Dialogue de profs au café: Grève à tout prix! Vive les cheminots!

On savait que ce serait chaud ce midi au café de la Gare. D'abord il y avait poisson à la cantine, ce qui veut dire record d'affluence au bâtiment G, le café de la Gare...

Autour du couscous local, dix collègues, autant dire un échantillon représentatif de l'éducation nationale. Persuadé que nous devions entrainer un maximum de jeunes collègues dans la grève, j'ai commencé, j'avoue, à chauffer une Madame Pfff euphorique et qui était survoltée à cause des 5e5 qui lui avaient dit qu'elle était vieux jeu :

- Mais oui, bien sûr je vais faire grève ! Pfff... Attends, je ne suis pas augmentée depuis dix ans, j'ai 63 ans ! Et une retraite de m... Y a intérêt ouais ! Demain, c'est grève ! Tu sais combien c'est mon salaire de base ? 2350 ! Je suis trois fois grand-mère les gars ! Oui, un Royal ! Allez les gars, qui est-ce qui paie une Grim' ?

C'est Christian (30 ans) qui a offert une bière à Mme Pfff, pas gênée de boire à midi, ce qui avait révolté un copain américain venu dans mes classes il y a cinq ans :

- T'as raison, a déclaré Pedro (28 ans, prof de techno) à Mme Pfff, on travaille plus pour gagner moins : aucune augmentation de salaire depuis dix ans environ, alors qu'on bosse deux fois plus, on se tape tout le travail administratif, on voit tous les parents trois fois par an, on assiste à des centaines de réunions en plus des cours, on fait du soutien le soir, on détecte les dyslexiques, on leur fait passer le test, on trouve l'adresse des orthophonistes qu'on file aux parents qu'on retrouve le soir, etc.

- Attends, moi j'ai calculé, ajoute Clarabelle (26 ans), je suis prof de lettres, je passe en moyenne dix heures le week-end à corriger des copies et environ 1h30 chaque soir à préparer, ce qui, tout mis bout à bout, fait à peu près 45 heures par semaine (sans compter mes lectures pour mes cours et l'ensemble de mes préparations) pour seulement 1750 euros net par mois ! - Ouais, mais les beaufs te diraient que t'as les vacances, a lancé Sébastien ironique.

- Les vacances ? s'est étonnée Ingrid, franchement, mes premières vacances (celles de la Toussaint, il y a deux semaines, ndlr), je les ai passées à corriger des évaluations finales et à me soigner à cause d'un furieux mal de gorge que j'avais chopé en cours ! J'ai dû en profiter trois jours sur dix... Les gens ne s'imaginent pas...

- Ouais, a balancé Fatima (prof de physique, 28 ans), mais en même temps, on est vachement content de faire ce boulot, je veux dire nous tous là, on va faire grève demain, on gueule et tout, mais on l'aime notre boulot ! Non ? On n'est pas là par hasard nous, on a envie de les aider ces mômes, on se bagarre pour qu'ils apprennent tout ce qu'ils ne savent pas, pour qu'ils s'adaptent au monde d'aujourd'hui sans péter les plombs, non ? - Ben oui, a rétorqué Laurent (prof de maths, 40 ans) et c'est pour ça qu'on fait grève ! Devant 35 élèves, quand ils auront supprimé un fonctionnaire sur deux, et pour une somme vraiment modique, à moins de rester jusqu'à 18 heures et ne plus pouvoir préparer nos cours, toute tentative d'enseigner quelque chose ici sera vouée à l'échec !

« Alors demain tous en grève ! “, a insisté Mme Pfff en levant sa Grim', et on a tous fait ‘Cling’ quand elle a ajouté :

- Vive les cheminots ! Eux au moins ils en ont ! Même si on ne pourra pas manifester à cause d'eux demain, ils se bagarrent pour nous tous eux ! Vu ce qu'ils prennent dans la tronche à la télé, eh ben toujours pas de RER ! Ouais, vive les cheminots !


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michelem
02H35 20/11/2007

De tout coeur avec eux !!!
Jeune retraitée de l’E.N ,je ne serai pas gréviste,mais ils ont raison de se battre .Les conditions de travail ont empiré d’année en année,les salaires n’ont guère augmenté,la hiérarchie est devenue de plus en plus exigeante et pesante ,même les parents devenaient pénibles.Seuls les enfants me motivaient.je suis heureuse de ne pas avoir prolongé et à 55 ans,je revis .Bien sûr,ma pension n’est pas très élevée,mais j’ai échappé à la décôte .Les cheminots ont raison de se battre eux aussi afin de pouvoir profiter de la vie.
Bon courage à tous

 
Le Yéti | yetiblog.org
08H18 20/11/2007

Hé hé, en cette deuxième semaine de grève, pas sûr qu’ils fassent toujours autant les fanfarons, nos Fillon, Xavier Bertrand et autre muette carpe présidentielle.

Pas certain qu’elle soit toujours aussi dominatrice, maîtresse Idrac, flanquée au fouet de son inénarrable factotum, le sieur Pépy (respectivement chef et sous-chef d’une SNCF désespérément récalcitrante).

Nos matamores ont bien tenté de jouer du menton. Mais après huit jours de rounds acharnés, je vous fiche mon billet que la menace de l’uppercut assassin et du knock-down humiliant commencent à leur tarauder le ciboulot.

On se marre doucement à entendre les médiateux du cénacle clamer d’une voix de moins en moins assurée qu’il n’y a quasiment plus de grévistes, que les syndicats implorent au compromis, que les choses sont presque rentrées dans l’ordre. (Sauf les trains, les métros, les universités, bientôt les lycées, les profs, les inspecteurs du Trésor Public… Une peccadille !)

Car la jonction redoutée entre la grève des transports et celle des autres fonctionnaires va bel et bien avoir lieu. (Au secours, les syndicats ! Négocions dare-dare et sortons de ce merdeux guêpier !)

Je ne sais pas ce qu’il va advenir de ce mouvement. Je comprends les difficultés de celles et ceux qui se battent pour nous à leur frais (oui, à leur frais, et POUR NOUS TOUS !).

Mais je sais que nous n’avons pas le choix, eux et leur courage, nous et notre trop grand attentisme.

Les choses sont d’une aveuglante clarté. Ça passe (et les chiens mordent la poussière) ou ça casse (et ils aboient leur triomphe).

Mais relativisons. Ce n’est pas une guerre qui se joue, juste une première bataille. Qu’ils (les méchants) gagnent et ça ne change en rien leur problème : suspendus au seul fil ténu d’une croissance en souffrance, ils n’ont plus les moyens de désamorcer les multiples bombes qui les menacent, le pouvoir d’achat en pleine dépression, la désintégration des systèmes de santé et d’éducation, l’avenir incertain des jeunes qui arrivent dans la vie active…

Que d’un autre côté, on se contente de la satisfaction de simples revendications matérielles, et cela ne sera qu’un modeste épisode à confirmer, une hasardeuse échéance repoussée. Car la logique du désastre libéral ne sera en rien enrayée et les bandits prêts à revenir à l’assaut.

Au moins aurons-nous peut-être saisi une évidence : on ne négocie JAMAIS avec un tel pouvoir. On le combat de front et on le réduit. Ou on le subit et nous risquons fort de n’avoir plus que nos yeux pour pleurer.

CQFD.

 
Le Yéti | yetiblog.org
08H52 20/11/2007

Ma réponse est .

PS : « La grève s’effondre ». Vous êtes mignon !

 
El Niño
10H42 20/11/2007

« Dans les stations de métro les gens applaudissent les non-grévistes »

et dans les universités, les gentils et sérieux Zétudiants applaudissent les CRS qui matraquent les méchants grévistes. On a déjà vu où ça menait ça.

 
kenny
13H12 20/11/2007

des sectes trotskistes? non mais ça va pas bien! arrête de gober tout ce qu’on te dit dans les journaux ,ce qu’on raconte à la télévision… si tu penses sérieusement que les étudiants sont manipulés par l’extrême gauche, toi, par qui es-tu manipulé?

(que l’extrême gauche rejoigne le mouvement des grévistes, c’est normal, c’est une convergence d’intérêts)

 
Le Yéti | yetiblog.org
18H05 20/11/2007

Ha ha ha, dites à ma mère que je suis un « dangereux gauchiste », membre d’une « secte trotskyste », et vous allez la faire mourir de rire !

Le Yéti (57 ans, cadre dans une société du CAC 40… mais ayant juste encore un zeste de dignité humaine et de considérations sociales à faire valoir.)

 
karghyl | informaticien, Paris
14H36 20/11/2007

Bravo pour cet article.
Oui je suis un usager en colère. En colère qu’on me désosse mon service public de transport, d’énergie, d’éducation, de santé, qu’on remette en cause les fondements de la société pour le bénéfice de quelques uns, qu’on manipule l’opinion pour faire croire que tout ça est forcément justifié par je ne sais quel impératif.
Bravo aux cheminots, fonctionnaires, à ceux qui se battent.
Je demande juste à mon vélo de ne pas se mettre en grève, il aura une chaîne bien graissée.

 
Coton Tige
19H25 20/11/2007

A vous lire tous les uns et les autres je réalise Ô combien le piège polémiste et sournois mis en place par les don corleone qui nous gouvernent marche à plein et se referme magnifiquement sur nous tous.
Je m’explique…
Sur le principe que l’on trouvera toujours plus malheureux que soit, que le demi-os qui se trouve dans l’assiette du voisin sera toujours plus tentant que le quart de moignon qui trône dans sa propre gamelle,
on en est aujourd’hui à vouloir absolument trouver le plus « riche » des plus pauvres, à le stigmatiser comme un nanti, un privilégié, comparant par-ci les congés, par-là les horaires, en oubliant, ce faisant, que si amélioration sociétale il doit y avoir, elle ne pourra jamais porter ce nom qu’en améliorant la situation de TOUS, les plus faibles en premier, et par le haut.
La misère pécunière est et reste généralement la plus partagée, tant dans le public que dans le privé, ne l’oublions pas.

Alors, salariés du privé, par pitié, ce n’est pas parce que vous souffrez (bien sûr que c’est inique et qu’il faut changer tout cela) que cette souffrance devrait devenir une mesure-étalon étendue à l’ensemble des habitants de ce pays.

Ainsi c’est la main qui nous lache avec mépris cette nourriture minable qu’il faut mordre et non pas celle du voisin galérien qui n’en peut mais.

Dans ce sens, face à la destruction cyniquement programmée de leur statut, à l’appauvrissement de leurs conditions d’existence au nom d’une supposée équité, la résistance actuelle des fonctionnaires reste le rempart ultime à l’émergence d’une nouvelle forme de société, hautement décadente, décomplexée et en rupture paraît-il, une société qui ne laissera la place qu’aux plus forts et aux plus salopards.
Je veux dire ni les plus intelligents, ni les plus sages, ni les plus préoccupés et respectueux du pouvoir vivre de tous, mais uniquement les plus riches et les plus baraqués, c’est tout. Darwin, quand tu nous tiens…

Une fois détruite cette derniere digue, nous serons tous submergés. Les plus faibles en premier lieu, c’est à dire, en gros, les plus nombreux. Qu’ils soient du privé, ou du public !

 
le-vilain-petit-canard
20H25 20/11/2007

Je suis, moi aussi, sidéré de voir comment cette propagande ultra libérale fonctionne aussi bien, consommez,la sacro sainte croissance nous sauvera…alors qu’ on ne sait plus quoi faire des poubelles et que la planète devient trop petite
On a l’ impression d’ avoir affaire à une secte néo-libérale avec ces idées simplistes
destructuration de la société civile et de tout ce qui est un peu « collectif » quel manque de culture politique
C’est le grand retour à la BARBARIE comme ce climat de haine qu’ on lit à travers certains commentaires ça fout les jetons tellement ça marche bien

 
Cavin
00H00 21/11/2007

A propos des vacances scolaires.

Il est une chose que beaucoup ne savent pas: il existe une grille d’équivalence dans la fonction publique or les enseignants ont des salaires très inférieurs à leurs équivalents. Cela pour une raison simple: les enseignants sont payés 10 mois par an (somme répartie sur 12 mois), les 2 mois de vacances(qui sont considérablement amputés en primaire) ne sont pas rémunérés!
Chose « étonnante », la retraite est calculée sur le salaire mensuel donc deux mois ne sont pas payés même à un enseignant à la retraite…

 
karghyl | informaticien, Paris
14H41 20/11/2007

Qui vous empêche de passer les concours et de devenir enfin un abominable privilégié payé grassement pour ne rien faire ou presque ?
Oui effectivement, il faut un peu plus de capacités que pour déblatérer des âneries sur internet…
karghyl, salarié du privé.

 
anaïs.motif
17H05 20/11/2007

(en réponse à 09h50)

Bien que bien sûr ce ne soit pas leur objectif premier, s’ils pouvaient dans l’élan contribuer à te faire fermer la boite vide qui te sert de cerveau, et malheureusement de bouche, ce serait bien dis, hein ?

allez, bonne route.

 
Alice77
12H17 20/11/2007

Tes salariés du privé d’abord plus ils en donnent, plus on les presse comme des citrons, et quand ils sont usés, on les vire. C’est même pas la peine qu’ils se défoncent au boulot ou non, plus besoin d’eux, plan de restructuration, rachat d’entreprise, on vire.
Tes salariés du privé, dans un an, on les passe à la casserole, et une année de plus, ou deux! Pour eux. Je connais une femme de 55 ans, qui a 42 années de trimestres, elle va devoir ytravailelr encore jusqu’à 61 ans. Bravo la justice selon Sarko et Fillon et cette cochonnerie d’extrême droite.
Tu penses que je me goure dans mes calculs? Ben non, elle a 3 ans de cotisation de retraite car elle a eu et élévé trois enfants.Et commencé de travailler à un âge vous ne le croiriiez pas.
Bon vent moumouche.
Et puis dans 2 ans il faudra encore rogner.
Comme l’ont dit les syndicats, parfois pédagogues aussi, les mêmes réformes ont été fates depuis 93 et en ce qui concerne la Sécu et les retraites, et cela ne marche pas! Alors merci pour la énième cuillère à soupe de réforme qui n’en est pas une.
Bon vent moumouche. (Tu crois tout ce qu’on te raconte à la télé toi!)

 
Alice77
12H10 20/11/2007

Si les syndicats étaient poujadiste (relisez votre histoire de France mon cher), vous travailleriez de 13 à 75 ans. Une semaine de vacances par an. Et pas de service public.

 
boissonzyskind
13H28 20/11/2007

Tout à fait d’acord.
D’ailleurs je pense que ceux qui râlent (quand ce n’est pas pire) après les grévistes, syndicalistes, etc. devraient être cohérents, c’est à dire :
- renoncer à leurs congés payés (gagnés par les « preneurs d’otages dictatoriaux » précités)
- renoncer à se faire rembourser leurs soins, consultation etc.
- travailler 48 heures (au moins) par semaine
- et d’ailleurs renoncer à leur retraite
- ne plus aller le délégué du personnel quand ils ont un ennui avec leur employeur
- ne pas accepter d’indemnités quand ils sont licenciés (ben non eux ça ne leur arrivera pas vu que ce sont des salariés modèles et que, c’est notoire, on n’est jamais icencié injustement)
- etc. etc.

 
Maquisard
16H21 20/11/2007

Alors là je hurle au plagiat !
J’ai fait le même post dans les commentaires d’un autre article !

Non je plaisante… j’ai écris le mien après. Belle communion de pensées en tout cas.

 
le-vilain-petit-canard
20H46 20/11/2007

quoi 48 heures !!! 60 heures par semaine et
obligés de faire la prière à notre seigneur qui a créé les pauvres et les riches….
et d’ apporter le charbon pour chauffer l’ atelier etc..
mais c’est oublié tout ça… trop loin …et
c’est des inventions d’communiss’ (ch’tilang)

 
Alice77
12H26 20/11/2007

il faut se préparer à ce qu’il y en est une, logique. Et j’ai peur de l’article 16 de la Constitution. Voilà l’affaire, avec la baston. J’ai le sentiment, éronné, que cela l’amuserait de la déclencher. Il n’en a rien à faire des citoyens français, comme vous avez pu le remarquer.
Article 16 :
Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier Ministre, des Présidents des assemblées ainsi que du Conseil Constitutionnel.

Il en informe la Nation par un message.

Ces mesures doivent être inspirées par la volonté d’assurer aux pouvoirs publics constitutionnels, dans les moindres délais, les moyens d’accomplir leur mission. Le Conseil Constitutionnel est consulté à leur sujet.

Le Parlement se réunit de plein droit.

L’Assemblée Nationale ne peut être dissoute pendant l’exercice des pouvoirs exceptionnels. »
J’espère que ma paranoïa est aïgue.

 
anaïs.motif
10H19 20/11/2007

Oh oui je suis d’accord, immense Yeti.

On ne négocie pas avec ceux qui n’ont ni l’intention, ni l’intelligence de négocier. On ne négocie pas quand les fondements de la pensée ne sont pas les mêmes - on ne négocie pas avec ceux qui n’ont pas de pensée.

Cette chère Danielle Mittérand, qui a au moins le mérite de la durée et de la cohérence, le soulignait hier sur le plateau du Grand Journal : il y a deux conceptions du monde qui s’opposent ici. Fondamentalement. Une pour la vie, l’autre pour le profit. Juste. Et n’est-il pas fondamentalement stupide de faire passer le profit avant la vie ?

Alors voilà. Pas de vraie négociation. Juste une bataille qui emprunte les jeux (faussés par ailleurs) de la démocratie pour gagner un peu de liberté.

Mais le jeu est faussé donc, je le crains, de manière irrémédiable. Le language a été profondément corrompu par le markéting et la politique - qui d’ailleurs se rapprochent à se confondre. Comment négocier alors avec des mots vidés de sens ? Comment même faire semblant ? Je prendrais pour seul exemple le droit de l’individu réduit aujourd’hui à son « pouvoir d’achat ». Autrement dit, pouvoir de faire vivre la production. Génial. Grandiose.

Je n’ai pas la réponse.

Mais je sais que je suis profondément pour la grève. Pour ces gens qui crient dans la rue. Pour toute forme d’expression semblent-elle incohérente et désordonnée. Justement.

Allez, grévistes. Vous êtes notre bouffée d’oxygène. Vous êtes vitals à tous.

Bonne journée.

 
anaïs.motif
15H16 20/11/2007

Il se trouve que j’ai vécu quelque temps à Cuba.

Oh pas longtemps, quelques petits mois.

Et j’y ai rencontré des gens, des gens qui n’arrivaient pas à aller voir leurs familles aux Etas-Unis, des gens qui avaient tout juste de quoi se nourrir, des gens qui dormaient à ciel ouvert dans des immeubles en ruines. Des intellectuels homosexuels qui avaient bien du mal à vivre. J’y ai vu des bus de tous les pays, le litoral de La Havane repeint par des dons de peinture italienne à l’occasion d’une visite de la Reine d’Angleterre, des écoliers en uniforme, de la salsa dans tous les salons de coiffure, des fanfares de jazz sur les plages bétonnées. Des foules pressées de crier « viva Fidel », « viva la revolucion » le jour de l’An.

Bref beaucoup de couleurs, et beaucoup de souffrance. Même de la misère. Et je sais que le peuple cubain souffre de son dictateur.

Mais ce que je n’ai jamais vu là-bas, c’est de la misère intellectuelle.

Allez comprendre.

 
Alice77
12H21 20/11/2007

Mais je suis d’accord avec vous.
(Trop de fautes d’othographe et non de frappe tuent le titre de Web Marketing) mais on s’en fout! vive la grève!

 
JP_JP
12H41 20/11/2007

Ah le Yéti ! Dés qu’on parle bar, bistro …
(Pour info, j’ai dégôté un Jasniére 2001, superbe !)

Bien sûr qu’il faut que tout le monde se retrouve derrière ces mouvements.
Demander aux autres de faire un effort, cotiser et donc travailler plus longtemps pour toucher moins, c’est quand même gonflé après avoir multiplié son salaire et son budget de fonctionnement par … 3 !
Salarié du privé, je ne suis pas dupe. S’ils arrivent à mater les régimes spéciaux, ils seront gonflés à bloc et nous en remettrons une couche comme sous balladur.
Il faut donc être solidaires et comme tu l’écris à propos de l’usager en colère, « il nous les brise menues ».

 
Fleurette
14H30 20/11/2007

Ben voyons !
C’est certain qu’avec 35 élèves par classe (voire 30 en ZEP quand la loi en impose 24, ce que je vis), des locaux délabrés et 1 ordinateur par classe (quand il fonctionne…), les mômes ils sont super motivés ! On nous dit : il faut faire de la pédagogie différenciée et varier les supports de cours… Je veux bien, je ne demande que ça ! Mais comment ? Quand, j’ai 2 élèves qui se disputent je ne peux même pas les séparer car je n’ai plus de place assise (même la mienne est prise !)et il ne faut surtout pas les exclure de cours ! Certains jours, en fonction des emplois du temps, il n’y a pas assez de salles pour faire cours !!!
Je ne suis pas garde d’enfant et je n’ai qu’une envie : donner à mes élèves les moyens de s’en sortir dans la vie, de trouver la voie dans laquelle ils puissent s’épanouir… Mais qu’on nous en donne les MOYENS.
Le gouvernement fait tout pour nous discréditer et nous faire passer pour des feignants et des incompétents ainsi le moindre mouvement, la moindre revendication est impopulaire auprès de l’opinion publique. A te lire, je vois qu’il y arrive très bien !
Mais sache Courageux Anonyme, je connais peu d’enseignants qui n’aiment pas leur métier, qui ne se donnent pas à fond pour leurs élèves !
Avant de taper sur les profs, il faudrait peut-être réfléchir aux priorités. Et je croix que la jeunesse en est une !

 
Zacharia Dosseur | Enseignant en ZEP
10H07 20/11/2007

En effet, nous nous battons aussi contre cette précarisation croissante de l’éducation nationale et de la fonction publique. Précarisation que la diminution des effectifs va accélérer encore (économies, économies…). Nous pensons aussi aux élèves avec qui nous travaillons, élèves qui méritent une grande attention, qu’on leur donne évidemment sans compter notre temps ou rechigner, mais souvent dans l’indifférence et pour un salaire qui stagne.

 
Zacharia Dosseur | Enseignant en ZEP
11H39 20/11/2007

Bien sûr, il y a toujours pire. Sans être dans la catégorie des plus à plaindre et sans chercher à se faire mousser, une ou deux précisions: j’observe tous les jours des professeurs se battre avec ambition pour éduquer et aider des adolescents aux prises avec des difficultés familiales et sociales que personne ne peut imaginer. Le niveau des élèves n’a rien de ridicule où je travaille. Des élèves non francophones entrant en 6è avec des résultats bien en dessous de la moyenne nationale sortent du Collège avec leur Brevet et une orientation qu’ils ont choisi, c’est l’école, c’est notre travail et nous innovons et tentons sans cesse de le faire mieux. Pas de plainte donc, juste le constat que ce travail nous demande toujours plus sans que notre salaire change. Bien sûr nous ne sommes pas les seuls, c’est pourquoi il faut se soutenir et se battre, sans mépris pour ce qu’on ne connaît pas.

 
Zacharia Dosseur | Enseignant en ZEP
13H00 20/11/2007

Juste une mise au point: Il ne s’agit pas de se faire mousser, bien sûr il y a toujours pire, c’est pourquoi il faut se battre ensemble. Je vois tous les jours des professeurs se battre pour éduquer et aider des enfants dont les difficultés familiales et sociales sont inimaginables. Ce temps en plus n’est pas rétribué et nos salaires stagnent.Les résultats, le niveau ne sont pas ridicules ici et des élèves (parfois non francophones) qui entrent en 6e en-dessous du niveau national sortent du Collège avec une orientation choisie et le diplôme du brevet.C’est l’école, qui tente d’apprendre aussi à ne pas mépriser ce qu’on ne connaît pas et pour laquelle il faut se battre

 
herself
15H48 20/11/2007

Ben oui, alors que moi je le suis, payée pour les jours de grève…c’est bien, vous me l’apprenez. Mais alors ces dégrèvements sur ma paye, c’est quoi au juste ??
Faites attention : trop de lieux communs éculés tuent le lieu commun éculé…
Pour le reste, ça se passe de commentaires je crois.

 
romi45 | découvre l'information
11H14 20/11/2007

ceci dit c’est quand meme bien de pouvoir prendre le metro pour pouvoir aller travailler, et ne pas se faire virer car on est incapable de se rendre sur son lieu de travail.

 
Leprivilégié | Serf de la World Company
08H25 20/11/2007

Quoi faire alors ?

 
Charles Mouloud | Bras gauche de la Vénus de Millau
09H18 20/11/2007

C’est bien , mon petit !

Tu as écris le texte de ta vie.

Alors tu le postes à tout-va.

Tu ne connais rien de la vie des gens que tu conspues, mais ce n’est pas grave.

Ton imaginaire te sert de représentation du monde.

Tu n’auras pas le Pulitzer.

Ton ulcération du peuple de gauche alimente ta hargne .

Ta calculette prévoie des « milliards d’euros » de perte ?
J’aimerai le détail de tes brillants calculs d’économiste!

Bon , il me plait à te répondre car les brillants et courageux anonymes ne seront plus acceptés sur Rue89 dès la semaine prochaine.

Alors …continue à rêver ton monde.

La réalité est toute autre .
Bonne grêve !

 
Leprivilégié | Serf de la World Company
09H44 20/11/2007

J’ai donné aux restos du coeur etc.. Mais un jour, au lendemain d’un concert des enfoirés, dans une salle d’attente de docteur, dans une revue pour faire rêver les pauvres (Paris match, gala ou autre..) j’ai lu le compte rendu d’une réception luxueuse . Et l’on y parlait d’un chanteur entre autres (David Hallyday, mais peu importe ce n’est pas personnel contre lui ), qui a reçu en cadeau une montre de luxe, donc très, très chère par le sponsor de la soirée. Et alors je me suis rappelé de la Phrase de Mme Tatcher : « Il faut que les riches soient de plus en plus riches, pour qu’il y ait de plus en plus de miettes pour les pauvres ». Et là, j’ai revu tous les marques qui sont citées au générique des « enfoirées » etc… qui sont génératrices de la pauvreté. Les restos du coeur indispensables mais c’est la démonstration que c’est devenu une distribution de miettes de riches qui vient compléter le courage des pauvres qui proportionnellement sont plus solidaires.
C’est évident que ce sont les plus démunis qui vont payer la casse avec les classes moyennes, les véritables nantis ne sont en aucun cas solidaire : La preuve ils disent aux plus démunis aet aux classes moyennes : »démerdez vous entre vous nous on donne rien ».D’où nivellement par le bas !

 
Leprivilégié | Serf de la World Company
15H24 20/11/2007

j’ai pas le choix, je lis ce qui s’y trouve, c’est instructif, au second degrès évidemment. Quoique j’écoute aussi Europe 1 chez moi, ça me fait mal aux oreilles d’écouter tous ces clones de « jacques marseille » ou de « jean-marc-sylvestre », mais c’est nécessaire quand on veut comprendre comment fonctionne la « Pravda » libérale.

 
Maquisard
17H07 20/11/2007

J’espère que votre argumentaire, cher collègue, n’est pas soumis au copyright… car je l’ai copié.
Tout ce que j’essaie d’expliquer aux gens depuis des années est résumé ici. Merci d’avoir fait le boulot.

Aux autres, qu’on se comprenne bien…

Argumenter de la sorte ne signifie pas se plaindre de notre métier, que nous avons choisi et dont nous sommes heureux.

Argumenter de la sorte, c’est réagir contre les agressions virulentes et totalement déconnectées de notre réalité, que nous subissons chaque jour, a fortiori en période de grève.

Alors non, nous ne nous plaignons pas. Mais oui, nous voulons des moyens pour travailler avec nos élèves dans des conditions acceptables. Et surtout que disparaissent ces clichés minables étayés par du vent que l’on nous rabache à longueur de journées.

 
kairos
10H01 20/11/2007

C’est très respectable ces dialogues de profs, mais quel est le pourcentage de profs qui aiment autant leur métier et qui passent autant de temps à aider leurs élèves ? J’en ai connu très très peu lorsque j’étais au lycée et j’en ai rencontré très très peu au collège de ma fille de 13 ans. Pour moi, une très grande des profs sont des personnes qui sont de mauvais pédagogues et la plupart n’aiment plus leur métier et passent très peu de temps à préparer leurs cours. Sans compter tous ceux qui corrigent les copies pendant les cours… C’est triste à dire, mais beaucoup de profs sont des feignasses.

 
kairos
22H09 20/11/2007

Non, mais la réalité est plus compliquée que celle qu’exprime les grévistes.

 
gilfkebir
10H07 20/11/2007

Bonjour,
Le tutoiement inconvenant et les fautes d’orthographe émaillent les échanges dommage. Le spectacle donné n’est pas reluisant. Pour ma part, je trouve que la dictature de syndicats revanchards irresponsables (pas tous heureusement, merci M Chérèque)est intolérable. La grêve est un droit acquis par des hommes courageux, mais malheureusement utilisé aujourd’hui par des primates incultes et des profiteurs impénitents.
Chacun a choisi SON métier en fonction des avantages qu’il y voyait alors. Fonctionnaire est une facilité offerte, un avantage sur le privé considérable. Aujourd’hui c’est moins simple de le devenir, et pour cause. Les gens de Moulinex et d’autres entreprises privées en décadence n’ont pas la même chance que les fonctionnaires. Ils ont obtenu DES CLOUS et n’ont que leurs yeux pour pleurer.
Je constate une fois de plus le lamentable comportement de l’individu qui se revendique français quand une équipe sportive gagne et qui se transforme dans les jours qui suivent en un révolutionnaire borné apatride, égoïste dès que l’on touche à l’un de ses avantages éhontés dont il bénéficie. La plupart du temps ce fonctionnaire, travaille au noir pendant ses jours de récupération ou de maladie. Qui l’en empêche ? Et on en passe.
Vraiment grêvistes de tous bords on en assez de votre terrorisme social imbécile. Désolé je reste correct malgré la rage qui m’anime quand je vois un grêviste cheminot dire « et en plus je veux que l’on me paye mes jours de grêve »…..là, la bêtise est à son comble.
A bon entendeur, Salut.

 
paco
16H15 20/11/2007

donc, mieux vaut la fermer…et devenir esclaves à notre tour. Vous n’avez sans doute pas remarqué que le système qui détruit l’environnement et réduit en esclavage les gamins qui fabriquent nos ballons de foot est le même que le gouvernement renforce ici : ça s’appelle le libéralisme.

 
paco
18H19 20/11/2007

Qu’appelez-vous des « privilèges » ? Je fais grève, dans le cadre de mon travail, et pour faire pression sur mon patron. Quel serait le sens d’une grève pour le développement du ferroutage, ou contre l’exploitation des travailleurs chinois ? En quoi m’arrêter de travailler ferait pression sur un patron chinois ? C’est moi, là, qui ne comprends pas bien… Les moyens d’actions doivent être en rapport avec les objectifs.

 
paco
22H28 20/11/2007

De faire grève aujourd’hui ne m’empêche de refuser d’acheter des produits « suremballés », de participer à une association qui bataille contre l’élargissement d’une autoroute, ou de boycotter certaines marques pseudo-équitables (l’Occitane,…). Je ne vois pas en quoi c’est contradictoire. Quand à : « tous les européens dans la rue ou ne travaillant pas et ne consommant pas pendant une semaine pour faire pression sur les grosses entreprises et le gouvernement pour un monde différent, respectueux de tous ! », tout à fait d’accord. Je serais dans la rue ce jour là aussi.

 
anaïs.motif
16H42 20/11/2007

Cher cher cher CA « JS ».

On comprend bien tes références, mais on a un tout petit peu de mal à comprendre ton propos.

Où veux-tu en venir ?

(une lectrice intriguée)

 
mllecatt
17H05 20/11/2007

J’ai 30 ans,je travaille dans une école et mon contrat avenir me permet de gagner 700 euros par mois sachant que cet avenir se fini le 30 juin prochain.

Et bien moi ce qui m’inquiète c’est comment vont grandir nos enfants ?

A 40 du CP au Bac, pas facile de suivre le cour, trop facile de se faire oublier dans un coin (comme de toute façon la maîtresse marche avec des tranquillisants).

C’est ça que vous voulez?
Le plus important n’est ce pas nos enfants ?

Moi j’aimerai que les miens partent à l’école content d’apprendre de nouvelles choses. Qu’ils trouvent à l’école un maximum de moyens qui pourrai leur permettre d’évoluer sereinement.

Pourquoi leur supprimer une chance de réussir ?

A moins que l’on ne veuille que de bons moutons, qui puissent enrichir l’élite qui elle aura eu le moyen d’élever sa progéniture dans de bonnes écoles privées.

continuez, battez-vous !!!

Dites-leur que vous n’êtes pas des moutons

 
Maquisard
17H24 20/11/2007

C’est marrant comme, dès qu’on parle des profs, le ton s’envenime.
Comme si une vieille rencoeur ressurgissait. La rencoeur des années passées à s’ennuyer sur les bancs de l’école, à se prendre des punitions…

Rencoeur de pays riche, qui croit que tout lui est dû, qui croit que consommer est un droit sacré, comme celui de posséder un poste de télévision et une carte Auchan. Qui a tellement l’impression que tout est normal qu’il se permet de s’acharner sur un système que des milliards de gens nous envient : un système éducatif gratuit sur tout le territoire de la République.

Allez voir au Burkina Faso si on crache à la gueule des profs, quand on sacrifie 80% du revenu familial pour permettre au petit dernier d’être scolarisé.

Un enfant gâté à qui on offre un jouet cher crache dessus et le délaisse au bout d’une heure.

La France est un pays d’enfants gâtés.
Mais un jour, à l’enfant gâté on dit « maintenant tu es grand, tu te débrouilles ». Et aux Français on dira « maintenant y plus service public, tu paies les sociétés privés ou te te passes de services ».
Et pour l’enfant gâté ou le Français qui pensait que tout lui était dû, c’est le ciel qui s’écroule sur sa petite tête.

 
Yvon
23H27 20/11/2007

Pourquoi nous trahissent-ils toujours ??? nos camarades des syndicats ?
Je ne parle pas de Chérèque, ce traitre malmené à juste titre pendant la manif, info cachée sur les télés ! ni de Thibault qui téléphone et va mendier une négociation bidon pour se faire cracher dessus par Fillon et cie
On dirait qu’ils ont tous peur du peuple , des manifestants , des grévistes…
Il est vrai que seules les luttes ont obtenu des avancées sociales…pas nos camarades des syndicats.
Il faut compter sur nous mêmes pour gagner. Seule la lutte paie.courage à tous .