Ryan Gosling dans « Drive », mutique et superbe au volant
L’homme attend au volant d’une Chevrolet grise. Cinq minutes. Pas plus, pas moins. Deux braqueurs sortent en courant d’un entrepôt et s’engouffrent dans la voiture. Les sirènes de la police hurlent. Une longue course poursuite s’engage : elle donne la tonalité de « Drive » et impose d’emblée un rythme syncopé et envoûtant. (Voir un extrait de « Drive »)
« Drive », du Danois Nicolas Winding Refn, est un film de genre assez époustouflant. D’abord, il séduira tous ceux qui ne se seraient pas encore tout à fait remis de « Bronson » ou « Pusher ». Le comédien Ryan Gosling y fait des miracles et la mise en scène, récompensée au dernier Festival de Cannes, en fait un des grands films de la rentrée.
Le jour, le héros est cascadeur à Hollywood ; la nuit, il est chauffeur pour des truands. Il tombe amoureux de sa jolie voisine (Carey Mulligan). Pour la protéger, il va se mettre à descendre des malfrats. (Voir la bande-annonce)
Ryan Gosling - également chanteur et guitariste du très chouette Dead Man’s Bones - est une valeur montante d’Hollywood. Il s’était jusque-là frayé une voie dans le cinéma indépendant américain avec des films comme « Half Nelson » ou « Blue Valentine ». Récemment, il donnait la réplique à Steve Carell dans « Crazy Stupid Love » et sera à l’affiche du prochain film de George Clooney, « Les Marches du pouvoir ». « Drive » explore son côté obscur.
Flanqué d’un blouson « Scorpion » très années 90 et d’une paire de Ray-Ban qui lui confèrent de faux airs de Steve McQueen, Ryan Gosling incarne une sorte de héros mélancolique et hors temps. L’intensité du film doit beaucoup à sa plastique glaciale et à son mutisme.
Du coup, la musique parle souvent à sa place. La BO de Cliff Martinez et ses drones sourds lestent l’ambiance. Un étrange morceau revient, obsessionnel : le tube kitsch et acidulé du groupe College. Ça fleure bon le début des années 90 et la rengaine résume finalement assez bien le personnage :
« A real human being a real hero » (« Un vrai humain qui est un vrai héros »).
►Mis à jour le 5/10/2011 à 21h : erreur sur l’auteur de la BO.
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Idéaliste
Idéaliste
Acteur génial qui joue toujours juste, inoubliable dans n’oublie jamais avec Rachel Mc adams, stupéfiant de froideur dans Danny balint et touchant en Prof toxico désabusé dans Half Nelson. De loin, le meilleur acteur de sa génération.




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