
« Micmacs à tire-larigot » : Jeunet s'en paie une Boon tranche
Cinq ans après Un long dimanche de fiançailles, Jean-Pierre Jeunet revient sur les écrans avec « Micmacs à tire-larigots », servi par un casting de choc, mais sans Audrey Tautou. Le fil semble toujours aussi décousu, l'esthétique désuète et le rythme haletant.
Dany Boon est tout à son élément dans le personnage de Bazil, pauvre bougre qui commence par se prendre une balle dans la tête avant de se muer en justicier, à la tête d'une bande de joyeux drilles vivant dans une sorte de caverne d'Ali Baba.
Attention, entre Jean-Pierre Marielle, André Dussolier et Yolande Moreau, les seconds rôles sont hauts en couleur. (Voir la vidéo)
La rencontre du héros de Bienvenue chez les Ch'tis et de l'univers de Jean-Pierre Jeunet (qui avait initialement pensé à Jamel Debbouze) est une réussite selon la majorité des critiques qui semblent avoir pris beaucoup de plaisir à visionner le film. Le Figaro l'a trouvé au contraire « laborieux », estimant que :
« Cette aventure tourne vite en rond à force de redites, de situations déjà vues, de clins d'œil appuyés voire de lourdeurs. »
Le réalisateur, dans un entretien à France Soir, explique la genèse de ce film né de l'échec d'un précédent projet :
« Après “Un long dimanche de fiançailles”, la Warner m'a proposé de réaliser le cinquième Harry Potter. Mais mettre en scène un projet clés en main ne m'intéresse pas. J'ai ensuite passé deux ans sur l'adaptation de La Vie de Pi, un très beau livre de Yann Martel [NDLR : réalisé par Ang Lee, sortie prévue en 2010]. Mais le budget était trop élevé. Alors, j'ai ouvert ma boîte à idées. “Micmacs à tire-larigot”, c'est de la récup. »
Alors, que vous soyez amateur du style Jeunet ou pas, cet opus vous fera-t-il rire ? On attend vos critiques.
- 24706 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque




















3
De féric
entre 40 et 41 | 23H28 | 28/10/2009 |
Je n'ai pas été voir le film, mais je constate une évolution importante dans la filmographie de Jeunet. J'ai adoré Delicatessen et La Cité des Enfants Perdus, c'est original, complètement barré et beau à la fois. En revanche, depuis l'énorme succès du Fabuleux destin d'Amélie Poulain Jeunet brasse un plus large publique, c'est moins corrosif et plus policé. Certains vont apprécier, moi je trouve ça dommage.
De mamanpuce
08H53 | 29/10/2009 |
En ce qui me concerne, j'ai vu le film et j'ai passé un très bon moment. Oui on retrouve Jeunet et il réutilise certains petits trucs, et puis la contorsionniste fait un peu trop de contorsions inutiles, mais franchement j'ai rigolé, toute la salle a rigolé. Je ne suis franchement pas fan de Dany Boom, je trouve son jeu assez lourd en général... ce n'est pas le cas ici. J'ai oublié que c'était Dany Boom.
Ceux qui n'aimaient déjà pas Jeunet n'aimeront pas non plus ce film, ce qui aiment Jeunet seront séduit ou juste passeront un bon moment (mais je ne pensent pas qu'ils puissent être déçus) et que ceux qui ne connaissent pas Jeunet aillent voir ce film pour découvrir le monde merveilleux de ce type.
Dernier commentaire : qu'est ce que signifie ces commentaires sur le cinéma français ? Il y a des bonnes choses, des moins bonnes, il y a en a pour tous les goûts (peut-être pas assez pour les fans de Stallone)... le cinéma français existe et il est foisonnant... regardez ailleurs, je suis heureuse de ne pas avoir que des films américains à regarder. Il est vrai que j'aimerais que notre cinéma prenne parfois un peu plus de risques.
De morky
instable | 09H49 | 29/10/2009 |
Pour l'avoir vu en avant première début octobre, suivi d'un entretien avec Jean-Pierre Jeunet, on retrouve dans ce film un grand nombre d'éléments qui caractérisent ces films : le ton sépia dans les teintes vertes, les personnages atypiques, une petite musique de manège, des plans bien sentis, une histoire rocambolesque, même si pour le coup, il faut apprécier le mélange du monde imaginaire (comme on peut le trouver dans la cité des enfants perdus), avec celui très réel du trafic d'armes...
Même si je ne le mettrai pas au même niveau de magie et d'ambiance que delicatessen, la cité des enfants perdus ou encore le fabuleux destin d'amélie poulain, on passe un bon moment, car tout est bien léché et attendrissant. Effectivement, de l'avoeu même de Jeunet, et comme le titre l'indique, c'est un film fait de bric à bracs, d'idées diverses qu'il a voulu rassembler, après, ça plaît ou ça ne plaît pas... (et pour faire un parallèle avec le cinéma américain, ça peut être comme un Tarentino, pas exceptionnel dans la finalité, mais au moins toujours sympathique au niveau visuel et son car avec la patte Tarentino)