux, cela donne l'impression que vous êtes déjà vaincus par le rouleau compresseur marketing de facebook et que vous cherchez à vous convaincre que c'est bien une bonne idée.

    Dites-vous bien que si vous prenez cette décision, pour contribuerez à renforcer l'effet de réseau de facebook, et donc à augmenter les barrières à l'entrée de tout concurrent qui se lancerait : vous contribuerez donc à consolider le monopole de facebook.

    A mon avis, si votre entreprise Rue89 est purement commerciale, c'est probablement une bonne idée de mettre ce bouton.

    Si en revanche vous avez d'autres ambitions au sein de la société française, c'est probablement plutôt une bonne idée de ne pas le mettre.

    Cela étant, à titre personnel, il y a déjà 12 boutons de partage en bas de chaque article que je n'utilise jamais, et je n'ai pas de compte facebook, alors en tant qu'utilisateur, je m'en moque, à condition que ça ne vienne pas polluer l'ergonomie du site.

  • Désinscrit le 15-6
    • Posté à 07h46 le 08/06/2010

    N'étant pas spécialiste de Facebook j'aimerai poser une question aux commentateurs :

    [...]Le bouton « J'aime » permet à Facebook de connaître les pages qu'un internaute visite… même s'il ne clique pas dessus. Plus généralement, il lui permet de rassembler un maximum de données sur notre façon de naviguer sur le Web. [...]

    La question précise est celle-ci :
    Si je ne suis pas inscrite sur facebook, est ce que celui-ci peut tout de même collecter les infos de mon compte rue 89 ?

    • le pseudo
    • l'exergue (profession à l'origine)
    • La date de naissance
    • La ville
    • L'IP
    • Les pages cliquées

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    Sinon, ma réponse à Rue 89 concernant Facebook :

    Vous pouvez bien mettre cette fonctionnalité pour la tester et permettre aux gens de connaitre le journal(*), vous verrez à l'usage.
    Tant que nous pouvons choisir de garder l'anonymat par rapport à Facebook.

    Car autant je peux me livrer à Rue 89, autant je n'ai rien envie de donner à facebook ou autres réseaux.
    Il y a assez de fichiers comme cela.

    Et puis, c'est curieux : Le mot « AMI » qui était si fort est en train de devenir un pauvre mot minable qui signifie « Ombre du web sur mon écran »

    Comment appellerons nous nos amis demain ?
    Des « vrais amis réel » peut être.

    Et notre meilleur ami ?
    Un « vrai meilleur ami pour de vrai » sans doute

    Époque des superlatifs ou les mots se dévaluent comme la monnaie.

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    (*)
    Ou alors vous mettez facebook uniquement sur Lien en modifiant un peu le script :

  • Relique
    • Posté à 10h48 le 08/06/2010

    Une petite question me taraude l'esprit...

    Si je suis connecté sur facebook, que je vais sur un site où y a des « j'aime » partout, il sait où je suis même si je clique pas ? ?

    Par exemple, imaginons qu'un site porno mette des « j'aime » après ses vidéos, facebook saurait toutes les vidéos vues par ses utilisateurs ?