« Tu n'aimeras point » : le cinéma israélien face à un tabou majeur
Lorsque j'étais correspondant à Jérusalem, dans les années 90, la plus grande manifestation de haine à laquelle il m'a été donné d'assister n'opposait pas Israéliens et Palestiniens, mais juifs ultra-orthodoxes et militants gays. C'est cette violence qui s'exprime dans le film israélien « Tu n'aimeras point », qui touche à un tabou absolu dans le monde religieux.
La scène à laquelle je fais référence s'était déroulée à Yad Vashem, mémorial de l'holocauste à Jérusalem, alors que des juifs américains tentaient d'organiser une cérémonie du souvenir pour les homosexuels morts dans les camps d'extermination nazis. Organisée discrètement, cette rencontre avait néanmoins attiré des contremanifestants ultra-orthodoxes prêts à tout pour empêcher sa tenue. Seule la présence d'un fort contingent policier empêcha que ça dégénère.
Il y a à peine un mois, deux personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées lors de l'attaque à l'arme automatique d'un centre d'aide aux jeunes gays à Tel Aviv. L'agresseur, masqué, a réussi à prendre la fuite. Rien ne prouve qu'il s'agissait d'un ultraorthodoxe juif, mais le crime était clairement homophobe.
Dans le film de Haim Tabakman, sorti cette semaine en France, l'homosexualité n'est pas l'« ennemi » extérieur, mais destabilise de l'intérieur la vie d'un quartier ultraorthodoxe de Jérusalem inspiré de Mea Shearim, le « ghetto » des « craignant Dieu », comme ils se baptisent eux-mêmes. Un sujet difficile, traité sans voyeurisme ni complaisance par un jeune réalisateur israélien qui signe son premier long métrage.
Quand le « sage » Aaron, boucher de son état est ému par son jeune apprenti Ezri, c'est tout un monde qui menace de s'écrouler et qui réagit violemment pour se sauver. Dans le film, le « démon » est défait, et la vie totalement ritualisée, régie par des centaines de règles divines, reprend le dessus.
On y découvre la négation de l'individu, du désir, l'importance et l'absolutisme du groupe, la discipline et l'intolérance d'un monde à part, qui ne peut accepter la « dissidence » ou la « déviance » sous peine de disparaître. (voir la bande annonce)
Le monde ultra-orthodoxe constitue un univers à part au sein d'Israël, un Etat dans l'Etat, source de tensions et de compromis permanents entre une majorité laïque et une minorité religieuse exigeante. La montée en puissance des « hommes en noir » est un objet d'interrogation permanent en Israël et les cinéastes ont souvent puisé dans cette source infinie de scénarios à la fois exotiques et proches, jouant de l'esthétique des rituels juifs comme les bains sacrés, les prières ou les chants du shabbat.
Amos Gitaï a ainsi décrit dans « Kadosh » les rigueurs de l'univers de Mea Shearim, le pouvoir du rabbin sur ses ouailles, y compris dans les questions les plus intimes comme le mariage, la procréation. On retrouve tous ces élements dans « Tu n'aimeras point », qui pousse les limites plus loin encore en y introduisant le tabou majeur de l'homosexualité masculine.
Dans « Les Secrets », Avi Nesher avait déjà évoqué ce tabou, mais entre femmes, dans le contexte d'une yeshiva (école talmudique), avec une description minutieuse des rituels de la vie religieuse autour du personnage étonnant incarné par Fanny Ardant.
Sur le mode documentaire, Eric Scott a décrit dans « Leaving the Fold » (« Quitter le bercail ») la difficulté de ceux qui décident de quitter le monde ultra-orthodoxe et tentent de vivre ou survivre dans le monde laïc…
Les premier concernés, les ultra-orthodoxes, s'abstiennent évidemment de commenter ces films qu'ils ne sont pas censés avoir vu, le cinéma ou la télévision n'ayant pas droit de cité dans leurs communautés. Néanmoins, l'introduction des ordinateurs ces dernières années, pour des raisons professionnelles, permet de penser que certains ultraorthodoxes sont parfaitement informés de la représentation qui est faite de leur univers dans le monde laïc. L'incompréhension entre ces deux mondes reste, presque par définition, entière.
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De Frère bien aimé
15H47 | 04/09/2009 |
Jésus , il était qu'avec des mecs , c'est peut être bien pour ça déjà à l'époque qu'ils l'ont crucifié : -)))
à Frère bien aimé
De Jerome_B
Chercheur | 16H31 | 04/09/2009 |
Il me semble que Dolto prêtait à Jésus une relation intime avec Lazarre ……
à Jerome_B
De Frère bien aimé
19H10 | 04/09/2009 |
Vous voudriez donc dire que ce ne serait pas vraiment par l'imposition des mains qu'il l'aurait ressuscité mais d'une autre façon, je tombe de haut là …
à Jerome_B
De rodikol
dindon de la force | 05H44 | 05/09/2009 |
Je crois que ce pauvre Lazare n'a eu droit qu'à un seul R, même s'il n'est pas impossible qu'il ait connu Jésus « bibliquement » ; -)
Pizarro prend deux R, Jivaro n'en prend qu'un…(Voilà que ça me reprend, je fais le pédant ! )
à Frère bien aimé
De Philou18
ancien typographe | 18H55 | 04/09/2009 |
ils auraient pu l'empaler…..
à Philou18
De Severe
Dilettante | 19H55 | 04/09/2009 |
mais quid du signe symbolique ?
à Severe
De Severe
Dilettante | 20H04 | 04/09/2009 |
J'écrivais de fait sur le signe de la croix que les croyants chrétiens font en symbolisme de la crucification de J.C.
En cas d'empalement, quel signe l'aurait remplacé depuis deux millénaires ?
J'imagine aussi aussi les sens uchroniques de l'introduction, la communion, le martyr…
à Severe
De Frère bien aimé
22H23 | 04/09/2009 |
Le pal , un supplice qui commence bien et qui finit mal : -)))
à Severe
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 16H21 | 05/09/2009 |
Le point d'exclamation. ! C'est le symbole orgasmique de toutes les grandes émotions. De tous les grands épanchements. Peut servir aussi à toutes les sauces i !
PJCA
à pierrejcallard
De beauregar
16H32 | 05/09/2009 |
Comment pouvez-vous dire des choses si intérssantes ailleurs http://nouvellesociete.wordpress.com et venir dire ici ce genre de c…. ?
à Severe
De Philou18
ancien typographe | 12H13 | 05/09/2009 |
« quid du signe symbolique “ ? pas de problème, on le remplace par un majeur de la main droite pointé vers le ciel, et les autres doigts repliés vers la paume….c'est tout bête… non ?
à Philou18
De beauregar
16H37 | 05/09/2009 |
Ceci vaut pour vous aussi, comme pour Pierre JC Allard. Pourquoi ne traitez-vous pas sérieusement ce sujet ?
à Frère bien aimé
De lifka
22H20 | 05/09/2009 |
C'est pas les Juifs qui l'ont crucifié, c'est les Romains.
à lifka
De sûrderien
paresseux | 09H18 | 06/09/2009 |
mais ça n'a pas du tout dérangé les prêtres juifs , et même que ça leur a fait plaisir
à lifka
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 10H38 | 07/09/2009 |
D'après les Évangiles, Ponce Pilate leur a laissé le choix. Ils ont préféré libérer Barabbas.
De Aaron75
Etudiant | 16H04 | 04/09/2009 |
On peut comprendre que certains religieux, qui considérent Jérusalem comme une ville sainte, ne désirent pas voir et fréquenter de force des homosexuels, même s'il est évident qu'ils doivent se respecter…
Ceci étant les gays ont toujours cherché à être provocants en allant constamment dans des quartiers très religieux… Qu'ils aillent à Tel aviv et qu'ils cassent pas les couilles.
à Aaron75
De Pierre Haski
(auteur)
9
Rue89 | 16H21 | 04/09/2009 |
Oh, mais ça démarre fort les commentaires. Et la vieille rivalité Tel Aviv-Jérusalem qui remonte à grande vitesse.
à Aaron75
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 16H24 | 04/09/2009 |
Provoquant, provoquant !
Qui a commencé à mettre des épines dans les sextoys ?
à Aaron75
De Tyb
(par ici, par là) | 16H26 | 04/09/2009 |
On peut comprendre que certains homosexuels, qui considérent Jérusalem comme une ville humaine, ne désirent pas voir et fréquenter de force des religieux, même s'il est évident qu'ils doivent se respecter…
Ceci étant les bigots ont toujours cherché à être provocants en allant constamment dans des quartiers très laïcs… Qu'ils aillent à la synagogue et qu'ils cassent pas les couilles.
à Tyb
De stephaneerard
développeur MDD | 20H09 | 04/09/2009 |
MDR, merci Tyb : -)
à Aaron75
De Jerohm
16H37 | 04/09/2009 |
❝On peut comprendre que certains religieux ne désirent pas voir et fréquenter de force des homosexuels❞
Non. La liberté de culte s'arrête aux portes de l'intolérance.
à Aaron75
De mah
retraité | 21H25 | 04/09/2009 |
Exister ce n'est pas provoquer.
à Aaron75
De Lionel Dominique Guérin
écolo | 03H55 | 05/09/2009 |
C'est très drôle, car le personnage du film s'appelle Aaron. Ahahah.
Et bien figure toi qu'il est orthodoxe, qu'il est marié, qu'il a des enfants et qu'il éprouve du désir pour l'autre personnage.
Et oui, comme dans la vraie vie, on ne contrôle pas son désir. Par ailleurs, si tu trouves normal qu'un rabin, des voisins, des gens que tu ne connais pas viennent te faire chier parce que tu n'utilises pas ta teub comme ils veulent, je ne suis pas sûr que ce soit les gays aient un problème mon grand…
à Aaron75
De MortyReaper
Regard critique | 09H35 | 05/09/2009 |
euh un homosexuel est donc forcément culturellement sans religion ? Donc à vous lire seul (e) hétéro a le droit de visiter le Vatican, Lourdes, Jérusalem ou toute autre site religieux . Mais l'hétéro sans religion est alors comme l'homosexuel. Alors comment faites-vous la différence entre les deux : une étoile rose , Une pastille orange sur le front ?
La bêtise est d'une provocation !
à Aaron75
De Vuedechezmoi
utopiste | 09H39 | 05/09/2009 |
Que vous ne les aimiez pas, c'est votre droit… mais on sent dans vos propos une haine palpable et ça c'est ennuyeux… c'est pas demain que les hommes connaîtront de vraies paix compte tenu de ces animosités. Il n'y a aucune Vérité objective, cher Aaron, ni d'un côté ni de l'autre. Les hommes créent leurs vérités personnelles, en font des certitudes (la pire chose qui soit) et tuent au nom de ces certitudes… Alors, on grandit en apprenant le détachement bienveillant ou non ?
De guerzit
Incomprenant majeur | 16H29 | 04/09/2009 |
A droite, venu de France, le « Grand tabou » des lesbiennes qui font de l'aquagym…
A gauche, il nous vient d'Israel, le « tabou Majeur » des homosexuels qui font de la religion intégriste…
Qui remportera ce grand combat ?
Pas les homosexuels en tout cas.
De Ce que Jacques a oublié de dire
| 17H59 | 04/09/2009 |
Les homos avaient quand même réussi à faire unir et s'entendre les trois religions en Palestine sur au moins un point : les religieux juifs, chrétiens et musulmans palestiniens s'étaient tous ligués contre la Gay-Pride (c'est un peu de la provoc de le faire dans cette ville importante pour les trois religions) il y a quelques années ! : )
De Camille
Mauvais genre | 17H20 | 04/09/2009 |
Il se trouve que j'ai vu le film et que j'ai longuement hésité à le chroniquer pour Rue69…
J'avais finalement abouti à la conclusion qu'il était un peu lent d'une part et que c'était un film de niche d'autre part « les bouchers juifs orthodoxes ».
Les images sont plutôt jolies mais l'argumentaire est somme toute assez restreint : je ne sais pas à qui parle ce film.
Pour ce qui aurait joué en sa faveur : le thème effectivement bien traité sur le fond, les images que je trouve assez belles et le choix des acteurs.
à Camille
De caro
délinquante avérée | 18H34 | 04/09/2009 |
bonsoir Camille,
je n'ai pas vu le film, je vais peut être dire une bêtise, mais si le film parlait tout simplement aux Israëliens ?
Les ultra-orthodoxes ont comme une tendance à se croire tout permis, ce sont surtout eux qui colonisent la Cisjordanie. Si le film pouvait, à travers ce qu'il semble montrer sur le rejet des homos, faire réfléchir toute la société israélienne sur le rejet de l'Autre, quel qu'il soit ?
à caro
De stephaneerard
développeur MDD | 20H11 | 04/09/2009 |
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