18/06/2009 à 16h38

Partez au Pérou avec « Fausta », ours d'or 2009


Troublante Magaly Solier. Cette jeune actrice à la beauté singulière illumine « Fausta », deuxième film de la réalisatrice péruvienne Claudia Llosa. Le film nous a ravis, nous en sommes partenaires.


L'affiche de « Fausta » de Claudia Llosa (DR).

Ours d'or à la dernière Berlinale, « Fausta » est l'histoire d'une jeune fille qui a peur des hommes. C'est du lait de sa mère, violée par des militaires, que Fausta a reçu cette peur, cette maladie du « sein effrayé ». D'autres récits de femmes, celles qui ont subi les viols de masse dans le Pérou des années 1980, l'ont marquée au point qu'elle ne peut guère soutenir le regard d'un homme sans trembler.

Cette obsession du viol est telle que pour mettre une barrière entre elle et cet ennemi masculin, la jeune fille a logé une pomme de terre dans son vagin. En germant, lui a raconté une vieille tante, la pomme de terre devient un repoussoir pour les hommes.

Visionner ce long métrage fait découvrir au spectateur un monde peu connu, celui de la culture indienne car Fausta, tout de beauté et de poésie -très belles mélodies quechua- est aussi le récit d'une autre renaissance, celle du pays. (Voir la vidéo)

Un voyage au Pérou pour deux personnes est à gagner sur le site du voyagiste Viventura.

Article mis à jour le 19 juin : les 15 places de cinéma offertes par Rue89 ont déjà été attribuées. Merci de ne plus envoyer de mail à David Choel.

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  • Asunca
    Asunca
    Nada pues !
    • Posté à 17h09 le 18/06/2009
    • Internaute
      Nada pues !

    Film magnifique, qui présente un portrait très pertinent de la société péruvienne, et des visions totalement opposées qu'ont sur la société les différentes classes sociales.
    A signaler que la plupart des magnifiques chansons ont été écrites et chanter par Magaly Solier, l'actrice principale.

  • Gweenee
    Gweenee
    prolétaire
    • Posté à 18h23 le 18/06/2009
    • Internaute
      prolétaire

    Dès les premières minutes, de façon crue et brutale, le ton est donné. Née au milieu d'une guerre civile et ayant hérité par le sein des horreurs vécues par sa mère, comment Fausta pourrait-elle s'en sortir ?
    Sa confrontation progressive à la vie réelle et sa lente évolution sont pour nous un pretexte à la découverte de la société péruvienne contemporaine avec, notamment, ses injustices et le clivage entre les blancs et les indiens.
    A ce sujet, je ne suis pas tout à fait d'accord avec le Monde quand il parle de la « maladresse » de la métaphore du pillage du patrimoine quechua par les espagnols. Même si elle peut sembler un peu grosse, elle s'inscrit parfaitement dans le cadre.
    A noter quand même, un rythme très « sud américain » qui pourrait conduire à déconseiller ce film aux inconditionnels de Rob Cohen.
    Bref, un film touchant et d'une finesse remarquable auquel Magaly Solier ajoute, par son jeu et son physique, quelque chose d'extraordinaire.

    Pour le reste, juste une remarque : le film ne passe que dans 36 salles en France (dont 6 à Paris). J'aime bien les salles en question mais il faut reconnaître qu'elles ressemblent plus à des caves qu'à des écrans géants de multiplexe. A titre de comparaison, « Hannah Montana » est programmé dans 296 salles. Je dis ça, je dis rien...

  • AlexRio
    • Posté à 22h36 le 18/06/2009

    J'ai découvert une femme sensible et douce. Je vous invite à regarder un interview (en espagnol) fait par un des meilleurs journalistes péruvien à la TV, dimanche dernier :

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    Elle chante. Elle représente bien la Femme des Andes que les péruviens de la côte tendent à rejeter voir à humilier, car Indiennes...Magaly est aussi à elle seule un symbole de Résistance Indienne, comme elle l'a rappelé.

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  • limelight
    • Posté à 19h22 le 19/06/2009
    • Internaute

    Un film vraiment formidable, de bout en bout. L'actrice est éblouissante - quoique toute en retenue. La musique, très présente sait aussi s'effacer pour laisser au silence des paysages toute leur force. Ce n'est pas un voyage de touriste que nous propose la réalisatrice, Claudia Llosa, mais un voyage dans l'histoire du Pérou, dans sa chair meurtrie (et les événements tragiques actuels nous le rappellent), mais aussi dans son folklore si étonnant (les scènes de mariage, qui fournissent au film ses respirations comiques, sont absolument géniales).