06/04/2011 à 11h38

« Morning Glory », une comédie pas franchement glorieuse

Louis Lepron | Journaliste

Ce mercredi en salles, « Morning Glory » propose une toute autre facette de l’Amérique qu’en donnait « The Company Men » il y a une semaine. Bien que les points communs entre les deux films soient étonnants (du licenciement à l’importance de l’audience, comme de la bourse), cette fiction est du pur divertissement, non un drame social.

Du côté des acteurs, Harrisson Ford et Diane Keaton font partie du trio choc de « Morning Glory », réalisé par Roger Michell. L’horripilante Rachel McAdams, elle, joue le rôle de Becky Fuller. Après Ben Affleck dans « The Company Men », la tête à claque est cette semaine l’actrice canadienne.

Productrice ambitieuse, individualiste, naïve, un brin joli et irrésistiblement insupportable, Becky Fuller est la femme parfaite pour une ville comme New York. Un Red Bull dans la main gauche, un téléphone inlassablement collé à son oreille droite, elle se fait licencier en moins de deux de sa matinale « Good Morning New Jersey ».

C’est ainsi en plein tourmente professionnelle que Becky Fuller va se voir proposer le poste de productrice en chef de la matinale la moins regardée des Etats-Unis : « Daybreak ». Le genre d’émission où la météo est lancée sur un rap et où un des présentateurs lorgne du côté des fétichistes.

Le challenge ? Gagner la confiance du public pour accéder à de meilleures d’audiences. Jerry Barnes (Jeff Goldblum), son boss, lui propose de relever le défi autant que ses manches afin que « Daybreak » ne soit pas remplacé par une émission de téléréalité. Compétitivité oblige. (Voir la bande-annonce)


Harrisson Ford et Diane Keaton en guest-stars

Bien décidée à remettre sur les rails une matinale sombrant dans les méandres de l’audimat, Becky Fuller engage Mike Pomeroy (Harrisson Ford) aux côtés de Colleen Peck (Diane Keaton). A la fois légende du journalisme à l’image d’un Bob Woodward, et « troisième personne la plus odieuse du monde », Mike Pomeroy est tout ce qu’il y a de plus récalcitrant à l’égard des matinales. Pour lui, c’est de la soupe.

Il n’en fallait pas plus pour que Harrisson Ford, dont la dernière apparition comique remonte à « Hollywood Homicide », prenne les traits d’un journaliste arrogant, voulant toujours avoir le dernier mot. Et on ne pouvait que s’inquiéter de son retour devant la caméra après une série de films médiocres.

Pourtant, Harrisson Ford, impeccable en forte-tête, Diane Keaton, en diva timbrée de la présentation, et enfin Jeff Goldblum en patron arrivent à redonner un peu de couleur et de piment à une fiction poussive.

Poussive ? Car portée par les fragiles épaules d’une Rachel McAdams dont les démêlés sentimentaux et les gesticulations ne font ni chaud ni froid. Comme si le réalisateur de « Coup de foudre à Notthing Hill » voulait absolument que son film dépasse les fatidiques 1h30 (il arrive même à 1h47).

L’antithèse de « Network » de Sidney Lumet

En décidant de raconter l’envers du décor d’une émission matinale, Roger Michell réalise ici une comédie sans grande prétention. Il s’amuse des problèmes d’audience d’une émission au plus bas et donne une certaine idée de la télévision et de sa propension à proposer tous azimuts du divertissement.

Bien que ce ne soit aucunement le propos de cette production, il est étonnant de découvrir comment « Morning Glory » et « Network » de Sidney Lumet sont deux films aux antipodes.

En témoigne le résumé du synopsis du film de 1976 :

« Au milieu des années 70, les informations à la télévision changent. Le journalisme perd en effet pied face au pouvoir de l’argent et la besoin croissant de divertissement. Une rédaction se bat alors pour maintenir son audience sans se compromettre. »

Même si la fin de « Morning Glory » permet de relativiser quelque peu cette idée, la description des comportements dans le monde de la télévision est ici révélatrice : la ligne rédactionnelle est soumise à l’audimat à la minute près et les producteurs, Becky Fuller en tête, sont prêts à se prostituer pour satisfaire la demande et le pouvoir de l’argent.

Alors que le personnage de Rachel McAdams reproche au journaliste Mike Pomeroy son manque de tact et de sentiments, c’est l’inverse qui se produisait dans « Network », critique acerbe du monde de la télévision. (Voir la bande-annonce de « Network »)

Bien sûr, on ne pouvait pas attendre de la part du réalisateur britannique de « Coup de foudre à Notthing Hill » et de la scénariste du « Diable s’habille en Prada » de nous fournir une critique acerbe de la télévision. On aura au moins eu le plaisir de revoir Harrisson Ford et Diane Keaton le temps de quelques scènes hilarantes dans un film pas franchement inoubliable. Aucune surprise de ce côté-là.

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  • Windu
    Windu
    Ingénieur
    • Posté à 12h06 le 06/04/2011
    • Internaute 115557
      Ingénieur

    « Harrisson Ford, dont la dernière apparition comique remonte à “ Hollywood Homicide ”“’
    Ah... Je croyais que sa dernière apparition comique, c’était dans le 4° Indiana Jones...

  • geneviève421
    geneviève421
    medecin
    • Posté à 12h20 le 06/04/2011
    • Internaute 121096
      medecin

    Je l’ai vu il y a un mois et je me souviens juste d’Harrison Ford et encore parce que c’est Harrisson Ford. Sinon Diane Keaton et très bien et Rachel Mac Adams n’est pas particulièrement énervante c’est une très bonne actrice, bien sur le minimum c’est d’éviter la VF. Un extrait de son acting

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    C’est surtout MC Keena dont le precedent scénario « 27 Dresses », était déjà pas terrible, et que la mise en scène est juste « appliquée », donc rien de bien terrible en perspective, mais juste un bon petit divertissement. Si vous voulez rire franchement allez voir « The Onion », sur le média télé.

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