
Avec « The Hurt Locker », l'Irak s'invite à la Mostra de Venise
(De Venise) Huit films par jour. Première séance à huit heures et demi, dernière à minuit, depuis une semaine… Des centaines de films, trois ou quatre compétitions officielles (cinq ou six, si on compte les off off). La Mostra, c'est l'enfer. Le seul festival ou on peut faire une overdose de films.
Ridateci I Soldi !
Cette année, une sélection digne des petits millésimes : pas encore de grand chef d'oeuvre et beaucoup, beaucoup de navets. Une dizaine de films a signaler jusqu'ici. On a envie de crier « Ridateci i Soldi » (Remboursez) avec les milliers de petits papiers de libre expression qui couvrent trois grands murs mis à disposition des festivaliers à l'entrée du palais des festivals.
Les Italiens aiment se défouler. Ils inscrivent leurs coups de coeur et leurs coups de gueule sur des petits formats A5 alignés avec soin par le festival. La plume est acerbe, souvent sexuellement explicite et dirigée contre les sélectionneurs. Le coup de crayon des caricaturistes est souvent excellent. Bon prince, la Mostra décernera un prix au meilleur petit papier. Rien de tel que ceux-ci pour savoir si le dernier Kiarostiami (« Shirin ») est à se tirer une balle (ce fut le cas, malheureusement) ou si Emmanuelle Béart en robe du soir dans la jungle a encore franchi le mur du son dans le ridicule (dans « Vinyan », de Fabrice du Welz)…
Je reste pourtant fidèle à mon modus operandi. Je ne lis rien sur les films avant d'aller les voir. Je pars en voir un autre si je me fait chier pendant les 20 premières minutes. Je vais tout voir. Les grand, les petits, les beaux et les moches.
The Hurt Locker, de Kathryn Bigelow

Le film du jour est peut-être le plus beau de la Mostra. Dans « The Hurt Locker », la réalisatrice californienne Kathryn Bigelow signe un grand et beau film. Tiré du récit du journaliste et scénariste Mark Boal qui a suivi une unité d'élite de démineurs volontaires de l'armée Américaine en Irak, le film explore le thème de la peur, du courage et des ressorts intimes du soldat en guerre, en suivant une petite unité de trois hommes chargée de désamorcer les bombes, les pièges et autres kamikazes qui ensanglantent quotidiennement Bagdad.
C'est magistralement filmé, réalisé et interprété (Anthony Mackie, Jeremy Renner…). On est pris dans l'action, on retient son souffle, on sursaute. Impossible de ne pas prendre aux tripes les coups, les explosions, les balles, les odeurs. .
Et on se dit : merde, pourquoi il n'y a que les Américains qui arrivent à faire ce genre de films -et ce genre de guerre ? Ceci explique-t-il cela ? Au milieu de l'horreur, les drames intimes surgissent, les motivations aussi. Peut-être celle que la réalisatrice a inscrit en exergue : « War is a drug ».
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De brise marine
portier de nuit | 07H19 | 05/09/2008 |
Peut être que les étasuniens sont ils plus dans l'action que dans le discours,aussi sont ils moins bavards et privilégient-ils ainsi davantage l'image,le son et leurs acteurs comme support au sujet traité ?
De abogad
08H12 | 05/09/2008 |
enfin !
très bien
Lolo
De Tyb
(par ici, par là) | 15H13 | 05/09/2008 |
Vinyan a pourtant de très beaux échos pour l'instant sur les quelques critiques que j'ai lu…
Content de revoir (enfin bientot) Kathryn Bigelow refaire quelque chose d'intéressant, après quelques années de morne flottement
De compte supprimé 13
18H01 | 05/09/2008 |
la phrase :
« […] le film explore le thème de la peur, du courage et des ressorts intimes du soldat en guerre, en suivant une petite unité de trois hommes chargée de désamorcer les bombes, les pièges et autres kamikazes qui ensanglantent quotidiennement Bagdad. »
est-elle dans le dossier de presse ?
vision américaniste complète. réécriture de l'histoire en cours, petite propagande confortable.