16/10/2007 à 16h43

Grenelle : on parle enfin de biodiversité et ça rigole pas !

FNE | France Nature Environnement

Dans l'esprit d'un certain nombre de personnes (trop), le gentil écolo c'est celui qui défend les petites plantes, les petites bêtes, qui joue de la guitare au coin du feu, les cheveux longs et une pâquerette entre les dents… Désolés pour ceux que nous allons profondément décevoir. Le défenseur de la nature dans le mouvement FNE, c'est plutôt costume/tailleur ou robe d'avocat pour les tribunaux (contentieux dates de chasse, Natura 2000, destruction d'espèces protégées, docs d'urbanisme…), jumelles ou loupe et Système informatique géographique (Sig) pour les naturalistes expérimentés (recueil et gestion des données naturalistes, montages des dossiers pour création d'espaces protégés puis leur gestion…).

Si la nature et la diversité biologique restent « le truc sympathique des amoureux de la nature », l'un des acquis du groupe de travail 2 « Biodiversité et ressources naturelles » du Grenelle : c'est la reconnaissance de l'importance du sujet.

Enfin, on peut, plus de trente ans après le vote à l'unanimité (fait rare) de la loi sur la protection de la nature en juillet 1976, parler de nature sans déclencher des sourires niais. Enfin, la perte de biodiversité sort de sa confidentialité pour commencer à devenir un enjeu de société ! Il était temps ! Et pour cause, non seulement, l'espèce humaine fait partie de ce grand tout qu'est la nature, mais la biodiversité est l'un des meilleurs indicateurs de la santé de notre planète. Par pitié, épargnez-nous l'argument de la disparition des dinosaures. Nous sommes au XXIe siècle et le cataclysme est insidieux, bien plus pervers qu'on ne veut bien l'imaginer. L'objectif est de ralentir le processus qui nous conduit droit dans le mur.

Dans la dernière ligne droite, nous n'épargnerons pas notre énergie pour que ressorte du Grenelle le meilleur possible qui consiste à faire de la préservation de la biodiversité un déterminant des actions publiques et privées. Et nous tenterons d'éviter le pire, toujours en embuscade, des mesures sans véritable ambition limitant l'action à des avancées qui ne changeront pas suffisamment la donne.

En d'autres termes, ce sera un « flop », si on ressort du Grenelle avec l'abandon du projet Cambior en Guyane, le lancement de trois ou quatre nouveaux parcs nationaux, la protection d'aires marines protégées et à une mesure fiscale incitative pour les propriétaires en zones humides. Toujours ça de pris mais bon, on n'avait peut-être pas besoin d'un Grenelle pour ça ! Pour ne pas être considéré comme un échec, le Grenelle doit déboucher sur des engagements et des mesures structurantes qui mettront la biodiversité au cœur des politiques et signifieront un véritable changement pour que tous les projets type Cambior ne voient plus jamais le jour, par la mise en place d'une trame verte opposable en matière d'aménagement du territoire, par un système de protection de la mer enfin vu comme un milieu naturel, par la mise en place de moyens financiers nécessaires à assurer cette protection face aux enjeux économiques classiques.

C'est le sens de notre engagement et nous resterons mobilisés jusqu'au bout et après, pour tenter de stopper l'érosion de la biodiversité.

Sandrine Bélier (pour FNE) et Christophe Aubel (pour la Ligue ROC)

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  • Bebert Cassandre
    • Posté à 18h29 le 16/10/2007

    A n'en pas douter, la préservation de l'environnement et de la diversité biologique devrait être aujourd'hui la préoccupation principale de l'humanité. Seulement l'économie mondiale est en retard d'un train. Celle-ci est basée sur la consommation, voir l'hyper consommation. La planète n'est pas une corne d'abondance et nous connaissons aujourd'hui ses limites. Les décisions qui seront prises prendront en compte les intérêts des acteurs économiques majeurs qui sévissent sur notre planète.
    Si l'effet d'annonce du Grenelle de l'environnement semble en satisfaire beaucoup, il y a fort à penser que celui-ci n'aura pas plus d'effet qu'un cataplasme sur une jambe de bois. Je ne suis guère inquiet pour les sociétés occidentales, celles-ci s'en sortiront sans y laisser trop de plumes en modifiant leur manière de vivre, au prix également de l'état de siège permanent. Les lois à répétition sur l'émigration sont symptomatiques d'une bunkérisation de l'occident. Ce n'est pas seulement l'environnement qui est en danger, c'est l'humanité tout entière.
    Ce siècle ne sera pas seulement confus, il sera apocalyptique et ce Grenelle n'y changera rien, sinon à donner bonne conscience à ses acteurs.

    • Jean-Jacques Louis
      • Posté à 19h26 le 16/10/2007
      • Internaute

      « Ce n'est pas seulement l'environnement qui est en danger, c'est l'humanité tout entière. » Vous avez mille fois raison.
      On ne peut nier l'importance de la biodiversité mais, j'en suis bien triste pour certaines espèces qui disparaîtront, il y a plus urgent.

      Le problème du moment est celui du climat. Si nous ne réagissons pas rapidement, ce ne sont pas quelques espèces d'oiseaux qui disparaîtront mais bien tous les oiseaux et avec eux une bonne partie de l'humanité.

      Il y a quelques mois, à Bruxelles, j'ai participé au pacte écologique qui réunissait les présidents des partis francophones belges. C'était nul. Ces gens sont incompétents et irresponsables. Les mesures envisagées par ces imbéciles se situaient entre 2020 et 2050. Ils auraient aussi bien put dire entre 2200 et 2250. En fait, ils décidaient de ne rien décider. Et je crains fort que le Grenelle de l'environnement soit du même tonneau. Au moment où le problème des gaz à effet de serre est unanimement reconnu, il se trouve des inconscients pour encore construire des centrales thermiques au charbon. On croit rêver. Mais hélas, c'est un cauchemar.

      Et l'utilisation des biocarburants est encore plus catastrophique. Non seulement, à cause de leur mauvais rendement thermique, ils dégagent encore plus de CO2 par kWh mais en plus, ils consomment des terrains normalement prévus pour la culture céréalière. Pour tout arranger, en modifiant localement l'écosystème, les cultures destinées à ces biocarburants vont encore compromettre la biodiversité.

      Cela me fait mal de l'écrire mais, à court terme, l'électronucléaire est la moins mauvaise solution. À moyen terme, nous passerons aux énergies alternatives et nous nous occuperons de la biodiversité.

      • Rascadillac
        • Posté à 23h07 le 16/10/2007

        Pour habiter à la campagne, nous avons pu constater directement les effets néfastes des changements climatiques. Je pense que les vrais problèmes seront plus rapides à venir. Cet été, grosso modo, l'Europe été partagée entre la sécheresse l'est et les pluies incessantes à l'ouest. En Hongrie : des hectares de maïs à perte de vue grillé, le tournesol pareil, en France : le blé pourrissait avant la récolte, la paille et le foin pourri également. Si cela se reproduit encore consécutivement dans les quelques années qui vont suivre, l'agriculture et l'élevage vont recontrer de grandes difficultés, les stocks vont en prendre un coup et le prix de la nourriture risque d'augmenter.
        Le système économique utralibéraliste veut résoudre le problème de l'environnement escomptant par là perdurer ad vitam aeternam, comment lui faire comprendre que le problème c'est lui-même ?
        L'humanité rencontre sa première problématique névrotique.

  • Anonyme

    J'ai également un gros doute..... Les mesurettes seront quand même mieux que rien du tout mais il s'agit là maintenant d'une refonte de notre système économique basé sur la consommation à outrance, et il est étrange de constater que le rapport Attali percute de plein fouet le Grenelle de l'environnement. On nous dit qu'il faut une croissance plus forte donc une consommation en extension, des principes de précautions à rayer de la carte….

    Sauf erreur, la consommation telle qu'elle se pratique sous notre ciel est dévastatrice pour la planète. J'attends avec curiosité ce qu'il en ressortira, mais hélas en plus de la curiosité, il y a angoisse !

  • Anonyme

    Les participants du grenelle de l'environnement ont des présentations continuellement négatives de l'avenir prévisible : le réchauffement climatique est effroyable, même s'il signifie moins de chauffage, plus d'eau dans les barrages et un climat de riviera en Bretagne... De même il semble que l'on découvre que des espèces disparaissent. Est ce bien nouveau ? Le refus de prendre en compte la disparition des dinosaures n'est pas un argument. N'y aurait il pas des espèces qui naissent ? Pourtant on nous dit que l'Homo Sapiens n'est pas si vieux que ça. Serait il possible d'avoir une vision plus compléte de l'évolution de la planète ? Tout simplement pour devenir durablement crédible.

    • Rascadillac
      • Posté à 23h42 le 16/10/2007

      Oui de nouvelles espèces naissent : l'homo-tchernobilus, avec quatre bras et l'homo-ogm-us, grâce à ses 43 chromosome à la 21 paire il peut regarder la télé pendant 72 heures d'affilés sans baver.

  • Anonyme

    S'il ne s'agissait que de biodiversité...
    C'est bien d'un changement radical et profond de société dont il s'agit. Je ne m'appesantis pas plus.

    • Rascadillac
      • Posté à 23h40 le 16/10/2007

      Entièrement d'accord. Mais qui est prêt à abandonner son téléphone portable et à parler avec ceux qui sont présents autour, à manger moins de viande, moins de plats tout cuisinés qu'on a juste qu'à mettre au micro-onde, et à manger moins de façon générale, qui accepterait de lacher sur l'apparence vestimentaire et le « look » en s'habillant local, de façon plus simple, plus durable que la mode, et importé de Chine, qui accepterait de se soigner avec des méthodes plus « rudimentaires » que la chimie antibio des laboratoires, qui accepterait de ne prendre qu'une ou deux douches par semaine et d'utiliser des toilettes sèches, qui renoncerait à acheter du mobilier en bois exotique, qui accepterait de recycler les objets au lieu de courrir au supermarché dès qu'il a besoin d'un truc, qui accepterait de ne plus prendre sa voiture pour aller au marché aux légumes qu'il devra ensuite cuisiner à la main mais de marcher, ou de prendre son vélo (même s'il pleut), ou sinon, de prendre un inconnu à son bord lorsqu'il se déplace sur une longue distance en crevant de chaud parce qu'il n'y a pas la clim, en bref, qui est prêt à changer radicalement ses habitudes, son mode de vie son alimentation, ses rapports à l'autre, et à sacrifier de son confort, comme s'il devait subitement vivre sur une nouvelle planète inconnue ?
      Je pense que pour en arriver à ce changement, il faudrait d'abord commencer à préparer les consciences. (Voilà un truc à leur proposer aux grenelliens.) Nos concitoyens sont-ils prêts à accepter un changement ? Souvent on est d'accord pour le changement, à condition que ce soit l'autre qui change.
      Et les supermarchés, les pétroliers, les marchands d'armes, les nucléariseurs, les laboratoires pharmaceutiques, les télécoms, les insdustries, les médias, les compagnies des eaux, d'électricité, les boursicoteurs, les lobbies, etc, que vont-il dire de tout ça ? « D'accord pour un changement radical de la société, mais à condition que nous gardions notre domination sur le monde.... “
      c'est pas gagné

      • Anonyme répond à Rascadillac

        On est quelques uns quand même ; )

        Quand on a des convictions, on les met en pratique...

         
        • Anonyme

          Je mets en pratique ces façons de vivre depuis plusieurs années. Personnellement, à l'usage, je trouve cela de pus en plus passionnant. Mais trois choses.
          1) il faut avoir trouver un contexte dans lequel ce changement de vie est possible. A la campagne, c'est plus facile qu'en appartement en ville par exemple.
          2) il apparaît qu'au fur et à mesure qu'on cherche à vivre au plus proche de « naturel » (attention, je ne veux pas dire « hippie », mais en s'accordant avec la logique d'un mode de vie attentif au conséquences de sa propre activité sur l'environnement) et plus on se décale de la société et de ses modes de fonctionnement. Parce qu'on ne raisonne plus de la même façon. On peut parfois passer pour une sorte d'extra-terrestre ou de plouc aux yeux des autres, voire se faire gentiment exclure. Il faut l'assumer.
          3) Pour un citadin standard ou un citoyen type mais de bonne volonté qui veut se lancer dans ce changement, il y a un pas à franchir qui peut être intimidant au départ. Aller passer un ouiquinde à la campagne à la rustique, oui, mais se mettre à vivre comme ça tout au long de l'année, c'est plus difficile, du moins au début, parce que, sans nous en rendre vraiment compte, nous sommes farcis de concepts, de formatages divers sur la façon de vivre, sur l'hygiène, sur l'alimentation, le chaud et le froid, la santé, le bien et le mal, etc. Et on est progressivement confronté à ces freins, qui peuvent en décourager certains.
          Mais pour conclure, je dirai que c'est une expérience plus profonde qu'elle en a l'air. Cela nous montre nos forces et nos limites, et on s'aperçoit qu'elles n'étaient pas là où on le croyait. Cela nous mets dans le concret, et pourtant aussi en relation avec des aspects du monde et de l'univers auxquels on est pas habitué à se référer.
          Il y a des gens qui vivent de cette façon, et c'est très bien. Beaucoup de villages en France sont complètement abandonnés, alors que de nombreuses personnes s'emmerdent en ville à aller bosser sous anti-dépresseurs. Peut-être que certains d'entre eux trouveraient leur compte à tenter cette aventure. Re-ruraliser la France (au moins un peu plus) voilà ce qui m'apparaîtrait comme une petite solution pas trop mal. Les néo-ruraux s'adaptent assez bien quand ils sont motivés. Certains venant de la ville arrivent à devenir paysans. Il y aurait là beaucoup à débattre sur les possibilités de préserver la bio-diversité, d'empêcher de grosses firmes agricoles de s'accaparer les parcelles cultivables pour faire de la monoculture extensive, pour développer les moyens énergétiques quasi autonomes et peu polluants (éolien, bio-méthane, solaire, etc) et surtout sauver ce qui reste d'humanité en nous.

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    Certaines reactions laissent rèveur.
    Comme si vous allez avoir le choix ! Le changement radical c'est pas une « image “ . Certains modèles laissent peu de survivants ; Et je les vois plutot treillis rangers . La Derniere glaciation n'avait pas plus de 4 degrés de moyenne d'ecart avec maintenant . Elle s'est accompagnée de cata enormes : animaux broyés , carnassiers et herbivores reconcilliés a plus de 500m d'altitude ds des failles . des trucs genre 800 squelettes ds 120 metres carrés . ......
    On va pas seulement otter un pull !
    Le seul espoir est que les hypothèses les plus courants serait des causes exogènes pour les cata . Va falloir se remettre a prier .
    Dites a vos enfants de ne pas nous pardonner :
    NOUS SAVONS CE QUE NOUS FAISONS
    B Kercoz

  • Anonyme

    Anonyme de 21h40 (16/10) @ Rascadillac

    Qui est prêt à.....

    Je ne me serais jamais permis d'écrire ce post si :
    jamais eu de voiture, de télévision, de téléphone portable....je m'arrête là pour faire court.

    En fait j'ignorais que j'applique depuis toujours - et sans tristesse je vous le garantis - ce précepte de Gandhi (parait-il et d'ailleurs peu m'importe l'étiquette) : Vivre simplement pour que simplement d'autres puissent vivre.
    J'ajoute seulement que ceux qui me connaissent ne m'ont jamais abreuvée de railleries, étonnant, non ?

  • Madiran
    • Posté à 09h13 le 18/10/2007

    Al Gore et Nicolas Hulot, eux, ont parfaitement compris que le développement durable est un « business ».

    Annoncer des catastrophes pour supprimer les golfs afin d'économiser l'eau, est une façon aussi efficace pour économiser l'eau que de dire à Bercy de ne pas faire n'importe quoi avec nos industries pour « économiser » les emplois !

    Notre planète bleue va mal...
    Parce que nos poubelles sont trop pleines et nos tris pas assez sélectifs ! ? ?
    Pourquoi chercher un bouc émissaire, à l'heure ou justement la vente des 4X4 augmente comme jamais...

    Le dérèglement climatique n'est pas que climatique...