
E-recrut aussi les idées des autres
Adia avait fait sensation en 2003 avec une campagne assez osée pour un secteur aux problématiques délicates (racisme, discrimination…). Des annonces choc conçues à l'époque par l'agence Leagas Delanney accrochaient le regard du passant avec des phrases telles que « cette femme est bonne », « ce jeune est un drogué », « cet homme est un obsédé »…
En dessous, en plus petit on pouvait lire : « …est bonne… dans son travail », « est un drogué… de travail », etc… bref, une fausse piste, prenant habilement à contre pied les idées reçues ou supposées préconçues qu'ont les agences de recrutement ou les employeurs sur les travailleurs intérimaires.
Cette campagne a eu pas mal d'écho, et a été développée plusieurs années de suite… si bien qu'en voyant dans le métro ces jours-ci des affiches aux accroches similaires « je suis convoité » « je suis adulé », j'ai cru d'abord apercevoir une suite (un peu faiblarde) à cette fameuse campagne.
Sauf que pas du tout ! Même accroche en forme de fausse piste, mêmes « sous entendus », même révélation en petit… mais un annonceur différent. Mais pas si différent tout de même puisqu'il agît dans le même secteur d'activité professionnelle : le recrutement.
Certains diront que c'est naturel pour une entreprise de recrutement d'aller recruter les idées de ses concurrents, personnellement je trouve plutôt que c'est un comble ! Et puis en général, quitte à faire la même chose autant la re-faire en mieux. Or là, tout est moins bien.
Les accroches sont plus convenues et moins étonnantes. La mise en scène simple, forte et subtile des premières affiches, laisse place aujourd'hui à une pâle copie, chargée, grasse et lourde. Quand à la mise en forme qui sert un fond pas très profond, elle est catastrophique. Les photos sont moches et les papiers peints « à fleurs » sont hideux et surtout complètement hors sujet.
Bref, s'il y a des travailleurs qui ne seront pas très convoités à l'avenir ce sont les créatifs qui ont fait ces annonces E-recrut ! Si ce sont des copieurs ils copient mal, et si ils n'ont pas copié ils ont raté un métro où plutôt ils ne l'ont jamais pris car la campagne Adia était visible partout !
Photo : pub Adia à gauche (2003) ; pub E-recrut à droite (2008) (DR).
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De Camille
Mauvais genre | 11H12 | 14/10/2008 |
C'est tellement repompé que j'ai cru que c'était la suite moi aussi, qu'ils développaient leur secteur internet ou qqchose comme ça, et je n'ai pas vu que c'était une autre boite. Merci du zoom
De Shix
Madteam since 2010 | 11H49 | 14/10/2008 |
Mais que va-t-on regarder à la télé si la publicité se meurt ?
On va quand même pas être obligés de regarder les programmes ? !
De chederico
(redac pub) | 13H29 | 14/10/2008 |
Numérosix / Tophee : Et si ce n'était pas les publicitaires qui n'avaient plus rien à dire, mais plutôt les annonceurs ou leurs produits ? La pub permet à un produit de sortir du lot, de se vendre, et par voie de conséquence de faire tourner les usines et de créer des emplois (ou dans une moindre mesure, d'éviter des licenciements). La pub c'est du vent ? Peut-être, mais le vent fait tourner les moulins.
De Miju
Photovoltaïcien | 14H48 | 14/10/2008 |
Et ils nous coutent cher les publicitaires !
Environ 500 euros par personne par an pour la publicité (le budget de la pub absorbe 30 milliards d'euros par an en France…).
Et je parle même pas de la pollution visuelle ou des messages de consommation qui sont derrières…