24/09/2009 à 17h15

Journalistes pigistes, venez vous former à Rue89 !


C'est une bonne nouvelle en ces temps de morosité économique qui touche aussi la presse : la formation continue pour les journalistes va enfin s'ouvrir à ceux qui connaissent la plus grande précarité dans le métier, les pigistes.

C'était une des revendications des états généraux de la presse organisés l'an dernier par l'Elysée : donner accès aux dispositifs de la formation continue aux pigistes. Promesse tenue, après quelques mois de cogitations. Concrètement, ils vont pouvoir bénéficier :

  • du Droit invidividuel à la formation (DIF), 20 heures par an ;
  • du Congé individuel à la formation (CIF), pour des formations longues.

Les postulants doivent :

  • être titulaire de la carte de presse :
  • justifier d'une activité pour la période allant de 2004 à 2007 ;
  • et/ou de bulletins de salaire pour l'année 2008.

Ceux qui sont intéressés trouveront plus de détails sur notre site Rue89 Formation.

L'avenir de la presse passe par le Web

Pour nous, ce nouveau dispositif est très encourageant, à la fois pour l'avenir de Rue89 mais aussi pour celui de la profession. Car la grande tendance de cette rentrée 2009, c'est aussi le développement des sites Internet de tous les médias.

Quelle que soit la formule retenue, payante comme Mediapart, mixte comme Bakchich ou gratuite comme votre site préféré, les « pure-players » (médias exclusivement présents sur Internet) ont su ouvrir une voie dans le journalisme web. A la fois en renouvelant le contrat de confiance qui nous unit aux internautes, mais aussi en utilisant les nouvelles sources d'informations présentes sur le Net.

Tout cela, des journaux aussi prestigieux que Le New York Times, Libération, Le Figaro et bien d'autres sont en train de le développer à marche forcée. Cette évolution passe évidemment par l'apprentissage des techniques nécessaires au web-journaliste, de l'écriture à la vidéo, en passant par le référencement ou la photo.

Mais l'essentiel, pour les web-journalistes, est de compendre toute la richesse que leur offre leur communauté de lecteurs-internautes. Ce que nous appelons ici l'info à trois voix. Or, les pigistes ont une vraie carte à jouer sur le Net : celle de la qualité de l'information. A l'heure où l'ensemble de la profession s'interroge sur son futur modèle économique, la qualité est assurément une piste à suivre.

David Servenay, responsable de Rue89 Formation

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  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h35 le 24/09/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    Y'a un truc technique que je pige pas. ...

    Un stagiaire journaliste qui n'est pas encore journaliste doit avoir sa carte de presse pour faire une formation dans un journal.
    Mais cette carte de presse, j'ai toujours pensé qu'on la donnait quand on était embauché par un journal, genre comme une carte de visite un peu plus officielle pour prouver qu'on bosse bien pour le Monde ou Rue89.

    Du coup, qui la donne la carte de presse ? Ou alors il suffit simplement de l'acheter comme une carte Orange ?

    (ouais je sais y'a Google et Wikipedia, mais comme une grosse feignasse je préfère les réponses simples des gens qui sont au courant : D)

    • Zineb Dryef
      Zineb Dryef répond à Keldan
      Journaliste Rue89
      • Posté à 18h49 le 24/09/2009
        rédacteur
      • Journaliste
        Journaliste

      Bonjour

      La carte de presse est délivrée par la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels.

      Pour l'obtenir, il faut remplir certaines conditions :

      « S'il s'agit d'une première demande, il faut exercer la profession depuis trois mois au moins consécutifs, et tirer de cette activité le principal de ses ressources, c'est-à-dire, plus de 50 %. Naturellement, les fonctions exercées doivent être de nature journalistique. Enfin, l'employeur doit être une entreprise de presse (écrite ou audiovisuelle) ou une agence de presse agréée. Pour un renouvellement, les conditions à remplir sont les mêmes, mais la régularité de l'activité s'apprécie sur les douze mois précédant la demande. »

      Vous pouvez trouver des informations sur le site de la CCIJP : Lien

      • Lapin Bleu
        Lapin Bleu répond à Zineb Dryef
        • Posté à 20h38 le 24/09/2009

        Salut Keldan et Zineb,

        Je me permets de compléter un peu en rapport avec les interrogations de notre polytoxicomane endurci.

        Un stagiaire journaliste qui n'est pas encore journaliste doit avoir sa carte de presse pour faire une formation dans un journal.

        A priori non, pas dans l'absolu. L'article ici parle de la nécessité de la carte pour qu'un **pigiste** bénéficie du **droit au DIF** (deux cas de figure très précis). Dans les faits, un employeur réserve le DIF à ses titulaires, salariés permanents, et les pigistes sont ignorés pour l'accès à la formation. Ce qui va donc changer demain...

        Attention aussi à ton usage du terme stagiaire, qui n'a pas chez nous le même sens qu'ailleurs (ce serait trop simple). Quand on reçoit notre carte pour la première fois, on est alors stagiaire pendant 2 ans. Donc stagiaire ET encarté. La mention stagiaire apparaît sur nos deux premières cartes. Dans les faits en général, on a été « stagiaire » (dans le sens commun) avant sans carte, souvent plusieurs années, vu la précarité des journalistes débutants. Théoriquement, si on prouve à la CCIJP qu'on a exercé avant l'obtention de la première carte, on peut bénéficier rétroactivement de la prise en compte de ce passé pour ne plus être stagiaire (au sens journaliste), et donc avoir directement une nouvelle première carte sans statut stagiaire. Dans les faits, on ne bataille pas : trop de paperasse, statut souvent injustifiable (car l'employeur nous a payé sous un autre régime : correspondant, indemnité de stage, deux cacahuètes et un Mars, etc.) et puis on est tellement jouasse d'avoir enfin cette carte qu'on oublie le passé.

        Mais cette carte de presse, j'ai toujours pensé qu'on la donnait quand on était embauché par un journal, genre comme une carte de visite un peu plus officielle pour prouver qu'on bosse bien pour le Monde ou Rue89.

        Non. Comme te le dis Zineb, la carte est attribuée par la Commission de la carte. Une sorte de régulateur si tu veux. Elle n'a rien à voir avec notre employeur (sauf que celui-ci est tenu d'en payer une partie et qu'il est mentionné dessus pour les collaborations permanentes et régulières - les pigistes ayant alors la mention « pigiste »).

        Le droit d'avoir une carte est basé sur un grand principe, absolu, qu'on résume ainsi : « Est journaliste toute personne exerçant la fonction de journaliste ». Bigre. Quasi-une lapalissade. Mais dans l'absolu, c'est comme ça. Ca veut dire que la carte ne fait pas de nous officiellement des journalistes mais ne vient que confirmer un statut censément déjà acquis par le fait qu'on est en fonction de journaliste.

        Du coup, qui la donne la carte de presse ? Ou alors il suffit simplement de l'acheter comme une carte Orange ?

        La commission de la carte, à qui il faut prouver qu'on est donc de fait journaliste (pour au moins 51% de nos revenus). Il ne suffit pas de l'acheter, non. Sinon beaucoup se la paieraient, vu qu'en nous permettant de prouver notre profession, elle est le justificatif pour obtenir nos privilèges (abattement fiscal de 7.650 euros et entrée gratuite permanente dans les musées nationaux, principalement).

        En espérant avoir éclairé un peu ta lanterne...

        – lapinesquement,

         
        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant répond à Lapin Bleu
          journaleux - blogueur
          • Posté à 23h11 le 24/09/2009
          • Internaute
            journaleux - blogueur

          Trois compléments :

          1/La durée du stage, de deux ans, est automatiquement réduite d'un an pour tout diplômé d'une école reconnue par la Convention collective

          2/Bien que censée être obligatoire au bout de trois mois d'exercice, la carte n'est qu'un usage. Pour ma part, je n'en ai jamais fait la demande, ce qui ne m'a pas empêché, les années où je correspondais aux critères, de bénéficier des abattements fiscaux et de répondre favorablement aux « contrôles sur pièces » de l'administration fiscale (dont trois en cinq ans du fait d'employeurs multiples). Certains journalistes « illustres » n'en ont jamais fait la demande, y compris avant de faire des »ménages ». On peut désormais -puisqu'il est mort- citer un cas d'école : Mourousi.

          3/La non demande de ma part de la Carte ne m'a pas empêché d'obtenir dès deux mois après mon embauche, soit dès l'obtention de mon diplôme car j'ai commencé à bosser en mai 1984, le statut de « stagiaire 2e année », et la paie qui allait avec. Car les statuts, échelons, etc… sont mentionnés sur les fiches de paie des salariés.

          Accessoirement : je pointe au CNRJ (centre de reclassement des journalistes professionnels, ANPE des journalistes), qui me connaît depuis le cyclone Hugo de septembre 1989, alors que je préparais mon retour en France métropolitaine, à l'époque où je n'y pointais pas encore, n'étant pas domicilié à Paris.

          Par conséquent, l'exigence de la carte de presse, est infondée. La carte n'a été OBLIGATOIRE que sous l'occupation :
          Lien
          et a perdu ce caractère, qui n'est devenu que conventionnel, avec le retour au droit commun. Ce que beaucoup ignorent, tant aux impôts que dans la profession ou dans certains ministères, en exigeant ce document, qui n'est qu'un fichage supplémentaire.

          • marie 75
            • Posté à 09h27 le 25/09/2009

            J'ai pigé, je pige et pigerai sans carte de presse...
            Aucun journal ne vous la réclame : il suffit d'être une « carte de visite »,'un CV, une compétence reconnue dans un domaine pour piger....
            et même, parfois, juste d'être le copain d'un copain !

            Je me méfie des officines qui vont récupérer de fonds par ce système.
            Il aurait fallu réclamer de vraies compétences de formation.
            Je connais trop bien le milieu de la formation continue pour ne pas savoir que cela va se transformer en opération « tiroirs caisses ».

            Je n'accuse pas pour autant R89 de vouloir le faire.

            • David Servenay
              David Servenay répond à marie 75
              Auteur(e) de l'article
              • Posté à 14h17 le 25/09/2009

              Chère Marie 75, pour lever tout malentendu sur notre démarche :

              1/ Nous avons lancé ce département de formation continue après deux ans d'existence de Rue89, parce que chaque semaine, l'un d'entre nous partaient en faire, pour le compte des centres de formation ou directement des entreprises de presse.

              Il nous a donc semblé pertinent de rationaliser cette pratique.

              2/ Ce faisant, nous remontons dans « l'échelle de valeur » de la formation, en proposant directement nos services aux clients que sont les entreprises et nous en dégageons donc une plus-value supplémentaire, ce qui permet de financer l'activité pour le moment déficitaire du journalisme.

              C'est mieux que de vendre des yaourts, non ? (J'adore les yaourts)

              3/ J'ai un peu plus de dix ans de formation continue derrière moi, comme d'autres membres de l'équipe. Et pour ceux qui n'avaient jamais fait de formation ou peu, nous avons entamé un travail de fond d'acquisition des compétences par le biais de formation de formateurs.

              Nous développons donc nos compétences dans ce domaine, compétences qui ne sont pas nulles au départ.

              4/ Pour l'instant, tous nos clients formation sont ravis de notre collaboration et du travail effectué avec leur équipe (AFP, ArgusAuto, ESJ, CFPJ...) et ils nous reconnaissent deux atouts :

              * notre connaissance du contenu transmis (le journalisme multimédias) en formation

              * notre capacité à transformer les nouveautés du web en sessions de formation un peu plus vite que les autres, parce que nous baignons dedans

              Voilà, tout ça est un cercle vertueux qui nous permet aussi de continuer à vous satisfaire au quotidien, vous les riverains.

        • Keldan
          Keldan répond à Lapin Bleu
          Now future & karpe diem
          • Posté à 14h21 le 25/09/2009
          • Internaute
            Now future & karpe diem

          Merci very mucho, ça a même allumé ma lanterne.

          Et mon dictionnaire vient de m'expliquer qu'un pigiste n'est pas un stagiaire comme je le pensais, mais un mercenaire... enfin un prestataire : D

          Du coup je comprends bien mieux.

        4 autres commentaires
  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 20h49 le 24/09/2009
    • Internaute
      Dessinateur de presse

    journaliste pigiste avec 40 ans de carte de presse
    ça donne ça :

    • Charles Mouloud
      Charles Mouloud répond à Chimulus
      Bras gauche de la Vénus de (...)
      • Posté à 21h10 le 24/09/2009
      • Internaute
        Bras gauche de la Vénus de (...)

      Pantouflard !

    • Lapin Bleu
      Lapin Bleu répond à Chimulus
      • Posté à 22h22 le 24/09/2009

      Trop la classe Chimulus : le filet (*) gris de la maquette Rue89, parfaitement prolongé par la ligne de jonction entre tes deux Billy (**) ! !
      (au moins sous ma config).

      – lapinesquement,
      ––
      (*) Terme journalistique désignant une ligne plus ou moins épaisse servant à séparer les différents articles d'une page dans la maquette d'un journal
      (**) Nom propre donné par la chaîne suédoise de meubles Ikéa, à une de ses principales références d'étagères à bouquins, sans doute la plus vendue car la plus sobre.

      • dy
        dy répond à Lapin Bleu
        • Posté à 02h05 le 25/09/2009

        Ce ne sont pas des Billy : les Billy ont une petite plinthe en bas qui empêche de passer le Swiffer* dessous.

        Ceci dit, Chimulus a sur cette photo un côté très Sharon Stone dans Basic Instinct (en plus Canadien bien sûr).
        ...c'est troublant un pigiste mine de rien.

        * balai qui dissout la saleté pour un nettoyage en profondeur.

         
        • Lapin Bleu
          Lapin Bleu répond à dy
          • Posté à 10h03 le 25/09/2009

          Bien vu dy, quel sens de l'observation !
          En effet, les Billy ont cette petite planchette d'aggloméré qui n'apparaît pas sur la photo. J'avais pas noté le détail.

          Mais pourtant, ça ressemble à s'y méprendre à des Billy. Soit il s'agit d'une réplique d'un concurrent d'Ikéa qui pastiche, soit ce feignasse de Chimulus n'a pas monté tout son Billy... ; )

          Nous dira-t-il un jour la vérité pour nous sortir de cette angoissante incertitude ? ?

           : )

          • Chimulus
            Chimulus répond à Lapin Bleu
            Dessinateur de presse
            • Posté à 13h56 le 25/09/2009
            • Internaute
              Dessinateur de presse

            ce n'est pas du billy c'est beaucoup plus vieux que ça,par contre le bureau d'écolier vient de conforama,il n'est pas jeune non plus : )

            • Chimulus
              Chimulus répond à Chimulus
              Dessinateur de presse
              • Posté à 14h02 le 25/09/2009
              • Internaute
                Dessinateur de presse

              charentaises,chemise, pantalon de chez carrefour
              ordi de chez darty
              lampe fly ou ikéa

              • Charles Mouloud
                Charles Mouloud répond à Chimulus
                Bras gauche de la Vénus de (...)
                • Posté à 14h15 le 25/09/2009
                • Internaute
                  Bras gauche de la Vénus de (...)

                Purée, tu es plus sponsorisé qu'une équipe de foot !

        4 autres commentaires
    • caro
      caro répond à Chimulus
      délinquante avérée
      • Posté à 09h49 le 25/09/2009
      • Internaute
        délinquante avérée

      est-ce que le jeu des barbus existe encore ?

      prems !
      15

       : -)

  • mamane
    mamane
    le futur c'était mieux avant
    • Posté à 23h35 le 24/09/2009
    • Internaute
      le futur c'était mieux avant

    Ok mais comment devient-on pigiste ? !

    Pour avoir une carte de presse faut-il nécessairement passer par une école de journalisme ou faire ces preuves sur terrain permet-il d'obtenir le sésame ?

    Alors comment faire ?

    • Lapin Bleu
      Lapin Bleu répond à mamane
      • Posté à 01h28 le 25/09/2009

      Ok mais comment devient-on pigiste ? !

      Soit on le décide pour des raisons personnelles (Ni Dieu ni maître, envie de gérer son temps de travail, ses contraintes, etc.) et alors, il faut être assez rigoureux pour se gérer tout seul, assez sociable pour trouver des employeurs (qui le plus souvent tournent en permanence) et assez créatif pour trouver des sujets. On devient alors un pigiste choisi.

      Soit on se fait virer (ce qui arrive pas mal ces dernières années) et on décide de pas se laisser crever et de pas changer de métier, en attendant de retrouver quelque chose. Variante : on devient pigiste dès le début de carrière parce qu'on a jamais trouvé d'employeur. On est alors un pigiste subi.

      Pour avoir une carte de presse faut-il nécessairement passer par une école de journalisme ou faire ces preuves sur terrain permet-il d'obtenir le sésame ?

      Fort heureusement non. Exemple : le lapin bleu, 31 ans. : ) Je précise l'âge parce que la normalisation est à l'oeuvre depuis plusieurs années, et c'est de plus en plus rare de trouver des journalistes n'étant pas passés par une école. Mais ça existe encore et ça existera toujours je pense.

      Vous soulevez là un autre serpent qui se mord la queue que notre profession connaît bien : il faut de plus en plus souvent avoir fait une école pour entrer dans une rédaction et avoir déjà travaillé de façon significative en rédaction pour entrer dans une école. C'est une autre histoire, mais la problématique n'est pas très loin du sujet initial.

      Notez enfin, comme le suggère l'article ci-dessus, qu'Internet rebat les cartes de tout ça. Et que l'évolution technologique vers une numérisation globale de la société, associée à une tendance générale à la libéralisation du marché du travail (déréglementation du code du Travail) pourrait aboutir à un modèle de type « tous pigistes » (les éditeurs renonçant à leur tâche d'employeur, les journalistes devenant des mercenaires autogérés).

      – bien cordialement,

      • mamane
        mamane répond à Lapin Bleu
        le futur c'était mieux avant
        • Posté à 08h57 le 25/09/2009
        • Internaute
          le futur c'était mieux avant

        Merci beaucoup pour ttes ces infos !

        c'est clair net et précis.

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à mamane
      journaleux - blogueur
      • Posté à 02h56 le 25/09/2009
      • Internaute
        journaleux - blogueur

      En complément de ce que dit Lapin Bleu, mon expérience est différente de la sienne, et désormais elle relève de « Mission impossible » :
      J'ai intégré en 1982 l'IUT de journalisme de Bordeaux (devenu depuis la rentrée 2006 un mastère) en n'ayant que le bac. Nous étions à compter sur les doigts, en ce temps-là, les autres (y compris en 1e année) ayant tâté de la fac ou ayant un DEUG et n'ayant pas réussi à entrer directement en 2e année.
      J'ai donc passé le concours ne sachant même pas si j'aurais mon bac, et sur un contingent spécifique, comme il y avait un contingent de prétendants sans diplôme, de prétendants étrangers dont les études étaient payés par leur gouvernement, etc…

      Ces parcours sont désormais atypiques. Soit intégration d'école avec autre diplôme, soit études parallèles ou formation complémentaire, soit comme dit Lapin Bleu galère choisie ou galère subie. Mais le choisi et le subi peuvent aussi arriver après les cursus traditionnels, même si des choses comme le « Planning » (remplacements perpétuels à FR3) ont tendance à disparaître.

      Dans les explications de Lapin Bleu, il manque aussi les pigistes qui ont par ailleurs un salaire régulier (temps plein ou partiel). Ceux-là vont se raréfier mathématiquement du fait de la Loi Hadopi, qui supprime les droits d'auteurs des journalistes au profit des patrons de presse. Ainsi, un sujet rédigé pour UN support peut désormais être publié dans tous les supports du groupe, et ce pour le même prix ! Lors des débats à l'Assemblée, dans sa grande bonté, Mme Albanel avait dit en substance que les journalistes n'avaient qu'à négocier avec leurs employeurs. Voilà qui m'a ramené longtemps en arrière, à d'âpres négociations avec Philippe Hersant, que j'ai dû menacer de faire grève (et d'entraîner avec moi des camarades) car je voulais être payé pour mes reprises papier. J'ai eu gain de cause, et me faisais ainsi entre 500FF et 3000FF selon les mois et ce que je découpais dans les journaux (je devais apporter la preuve des reprises), en sus de mon salaire qui était à la base de 8000FF, et de mes piges ailleurs que dans le groupe France-Antilles/Hersant.

      • mamane
        mamane répond à FabiendeMénilmontant
        le futur c'était mieux avant
        • Posté à 08h57 le 25/09/2009
        • Internaute
          le futur c'était mieux avant

        Merci beaucoup pour ttes ces infos !

        c'est clair net et précis.

      • Hugues Serraf
        • Posté à 11h44 le 25/09/2009

        Si vous voulez que vos papiers publiés sur d'autres supports à l'intérieur du même groupe de presse (ou sur les différents canaux d'un même titre) soient rémunérés de manière claire, il faut au contraire que vous souteniez Hadopi et son volet concernant les droits d'auteurs des journalistes.

        Pourriez-vous expliquer concrètement en quoi Hadopi, qui protège le droit et la rémunération des auteurs d'une manière générale, est mauvais pour les journalistes ? Vous constatez d'ailleurs que c'est la situation préexistante qui pose problème, puisque vos repasses ne sont pas payées. En ce moment même, Hadopi est le levier majeur des représentants syndicaux des journalistes qui négocient les droits de reprise de leurs papiers sur les sites Internet de leur journaux.

        A moins, bien entendu, de considérer que, comme les chanteurs auxquels on conseille de ne plus vivre de leurs ventes de disques et de faire des concerts, les journalistes puissent gagner leur vie en lisant leurs articles sur la place publique avant de faire la manche.

        Mais pour en revenir au sujet de la note, Rue89 est certainement l'un des endroits les plus en pointe pour une formation au journalisme Web. Sans doute bien plus que les organismes de formation continue traditionnels de la presse...

         
        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant répond à Hugues Serraf
          journaleux - blogueur
          • Posté à 15h12 le 25/09/2009
          • Internaute
            journaleux - blogueur

          Soutenir Hadopi ? Et puis quoi encore !

          La « Loi Hadopi » est faite pour les groupes, pas pour les individus. Lire à ce sujet les explications de l'Acrimed :
          Lien après le rejet de la loi… qui reprenait entre autres l'argument du SNJ. J'avais à l'époque examiné le texte à la loupe (juste avant le rejet).
          Et, maintenant que c'est re-passé, l'Obs s'y met, trop tard :
          Lien

          • Hugues Serraf
            • Posté à 16h30 le 25/09/2009

            J'ai un peu de mal avec les conversations où les arguments sont des liens invitant à aller voir ce que d'autres disent sur ceci ou cela. On peut se servir d'un lien comme d'une référence, mais pas comme d'une réponse.

            Dans mon journal, mais j'ai de nombreux autres exemples, où nous négocions actuellement sur les droits d'auteurs, Hadopi est une aide précieuse et permet justement de mettre en place un système de rémunération pertinent des textes et photos produits pour le papier mais réutilisés sur le Web.

            Donc, quel est le problème concret avec la protection des droits d'auteurs qu'Hadopi amène, mais qui n'était pas formalisée auparavant ? En tout état de cause, il est impossible de dire qu'Hadopi conduit à la non-rémunération des contenus puisque c'est exactement le contraire (et c'est bien ça qui embête les anti-Hadopi dans le monde musical).

            • FabiendeMénilmontant
              FabiendeMénilmontant répond à Hugues Serraf
              journaleux - blogueur
              • Posté à 16h55 le 25/09/2009
              • Internaute
                journaleux - blogueur

              Si tu as du mal, Hugues, relis le dernier paragraphe de mon commentaire de 02h56, qui me semble clair.

              Tu confonds la musique (et sans doute le cinéma), sur quoi les débats se sont focalisés, et le sous-amendement Kert, visant à régler le problème de la cession des droits d'auteur des journalistes dans l'environnement numérique.

              Ce député UMP des Bouches-du-Rhône a modifié le code du travail et le statut du journaliste, après s'être attaqué au travail dominical et à l'audiovisuel public.

              Le sous-amendement Kert introduit un nouvel article dans le code du travail, L.7111-5-1, qui dit : « La collaboration entre une entreprise de presse et un journaliste professionnel porte sur l'ensemble des supports du titre de presse tel que défini au premier alinéa de l'article L. 132-35 du code de la propriété intellectuelle, sauf stipulation contraire dans le contrat de travail ou dans toute autre convention de collaboration ponctuelle. »

              Alors que le code du travail prévoit que le journaliste est employé par un titre, le nouvel article permet à l'employeur de lui imposer de travailler sur l'ensemble des supports. Les patrons pourront imposer aux journalistes de travailler indistinctement pour un titre, pour le site Internet, la radio, la chaîne de télévision,…

              Sous-amendement justifié parce qu'il « vise à prendre en compte la révolution numérique en cours : le journaliste peut désormais être amené à travailler sur les différents supports du titre de presse. Si tel ne devait pas être le cas, cela doit être précisé dans le contrat de travail ou, pour les pigistes, dans toute autre convention de collaboration ponctuelle.
              Pour les contrats de travail en cours d'exécution, un avenant devra être conclu pour prévoir que la collaboration du journaliste est désormais multi-support. Le refus par le journaliste de conclure un tel avenant ne saurait être considéré comme une cause réelle et sérieuse de licenciement. Pour les journalistes déjà salariés qui concluent cet avenant à leur contrat de travail, l'employeur, dans le cadre de son obligation de formation de ses salariés, fera un effort particulier pour adapter leurs compétences au travail sur différents supports. En effet, en application d'un article du code du travail, il lui appartient de veiller au maintien de la capacité de ses collaborateurs à occuper un emploi, au regard notamment de l'évolution des emplois, des compétences, des technologies et des organisations. »
              Albanel a sorti : « C'est vrai que le sujet fait l'objet de très longues discussions. Je crois que les journalistes sont conscients que des modifications sont nécessaires et il y a dans ce sous-amendement une conception de la collaboration au niveau des groupes qui a sa logique. C'est la raison pour laquelle je m'en suis remise à la sagesse de l'Assemblée. » Elle connaît vachement la situation des pigistes, comme celle des liens de subordination des journalistes dans les groupe de presse. Ainsi, tu publies un sujet spécialisé dans un hebdo ou un mensuel, et il se retrouve dans la rubrique d'un quotidien. Ou tu écris dans Le Journal de la Haute-Marne et ton sujet est sur le site Internet du Dauphiné (ex-libéré) sans toucher un kopek, car tenter de faire un avenant à ton contrat te mettra en porte à faux avec ton employeur…

              Albanel, toujours : « Ce point ne fait pas partie des conclusions du “ Blanc ”. Il est vrai que c'est un sujet complexe et sensible. J'ai donné un avis de sagesse car nous pensons qu'il revient à chaque entreprise de s'organiser en fonction de la périodicité et de la nature de ses publications. Notre souci est donc plutôt de préserver la liberté des entreprises. »

              Ce n'était pas l'objet du sujet de David, mais un lien ne te suffisant pas, j'explique. Désolé…

              Lorsque le ouaibe était loin d'exister, j'ai grandement combattu contre ce système de repompage. Et ai obtenu gain de cause contre le groupe Hersant, comme indiqué ci-dessus. Inutile de préciser que je suis « un peu » dégoûté.

              • Hugues Serraf
                • Posté à 18h37 le 25/09/2009

                Oui, bien entendu, nous allons passer d'un contrat de travail prévoyant que le journaliste travaille pour un titre unique à un contrat indiquant que ce titre est multicanal, ce qui permet de reprendre, contre rémunération, tous les contenus produits sur un canal sur un autre.

                Dans le cas contraire, il faudrait dupliquer les rédactions, les uns travaillant sur le Web et les autres sur le papier. On peut l'envisager, mais que feras-tu des journalistes restés sur le papier le jour où la baisse de la diffusion sera telle qu'elle amènera à la fin du print ?

                Une rédaction ne peut de toute manière pas dupliquer tous ses journalistes même si des postes nouveaux et spécifiques au Web sont créés. Elle n'en a pas les moyens. Et si des solutions de reprises de papiers sur le Web sont trouvées grâce à Hadopi, généralement sur la base de forfaits, c'est ce que l'on a trouvé de mieux jusqu'à présent.

                Il y a bien des journalistes qui aimeraient être payés deux fois pour une repasse, mais va trouver le journal qui peut doubler ses salaires alors que la pub ne vient pas sur le Web et que le print est en train de couler...

                • FabiendeMénilmontant
                  FabiendeMénilmontant répond à Hugues Serraf
                  journaleux - blogueur
                  • Posté à 20h20 le 25/09/2009
                  • Internaute
                    journaleux - blogueur

                  Mais il ne s'agit pas d'être payé deux fois plus !
                  Lorsque, ci-dessus, je donnais mon exemple au groupe France-Antilles/Hersant voici plus de vingt ans, j'expliquais que, pour un salaire mensuel de base de 8000FF je gagnais selon les mois entre 500 et 3000FF sur les reprises.
                  Là dedans, il y avait la Martinique, la Guyane et la France, sachant que mon contrat prévoyait que j'écrivais pour la Guadeloupe et que les prud'hommes avaient estimé -à la demande de l'employeur- que les rédactions étaient distinctes.
                  Jamais je n'ai demandé à ce qu'une paie soit multipliée sans rien faire ! Des piges « sous-payées » ou des forfaits existent pour les reprises simples, où aucun travail n'est demandé au rédacteur.

        5 autres commentaires
  • Autist Reading
    Autist Reading
    Plus fort que Brogilo
    • Posté à 01h30 le 25/09/2009
    • Internaute
      Plus fort que Brogilo

    Vous voulez remplacer les deux ans de carrière par des deux ans de stages, ou vous êtes en pleine supercroissance, à deux doigts du CAC40 ?

  • Alfary
    Alfary
    Ronchon
    • Posté à 09h36 le 25/09/2009
    • Internaute
      Ronchon

    Un dispositif orienté FOAD (Formation ouverte à distance) serait cohérent avec la logique « pure player » de Rue89. Et puis un accès par VAE aussi, pourquoi pas.

    Une idée à creuser peut-être.

    • David Servenay
      David Servenay répond à Alfary
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 14h03 le 25/09/2009

      Nous y travaillons Alfary, mais le « présenciel » comme on dit dans le jargon de la formation, reste indispensable pour acquérir les techniques dans de bonnes conditions.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 14h13 le 25/09/2009
    • Internaute
      Déchoukeur

    Est-ce qu'ils auront à manger ? Parce que moi je n'apporte un colis qu'une fois par an...