
Jo Wilfried Tsonga, le puncheur qui a mis Nadal KO

Avec son visage un peu poupin et sa morphologie de colosse, Jo Wilfried Tsonga a longtemps eu de faux airs de Mohammed Ali. Jeudi, il est devenu l'un des rares Français à se qualifier pour la finale de l'Open d'Australie, en expédiant au tapis un redoutable cogneur, l'Espagnol Rafael Nadal.
Sa morphologie, 1,88 mètres pour 90 kilos, le destinait plutôt à terminer sur un ring. Pourtant, Tsonga, de son propre aveu, n'a jamais pensé à faire autre chose que de jouer au tennis.
Si physiquement, il fait penser à une montagne, le Français a souvent été contrarié par des pépins. Son corps ne voulait pas se mettre au service de son rêve. En 2004 et 2005 (son année la plus noire), il est handicapé par une hernie discale. Des blessures à répétition, au dos, à l'épaule et aux abdomiaux, viendront perturber son parcours en 2006 et début 2007.
Comme un boxeur au crochet meurtrier et à la machoire de verre
Pour tous les observateurs, le gamin (il a aujourd'hui 22 ans) est encore jeune, mais il est fragile. Il donne l'impression d'être comme ces boxeurs, dont on dit qu'ils possèdent un crochet meurtrier mais une mâchoire de verre.
Cette fragilité hypothèque bien sûr ses résultats, et ses rares apparitions en Grand Chelem s'en ressentent. Une élimination au premier tour de Roland-Garros en 2005 et une sortie au même stade de la compétition à Melbourne l'an passé. Il n'était alors que 224e mondial.
Impossible d'anticiper un parcours comme celui qu'accomplit le Français cette année en Australie, même si son huitième de finale à Wimbledon en 2007 et son 16e de finale à l'US Open en 2007 constituaient peut-être des signes avant-coureurs.
En ce début d'année, Tsonga joue sur un nuage. Tout lui réussit, et même Rafael Nadal a reconnu après la leçon reçue jeudi (6-2, 6-3, 6-2 ! ) qu'il ne pouvait rien faire :
» Je jouais bien, mais pas assez pour battre Tsonga ce soir. J'ai tout essayé, de jouer plus vite, de jouer à l'intérieur du court, mais cela n'a servi à rien. Il est dans le meilleur moment de sa carrière. »
« Sur la balle de match, je me suis dit, il faut que je me pince »
Le Français -dont le père vient du Congo-Brazzaville- a admis avoir du mal à se rendre compte de l'aventure qu'il vit, comme s'il était lui-même surpris de ce qu'il pouvait, tout à coup, réussir.
» Sur la balle de match, je me suis dit, ce n'est pas possible. Il faut que je me pince. Cela va s'arrêter. Mais je crois qu'aujourd'hui, il n'y a pas grand monde qui aurait pu m'arrêter. »
Il faut admettre que lorsque Tsonga joue comme ça, même un adversaire de la trempe de Nadal ne peut lutter.
Il reste maintenant un dernier round à Tsonga, celui de la finale avec comme adversaire le vainqueur de l'autre demi-fnale qui doit opposer le Suisse Roger Federer et le Serbe Nenad Djokovic.
Jeudi, Tsonga a pu se servir de son punch face à un Nadal qui ne refuse jamais un bon combat. Mais rien ne dit qu'il ne pourra remettre ça dimanche. Si Federer, incontestable numéro un mondial, accédait à sa troisième finale consécutive à Melbourne (après deux titres en 2006 et 2007), Tsonga se mesurerait à ce qu'il s'est fait de mieux dans le tennis depuis ces cinq dernières années.
Mais, le Français, malgré son manque d'expérience, pourra garder en mémoire que Federer n'est pas totalement invincible. En demi-finale en 2005, il avait mis les deux genoux à terre face à un autre colosse, le Russe Marat Safin. Le match avait été l'un des plus beaux offerts au public australien.
Vivement dimanche.
► Rectifié le 24/01/2008 à 20h20 : Tsonga n'est pas le premier Français à atteindre la finale de la compétition.
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De Curieux
19H44 | 24/01/2008 |
j'ai vu le match en direct et fut sckotché. Jeu formidable et attitude sympathique. Je lis maintenant que ce joueur est « fragile » physiquement (il n'en a absolument pas l'air ! )… dommage… j'espère qu'(il est bien réparé et qu'il ne cassera pas
De Tinhinane
Médiatrice scientifique | 21H50 | 24/01/2008 |
Bonsoir Akran et tous les riverains,
Voilà, rapidement, ce qui m'a fait réagir sans doute un peu vivement :
J'aurais sans doute apprécié que l'on nous parle du jeu Jo Wilfried Tsonga en le comparant à d'autres joueurs de tennis et pas forcément à un boxeur, même s'il est fait référence à un des plus mythique et respectable parmi eux, Mohammed Ali.
Je ne pense pas non plus que des caractéristiques physiques prédestinent à une pratique sportive même si certaines (taille, par exemple) d'entres-elles favorisent certaines disciplines physiques.
Le joueur représente la France, le journaliste écrit à plusieurs reprises le joueur Français, faire référence au pays d'origine de son père ne m'apporte rien sur ses qualités sportives. Dans cet article il est en principe question de son exploit sportif et non d'une biographie exhaustive dans laquelle son histoire individuelle et familiale aurait toute sa place.
A 22 ans on n'est pas gamin, on est un jeune homme. C'est n'est pas son âge qui fait sa fragilité (à moins qu'il ne soit de constitution physique fragile et vulnérable, dans ce cas cet exploit risque d'être magnifique mais éphémère et non reconductible, ce que je ne lui souhaite pas), c'est peut-être sa « fougue », son « impatience » et probablement des entrainements excessifs et mal adaptés qui forcent son corps au lieu de le laisser éclore, s'épanouir.