
Dopage : la lente disparition de la loi du silence dans le vélo
Quand la question du dopage était abordée, il y a encore moins de dix ans, le peloton se drapait dans son indignation et son silence, appliquant cette loi non écrite qui a longtemps prévalu dans certaines familles de Sicile. Lorsque cette même question est posée aujourd'hui, certains deviennent intarissables, et se montrent d'une étonnante promptitude à battre leur coulpe quand ils n'accusent pas leurs anciens camarade de fraude.
Ce qui a changé depuis l'affaire Festina en 1998, ce n'est pas que Richard Virenque ne pleure plus, c'est que l'omerta a, en partie et en partie seulement, été levée. Et ce, d'une manière un peu plus spectaculaire depuis la retraite de Lance Armstrong il y a deux ans.
A en juger par le nombre d'affaires de dopage qui ont marqué l'année 2007, on pourrait croire que les choses n'ont fait que s'aggraver en cours de la dernière décennie. Une telle affirmation serait un peu hâtive.
Un » passeport biologique » , sésame pour le nouveau Tour de France
Les pratiques frauduleuses ne se sont pas multipliées depuis dix ans. Elles n'ont pas suivi une courbe exponentionelle, comme on pouvait le craindre avec l'apparition de l'EPO au début des années 90. La triche a simplement continué, avec même un retour dans le temps et la réapparition anormalement fréquente des corticoïdes.
Une autre technique, employée notamment par Alexandre Vinokourov, était nettement moins courante et démontre que malgré les contrôles la course à l'armement continue : elle consistait en des transfusions homologues.
Certains directeurs sportifs, notamment ceux des équipes françaises, affirment haut et fort que le temps des égarements est désormais terminé et que la lutte contre le dopage est devenue une priorité absolue, si l'on veut éviter la mort du cyclisme.
Lors d'une réunion houleuse à Londres avant le début du Tour de France, huit directeurs ont quitté l'Association internationale des groupes cyclistes professionnels (AIGCP) pour réclamer un cyclisme propre. On peut, a priori, admettre leur honnêteté quand on voit les résultats de leurs coureurs.
Ces équipes, soutenues par les organisateurs du Tour de France, avec le soutien du ministère de la Jeunesse et des Sports, ont appris avec satisfaction l'instauration d'un passeport biologique en 2008 sous l'égide de l'UCI. Ce passeport prévoit six contrôles sanguins et quatre contrôles urinaires par an qui étudient les variations de cinq paramètres sanguins et établissent un profil du coureur.
La question reste de savoir qu'elle sera l'efficacité de ce passeport qui servira de base de recrutement pour les coureurs lors du prochain Tour de France.
Bjarne Riis, vainqueur en 1996 et figure du peloton, a avoué avoir triché
Ce renforcement des contrôles, au sein du sport le plus contrôlé au monde, a été inspiré par la multiplication des révélations qui font que depuis 1996, la légitimité des vainqueurs de la Grande boucle est sujette à caution.
C'est le Danois Bjarne Riis, surnommé » M. 60% » en raison de son taux d'hématocrite, qui a avoué avoir triché pour triompher en 1996 alors qu'il courait pour l'équipe Deutsche Telekom.
Puis vinrent les révélations de plusieurs anciens de cette formation, apparue en 1991 et qui en l'espace de trois saisons a mis la main sur le peloton. Erik Zabel, Rolf Aldag ont reconnu avoir eu recours à des produits interdits tandis que la figure emblématique de cette équipe, Jan Ullrich n'en finit pas de se dépêtrer avec les accusations.
Les dernières en date sont le fait de son compatriote Patrik Sinkewitz, contrôlé positif et exclu du Tour 2007, qui a mis en cause ses partenaires et les pratiques de l'encadrement de la T-Mobile lors d'une audition devant la commission de discipline de la Fédération allemande de cyclisme en octobre.
Des écoutes téléphoniques rendues publiques par le journal Focus laissent supposer qu'Ullrich, avec l'assistance de son manager Rudy Pevenage, était peut-être dopé dès 1997, année de sa victoire sur les Champs-Elysées.
Tous ces faits ont amené T-Mobile à se retirer afin d'éviter que la marque reste associée à l'idée du dopage. L'équipe a pris le nom de High Team Road, mais cela n'efface pas les doutes qui entourent certains coureurs, comme Kim Kirchen ou George Hincapie.
Un septennat de fer et de silence imposé par Lance Amstrong
C'est bien la grande nouveauté de 2007. Ceux qui se taisaient autrefois acceptent, au compte-gouttes, de parler, après un septennat de fer et de silence imposé par Lance Armstrong.
La surprise est venue de l'équipe Astana, qui a vécu une année cauchemardesque avec les contrôles positifs de Vinokourov, Kacheshkin et Kessler et la mise en cause de Mazzolini. Pour essayer de montrer l'image d'une équipe propre, la formation kazakhe a engagé Johan Bruyneel à la place de Marc Beaver. L'ancien coureur belge a dirigé Armstrong tout au long de son épopée de sept victoires dans le Tour.
Il n'y a plus qu'à attendre la prochaine audition du docteur Eufemiano Fuentes, au centre de l'affaire Puerto de dopage sanguin, pour espérer avoir de nouvelles révélations, de nouveaux aveux qui viennent, chaque fois, dévoilé un peu plus l'étendue du problème.
► Lire aussi : Stéthosport, le blog du médecin du sport Jean-Pierre de Mondenard
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De
18H34 | 05/12/2007 |
L'avantage revient toujours à celui qui prend l'initiative et qui garde un temps d'avance…le dopage sur les contrôles.
Sur le passeport biologique, voir le dernier billet de JP Mondenard
http://rue89.com/blog/stethosport/pourquoi-il-ne-faut-pas-se-rejouir-dun…
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http://argumentons.blogspot.com
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De
19H00 | 05/12/2007 |
Bonjour,
Deux petits rectifs. la Telekom « n'a pas mis la main » sur le peloton en 1994 ; il faut attendre 1996 avec l'arrivée de Riis en provenance de la Gewiss et l'explosion d'Ullrich pour que l'équipe devienne une des plus solides du peloton. Et l'ex-manager d'Astana s'appelle Marc Biver, et non Beaver.
Des broutilles. Mais je suis beaucoup plus gêné par la phrase suivante : « L'équipe a pris le nom de High Team Road, mais cela n'efface pas les doutes qui entourent certains coureurs, comme Kim Kirchen ou George Hincapie. »
Je veux bien comprendre les doutes vis-à-vis de George Hincapie, mais je suis beaucoup plus circonspect pour Kim Kirchen. Pouvez-vous étayer ? Même si ce ne parlez que de « doutes », je ne pense pas que l'on puisse mettre au pilori un coureur de cette façon. A moins que vous ayez des informations qui n'ont jamais été publiées… Auquel cas, il serait judicieux de les donner…
Cordialement
De
19H37 | 05/12/2007 |
L'histoire du mec sain malgré lui.
De Thomas GREDAT
| 19H40 | 05/12/2007 |
Je voudrais croire à une réelle volonté de prendre le problème à bras le corps, en souvenir de cette passion pour le vélo qui m'a poussé à lire tant de bouquins et d'articles sur tant de grands champions, à apprendre par coeur le palmarès du Tour de France et à accumuler, seul, les kilomètres parcourus à vélo.
Il est vrai que des aveux comme ceux de Bjaarne Riis sont inédits. A ma connaissance, il est le premier vainqueur du Tour à avouer s'être dopé depuis Jacques Anquetil et Bernard Thévenet, ce qui ne nous rajeunit pas.
Après la mort de Tom Simpson, en 1967, on a longtemps dit que le dopage était en net recul. On sait ce qu'il en est aujourd'hui.
Je voudrais croire que je pourrai un jour m'enthousiasmer à nouveau sur les performances de ces athlètes qui, malgré tout, sont hors du commun (Vous avez essayé de grimper un col de 1500 m. ? Moi non plus ! ).
Malheureusement, il est un fait qu'il ne faut pas sous-estimer : en cyclisme, la pratique du dopage est aussi vieille que ce sport lui-même. Dès la deuxième moitié du XIXème siècle, des produits commençaient à circuler. Ce n'était pas de l'EPO, mais ça carburait bien pour l'époque. Le premier athlète de l'ère moderne mort du dopage était un cycliste.
C'est plus qu'à un fléau qu'il faut s'attaquer : c'est toute une culture qui est à revoir.
Au travail !
De EricRost
Technicien | 21H53 | 05/12/2007 |
Je crois que l'on a attendu trop longtemps avant de combattre le dopage. Le dopage a toujours exister dans le vélo. Mais nous avons fais le choix de nous taire depuis plusieurs années. Aujourd'hui, on se rends compte que nous avons fait une erreur en tolérent le dopage. Il est certainement trop tard pour ratrapper le temps perdu suer la lutte antidopage. Mais, je pense qu'il ne faut pas désespérer et qu'il faut foncer et tous faire pour cesser que ces sportifs continuent à se droguer.
Je me souviens du citation de Coluche ( c'est pas tout jeune ) : Qu'est ce que le Tour de France ? Ce sont les alcoolos qui regardent les drogués.
De
22H10 | 05/12/2007 |
La repentance tardive des vainqueurs dopés leur permet d'enfiler un costume d'homme honnête et courageux, mais qui masque la tricherie du coureur, et la couardise de ceux qui crachent dans la soupe, après en avoir bu des litres et des litres…
Une fois la gloire effacée par le temps, il est si facile de casser l'image d'un sport merveilleux, qui ne mérite pas l'opprobre lancée par les tricheurs. N'oublions pas que ces repentis ont été des tricheurs. Ils devraient rendre tout l'argent qu'ils ont gagné grace au cyclisme
De
04H16 | 06/12/2007 |
hummm…
hormis le fait qu'ils me font braire durant trois longues semaines…
Faudrait qu'ils soient vertueux en plus ?
La vraie souffrance pour une réelle victoire ?
Qu'ils se dopent ou pas où est le problème ?
Le spectacle est là non ? C'est pas l'idée ?
De Thomas GREDAT
| 16H50 | 06/12/2007 |
« Qu'ils se dopent ou pas, où est le problème ? »
Ca abrège leur existence.
C'est tout.
De
22H01 | 06/12/2007 |
pour le spectacle c'est mieux de les voir craquer un jour
puis revenir un autre plutot que cette domination ecrasante d'un petit nombre de coureurs
De
09H29 | 07/12/2007 |
oui, joli constat, guére nouveau, on fait des progrés, et on parle avant tout du cyclisme , enfin uniquement du cyclisme professionnel sur route ; maintenant souvenez vous, il y a quelques jours l'IRB, l'association mondial du rugby, affirma que tous les tests effectué lors de la coupe du monde négatif. quiconque s'intéresse à ce sport rigole doucement. alors le cyclisme professionnel ne serait il pas le chiffon rouge que l'on agite pour faire oublier une pratique qui touche l'ensemble du sport. allez un peu de courage : des contrôles systématiques dans la ligue professionnelle de foot : toute l'équipe de l'OM ou de l'OL reveillé au petit matin, le jour d'un match, par la police et conduite de force à l'hopital le plus proche pour des prises de sang et autres controle.. Continuons, le controle systématique des vainqueurs d'un match…