
« Persepolis », l'un des plus beaux films de ma vie

Désolé, mais pendant quelques jours nous avons subi une panne d'antenne. Heureusement le Tarantino a remis les compteurs de vitesse à l'heure. Et donc, ce mercredi matin, après la projection du pilote d'un truc délirant qui s'appelle « Histoire d'Os » que votre serviteur a eu l'insigne honneur d'écrire, mon garde du corps assistante et moi-même (en fait c'est ma fille de bientôt 15 ans) nous nous sommes rendus à la projection d'un film au palais des festival.
The Man From London, ça s'appelle. J'ose à peine en parler, parce que j'avais décidé que ces pages ne seraient jamais critiques au sens totalement négatif du terme. Disons, pour aller vite (ce qui n'est pas le cas dudit film de Béla Tar) que le premier plan dure plus de huit minutes, le second autant, et ainsi de suite, et avec une lenteur aussi voulue qu'incompréhensible et insupportable. Les gens commençaient à partir au bout d'une demi-heure, et nous avons tenu trois quarts d'heure. La salle immense était déjà quasiment vide. Le film aussi, et depuis le début. J'espère pour les inconditionnels que quelque chose d'intéressant s'est produit un peu plus tard. Sans doute juste au moment où nous avons quitté la salle. J'attendais l'actrice annoncée. Elle n'est pas venue à temps. Je n'ai pas tenu.
Et l'on se demande pourquoi ce film, sélectionné, était projeté une fois le matin à 11 heures et une autre fois le soir à 22h30, avec tout le monde en pingouin (enfin, surtout les hommes) alors que le film de Marjane Satrapi, Persepolis, n'avait droit qu'à la séance de 16 heures. Sans tout le tralala, les batteries de caméras et de photographes, même si Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni et d'autres stars (dont Danielle Darrieux, absente géniale grand-mère) prêtaient leurs voix aux personnages de ce film d'animation. Ce film qui risque de mettre vraiment le Bronx, comme on dit dans le ronron du cinéma d'auteur ou commercial.
Car cette merveille (voir la bande-annonce) a secoué le public de 16 heures, ce mercredi 23 mai, comme je ne l'avais jamais vu être secoué. D'abord les auteurs, les actrices et acteurs et l'équipe, sur les marches un peu désertes, sans le défilé des invités commentés, sans la haie d'honneur, sans les batteries de caméras et d'appareils photo, avec un public réduit qui devait se demander ce que Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni fichaient sur les marches, le soleil dans l'oeil. L'émotion de Marjane et de Paronnaud était palpable, sur le tapis rouge, bien avant que cela ne commence.
Et puis la lumière s'est éteinte dans la salle. Après trois minutes d'un court-métrage de Cronenberg sur le dernier Juif du Monde qui se suicide dans la dernière salle de cinéma du monde, extrait du film du soixantenaire de Cannes, le film a commencé. Une pure merveille. Les gens riaient, pleuraient, applaudissaient au milieu du film. Et à la fin, une standing ovation de vingt minutes chrono. Même Michael Moore, quand il a eu la palme, n'avait pas reçu de telles salves d'applaudissements, de cris et de larmes d'émotion.
Et puis après j'ai vu d'autres films, fait d'autres choses, j'ai eu des problèmes de connexion et je n'ai plus pu tenir ce Bronx de Cannes. Quant à Ocean 13, on peut attendre le 14 ou le 15. Ils sont gentils, drôles et tout, mais ça casse pas trois pattes à un canard.
En tout cas, je ramène de Cannes la sensation d'avoir vu l'un des plus beaux films de ma vie. Merci Marjane Satrapi, merci Vincent Paronnaud, et merci à toute l'équipe de ce fabuleux dessin animé.
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De a.guillaume
11H05 | 28/05/2007 |
A la façon dont vous en parlez avec sensibilité,je vous crois
De dulconte
Mordu par un fachogarou | 17H55 | 28/05/2007 |
Si le film est aussi fort et émouvant que la série de Bd, ça doit effectivement être un grand moment.
j'espère qu'il arrivera sur les côtes est du sud de l'Atlantique. Sinon il faudra bien le télécharger, je crève d'envie de la voir ! ! !
De
20H30 | 06/06/2007 |
Ce film d'animation est l'œuvre d'une certaine Marjane Satrapi qui
se vante d'être la petite fille de Nasser-Eddin Shah, qui en dehors de
ses spéculations meurtrières, eut également le privilège d'instaurer
le port de l'Etoile de David Jaune pour les juifs iraniens. Satrapi a
produit un film pour relativiser la tragédie de la prise du pouvoir par
les mollahs, et ses attaques ne s'orientent pas vers son « papy » qui
permit au clergé de devenir ce monstre tentaculaire en 1860. Ses attaques
s'orientent vers ceux qui ont cherché à laïciser l'enseignement en
Iran ou émanciper les Iraniennes : Reza Shah et Mohammad Reza Shah
Pahlavi.
De
20H31 | 06/06/2007 |
Ce film d'animation est l'œuvre d'une certaine Marjane Satrapi qui
se vante d'être la petite fille de Nasser-Eddin Shah, qui en dehors de
ses spéculations meurtrières, eut également le privilège d'instaurer
le port de l'Etoile de David Jaune pour les juifs iraniens. Satrapi a
produit un film pour relativiser la tragédie de la prise du pouvoir par
les mollahs, et ses attaques ne s'orientent pas vers son « papy » qui
permit au clergé de devenir ce monstre tentaculaire en 1860. Ses attaques
s'orientent vers ceux qui ont cherché à laïciser l'enseignement en
Iran ou émanciper les Iraniennes : Reza Shah et Mohammad Reza Shah
Pahlavi.