
« Mademoiselle Chambon » vous fera-t-elle chavirer ?
On doit l'avouer, Mademoiselle Chambon est un peu un choix par défaut pour la Bande du ciné de cette semaine, car on vous imagine un peu saoulés d'avoir lu des tartines d'interviews et de promo people pour ce film qui réussit l'exploit de réconcilier-à-l'écran-un-couple-divorcé-dans-la-vie.
Il faut avouer aussi que la bande-annonce surprend et n'engage pas. Il faut une (très) longue minute à Vincent Lindon pour oser prendre la main de Sandrine Kiberlain. Heureusement qu'on nous met du Barbara dans les oreilles. (Voir la vidéo)
Malgré la banalité du propos, deux êtres qui se désirent mais ne peuvent succomber à la tentation, le film de Stéphane Brizé, adapté du roman d'Eric Holder paru en 1996, a reçu une très bonne critique. Le Point l'érige au rang « d'un des plus beaux films français de l'année. » :
« Très loin de l'esbroufe people, son choix, du premier au dernier plan, relève de l'évidence. Buté, mais secrètement fragile, Vincent Lindon, quelques mois après Welcome, prouve une nouvelle fois qu'aucun rôle ne résiste à son talent. Quant à Sandrine Kiberlain, elle interprète une partition pudique et déchirante, où le désir et les rêves éveillés s'abîment contre le mur des histoires impossibles. Une prestation haut de gamme, à la mesure d'un des plus beaux films français de l'année. »
Le Monde trouve le film « d'une grande délicatesse, qui assume parfaitement sa condition de spectacle tout en s'approchant au plus près de la vérité des sentiments » et cite en exemple la première séquence du film, qu'on vous livre ici en compensation de la bande annonce un peu lapidaire. (Voir la vidéo)
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De le gac nicolas
chômeur actif | 18H28 | 14/10/2009 |
Stéphane Brizé est un très grand cinéaste qui parvient à nous faire entrer dans l'intimité de ses personnages avec finesse. Sa justesse de ton est assez rare au cinéma. Il a le sens du détail et sait parfaitement le doser (Jean met sa belle veste lorsqu'il va parler de son métier aux élèves de la classe de Mademoiselle Chambon). Ce n'est pas seulement un cinéaste qui sait très bien écrire une histoire, c'est aussi un très bon directeur d'acteur ! Dans Mademoiselle Chambon, on retrouve de grandes similitudes avec son long métrage précédent, Je ne suis pas là pour être aimé : une histoire d'amour impossible, un père qui vieillit et se rapproche de la mort. Mais cette fois le ton est bien plus dur, plus sombre. Le parcours de Jean (Vincent Lindon) est moins « positif » que celui de Jean-Claude (Patrick Chesnais dans « Je ne suis pas là… »). La fin, qu'on ne va pas raconter bien sûr, le dernier plan même est douloureux. Deux petits bémols cependant : sans doute a t-il trop abusé des silences entre ces deux personnages… et pourquoi avoir choisi le violon comme instrument pour Sandrine Kiberlain qui ne sait pas en jouer (même si elle a pris des cours pendant six mois afin de peaufiner son personnage) ? C'est un des instruments les plus durs ! Alors peut-être qu'elle s'en sort de la main gauche mais la droite qui tient l'archer est loin d'être précise et je trouve ça dommage parce que ça enlève un peu d'authenticité au film. Alors que Vincent Lindon est tout à fait convaincant en maçon (posture, gestes, etc.).
Concernant la promo people du film, les responsables sont plutôt ces journalistes qui ne peuvent pas s'empêcher d'en parler et d'en faire le sujet principal pour la sortie du film (par ex Libé). Alors qu'il y a suffisamment de choses à dire en dehors de ça… Un beau film à voir ! Un grand cinéaste à suivre ! …
De JDep
18H39 | 14/10/2009 |
A contre-courant d'une actualité où tout se montre, se « verbalise » en complaisantes logorrhées, où la moindre frustration fait gémir, le film de Stéphnae Brizé* est un édifiant exemple d'une « tenue » passée de mode. Le come back d'une Princesse de Clèves réincarnée en ouvrier-artisan.
Ce que Jean (Vincent Lindon, bouleversant) aime dans son métier de maçon, c'est œuvrer à ce qui est appelé à durer : « Des fondations, pour que la maison tienne, des murs solides… » Cette métaphore de la famille qu'il offre à la classe de son fils - et de Mlle Chambon (Sandrine Kiberlain, à peine sortie de celle du Petit Nicolas) - marque la rencontre de deux êtres discrets, pudiques, silencieux, pareils malgré la différence de classe sociale et d'une culture dont Jean compense l'absence par l'intelligence et un sens du beau instinctifs.
Céderont-ils ? La maîtresse du fils sera-t-elle celle d'un père trop entier pour mentir le cœur léger, pour détruire ou simplement blesser, pour s'arranger d'un compromis ?
Sur le ton du « Septembre », de Barbara, qui clôt le film, cette « Brève Rencontre », plus que celle de David Lean**, puisque vécue à l'âge des libertés nées de la contraception, vous laisse un arrière-goût de tristesse admirative. http://www.contre-dits.com/
De kevangel
Chercheur | 18H44 | 14/10/2009 |
Rien qu'en voyant la bande annonce, je pense que ça va plaire à la majorité des riverains. Un film plein d'action, à un rythme effréné de 2 images par minute, des dialogues à couper le souffle… Et surtout pas plus de 10 spectateurs dans la salle. Ca ne peut être qu'un chef-d'oeuvre, réservé aux vrais cinéphiles.
C'est autre chose que les blockbusters hollywoodiens qui sont forcéments pourris quoiqu'il arrive, parce que faits pour le peuple inculte.
De eelisa
Délinquante au coin de la rue | 06H30 | 15/10/2009 |
J'irai voir ce film :
Depuis que j« ai vu Vincent Lindon dans “la crise” de Coline Serreau, je traque tous ces films.
Et ses convictions politiques ne sont pas pour me déplaire !
Sandrine, j'aime son style et “Love me” m'avait accrochée.
Et puis, une histoire d'amour simple dans ce monde de brutes, d'histoires de coucheries avec des boxeurs thaï de 40 ans, de violeurs cinéastes, de fistons et de roi soleil, ça change…