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Bras gauche de la Vénus de Millau

Au festival Mythos, l'heure des contes a sonné

Pour la première fois, j'ai la chance de pouvoir suivre le festival rennais Mythos, treizième du nom, sur toute sa durée. Ramené à cinq jours… et cinq nuits, au lieu des sept des éditions précédentes : une véritable chasse au trésor, un parcours personnel que l'on se doit de baliser au gré des 42 spectacles proposés par Maël Le Goff et son équipe.

Retour sur mon festival, mes rencontres et mes coups de cœur dans cette grande fête des mots et de la parole. Les contes, ça commence toujours par la faim et la soif de dire, de passer, de tracer, transmettre, sa part du « je » aux uns et aux autres.

A chacun son festival. Le mien aura été marqué par ceusses qui viennent nous titiller les méninges sur la vie, la mort, mais également par les maîtres du loufoque, et les chanteurs d'amouuuur !

Dès lundi, Jules Edouard Moustic, nous alertait en signalant « qu'aujourd'hui, lorsqu'un vieux se meurt, c'est une télévision qui reste allumée ».

Pepito Mateo (Thibault Brière).« O rage, ô mes escarres », clame Pepito Matéo. Lui qui aime beaucoup Vialatte ne manque pas de rappeler que nous ne sommes que poussière, d'où la pertinence de l'invention du plumeau.

L'humour, pour mieux nous faire accepter la rudesse de la vie

Son spectacle « Dernier rappel », troisième volet d'une trilogie (avec « Parloir » et « Urgence »), est un voyage dans le temps, une réflexion sur la vieillesse et la place de chacun dans le grand cirque. Chez cet acteur du réel et de l'imaginaire, l'humour est une forme de politesse, pour mieux nous faire accepter la rudesse de la vie.

Cet homme a marqué ma semaine. J'ai découvert un sage, profond et décalé. Un professeur de philosophie qui définit son rôle comme suit : les mots, à travers les religions, expliquaient l'inexplicable, donnaient un sens à la vie. Nous, les conteurs, sommes des espèces de prêtres mais au lieu de dire « il faut croire à ça, à notre parole », on dit « croyez à ce que vous écoutez, à votre façon ».

J'avais choisi de me faire guider dans le festival par un conteur, Pepito a accepté. Aujourd'hui, je me retrouve avec 2h30, d'entretiens avec lui, une mine ! Il me faudra du temps pour en extraire la substantifique moelle. A ses côtés, j'ai pris une grande leçon d'humanité.

Des funambules, entre les histoires glanées et les ressentis du public

Bon, le conte d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec les veillées au coin du feu, aussi sympa fussent elles. C'est un art à part entière qui cherche encore sa reconnaissance officielle. Grâce à Mythos, la route est grande ouverte…

Si la cécité peut être un point de vue sur le monde, les conteurs se chargent, chacun à sa manière d'ouvrir les portes de la perception, entre l'imaginaire et le réel. Ils sont des funambules, entre leurs histoires glanées, collectées, et mixées, et les ressentis du public.

Merci à Yannick Jaulin pour son spectacle « Terrien », autofiction intime, où l'auteur raconte un fragment de sa propre vie. Il y parle de son enfance et du chemin parcouru. L'artiste s'y met à nu. (Voir la vidéo)



Avec « Words, words, words », Cédric Gourmelon, interroge, interpelle l'œuvre de Léo Ferré. Poète, vos papiers ! Ce n'est pas un hommage au grand Léo, plutôt comme un cheminement heurté dans une œuvre composée de textes vocifératoires et lyriques. Surprenant !

Il y a aussi le « cas » Mazzuchinni ! Un drole de zigue, qui convoque, tour à tour Lacan ou Tosquelles, au gré de ses « tchatchades », patchwork de textes dézingués, prétexte à discutailler des choses qui nous turlupinent, nous obsèdent.

Il visite les vécus poético-bizarres, via des textes de Serge Valetti, son chien Pile Poil à ses côtés.

Fred Tousch (Thibault Brière).Ne remuez pas le couteau dans l'appelé, en me disant que vous avez pleuré de rire au show de Fred Tousch, s'il vous plait. Merci. Je l'ai loupé.

Salutaire quand la culture tend à devenir un produit marketing

La Taverne Münchausen (Thibault Brière).Je me suis tout de même musclé les abdos avec les improvisations loufoques, fantasques et mythomaniaques des compères de la Taverne Münchausen, grand succès du festival.

What else ? Un café et un petit cour de « Top Management » avec Xavier Brossard. Ce pastiche du coach briefant les « happy few » d'un séminaire « management et culture », est very bien vu, au moment où la culture tend à devenir un produit marketing comme les autres. Hilarant et défoulatoire.

Il y avait également Jérôme Rouger, Rachid Bouali mais aussi Alice Fahrenkrug et Cecile Delhommeau, dans « La Conserverie de vieux », thématique proche de celle de Pépito Matéo, sur la finalité de la vie. Emotion, humour noir. Spectacle élu « coup de cœur » par les professionnels.

Il n'y avait que des conteurs ? Que nenni, il avait aussi des chanteurs de mots. Moins que les années précédentes, moins ambiance « Francofolies de Rennes », et plus dans un « format » intimiste, version cabaret (Fersen, Cabine, Audrain, Zaza Fournier, Samy Decoster, Saule, Grace…).

Il y avait « le » Murat ! Si on peut faire fi de son égo surdimensionné, de sa suffisance, mettre de côté la manière dont l'Auvergnat, qui sans façon, monte sur ses grands chevaux comme une starlette au haras, comme le dit Marie, croisée après la messe, ce soir, « nous avons vu Dieu ».

Mais mis a part sa personnalité, le fait est que son public était au rendez vous, dans une ambiance d'église, où les mouches avaient interdiction de violer l'espace aérien. Bon, s'il suffit d'avoir une voix de nez pour être comparé à Dylan ou Manset….

J'ai bien plus apprécié la performance d'Alexis HK, ses textes ciselés, son élégance musicale, et sa classe joliment décalée.

Vu également Kent, loin de Starshooter, reconverti en doux crooner au coin du feu. Grand succès lors de sa séance de dédicaces, où ses ex-fans des eightees, métamorphosées en mères de familles BCBG, trépignent en pogotant sagement du talon.

La Casa (Thibault Brière).Une belle découverte en clôture du festival, le groupe La Casa. enfants de Morricone et de Calexico. Mélange savamment dosé de rythmes électroniques, de trompettes chaudes, de guitares arides et de textes inspirés. Olé…

Vivement l'année prochaine.

Photos : Thibault Brière.

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Portrait de firenze1

De firenze1

écrivaillon | 13H47 | 06/05/2009 | Permalien

Dites Monsieur Mouloud, si j'ai bien compris, le compte est bon.
Mais vous parliez de substantifique moëlle.

Est ce celle dont raffolait François Rabelais, qui voulait rompre l'os pour la sucer ?
Parce qu'il avait dit aussi que selon le sage Salomon : « Sagesse n'entre pas en âme malveillante et que Science sans Conscience n'est que ruine de l'âme ».

Je vous dit ça Mr Mouloud, parce que je voulais être sur de bien avoir compris, et que j'ai bien aimé comme vous avez parlé des conteurs.

Portrait de dulconte

à firenze1 Portrait de firenze1 De dulconte

Mordu par un fachogarou | 14H57 | 06/05/2009 | Permalien

ah non le conte est bon : )

Portrait de Charles Mouloud

à firenze1 Portrait de firenze1 De Charles Mouloud (auteur)

Bras gauche de la Vénus de Millau | 07H54 | 07/05/2009 | Permalien

Des points de vue philosophique ou métaphysique, la substance est la réalité permanente qui sert de substrat aux attributs changeants.

La substance est ce qui existe en soi, en dessous des accidents, sans changements ; ce qui en fait un concept synonyme de l'essence.
Elle s'oppose aux accidents variables, qui n'existent pas en eux-mêmes, mais seulement dans la substance et par la substance. Le terme vient du latin substare, se tenir debout ; de substantia, ce qui est dessous, le support.

Dans son sens premier, la substance est conçue comme existant par soi, car, dans le cas contraire, elle serait attribut d'un autre être et substance seulement dans un sens relatif.

Cela pose la question de savoir quels sont les êtres qui sont sans le secours d'aucun autre, qui sont donc substance en un sens premier et absolu.

Je pense que là c'est plus clair, non ? ! : )

Portrait de dulconte

De dulconte

Mordu par un fachogarou | 14H13 | 06/05/2009 | Permalien

Salut M'sieur Charles,

merci pour ce très lyrique compte rendu du festival. En Syrie, un conteur du nom de Kifah al-Khous nous disait que l'art du conteur c'était l'art du silence, depuis cela m'accompagne à chaque spectacle : le difficile, le terrible art du silence. C'est tellement long un dixième de seconde de silence face à une foule aussi large ou aussi petite soit-elle.
Je ne suis pas d'accord avec toi sur un point, le conte à toujours été un art à part entière, même, surtout, autour du feu. le conteur c'est après tout celui qui ment pour révéler une vérité plus grande. D'ailleurs en Espagne le conteur se dit Cuentero en Argentine par contre c'est le menteur, l'affabulateur. C'est d'ailleurs une chose assez merveilleuse en espagnol, presque tous les pays hispanophones possèdent leur propre mot pour désigner le conteur, le cuentero, le narador, le narador oral. Ils se retrouvent tous sur une mot magnifique cuentacuentos (celui qui conte des contes). Et comme tout est obligatoirement simple dans ce monde hispanophone el cuento c'est le conte, mais c'est aussi la nouvelle.
Tu as eu bien de la chance de rencontrer ce grand bonhomme qu'est Pepito Mateo, j'espère lire la substantifique moelle de cette rencontre très bientôt.
Merci m'sieur. Pis bon un festival qui accueille Fersen, ne peut-être qu'enchanté.

j'ai envie de clore avec un autre conteur incroyable, dont je ne comprenais ni la première ni la dernière parole et qui pourtant m'a fasciné pendant plus d'une heure. C'était dans une petite maison de thé derrière la Mosquée Ommeyade de Damas. Un conteur dans la plus pure tradition arabe, monsieur Rachid Alhallak

Mais connais-tu l'origine de tous les contes ?
Dans une église de Normandie, un homme, Eugène Guignon nous a révélé cet incroyable secret : le tonneau magique

Portrait de Charles Mouloud

à dulconte Portrait de dulconte De Charles Mouloud (auteur)

Bras gauche de la Vénus de Millau | 16H06 | 06/05/2009 | Permalien

« Je ne suis pas d'accord avec toi sur un point, le conte à toujours été un art à part entière, même, surtout, autour du feu. le conteur c'est après tout celui qui ment pour révéler une vérité plus grande. »

Je ne pense pas le contraire, mais pour reprendre les propos de Mael Le Goff,en fin de festival,il s'agit aujourd'hui de passer à la vitesse supérieure.
On parle des arts du cirque, des arts de la rue, des marionnettes, et ces formes de théâtre sont reconnues et largement aidées.

Les arts du conte et de la parole, méritent une plus large diffusion, une scène plus structurée, et un accueil plus large.
C'est en celà que que je pose la question de sa place.

Mael Le Goff et ses compères visent à créer un pôle structurant, au sein du collectif « Monde Oral », avec une mise en réseau des arts du conte, une mutualisation des moyens, une mise en lumière des oeuvres….

Ils ont pour cela des projets ambitieux et réalistes.

C'est un art, qui reste encore à part, dans le monde du spectacle,le but étant de décloisonner, de casser les chapelles , et de le faire accepter comme tel dans le monde de la culture.

Si Yannick Jaulin remplit Chaillot, bon nombre d'artistes lumineux restent encore dans l'ombre, ou du moins dans un espace d'aficionados…

Dommage pour les spectateurs, non ! : )

Portrait de déluge

à Charles Mouloud Portrait de Charles Mouloud De déluge

menuisier | 20H48 | 06/05/2009 | Permalien

En même temps, la veillée à Chaillot, ça m'inspire moyen…

Les arrières salles de bistrot ou les librairies alternatives sont plus adaptées je trouve.

Mais ça donne envie d'y aller, ce que tu racontes.

Portrait de hershellgordon

De hershellgordon

21H08 | 06/05/2009 | Permalien

chapeau pour le compte-rendu…tu donnes envie…tu donnes en vie…

Portrait de dulconte

à hershellgordon Portrait de hershellgordon De dulconte

Mordu par un fachogarou | 21H16 | 06/05/2009 | Permalien

Conter c'est donner vie à une histoire qui continue ensuite de voyager loin de son premier porteur : ).

Portrait de hershellgordon

à dulconte Portrait de dulconte De hershellgordon

21H24 | 06/05/2009 | Permalien

à vrai dire, je passe un improbable relai au fiston chaque soir…merci dul…

Portrait de dulconte

à hershellgordon Portrait de hershellgordon De dulconte

Mordu par un fachogarou | 21H27 | 06/05/2009 | Permalien

tu verras il lui en restera quelque chose : ). tu lis ou tu racontes ?

Portrait de hershellgordon

à dulconte Portrait de dulconte De hershellgordon

21H33 | 06/05/2009 | Permalien

les deux mon général ! avec emphase et grands gestes ! même que des fois, il flippe un peu tellement j'en rajoute ! depuis qu'il m'a vu jouer au théâtre, il est nettement plus rasséréné…« c'est pour de faux » me dit-il…

Portrait de dulconte

à hershellgordon Portrait de hershellgordon De dulconte

Mordu par un fachogarou | 21H51 | 06/05/2009 | Permalien

le mien il est encore pitchoun mais quand je conte il m'écoute. Je ne le fais pas assez souvent, trop de fatigue en ce moment.

c'est pour de faux, mais c'est pour de vrai ; )

Portrait de hershellgordon

à dulconte Portrait de dulconte De hershellgordon

22H09 | 06/05/2009 | Permalien

pour de vrai…pour de faux…peut-être qu'un jour on débarquera dans ta pampa…le nino et son fâcheux de daron…histoire de déclamer quelque conte !
et l'amitié !
Hebergeur d'images

Portrait de dulconte

à hershellgordon Portrait de hershellgordon De dulconte

Mordu par un fachogarou | 22H14 | 06/05/2009 | Permalien

se sera avec plaisir, venez en hivers (en france) comme ça on mettra la tente sur le toi : )

Portrait de freakfeatherfall

De freakfeatherfall

back to the primitive - fuck all yo... | 21H54 | 06/05/2009 | Permalien

j'aurais bien aimé voir ça
faudra vraiment que j'aille faire un tour à rennes un de ces jours, j'y suis jamais allé, juste passé en train pour arriver au morbihan

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