05/10/2011 à 18h23

Ryan Gosling dans « Drive », mutique et superbe au volant

Aurélie Champagne | Journaliste Rue89

L’homme attend au volant d’une Chevrolet grise. Cinq minutes. Pas plus, pas moins. Deux braqueurs sortent en courant d’un entrepôt et s’engouffrent dans la voiture. Les sirènes de la police hurlent. Une longue course poursuite s’engage : elle donne la tonalité de « Drive » et impose d’emblée un rythme syncopé et envoûtant. (Voir un extrait de « Drive »)

« Drive », du Danois Nicolas Winding Refn, est un film de genre assez époustouflant. D’abord, il séduira tous ceux qui ne se seraient pas encore tout à fait remis de « Bronson » ou « Pusher ». Le comédien Ryan Gosling y fait des miracles et la mise en scène, récompensée au dernier Festival de Cannes, en fait un des grands films de la rentrée.

Le jour, le héros est cascadeur à Hollywood ; la nuit, il est chauffeur pour des truands. Il tombe amoureux de sa jolie voisine (Carey Mulligan). Pour la protéger, il va se mettre à descendre des malfrats. (Voir la bande-annonce)

Ryan Gosling - également chanteur et guitariste du très chouette Dead Man’s Bones - est une valeur montante d’Hollywood. Il s’était jusque-là frayé une voie dans le cinéma indépendant américain avec des films comme « Half Nelson » ou « Blue Valentine ». Récemment, il donnait la réplique à Steve Carell dans « Crazy Stupid Love » et sera à l’affiche du prochain film de George Clooney, « Les Marches du pouvoir ». « Drive » explore son côté obscur.

Flanqué d’un blouson « Scorpion » très années 90 et d’une paire de Ray-Ban qui lui confèrent de faux airs de Steve McQueen, Ryan Gosling incarne une sorte de héros mélancolique et hors temps. L’intensité du film doit beaucoup à sa plastique glaciale et à son mutisme.

Du coup, la musique parle souvent à sa place. La BO de Cliff Martinez et ses drones sourds lestent l’ambiance. Un étrange morceau revient, obsessionnel : le tube kitsch et acidulé du groupe College. Ça fleure bon le début des années 90 et la rengaine résume finalement assez bien le personnage :

« A real human being a real hero » (« Un vrai humain qui est un vrai héros »).

►Mis à jour le 5/10/2011 à 21h : erreur sur l’auteur de la BO.

Aller plus loin
  • 16292 visites
  • 41 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Raphael de Valentin
    Raphael de Valentin
    Idéaliste
    • Posté à 22h04 le 05/10/2011
    • Internaute 171970
      Idéaliste

    Acteur génial qui joue toujours juste, inoubliable dans n’oublie jamais avec Rachel Mc adams, stupéfiant de froideur dans Danny balint et touchant en Prof toxico désabusé dans Half Nelson. De loin, le meilleur acteur de sa génération.

  • batmad
    batmad répond à Compet fermé à la demande de son utilisateur
    enrevenantducinema.fr/
    • Posté à 23h59 le 05/10/2011
    • Internaute 154601
      enrevenantducinema.fr/

    Daubesque, je n’irai pas jusque là mais je le trouve surestimé. Il y a quelques trucs à sauver, le début par exemple, et la scène dans l’ascenseur, si la fin est gore, ce qui se passe avant est assez beau. Mais sinon, il n’y a pas grand chose, des gens qui parlent et un cinéaste qui fait autre chose, je veux dire par là, il semble tellement content de travailler ses plans qu’il s’en fout de ce qu’il filme. Par exemple la scène ou ils sont trois debout, derrière il y a trois grands arbres, donc au niveau purement visuel, ça fait une jolie image mais à quoi bon... il me semble que le cinéma c’est aussi créer de la vie (ça peut être très sombre mais il faut qu’il y ait une vibration, positif, négative, violente, amoureuse, triste, qu’importe mais qu’il se passe quelque chose), construire un plan c’est ça, ce n’est pas juste faire que la lumière tombe au bon endroit, que la musique soit adaptée.
    Après il a raison, tous les critiques (et le jury du festival de Cannes) semble adorer ça.
    On est loin du Crash de Croneberg ou des films de Gus Van Sant pour prendre des cinéastes formalistes qui n’oublient jamais de s’intéresser à ce qu’ils regardent et montrent.

    Peut-être que je me trompe (c’est très possible :)) mais j’ai l’impression que c’est un film qui dans deux, trois ans paraitra démodé à force de vouloir être tant à la mode.