
« Là-haut », dans le Bronx de Cannes : impressions en 3D
Le Bronx, oui, enfin, pas trop de bordel en cette matinée d'ouverture… Juste la panique habituelle due aux dernières mises en place. Les stands du marché où on livre à la dernière minute matériel informatique ou réservoirs d'eau fraîche.
Les badauds incrédules qui voient qu'on finit de clouer le tapis rouge en fin de matinée, comme si, pour eux ce tapis devait être là à longueur d'année. Les premiers guetteurs de stars s'installent sur leurs pliants privilégiés, juste en face du bunker, prêts à mitrailler tout ce qui sortira des limousines ce soir. La presse les filme. Ils sont tout heureux.
On commence à croiser les premiers porteurs de badges. C'est sans doute pour ça qu'on appelle cette avenue la Croisette. Ils vont devenir de plus en plus nombreux. Des dizaines de ballons multicolores marqués d'un « up » blanc sont accrochés dans de grands réservoirs grillagés. Disney-Pixar fait bien les choses…
La tension monte graduellement toute la journée, mais dans mes souvenirs, on a vu bien plus tendu.
Séance d'ouverture en dessins animé
Enfin arrive l'heure où les pingouins sortent (même moi) pour aller à la cérémonie qui sera suivie pour la première fois par un dessin animé (hors compétition) en séance d'ouverture.
Edouard Baer crée une certaine surprise en entrant sur scène, facétieux comme à son habitude, se demandant pourquoi il est là, alors qu'il était déjà là l'année dernière. Il fait rire toute la salle avant de finir sur une note plus grave, la période difficile que traverse non seulement le cinéma, mais le monde dans son ensemble.
Une dernière pique à Jean Rochefort, assis à côté de la ministre de la Culture, et les rires reviennent. Puis Edouard Baer fait entrer le jury, très « parité ». Très sérieux aussi. Sauf Asia Argento, plutôt souriante dans sa très étrange robe à fleurs, avec une sorte d'énorme truc derrière, qui cache désagréablement le sien et qu'elle écrase fatalement en s'asseyant sur cette rangée de chaises bizarres, dossiers collés sur une longue banquette blanche à roulettes.
Enfin, la présidente du jury arrive, émue et émouvante, très grande actrice dans un rôle nouveau qu'elle prend avec la profondeur qu'elle a toujours consacrée à tous ses rôles.
Puis Edouard Baer reprend la parole pour saluer Aznavour, qui prête sa voix à la version française du film que nous allons voir. En V.O., mais bon, c'est pas grave puisqu'on nous gratifie d'un hommage au grand Aznavour par Sir Brian Ferry. Merci.
Cette année, on met moins de temps à débarrasser le décor. Mais, comme d'habitude, je reste fasciné par le fait que quelqu'un passe l'aspirateur sur le plateau noir, devant deux mille personnes. Amis journalistes, voilà quelqu'un à interviewer…
Le film commence enfin. Avant d'en parler, je tiens à remercier mon voisin de gauche, un jeune distributeur je crois, qui a eu l'amabilité de se lever pour aller demander que quelqu'un coupe les deux petits projos installés dans les cintres, restés allumés, et qui gâchaient la projo à toute une partie des spectateurs du balcon.
Lunettes bicolores et oiseaux fantasques
Alors, le film. J'ai toujours adoré les dessins animés et travaillant moi-même dans ce secteur, je dois dire que « Up », (« Là-haut » en Français) tient ses promesses et la fameuse 3D à lunettes aussi. (Voir la vidéo, même si vous n'avez pas de lunettes)
C'est une histoire nostalgique et poétique, avec quelques gags sur la vieillesse, déambulateur et dentier, qui touchent là où ça fait mal. On m'avait toujours dit que dans tout film il fallait une histoire d'amour. Il y en a une, qui est réglée dans les dix premières minutes, mais qui laisse son empreinte tout au long de cette aventure « fantastique », avec oiseau fantasque, meute de chiens et astuces scénaristiques classiques chez nos amis Américains, mais qui touchent juste.
Une perfection technique qui se fait vite oublier. L'impression de regarder une histoire dans une sorte d'aquarium où s'agitent les personnages, et où les avant-plans dans le cadre payent vraiment. On se prend à bien aimer cette impression de relief. La fameuse 3D à lunettes n'est pas trop présente (en dehors de l'aspect hallucinant de voir une salle entière avec ces espèces de trucs en plastique nettement plus seyants que les anciennes lunettes en carton).
Pas ou peu d'effets choc. Cette modération permet de s'attacher à l'histoire, un brin nostalgique, un brin attendue mais jolie et c'est le principal. Je ne vous en dis pas plus, mais c'est un film pour tous les enfants, même vous.
Aujourd'hui est un autre jour, avec l'ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs et Francis Ford Coppola en guest-star.
Bon, allez, je prends ma bagnole et je file à Cannes. « Yes we Cannes », comme ils disent là-bas…
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De Scotian
| 20H47 | 14/05/2009 |
Ils sont forts, ces gens de Pixar ! Ils n'ont encore fait rien de mauvais, ni même de moyen, et sont responsables de plusieurs superbes films… Et en plus, souvent avec un angle inattendu et original. Chapeau !
à Scotian
De xma
02H27 | 15/05/2009 |
Alors je vous invite à voir Cars… un film joli mais d'un ennui mortel, où le héros doit faire 200 tours d'un circuit rond et qui à la fin finit par tricher pour gagner, donc sans morale non plus.
De La Laugier
Employée dans l'audiovisuel | 21H28 | 14/05/2009 |
ça a son petit air Miyazakien !
(le chateau ambulant, le chateau dans le ciel…)
De Kanto
graphiste | 22H25 | 14/05/2009 |
Si vous travaillez dans le milieu, pourriez-vous, s'il vous plait, parler de film d'animation 3D ou de 3D. Mais pas de dessin animé, ça fait mal aux oreilles…. ; )
Sinon, merci encore à Pixar à nous faire rêver encore une fois. Et merci à John Lasseter, ce génie (et pionnier).
à Kanto
De Laurent-Weppe
08H18 | 15/05/2009 |
C'est pourtant bien là que ce situe le talent et la raison du succès de Pixar : ils font de l'animation en 3D qui ressemble à un dessin animé et non à une démonstration technique du dernier ordinateur de la NASA.
à Laurent-Weppe
De nesta
infographiste | 19H02 | 15/05/2009 |
la 2d cohabite avec la 3d depuis quasiment les débuts de la 3d, la 3d ne se suffisant pas a elle même.
il est impossible d'obtenir un rendu de qualité sans passer par un compositing dans un soft 2d ( pour une gestion fine des passes de rendus comme l'ambient occlusion, etc.. ; ), d'y ajouter certains effets en 2d qui rendent bien mieux que des effets 3d ( lens flares, etc… ) mais ca s'arrete la.
un dessin animé, ce n'est pas un film d'animation en 3d, meme si le rendu d'un film 3d a un aspect cartoon. le meilleur dessinateur du monde serait bien incapable de vous faire en 3d la meme image que son dessin s'il ne sait que dessiner.
ouvrez n'importe quel soft de 3d, vous verrez que meme si vous maniez le crayon comme un virtuose, vous n'arriveriez pas a créer un simple bonhomme en pain d'épice. ce sont deux choses très différentes, même si la 3d doit cohabiter avec la 2d ( et par 2d, je n'entend pas forcement le dessin ).
ce n'est pas pour rien que pour un dessin, on parle de dessin la ou pour la 3d, on parle de modelisation ( et je ne parle meme pas du reste, il faut faire de la 3d pour se rendre compte des énormes et très nombreuses differences entre ces deux disciplines )
sinon, juste pour rectification, renderman n'est pas un plugin a l'origine mais un moteur de rendu stand alone crée par pixar, qui par la suite, a été « pluginé » pour maya, tout comme brazil de la société blur.
je dis tout ca car moi aussi, quand je vois le raccourci dessin animé pour un film d'animation 3d avec aspect cartoon, ca me fait mal aux n'oeils.
sinon pour en revenir a up, je l'attend avec impatience ce film, pixar sont, comme toujours, des maitres ( et pas que d'un point technique ).
quand a je ne sais plus qui qui parle de cars, regardes le a nouveau, t'as du t'endormir pour dire de telles absurdités. non seulement il ne gagne pas la course, mais il ne triche en rien, et c'est d'ailleurs parce qu'il perd la course……..qu'il gagne.
à nesta
De xma
00H29 | 16/05/2009 |
Ah bon couper le dernier tour par le milieu ce n'est pas tricher ?
à Kanto
De La Laugier
Employée dans l'audiovisuel | 17H13 | 15/05/2009 |
« La 2D a disparu de Disney parce qu'ils font beaucoup trop de films inintéressants. Ils sont devenus trop conservateurs. Je pense que 2D et 3D peuvent cohabiter équitablement. »
Hayao Miyazaki
De Julien83
chroniqueur de Bande Dessinée au MA... | 10H51 | 15/05/2009 |
Vive la l'animation 3D avec le Digital 3D numérique ! Procédé appliqués déjà à quelques films comme « Voyage au centre de la Terre » (avec l'acteur de la « Momie ») , ou encore dans l'horreur avec « Meutres à la Saint Valentin » - du moins dans les salles en France disponibles, car toutes les salles n'ont pas la bonne machine….
PIXAR est toujours à la pointe de l'animation, toujours au top du rendu surtout depuis les « Indestructibles » avec leur plugin « Renderman » (adapté au logiciel de 3D « autodesk Maya ».
Bien sur côté scénario, toujours au top, et l'animation 3D permet d'aller là où une caméra « classique » ne peut pas aller. C'est de la performance ! c'est ça une Palme d'Or du 21ieme siècle !
Et cette « Digital 3D » n'a pas fini de nous surprendre , « L'AGE DE GLACE 3 » y a droit ! (et je pencherai aussi, même si ce n'est pas trop annoncé pour l'instant, pour ASTRO BOY)
Une autre technologie nouvelle du cinéma - ok, depuis Superman Returns facile , mais il y a eu des documentaires avant aussi) : le IMAX ( Image Maximum), une caméra capable de filmer jusqu'à casi 32 images / seconde ! Rendu incroyable !