Le jour où le Rwanda a basculé : le récit minutieux de Guichaoua

Comment faire avancer la connaissance sur le génocide rwandais ? Chaque année, début avril, la question revient. Parfois, les réponses progressent. Dans son pavé « Rwanda, de la guerre au génocide », André Guichaoua restitue les dynamiques sociales du printemps 1994. Avec quelques angles morts et de vraies lumières.

C'est un observateur engagé : début avril 1994, il était au Rwanda. Il a vu. Puis il a compté les amis, les collègues et les connaissances disparus dans les massacres. Seize ans et quelques dizaines de procès comme expert plus tard, il publie sa première synthèse générale sur les dynamiques sociales du génocide aux 800 000 morts.

Spécialiste du développement, l'universitaire est un africaniste qui connaît parfaitement la classe politique des Grands Lacs. Lorsqu'il évoque les premiers massacres, notamment ces jours (du 7 au 12 avril) qui ont vu le pays basculer dans la violence extrême, sa description est minutieuse.

Agathe Kanziga, l'épouse, décisive dans les premières heures

Par exemple sur le rôle qu'Agathe Kanziga a pu jouer dans les assassinats ciblés d'opposants, dans les heures qui suivent la mort de son mari, le président rwandais Juvénal Habyarimana. Le 6 avril 1994, ce dernier meurt dans l'attaque contre son avion, avec son chef d'état-major. L'attentat qui marque le début du génocide contre les Tutsis et les Hutus modérés. (Voir la vidéo)


L'un des apports de son analyse réside dans le récit du jeu interne qui oppose les radicaux aux modérés :

  • officiers du Nord contre officiers du Sud
  • politiques du MRNDD (le parti présidentiel) contre opposants des nouveaux partis
  • militaires contre civils

Il en tire que la conclusion que le génocide n'était pas inéluctable.

Au coeur de la polémique, l'ambassadeur de France à Kigali

Autre sujet de discorde : l'attitude des diplomates français pendant la crise. Guichaoua raconte comment l'ambassadeur de France à Kigali, Jean-Michel Marlaud, transforme la délégation française en annexe du gouvernement génocidaire.

Les griefs sont lourds, nombreux et vécus. A commencer par le refus constant d'évacuer les personnels rwandais travaillant pour la diplomatie française. André Guichaoua est catégorique : l'ordre venait « du poste », pas du ministère. (Voir la vidéo)


Au fil de cette longue exploration des ressorts de la politique rwandaise, le lecteur pourra regretter l'absence des militaires français.

L'impossible piste des financements du génocide

Dans les traits lumineux qui éclairent cette analyse, celui sur le financement du génocide mériterait un ouvrage en soi. André Guichaoua, qui fut expert sur le procès belge d'Alphonse Higaniro, ex-directeur général de la Société rwandaise des allumettes (Sorwal) a tenté de remonter la piste de l'argent.

A Kigali, il a tracé les détournements réalisés par une poignée d'hommes d'affaires. Jusqu'à ce que les autorités actuelles lui interdisent d'aller plus loin. Arguments invoqués :

  • cela compromet la reconstruction du pays
  • il est temps de tourner la page

André Guichaoua a aussi une vision plus réaliste du problème :

« Ces dossiers là de financement du génocide pouvaient aussi poser des problèmes aux gens du FPR [Front patriotique rwandais, parti au pouvoir après avoir chassé les génocidaires, ndlr] ou à des ralliés du FPR.

Valens Kajeguhakwa, devenu le financier du FPR, était un ancien du système Habyarimana. Pasteur Bizimungu, devenu président de la République, était un ancien responsable de la Bacar, cette banque où il y avait beaucoup de mouvements suspects. Donc, ils n'ont pas voulu que soient visés des gens que le FPR avait recyclé. »

Sans oublier la responsabilité des bailleurs de fonds internationaux :

« Le deuxième élément est que les mouvements en question étaient pour la plupart des financements détournés des bailleurs de fonds internationaux.

GBK, le grand projet financé par la Banque mondiale, a été la vache à lait de la corruption du régime pendant des années et des années. Les bailleurs ne souhaitaient pas que l'on rentre dans ces dossiers. Même chose pour l'Union européenne. »


Enfin, il faut saluer l'extraordinaire travail de documentation effectué à l'occasion de la sortie du livre, relayé par un site où des dizaines de documents d'archives sont librement accessibles.

28 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Saloth Sar-

De Saloth Sar-

Guerrier Rouge Brun | 11H47 | 04/04/2010 | Permalien

"André Guichaoua est catégorique : l'ordre venait « du poste », pas du ministère"

Tout est dit.

Les contempteurs de l'état français soit-disant complice peuvent maintenant se taire.
On peut toujours rêver....

Portrait de Innsa

à Saloth Sar- Portrait de Saloth Sar- De Innsa

13H03 | 04/04/2010 | Permalien

Lorsqu'on fait une citation, il faut la prendre au début:
"A commencer par le refus constant d'évacuer les personnels rwandais travaillant pour la diplomatie française. André Guichaoua est catégorique : l'ordre venait « du poste », pas du ministère."

On parle d'un aspect: refus d'évacuer le personnel rwandais.

Le reproche sur la complicité de l'état français ne porte pas sur l'évacuation du personnel rwandais de l'ambassade mais bien sur le financement et la partie militaire.

Et comme l'indique l'article le sujet sur le financement a été bloqué et celui sur les militaire: "Au fil de cette longue exploration des ressorts de la politique rwandaise, le lecteur pourra regretter l'absence des militaires français."

J’ajouterais qu’il n’y a absolument aucun reproche qui est fait à la population, au peuple français. Il s’agit des décisions qui sont prises par les hommes politiques.
Nous commençons a percevoir ce que certains de nos hommes politiques sont capables de faire en France, pour le pouvoir ou pour l’argent à travers toutes les affaires de corruption et autres. Ne soyons pas naïfs pour croire qu'ils se transforment en anges lorsqu'il s'agit de prendre des décisions sur des pays à plusieurs milliers de km d'ici.

cdt

Portrait de HabitantDeLaTerre

à Saloth Sar- Portrait de Saloth Sar- De HabitantDeLaTerre

Internaute | 14H51 | 04/04/2010 | Permalien

Si vous faisiez l'effort d'écouter réellement l'interview, fainéant, vous verriez que ce n'est pas tout à fait vrai...

Portrait de Michel5

à Saloth Sar- Portrait de Saloth Sar- De Michel5

16H57 | 04/04/2010 | Permalien

"Rouge Brun"

En effet, tout est dit.

Portrait de Désinscrit le 19 avril

De Désinscrit le 19 avril

12H05 | 04/04/2010 | Permalien

monsieur est excessivement souriant pour un tel sujet... il est complètement désarmé, on dira... Y a bon, sorwal à côté, transfères bancaires non cachées, ça ne peut que faire sourire... http://adjimdanngar.wordpress.com/

Portrait de 14240

De 14240

retraité | 13H01 | 04/04/2010 | Permalien

Bon article.....jusqu'au prochain, qui dira le contraire?....+1

Portrait de Aloïs

De Aloïs

Etudiant | 13H25 | 04/04/2010 | Permalien

Quelle honte ! Non mais quelle honte !

"« Ces dossiers là de financement du génocide pouvaient aussi poser des problèmes aux gens du FPR [Front patriotique rwandais, parti au pouvoir après avoir chassé les génocidaires, ndlr] ou à des ralliés du FPR. "

Comment pouvez-vous écrire cela ! Le FPR n'est pas le héros de ce génocide, il en est le responsable ! Regardez la situation au Rwanda aujourd'hui, les opposants politiques sont entravés, menacés, torturés, le peuple est spolié de ses terres, de ses propriétés. La famine grangraine toute la population, la peur d'être arrêté par les tribunaux gacaca aussi.

Comment peut-on parler du Rwanda sans condamner le rôle pré-prondérant du FPR, son régime dictatorial . Renseignez-vous autrement que par les chienchiens du FPR:

http://www.musabyimana.be/lire/article/qui-de-la-planification-du-genoci...
http://www.musabyimana.be/lire/article/reflexions-sur-le-genocide-rwanda...

Le colonel Bagosora a été jugé INNOCENT par le TPIR, alors que le FPR de Kagame a tout fait pour le faire accuser. Victoire Ingabire est accusé de révisionnisme pour avoir dit que le génocide devait aussi inclure la mort de hutu !

Rue89 est vraiment un média de caniveau.

Portrait de Jacques06

à Aloïs Portrait de Aloïs De Jacques06

étudiant | 14H38 | 04/04/2010 | Permalien

Vous êtes choqués que l'on accuse Victoire Ingabire de révisionnisme?
Ah! Mais que ne voit-on là poindre le nez de la fameuse théorie du double génocide!
Un génocide Hutus - un génocide Tusti = 0 génocide, c'est un peu ça l'idée non?

Et bien entendu le FPR, tutsi par définition, est responsable du génocide de sa propre ethnie, je ne me trompe pas? 800 000 morts en 4 mois...
..mais aussi des pogroms et des tueries sporadiques depuis des décennies, ça aussi c'est à cause du FPR?

Je crois que la honte elle est plutôt de ne pas vouloir affronter la vérité, de persévérer dans un négationnisme d'une hypocrisie sans nom.
Lisez les témoignages des génocidaires ("Une saison de machettes" de Jean Hatzfeld par exemple), vous y comprendrez qu'il y avait bel et bien un génocide, planifié, orchestré et voulu par les Hutus (ou du moins le gouvernement).
Le FRP était une armée, ils ont commis des crimes de guerre pas un génocide, et la différence est énorme.

Le gouvernement rwandais peut-être accusé de bien des défauts que je ne récuse pas, mais on ne peut en aucun cas mettre les dirigeants actuels dans même panier que les génocidaires.

Portrait de Aloïs

à Jacques06 Portrait de Jacques06 De Aloïs

Etudiant | 15H02 | 04/04/2010 | Permalien

Pauvre de vous. Premièrement je n'ai jamais dit qu'il n'y avait pas de génocide, mais que les victimes étaient autant tutsi que hutu.

Car le massacre orchestré par le FPR (responsable de l'assassinat du Habyarimana) a fait des morts tant du côté des tutsi que du côté des hutu. Ce massacre politique, visait à éliminer tous les opposants au régime FPR, afin que celui-ci puisse reconquérir le pouvoir perdu après l'indépendance. Les exilés tutsi ont souvent voulu récupérer le pouvoir, après avoir commis un coup d'état en Ouganda pour assoir au trône Musevi, l'armée du FPR a commis de nombreux attentats au Rwanda afin de saper le régime de Habyarimana. Lisez les liens que j'ai mis dans mon commentaire. L'homme qui tient ce site a écrit de nombreux pour ouvrages pour dénoncer la mascarade qui tourne autour de ce génocide.

Il n'est pas question de nier le massacre perpétué contre les tutsi, mais il ne faut pas nier que des milliers de hutu ont été tué. Il faut aussi savoir que le FPR a massacré des réfugiés TUTSI dans des camps ! Etonnant pour des personnes voulant arrêter le massacre que d'en perpétuer d'autres.

Portrait de Michel5

à Aloïs Portrait de Aloïs De Michel5

16H54 | 04/04/2010 | Permalien

Encore un négationiste sans âme qui propage le théorie du double-génocide... Un Hutu génocidaire réfugié en France, peut-être ?
On sait qu'ils sont légions...

"Car le massacre orchestré par le FPR (responsable de l'assassinat du Habyarimana) ..."
Assertion gratuite, évidemment sans fondement.

Portrait de Danjaz

à Michel5 Portrait de Michel5 De Danjaz

Etudiant (Droit et bientôt communic... | 21H20 | 04/04/2010 | Permalien

"Encore un négationiste sans âme qui propage le théorie du double-génocide... Un Hutu génocidaire réfugié en France, peut-être ?
On sait qu'ils sont légions..."

Reste poli, tu t'rends pas compte de c'que tu dis ? C'est super déplacé et super blessant.

Portrait de Michel5

à Danjaz Portrait de Danjaz De Michel5

00H07 | 05/04/2010 | Permalien

Moi c'est le négationisme français que je trouve déplacé et super blessant. Je réponds en fonction du propos...

Portrait de Danjaz

à Michel5 Portrait de Michel5 De Danjaz

Etudiant (Droit et bientôt communic... | 16H53 | 05/04/2010 | Permalien

En gros, quand quelqu'un n'est pas d'accord avec toi, tu le traites de criminel... Il me semble juste que la personne à qui tu disais ça affirmait que des morts y'en avait eu des 2 côtés (ce qui n'est pas faux il me semble). En quoi c'est du négationnisme ? Durant la 2° GM, y'a eu beaucoup de civils allemands qui ont été tués. Ce n'est pas réfuter les actes du III° Reich, c'est juste une vérité.

Après, j'ai l'impression que le problème au Rwanda est trop souvent vu d'un angle rwando-rwandais. J'crois qu'il faut surtout souligner la responsabilité des belges qui ont usés du prétexte de l'ethnie pour maintenir un certain ordre, mais aussi le manque de courage de la communauté internationale, et qu'on le veuille ou non, les dirigeants français de l'époque ont une part du sang qui a coulé sur leurs mains.

Portrait de flackyonbox

à Aloïs Portrait de Aloïs De flackyonbox

Humain francais | 18H11 | 04/04/2010 | Permalien

Le fait est que les Hutus ont toujours étaient oppressés par les Tutsis. Il es évident que le génocide, comme tous les précédents, avait pour objectif de se débarrasser de cette caste dominante. Mais les Tutsis ont sus se montrer plus fort militairement et mediatiquement.
Mais votre commentaire m' évoque surtout la recherche de l'initiateur: qui de l'oeuf ou la poule ?
N'oublions pas que le FPR était constitué des enfants de Tutsis qui avaient fuit le Rwanda à la suite de persécutions et de meurtres perpétrés par les Hutus contre leur communauté. C' est en Ouganda, où ils constituèrent des combattants d'élite de Museveni, qu'ils font leur classe. Puis lorsque Museveni voulu se débarrasser de ces encombrants soldats il leur facilita la prise de pouvoir dans leur pays d'origine.
Mais on peut remonter toujours avant. Si de nombreux Tutsis ont été malmené c'est qu'ils oppressaient les Hutus ...
Il n'y a ni gentil ni méchants il y a des intérêts différents et des morts...

Portrait de LienRag

à flackyonbox Portrait de flackyonbox De LienRag

19H39 | 04/04/2010 | Permalien

Le fait est que les Hutus ont toujours étaient oppressés par les Tutsis.
Si vous reprenez les mythes coloniaux, on est pas sorti de l'auberge.

Il es évident que le génocide, comme tous les précédents, avait pour objectif de se débarrasser de cette caste dominante.
Ah d'accord, là vous ne reprenez plus les mythes coloniaux mais carrément ceux des génocidaires...

Portrait de flackyonbox

à LienRag Portrait de LienRag De flackyonbox

Humain francais | 17H28 | 05/04/2010 | Permalien

Nos points de vus diffèrent tout simplement. Moi je constate que deux communautés se zigouillent régulièrement mutuellement et depuis très longtemps puisque l'histoire du Rwanda vielle de 400 ans bien qu'orale et non écrite est très explicite sur la cohabitation difficile des planteurs et des éleveurs.
Les TUTsis grâce à de régulières démonstration de forces au cours de l'histoire ont put imposer leur pouvoir. Comme le font également les Haoussa-Peuls du Nigéria sur les tribus animistes ou chrétiennes du sud. Ainsi bien que ne dépassant pas les 20% de la population les Tutsis on sut rester les dirigeants.
Se débarasser des Tutsis n'est pas un fantasme. Le Burundi en partant de conditions certes plus favorables a pu se débarrasser des Tutsis qui ne sont maintenant plus assez nombreux pour s'imposer à l'ensemble de la population.
Je n'approuve rien je constate. Tout comme je constate que les Rhodies se sont faits génocider en Rhodésie. Je ne juge pas.

Portrait de nemo3637

De nemo3637

Déchoukeur | 15H26 | 04/04/2010 | Permalien

Ce qui frappe c'est l'indifférence des opinions à l'égard de ces massacres, de ce génocide. Ils ont eu lieu et alors qu'on le savait rien n'a été fait. Les horeurs de l'Histoire se répètent -elles ? On nous dira bien sûr que "ce-n'est-pas-la-même-chose" mais on retrouve la même indifférence lors des assassinats en masse commis par les dictatures européennes dans les années 30-40. Ou plus tard dans la Yougoslavie ds années 1990.
"Plus jamais ça" avait-on dit après la Seconde guerre mondiale...
Mais serait-ce parce que lesdits massacres se déroulent loin de l'Occident, sur des continents que l'"on" a déjà condamné depuis longtemps ? Cette indifférence constatez là vous même en comparant le nombre de visiteurs pour cet article et celui des articles de cul de Camille. Vive la France !

Portrait de Shockwave

De Shockwave

Lecteur | 15H48 | 04/04/2010 | Permalien

Je conseille réellement à tous les riverains la lecture du livre d'André Guichaoua.
C'est un livre passionnant, extrêmement documenté, qui donne autant que faire se peut dans la mesure et la pondération pour un sujet qui, pour parler familièrement, prend aux tripes, tant il interroge l'humain.

Portrait de lactionlitteraire

De lactionlitteraire

auteur | 18H43 | 04/04/2010 | Permalien

Il y a des gens sérieux qu'il faut saluer et remercier

Portrait de LienRag

De LienRag

19H40 | 04/04/2010 | Permalien

Vous avez remarqué, M. Servenay, que sur le sujet des décisions du "poste" André Guichaoua dit à peu près l'inverse de ce que vous lui faites dire?

Portrait de Svoboda-Ili-Smiert

à LienRag Portrait de LienRag De Svoboda-Ili-Smiert

Maknoviste | 20H06 | 04/04/2010 | Permalien

Et si vous relisiez votre propre bouquin Mr Servenay ? Vous auriez peut etre un autre avis sur la planification du genocide?

Portrait de David Servenay

à Svoboda-Ili-Smiert Portrait de Svoboda-Ili-Smiert De David Servenay (auteur)

Rue89 | 21H54 | 04/04/2010 | Permalien

C'est justement, à mon sens, un des "points aveugles" du livre d'André Guichaoua, la question de la planification du génocide, de sa généalogie.

En gros, j'estime qu'il a grandement minoré l'influence des militaires les plus extrémistes (français et rwandais), de leur idéologie, de leur mode de pensée et des structures de l'Etat rwandais qui, lorsque ce dernier bascule dans un état de crise, déclenche des phénomènes qu'il est très difficile d'arrêter, quels que soient les acteurs en place.

Mais quel est votre avis, Svoboda, sur la planification du génocide ?

Portrait de David Servenay

à LienRag Portrait de LienRag De David Servenay (auteur)

Rue89 | 21H51 | 04/04/2010 | Permalien

Vous avez à la fois raison et tort.

Je m'explique : lors de l'entretien (qui a duré presque une heure), André Guichaoua a constamment fait preuve de nuances dans son propos.

Dans son livre, les nuances sont aussi très subtilement rendues, mais avec des points très "catégoriques". En particulier sur l'ordre et les décisions prises par l'ambassadeur Marlaud, s'agissant notamment du sort réservé au personnel rwandais du poste ou encore de personnalités politiques modérés.

Donc, je crois que le terme catégorique se justifie. Pour vous faire une idée, le mieux est de vous référer à son livre.

Cette attitude de l'ambassadeur de France continue d'ailleurs de susciter des débats au sein du ministère des Affaires étrangères.

Par ailleurs, ce qu'André Guichaoua souligne -et il a parfaitement raison- est que cette attitude de soutien aux éléments radicaux du régime s'inscrit dans une politique française très continue entre 1990 et 1994.

C'est cela qu'il rappelle dans l'extrait vidéo.

Portrait de karin.lavestal

De karin.lavestal

prof | 01H27 | 05/04/2010 | Permalien

Avec Guichaoua il y a une synthèse sans précédent sur le drame rwandais qui est désormais à disposition.
Et j'apprécie que David Servenay en rende compte, même s'il le fait de manière partielle et...partiale: car dans l'enchainement des choses il y a la stratégie de la tension du FPR qui joue un rôle déterminant dans le radicalisation des extrémistes hutu.
Même si cela ne dédouane en rien les extrémistes en question.
Et Guichaoua a le mérite de l'avoir démontré.
Cela me semble plus important que le rôle de la France, mais peut est-ce là le point aveugle de David Servenay?
A propos du Rwanda il serait bienvenu de dire un mot sur Déo Mushaïdi non? Cet ancien FPR qui a perdu toute sa famille en 1994 et qui est devenu un des principaux opposants du régime actuel, lequel l'a fait kidnapper au Burubdi voisin le 4 mars dernier....Déo fut par ailleurs un des premiers par ailleurs à dénoncer la responsabilité de Kagame dans l'attentat du 6 avril...

Portrait de jmc06

De jmc06

retraite | 07H57 | 05/04/2010 | Permalien

une partie de la vérité est enterré, l'mitté)

par contre parait que l'mitté au temps de vichy en l'an 40, aurait eu un comportement (jme reserve au cas où le qualificatif)

qui pourrait en dire plus, si il sait

Portrait de Pierre1er

De Pierre1er

Vidéaste | 16H56 | 05/04/2010 | Permalien

Ancien ambassadeur et ministre des affaires etrangeres du Rwanda, Jean-Marie Ndagijimana nous a parlé du conflit qui a déchiré son pays : l'enregistrement audio de cette conférence est ici :
http://lelocal92.over-blog.com/article-resume-de-la-conference-du-jeudi-...

Portrait de charl

De charl

écrivain | 19H17 | 06/04/2010 | Permalien

Les petits serpents

La voix/
Du diamant noir/
Prêche/
De nouveaux commandements/
Sur l’hôtel/
Des mille collines,/
Balle blanche/
Suppliée au nanti/
Talon d’Achille/
Tranché/
Pour l’infortune,/
Fatigués de leur sang/
Les petits serpents/
Agonisent/
À la cour/
Des récréations./

Butare, 6 Avril 1994, Rwanda.
(Extrait du Voyage des Ombres Édition du Cygne)

Portrait de Boribana

De Boribana

Trimardeur | 10H36 | 07/04/2010 | Permalien

Seize ans après le génocide, de nombreuses associations, personnalités, universitaires et artistes, dont - SOS Racisme, le Secours Catholique, Terre des Hommes, Philippe Meirieu, Jean-Christophe Klotz, Miguel Benasayag, Yves Ternon, Laure de Vulpian, Patrick Chamoiseau, Keny Arkana, Akhenaton, Michèle Simonnet... (voir liste complète ci-dessous) - sont réunis pour affirmer qu'il est urgent que notre pays fasse la lumière sur le rôle exact que son gouvernement et son armée ont joué au Rwanda entre 1990 et 1994, et puisse en tirer les leçons.

Vous aussi, vous pouvez soutenir ce nouvel appel citoyen en le signant en ligne sur : http://appel-citoyen-france-rwanda.org

Appel Citoyen
France-Rwanda : Faire toute la lumière sur les "erreurs"


le 7 avril 2010

Le jeudi 25 février dernier le président Nicolas Sarkozy s’est rendu au Rwanda. C’était la première visite d’un chef de l’Etat français depuis 1994, date du génocide des Tutsis et du massacre des Hutus qui s’y opposèrent.

À l’occasion de cette visite le Président de la République a évoqué de « graves erreurs d’appréciations », des « erreurs politiques » et une certaine « forme d’aveuglement » en parlant de la politique de la France au Rwanda entre 1990 et 1994.

Depuis 1994, ces « erreurs » ont commencé à être décrites et analysées par la Mission d’Information Parlementaire Française de 1998 et précisées par des organisations internationales, des chercheurs, des historiens, des associations de droits de l’homme… Ces travaux font apparaître que les responsabilités françaises vont au-delà de simples erreurs. Il est indispensable de les préciser et d'en comprendre les causes.

Que s’est-il réellement passé ? De quelle nature juridique ces faits doivent-ils être qualifiés ? S'agit-il de fautes ? Y a-t-il eu des crimes ? Comment les autorités politiques et militaires françaises ont-elles pu soutenir, par des conseils militaires, la fourniture d'armes, et l'engagement direct de troupes, un régime qui avait fait du racisme anti-tutsi un point central de son identité et de son action ? Comment ces mêmes autorités, très bien informées par les coopérants militaires restés sur place après le 6 avril 1994 du démarrage du génocide, ont-elles pu appuyer au sein du Conseil de sécurité la diminution des effectifs militaires des Nations Unies et s'opposer à l'utilisation du mot génocide pendant des semaines ? Comment ont-elles pu continuer à organiser la fourniture d'armes au gouvernement génocidaire ?

Il est essentiel d’apporter des réponses claires à ces questions et de préciser la responsabilité de ces autorités, pour les victimes du génocide, et pour nous tous, qui ne voulons pas qu’une telle tragédie se reproduise. Ce travail de compréhension doit nous conduire à revoir le fonctionnement de nos institutions politiques : l’enjeu est de développer le contrôle de la politique étrangère par nos députés ainsi que le droit de regard et d'interpellation des citoyens, en vue d'obtenir une nouvelle orientation de la politique de la France en Afrique fondée sur le respect de la dignité de tout homme.

Au cours de ce printemps où vont se succéder la 16ème commémoration du génocide le 7 avril, puis le sommet réunissant les chefs d'Etats africains et français à Nice du 30 mai au 1er juin, il est essentiel pour notre pays de faire un nouveau pas en avant dans la compréhension du rôle qu’a joué la France au Rwanda à cette époque.

Pour cela :

- Nous demandons à tous les partis politiques de notre pays de prendre une position publique sur la nécessité de faire ce travail historique et de s'engager en faveur d’une recherche de vérité et de justice.

- Nous demandons aux députés et au gouvernement de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire la lumière sur le rôle joué par la France avant, pendant et après le génocide. Comme première étape nous demandons l'ouverture des archives et la levée du secret défense sur tout ce qui se rapporte à l’action de la France au Rwanda depuis 1975.

- Nous demandons aux autorités politiques et judiciaires de notre pays de tout mettre en oeuvre afin que les procédures judiciaires concernant des présumés auteurs ou complices de génocide soient conduites rapidement.

--------------

Vous pouvez soutenir ce texte en le signant en ligne sur :
http://appel-citoyen-france-rwanda.org

Les premiers signataires sont :

CCFD - Terre Solidaire
SOS Racisme
Secours Catholique
Terre des Hommes France
Peuples Solidaires
Ligues des Droits de l'Homme, fédération des Bouches du Rhône
CADTM France (Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde)
ACAT-France
Survie
Le MRAP
UEJF (Union des Etudiants Juifs de France)
Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
Le Mouvement de la Paix

Tiken Jah Fakoly
Les Ogres de Barback
Akhenaton, d’IAM
Keny Arkana
Dub Incorporation
Rockin Squat, d’Assassin

Miguel Benasayag, psychanalyste et philosophe
Jean-Christophe Klotz, cinéaste
Philippe Meirieu, universitaire, tête de liste Europe Ecologie pour les élections régionales en Rhone-Alpes
Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction de l’Humanité
Laure de Vulpian, journaliste à France Culture
Patrick Chamoiseau, écrivain
Boubacar Boris Diop, écrivain
Jean-Marie Muller, philosophe et écrivain, fondateur du MAN
Gustave Massiah, économiste, membre fondateur du CEDETIM/IPAM
Yves Ternon, docteur en histoire, HDR; Travaux de recherche centrés sur les génocides du XXe siècle
Noël Mamère, député-maire de Begles
Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire
Géraud de La Pradelle, professeur émérite de l’Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense
Eric Fassin, sociologue, enseignant-chercheur, Ecole normale supérieure
David Faroult, enseignant-chercheur et cinéaste
Michel Feher, philosophe, président de l'association cette France-là
Clémentine Autain, féministe, directrice du mensuel Regards
Monique Dental, animatrice du Réseau Féministe « Ruptures »
Nicole Brenez, université Paris 1
Olivier Neveux, enseignant-chercheur, université de Strasbourg
Jacques Bidet, universitaire
Michèle Simonnet, comédienne
Alain Lenglet, comédien

CPCR (Collectif des parties civiles pour le Rwanda)
AFASPA (Association Française d'Amitié et de Solidarité avec les Peuples d'Afrique)
Gandhi International
Intore za Dieulefit
Forum Pour un Autre Monde
Réseau Féministe « Ruptures »
Mémorial 98
La FASE
Association des Tunisiens en France
ACTES (Association de Coopération avec les Territoires africains pour l'Education et la Santé)
Le Collectif MISTRAL
Respaix Conscience Musulmane
F.R.A. Nor Seround (Nouvelle Génération Arménienne)

Pour signer en ligne : http://appel-citoyen-france-rwanda.org
Trouvez plus d'infos sur l'origine de cette démarche sur : http://appel-citoyen-france-rwanda.over-blog.org

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