L'Olympique lyonnais et le désert du championnat français

Lee McCulloch, des Glasgow Rangers, et Sebastien Squillaci, de Lyon  (David Moir/Reuters).

La victoire (3-0) de l’Olympique lyonnais face aux Glasgow Rangers mercredi en Ligue des champions pourrait inciter à se réjouir, si elle ne révélait pas, en creux, la faiblesse du championnat de France de football.

Pour la cinquième fois consécutive, les troupes de Jean-Michel Aulas ont franchi le cap de la phase de poule de la prestigieuse compétition, et la répétition pourrait convaincre qu’il y a dans ce résultat une forme de logique, que l’OL fait partie, à coup sûr, d’une certaine élite européenne.

Aller gagner à l’Ibrox Park, devant des Ecossais qui jouaient à 12 pour reprendre un solide cliché, constitue un authentique exploit, certainement pas à la portée du premier club venu. Mais les Lyonnais ne sont jamais allés plus loin que les quarts de finale en C1, et ils ne peuvent revendiquer le statut de favoris que l’on attribue spontanément au Barça, au Milan ou encore au Bayern de Munich.

"Le foot est un sport qui se joue à onze, et à la fin c’est Lyon qui gagne"

N’empêche. La régularité de Lyon, confirmée par cette qualification pour les huitièmes de finale, renforce encore une peu plus l’impression que Lyon vit aujourd’hui au milieu d’un désert qu’est devenue la Ligue 1.

Avant même d’avoir bouclé la première partie de la saison, les Lyonnais semblent promis à un septième titre consécutif, record sans équivalent en Europe, et cette suprématie domestique a de quoi inquiéter.

Cette année, c’est Nancy qui fait de la résistance. Après 17 matches de championnat, les Lorrains sont deuxième avec quatre points de retard. Les années précédentes, il y avait eu Lille, Monaco ou Lens. Mais peu, importe au fond. Le football français obéit à cette vieille formule qu’autrefois on appliquait à l’Allemagne. "Le foot est un sport qui se joue à onze contre onze et à la fin ce sont les Lyonnais qui gagnent."

La correction infligée à Marseille par Liverpool montre l’ampleur du fossé

La domination de l’OL a généré une espèce de complexe dans l’Hexagone. Les vingt clubs de l’élite ne se battent plus pour décrocher le titre, ils s’étripent pour avoir l’honneur de finir deuxième, voire troisième et rêver à un tour préliminaire de C1.

La culture de la victoire de Lyon a entraîné une habitude de la défaite parmi ses rivaux nationaux. Habitude qui trouve sa traduction la plus spectaculaire dans les compétitions européennes. La correction (4-0) que Liverpool a infligée à l’OM mardi au Stade Vélodrome et les déconvenues, pour ne pas dire plus, enregistrées en Coupe de l’UEFA témoignent assez du fossé qui s’est ouvert.

Aulas et l’OL ont créé, à leur profit, un cercle vertueux qu’il semble bien difficile de briser, et, dans le même temps est né un cercle vicieux qui a transformé la L1 en une espèce de spirale ennuyeuse.

Peut-être serait-il temps que Lyon, après s’être bâti un palmarès sans précédent, aide ses rivaux à se mettre à sa hauteur. D’une certaine manière, il en va presque de son intérêt: à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Et quand on espère 750 millions d’euros pour les droits de retransmission télévisée du championnat, il convient d’offrir un spectacle, à défaut d’un suspense, digne de ce pactole. L’OL règne en maître, mais son royaume est une cour des miracles. Un borgne au pays des aveugles.


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19H17    13/12/2007

Très interessant c’est exactement ce qu’a dit Bernard Tapie lors de la défaite de Lyon en Champion(s league l’année dernière (sans vouloir faire de ce dernier une référence ou quelqu’un qui serait de bon ton de citer) ehehehe
Toutefois c’est exactement ça, Aulas a voulu écraser ses adversaires avec certes une logique de stabilité et une équipe qui a su évoluer et rester très forte mais aussi souvent en déstabilisant des joueurs d’équipes concurrentielles (épisode Piquionne, épisode Riberi) et puis au final c’est ça ils se tirent une balle dans le pied car leur terrain d’entrainement est pathétique.
Mais l’important c’est qie le titre de l’OL est rebondi aujourd’hui n’est ce pas?
En attendant la sortie au tour prochain…

 
21H40    13/12/2007

Merci pour l’article…
Cette remarque, en guise d’illustration : sauf erreur de ma part, sur les douze dernières années, l’Olympiakos du Pirée a remporté onze titres de champion de Grèce. La qualité du championnat grec n’est plus à démontrer, n’est-ce pas ?
De même la présence dans les cinq premiers du championnat français de clubs comme Nancy, Le Mans ou Valenciennes devrait-elle interroger les responsables du football. Pas que ces clubs soient méprisables (je suis assez allé à Marcel-Picot pour être content de ce qui arrive aux Nancéiens), mais leurs performances présente sont tout de même assez déconcertantes au regard de celles de leurs concurrents a priori plus huppés.
Allez les Verts ! (Et c’est un Lyonnais qui vous le dit.)

 
19H36    13/12/2007

Le règne Lyonnais peut certes paraître lassant… pour ma part, en tant que supporter du PSG, je m’inquiète davantage de l’incapacité des autres « grands clubs » français, tels Paris, l’OM ou Bordeaux, à occuper régulièrement une seconde place qui rappellons-le, autorise elle aussi l’accès à cette lucrative ligue des champions, tellement lucrative qu’elle creuse un fossé sportif et économique gigantesque entre ceux qui y participe régulièrement et les autres. La fuite des talents de la ligue 1(Sagna, Kaboul, Kanouté, Ribéry) démontre davantage l’insuffisance du projet sportif de club comme Marseille ou Paris. Les Ginola, Le Guen ou Weah iraient-ils au PSG aujourd’hui, ou partiraient-ils directement en Angleterre ou en Espagen après avoir percés en Ligue 1? Un cas symptomatique : paris recrute aujourd’hui des joueurs de 21 ans (Digard, Gouffran) sans gradn expérience de la Ligue 1, quand ce même club accueillait des joueurs confirmé de 24/25 ans il y a dix ans. Dans ces conditions, rater un recrutement devient fatal, et l’écart se réduit entre ces clubs historiques du foot français et les « petites » écuries. Remonter la pente nécessitera un peu de chance (un ou deux talents achté à bas prix et suffisament costaud pour affronter la pression), et du temps…

 
19H46    13/12/2007

Si un site internet pouvait recevoir des tomates, Rue89 serait en grand danger!
Il parait ici que « qui ne saute pas n’est pas lyonnais »! N’étant pas un kangourou,je ne suis donc pas lyonnaise, et je garde mes tomates…
Mais je suis excédée par l’invasion des produits OL/Aulas, impossible d’y échapper: gadgets, maillots, restaus… commerce, profits, fierté virant à l’arrogance! Mais le sport,dans tout ça?
J’ignore si un échec de Lyon aiderait les autres équipes en les re-motivant, mais il aurait peut-etre le mérite de ramener l’OL vers…le foot!

 
16H45    14/12/2007

Il faut surtout arrêter la jalousie autour de Lyon, certes son président n’est pas toujours très sympathique mais il fait son boulot pour défendre son club. ensuite il n’y a aucun millionnaire ou milliardaire qui ouvre les vannes pour les comptes du club. ce club s’est construit pendant 20 ans sans bruit et avec succès , il y a eu une gestion saine (on peut parler de gestion dans le sport c’est même nécessaire pour éviter les travers de Bordeaux et Marseille sous les ères BEZ et TAPIE). C’est en s’inscrivant dans la durée que ce club connait le succès aujourd’hui (en formant des jeunes, en ne dépensant pas des fortunes en transferts) alors il serait temps de lui dire bravo et que les autres clubs s’en inspirent (lille voulait le faire mais étant donné le soutien des acteurs locaux ca parait compliqué, nancy a l’air de suivre cette voie là, et d’autres aussi (toulouse par exemple) ) ca sera long mais il est inutile de jeter la pierre sur le seul club qui a du mérite…