03/06/2008 à 09h23

Ibrahima au Sénégal : premier volet de notre enquête sur la faim

Madmundo.tv"
Patrice Barrat | Journaliste


Ibrahima Diop, paysan à Thiès, Sénégal (DR).

Rue89 s'associe à une enquête de Madmundo.tv sur la crise alimentaire et la faim dans le monde. Cette enquête, que je réalise avec les correspondants de madmundo et produite par l'agence Article Z, nous mène aujourd'hui au Sénégal, et bientôt aux sommets de la FAO à Rome et du G8 au Japon, au Burkina Faso, en Thailande, en Inde, en Egypte, en Haïti, à une réunion des ministres européens de l'Agriculture ou à l'Assemblée Générale des Nations unies.

Et aussi auprès de vous puisque vous pourrez participer et dialoguer en texte et en vidéo. Le film documentaire qui en résultera sera diffusé lors de la Journée Mondiale de l'Alimentation sur France 5. Et dans d'autres pays aussi.

Un film pour esquisser des solutions à un état d'urgence singulier

Nul besoin d'aligner des chiffres ou des statistiques pour dire à quel point la crise alimentaire qui frappe la planète en cette année 2008 signifie probablement un état d'urgence singulier qui ne saurait disparaître par la seule aide humanitaire.

Cette catastrophe annoncée-là entraîne maintenant avec elle des remises en questions qui ont à voir tout aussi bien avec la production agricole qu'avec les lois du commerce, avec le pouvoir d'achat qu'avec le système financier international, avec le partage de l'eau qu'avec celui des ressources énergétiques. Et des explications précises sur les effets ici ou là des subventions, des stocks, des spéculations, de l'urbanisation.

Mais arrêtons tout de suite l'énoncé des pistes vers lesquelles pourrait nous mener une enquête sur les causes et les conséquences de ces « émeutes de la faim » qui surgissent à la face du monde depuis quelques semaines.

Car il s'agit aujourd'hui, dans une même urgence, de réaliser un film à même de restituer ce sentiment récent et d'esquisser au fil du récit, explications et solutions…

Mais d'ici là, rendez-vous « régulièrement à l'improviste » comme le disait Le Politicien, un hebdomadaire satirique sénégalais. Une fois par semaine, en tout cas, avec un nouvel épisode.

Aujourd'hui, madmundo.tv rencontre Ibrahima Diop, pour qui l'ouverture unilatérale des marchés a conduit à la situation actuelle.

Alors que les Emeutes de la Faim parcourent la planète et l'Afrique plus particulièrement, ce paysan sénégalais que l'équipe de Madmundo suit depuis 2005, interpelle les politiques internationales. Sous couvert de dialogue Nord-Sud, l'ouverture unilatérale des marchés a, selon lui, conduit à la situation actuelle de crise alimentaire.

Il sait de quoi il parle, lui qui, il y a deux ans, a dû renoncer à élever des poulets dont le prix était forcément supérieur aux poulets congelés et subventionnés d'Europe ou du Brésil.

Ibrahima Diop vit dans les environs de Thiès à 60 km au sud-est de Dakar. Il s'accroche à son destin de paysan et de père de famille. (Voir la vidéo)



Réagissez en vidéo

Lire aussi l'édito, le cynisme des Etats face à la réalité de la crise alimentaire, et le making of, Rue89 avec Madmundo.tv pour comprendre la mondialisation.

Publié initialement sur
Madmundo.tv
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  • patrick du 14-
    • Posté à 09h47 le 03/06/2008

    j'me rase j'me mets un coup de peigne et je reviens c'est a qu'elle heure ?

  • patrick du 14-
    • Posté à 10h21 le 03/06/2008

    et en attendants , pour çe qui est du sénégal continue t'il a vendre leurs pêches en mer comme je l'ais vue de mes yeux , si oui pourquoi

  • Désinscrit le 19 avril
    • Posté à 12h52 le 03/06/2008

    Il en faut, la prise de conscience, mais c'est depuis des lustres que les ONG et les associations de solidarité internationale contribuent à maintenir les bambins d'Afrique dans leur confort de bercés et d'assistés ! Au lieu de leur apporter des moyens(tracteurs, bateau de pêche)et d'apprendre à surmonter ces obstacles, on leur donne de l'eau potable en utilisant des grosses machines de forage ! Commerce équitable à la con quand ils (les bambins d'Afrique) fournissent au Nord des denrées alimentaires purement naturelles et de recevoir de la part de ce dernier des poulets périmés et des OGM ! ! !
    C'est tristement célèbre !

    A bas les lunettes opaques ! Il faut une révolution pour l'Afrique !

  • Incorrect
    • Posté à 12h56 le 03/06/2008

    Rien à foutre !

  • ysengrimus
    • Posté à 13h27 le 03/06/2008
    • Internaute

    Et la responsabilité directe de la France dans cela ?

    Lien

    Paul Laurendeau

    • Venezuela
      Venezuela répond à ysengrimus
      vit aux Pays-Bas
      • Posté à 21h00 le 03/06/2008
      • Internaute
        vit aux Pays-Bas

      CFA : Continuité (coloniale) Française Ahurissante
      Publié par ysengrimus sur avril 30, 2008

      Sortons d'abord les colonies que la France a perdu manu militari, elles échappent de toute façon à la combine. Canada, Vietnam, Haïti, Algérie, Maurice et des poussières, ouste, dormez en paix. Vos emmerdes sont bien réelles mais toutes autres… Ajoutons-en deux que le Vieux Coq a fini par picorer en douce de la gamelle des belges : Rwanda, Burundi (deux compagnons de route de misère). Et regardons. C'est pour se dire que la décolonisation d'il y a 50 ans n'est passée par là qu'en pure apparence. Les Antilles et la Nouvelle Calédonie sont des DOM-TOM et leurs ancêtres sont à fond la caisse les gaulois. Le seul et unique pays qui est membre de la Communauté Européenne de tout l'espace panaméricain c'est la Guyane française (qui est donc de facto la France hors métropole, en fait…). Et… 14 pays peu fortunés d'Afrique carburent encore au Franc CFA (Gabon, Mali, Niger, Burkina Faso, Centrafrique, Cameroun, Togo, Bénin, Côte d'Ivoire, Sénégal, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, République du Congo, Tchad, Comorres). Le sigle CFA en 1945, quand De Gaulle et ses séides ont mis ce dispositif monétaire en place, cela valait pour COLONIES FRANÇAISES D'AFRIQUE ou COMPTOIRS FRANÇAIS D'AFRIQUE. Aujourd'hui on la joue en mode plus chic avec : COMMUNAUTÉ FINANCIÈRE D'AFRIQUE, mais le filet de Papa-Commandant a bien peu changé la nature rétive de ses rets. Pour résumer l'affaire, disons simplement que le Franc CFA a une parité fixe, unique et éternelle avec l'Euro (anciennement, il l'avait avec le Franc Français). On dit bien : parité fixe, unique pour tous, éternelle, immuable et non fluctuante. Pour 13 de ces 14 pays pauvres, 665 Francs CFA valent en gros 1 Euro pour toujours (les Comorres ont une parité très légèrement distincte, mais fixe aussi). Et rien ne fluctue jamais au grand jamais, entre eux ou ailleurs. La douce stabilité de Jouvence. Papa-commandant garde ses enfants monétaires solidement agrippés à son ceinturon, depuis 1945. Les dévaluations, les fluctuations, les cours, c'est pour les autres. Pas de pesos dans mon enclos. Monopoly aux colonies. Tant et tant que, quand l'Euro grimpe (ce qui lui arrive plus souvent que pas mal souvent), il tire automatiquement le Franc CFA vers le haut avec lui, comme une grappe ses raisins. Ce dernier se trouve alors artificiellement surévaluée et cela fait tomber sur le cul les exportations déjà rachitiques de nos 14 rabougris « indépendants ». En ce moment justement, le Sénégal gueule qu'il veut sa propre monnaie nationale, mais pour ce faire… il va falloir que les 14 aillent négocier sans faire de vagues avec Papa-Commandant à Paris, vu que, en plus, entre autres, en vertu d'une version amendée de l'entente CFA de 1945, entre 50% et 65% des avoirs financiers de ces 14 pays sont obligatoirement mis en banque « pour toujours » justement… à Paris. Parlant.

      Ignoré, oublié, marginal, secret, barbouze, le néo-colonialisme français est un espace petit mais serré, méconnu mais compact, vieillot, rigide, intraitable, brutal, confidentiel. C'est un caillou pugnace bien casé sous la roue de l'Histoire. La République est encore bien une et indivise en matières coloniales et si l'homme est un roseau pensant, il laisse au chêne le soin de cogiter la souplesse présente et future de l'Internationale Francophone… Il semble bien qu'il va falloir un autre grand frère compradore pour finir de concasser les tessons de cet empire ruiné et les tourner en poussière d'or. Et… ce nouveau tuteur putatif sera fort probablement chinois…

  • patrick du 14-
    • Posté à 14h41 le 03/06/2008

    pourquoi pas
    Lien

  • amilcar
    • Posté à 14h45 le 03/06/2008

    je pense que la dernière image de la vidéo est un champ d'arachide si je ne me trompe, clé du problème agricole sénégalais, 70% de la population a été « incitée » à cultiver l'arachide pendant que les gouvernants touchaient des pots de vin pour dérèglementer le marché des oléagineux, donc le pouvoir sénégalais et sa famille ont touché des milliards de fcfa pour affamer 70% de leur population, qui cultive à un cout de production supérieur au prix du marché, des privatisations hasardeuses, la SONACOS, des incuries de gestion, les ICS, producteurs d'engrais et des importations massives de produits européens par des filières opaques, pourquoi tous les choux, carottes, oignons des marché sénégalais sont-ils produits en hollande ?

  • pouet_pouet
    • Posté à 16h00 le 03/06/2008
    • Internaute
       ?

    Vous ignorez l'économie de marché ?

    Si le prix monte ce n'est pas un complot des liberalo-communistes méchants. C'est juste parce que la demande augmente, mais l'offre augmente moins.

    Les raisons sont multiples :
    Les hommes politiques des pays pauvres préfèrent acheter des chars que construire des écoles et des systèmes d'irrigation.

    L'aide alimentaire empêche les producteurs locaux d'augmenter leur prix et d'investir.

    Les ONG développent une agriculture paysanne qui ne pousse pas à l'investissement et l'innovation.

    Le refus des OGM en Europe oblige les pays qui exportent vers l'Europe à les refuser eux-mêmes, et ne peuvent donc pas augmenter leur productivité.

    La fermeture de frontière des pays excédentaire est une aberration : pour les importateurs le prix augmente encore plus car l'offre se réduit. Pour les pays exportateurs : le marché devient incertain, les agriculteurs doivent baisser leur prix pour vendre, ce qui les empêche d'investir, et finalement empêche l'agriculture d'évoluer.

    Vous avez le droit de proposer au peuple de garder une agriculture digne du moyen-âge, mais dites lui aussi qu'au moyen-âge il y avait des famines.

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à pouet_pouet
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 00h34 le 04/06/2008
      • Internaute
        http://www.nouvellesociete.org

      Les hommes politiques achètent ce qu'ils sont payés pour acheter. On creve de faim depuis l'indépendance en Afrique. Au début on a ruiné l'agriculture locale par des dons, puis on a rejeté le modele sovkhove, politiquement incorrect... Maintenant il en meurt plus, car on est plus nombreux.

      Il n'y a pas d'autre solution à l'Afrique que de reprendre là où on a laissé... mais plutôt mourir ! Evidemment, ceux qui disent ça ne meurent pas, eux...

      Lien

      Pierre JC Allard

  • VinceDeg
    • Posté à 16h54 le 03/06/2008
    • Internaute

    Cours alimentaires mondiaux hauts : le pouvoir d'achat des urbains des pays pauvres ne leur permet plus d'acheter leur nourriture. Ils ont faim. Ils se révoltent. Ca dure depuis un an.

    Cours alimentaires mondiaux bas : les paysans locaux ne peuvent vendre qu'en dessous de leur coût de production, ils doivent tout vendre, il ne peuvent plus acheter d'intrants ni ce qu'ils ne produisent pas. Ils ont faim. Ils ne peuvent pas se révolter : ils sont isolés. Ca dure depuis des lustres.

    La solution ?

  • survivant
    • Posté à 16h58 le 03/06/2008

    Il faut savoir qu'au Sénégal tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Traversez la Gambie et vous voilà en Casamance parcourez encore quelques centaines de kilomètres vous passerez la ville de zinguinchor capitale de la basse casamance à 80 kilomètres plus au sud vous arriverez au cap skirring internationalement connu pour ses somptueuses plages mais aussi son très colonial club Méditerranée. La France et ses prés carrés africains gardent ce qui les intéressent et donnent l'indépendance à ce qui ne rapporte rien. Nous voulons apporter une œuvre humanitaire pour le Sénégal commençons par envoyer des médicaments. Sinon pour les nouveaux travellers en mal de sensations sachez qu'au Sénégal tout ce troc, les bouquins, les outils, les pièces de voitures ect.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 17h41 le 03/06/2008
    • Internaute
      Retraite invalidité

    L'Afrique doit conquérir son indépendance alimentaire et non subir des importations de produits de base comme on le voit sur la vidéo avec les poulets. Le problème est que les africains n'ont pas de dirigeants à la hauteur des enjeux auquels ils sont confrontés...

    La fin de la vidéo est émouvante quand on voit le paysan sénégalais faire référence à Martin Luther-King, en disant « I have a dream »....

    Lien

  • Jack-the-Ripper
    • Posté à 18h15 le 03/06/2008
    • Internaute

    ...cette campagne contre la faim sera jugée par nos pairs comme la plus grande tentative d'esbrouffes médiatico-politiques de ce XXIème siècle,digne d'un roman d'ORWELL...L'analyse précise et exacte- MOGADISCIO,HAITI,etc...-,d'images CONTROLEES d'émeutes par les « agences TASS » du monde entier servants d'appats,en jouant les idiots utiles,où STRAUS-SKAHN et son FMI sortiront vainqueurs,cautionnables à loisirs avec ses solutions(qui n'en seront pas,comme d'hab'...)et appuiera une victoire du socialo-communisme (« capital-sympathie »...) sur SARKOZY,qui lui,bien sur,continue de jouer les « méchants » et affreux-atlantistes(coup de gràce au libéralisme,et à partir de là,on peut dire que l'aventure commence ! )...bien joué,mais un peu GROS ! ...Avant de faire « Y have a dream »,on commence tout d'abord par vous endormir.logique.

  • Julien Potron
    • Posté à 13h59 le 04/06/2008

    Sympa Patrick du 14, d'avoir pensé à nous...

    Cette vidéo décrit très bien la situation des paysans initiateurs du projet ECOSEN, qui vivent non loin du village de Ibrahima Diop.

    Avis aux amateurs qui souhaitent rencontrer ces citoyens du monde et leur donner un petit coup de main par micro crédit interposé...

    Rendez-vous sur Lien

    Merci encore pour cet article et la mise en lumière simple et efficace des quelques problèmes qui touchent l'agriculture du Sud.

    Merci Rue 89 et Madmundo.tv

  • dan76
    dan76
    agent sncf
    • Posté à 14h03 le 04/06/2008
    • Internaute
      agent sncf

    salut,,la tour de babel ,ils sont tous là.ceux du nord,ceux du sud ,les chefs d'états africains ,commes les responsables des pays les plus riches ,tous réunis au chevet d'un milliard de personnes frappés dans le monde par la malnutrition.il faut sauver les pays pauvres de la famine,et je suis d'accord sur l'objectif formulé par le secrétaire de l'onu « “augmenter la production alimentaire mondiale de 50%d'ici 2030”“des images que j'ai vu sont insupportable ! ! !

  • zorbek
    • Posté à 21h08 le 04/06/2008
    • Internaute

    C'est pourtant écrit en gras ci-dessus mais c'est à croire que personne ne l'a lu :
     »...Ibrahima Diop, pour qui l'ouverture UNILATERALE des marchés a conduit à la situation actuelle »

    Si on veut vraiment les aider, on pourrait commencer par écouter ce que dit I. Diop, et en tirer les conséquences : arrêter l'ouverture unilatérale des marchés, cela veut dire arrèter la PAC, arrêter nos subventions aux exportations, diminuer nos barrières douanières.

    Inonder les pays du tiers-monde par notre surproduction agricole (americaine ou européenne) largement subventionnée a un effet mortel sur les paysans du tiers-monde, qui face à cette concurrence des pays riches, ont été conduits à une paupérisation croissante et à l'abandon de leur savoir-faire : aujourd'hui, ils meurent...

    Mais c'est évidemment beaucoup plus confortable d'institutionaliser le protectionisme sous couvert de lutte contre la mondialisation que de regarder en face les conséquences directes de notre politique...