26/08/2009 à 17h31

Fort ou complaisant : que pensez-vous d'« Un prophète » ?


Célébrerez-vous (comme une bonne part des critiques) « Un prophète », dernier film de Jacques Audiard sorti ce mercredi ? Ou vous hasarderez-vous plutôt à joindre votre voix à celle de Fadela Amara pour craindre que ce film sur la prison et l'itinéraire d'un caïd ne prenne à rebours pas mal de vélléités éducatives à destination des gamins de banlieue ?

A la sortie de la projection privée organisée par Frédéric Mitterrand fin juillet, la secrétaire d'Etat à la Ville n'a pas démoli le film du réalisateur qui revient quatre ans après « De battre mon cœur s'est arrêté ». Mais elle a quand même jugé inquiétant l'impact du long métrage dans les quartiers :

« Ce film va devenir une référence. Il va remplacer le “Scarface” avec Al Pacino dans les cités. » (Voir la bande annonce)

Audiard, de son côté, se défend d'avoir voulu faire de cet opus un objet sociétal ou toute autre profession de foi racaillo-banlieusarde. Il jure même qu'il ne s'agit « que de fiction » avant tout brûlot politique. N'empêche : pour lui qui a déjà rafflé pas mal de louanges et le Grand prix du jury à Cannes cette année, les saillies ministérielles servent la sortie du film.

Et vous, dites-nous ce que vous en avez pensé cette semaine. Synthèse de vos avis lundi prochain sur Rue89.

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  • Kjeldor
    • Posté à 17h44 le 26/08/2009
    • Internaute

    Je suis allé le voir Lundi soir en avant-première.
    Ce film est une grosse claque.
    L'ambiance carcérale est bien restituée (même si je n'ai pas fait de tour par la case prison).
    Les acteurs sont bons, vraiment bons.
    Il ne faut s'arrêter aux clichés (corses, barbus et ritals), ce ne sont simplement que des noms sur des bandes.
    La montée en puissance du héros est impressionante et le film fait réfléchir sur la prison comme école du crime (où visiblement tout le monde sort diplômé ! ).
    Allez le voir !

  • DANJOU
    DANJOU
    La france inquiète
    • Posté à 19h41 le 26/08/2009
    • Internaute
      La france inquiète

    Ce film fiction pourrait effectivement être vu et considéré comme une banalisation de la violence « surtout de banlieue » , une sorte d'exclusivité territoriale ; et ce serait dommage car il n'est qu'une fiction s'inspirant de nombreux faits divers aussi réels que la fiction et vice versa !
    IMais, s'agissant de scènes « prisons », il est sur l'univers carcéral français, un témoignage étourdissant de vérité qui doit sûrement déranger les « âmes bien nées » !

  • JDep
    • Posté à 20h43 le 26/08/2009
    • Internaute

    L'univers carcéral français, pourtant sujet constant de scandales et de unes, aura longtemps attendu son premier grand film. Le thriller de Jacques Audiard, atypique tant par le choix du lieu, des personnages et de leurs relations que par le ton, exempt de moralisme ou de commisération, devrait faire date.

    Avec Malik (Tahar Rahim), angélique petit voyou tombé pour on ne sait quoi, et « admis » en centrale pour ses 18 ans, le spectateur découvre, ressent dans sa chair chaque degré de l'état de prisonnier : la privation soudaine et terrible des paysages familiers, la solitude, l'humiliation, l'instinct de navigation essentiel à la survie dans une micro-société où trafics, hiérarchies et dangers de l'extérieur sont multipliés. D » « initiation » forcée en soumission, il apprend à composer avec les rois du lieu que sont les lourdes peines.

    Dans la prison reconstituée pour les besoins du film, pas d'Auvergnats ni de Chinois ; rien, ou presque, que deux clans ennemis, aux us archaïques : les Arabes et les Corses, ces derniers tenant aux « barbus » la dragée haute avec à leur tête un Niels Arestrup digne des plus cruels parrains napolitains. Vrai, faux ? Qu'importe. A cette licence le film doit une partie de son suspense et de sa force dramatique : il n'est pas une étude scrupuleuse du monde pénitentiaire, ni un plaidoyer, mais une de ces œuvres de fiction qui, de Shakespeare au western, en passant par L'Opéra de 4 sous évoqué au final, rendent leur place de moteur aux passions humaines. Et c'est pour cela que, libre de ses réactions, le spectateur en sort convaincu de la nécessité de transformer le système.

    Distribution remarquable de naturel, où brille le jeune Tahar Rahim, écorché romantique entre Romain Duris et Mathieu Kassovitz, autres révélations d'Audiard. Bande son d'une sensibilité exceptionnelle : la prison comme si vous y étiez...

    Lien

  • in girum
    • Posté à 21h57 le 26/08/2009

    je viens d'aller le voir. très habile, trop habile, ça se voit et ça plombe l'ambiance. c'est à mon sens le gros défaut d'Audiard que j'aime bien cependant. le scénar a de grosses incohérences, les ficelles magiques du scénariste qui tire la carte de communauté « vous sortez de prison » et hop 10 cases gratos. c'est de la télé, ce qui n'est pas forcément un défaut. c'est efficace, mais au bout du compte, à part avoir fait un film, on se demande ce qu » Audiard a voulu dire. ça ressemble a de l'eau : bien foutu, mais sans goût impérissable qui reste dans la mémoire. Scarface n'a rien à craindre ! ! !
    niels et tahar absolument géniaux comme écrit partout.

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 23h56 le 26/08/2009
    • Internaute
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Fadela Amara prend le relais d'Eric Besson comme attaché de presse du cinéma français.

    Pas sûr que les petits apprentis Tony Montana aient l'envie de se faire dire « Welcome » à l'entrée de la zonzon.

    Je sors du ciné, où je viens de passer 2h 35 à voir « Un prophéte ».

    Le film est à deux niveaux.

    Si la description de l'univers carcéral est très minutieuse, précise, filmée comme dans un documentaire, sans artifice de lumière ou de plans « Prison Break », rien ne donne la moindre envie de tester la salubrité des lieux et son room service.

    Ce film est à conseiller à la garde des sceaux , elle verra peut être pourquoi ces lieux incitent plus à la pendaison qu'à profiter de la douceur de draps indéchirables.

    La peur, le racket, les pressions, l'achat des protections, la coupe des parrains, les « familles », aucune complaisance dans ce film, où l'on est loin d'une ode à » l'université du temps de peine.« ( avec formation permanente et diplôme à la ...clef ! )

    Derrière la description du milieu carcéral, il y a cette histoire, cette fiction et l'itinéraire d'un gamin, instinctif, observateur, qui pige comment se préserver, en apprenant les codes, les jeux d'alliance, les deals dans un univers implaquable.

    C'est un polar, une histoire qui ne fait en aucun cas l'apologie du crime, mais décrit l'itiniraire d'un taulard peu ordinaire, malin et manipulateur.

    Au début , tout à sa survie, il engrange les expériences pour devenir “le” mec incontournable et assurer ses protections et sa promotion “sociale” dans le biz de la criminalité.

    Les comédiens et les figurants qui insuflent le rythme, donnent le tempo, sont pour beaucoup familiers de cet univers (dixit Audiard ce matin sur France Inter), et apportent , avec leur “anonymat ‘, une véracité dans laquelle la fiction peut se développer sans postures d'acteurs, ou identifications à des héros du genre.

    Niels Arestrup est magnifique de ruse et de bestialité, en parrain et chef d'orchestre de la zonzon, et Tahar Rahim est lumineux de justesse.

    J'ai aussi pensé durant la séance à Scarface, mais la comparaison ne tient uniquement qu'au fait de narrer une ascension dans la hierarchie des truands.

    Et c'est un film sans effets spéciaux, cru, direct , loin du bling bling des poseurs habituels du genre.

    Malik El Djebena n'a rien , absolument rien à voir avec Tony Montana.

    Il y aura des frimeurs de banlieues , des petites frappes , voleurs de sacs à mains, ou de chichon au pneu, à se rêver en Malik, ou comme en Rocco Sifrédi après un film de boules.

    Qu'ils se fassent leur film, la réalité est autre.

    Grand film.Chapeau Jacques Audiard.

  • goodies75
    goodies75
    webdesigner
    • Posté à 09h45 le 27/08/2009
    • Internaute
      webdesigner

    Très bon film carcéral réaliste, l'acteur principal est brillant , le film est bien rythmé , à conseiller à tout fan de Oz.
    Certaines scènes sont très efficaces au niveau tension et on se retrouve accroché au fauteuil .Audiard ne déshumanise pas les prisonniers en en faisant des monstres ou des caricatures mais des personnes en survie . Mais peut être même en en faisant un peu trop de ce côté là car le héro parait être un ange .Son visage , ses attitudes, sa reverie en font un être sensible et on en oublie sa violence , son machiavélisme, sa culpabilité car toutes ces faces sont tournés de façon poetique ( parfois à la john Woo pour la scene de reglement de compte), cette dualité est troublante et bien sur c'est de la fiction. On ne peut s'empecher d'avoir de la sympathie pour ce personnage car il nous ressemble et si il est arrivé là c'est car il n'avait pas d'equilibre social, equilibre que la prison va lui donner et où il va trouver son maître , le hasard lui font débuter une carrière de gangster où il se révèle très bon mais toujours au visage d'ange.
    Une déception pour la fin un peu dysneenne(dernier plan), mais de tres bon acteur, j'ai beaucoup apprécié nils Halstrup et surtout le meilleur ami du héro ( très touchant et juste).

  • Nadia Aouassi
    Nadia Aouassi
    Employée
    • Posté à 11h04 le 27/08/2009
    • Internaute
      Employée

    Les Arabes ,un fond de commerce trés rentable pour les associations ,les partis politiques...... le cinèma.
    Toujours le même scénario, les mêmes amalgames qui collent à la peau des citoyens immigrés, depuis toujours.Depuis plus de 130 ans de colonisation ,rien n'a changé,nous sommes toujours considérés comme des citoyens à part.
    Mme Amara est trés mal placé pour donner des leçons,elle a déroulé le tapis rouge à la droite , en dénigrant constament les jeunes des quartiers pauvres, en les stigmatisant ,comme des voleurs, des violeurs , des traficants de toutes sortes ,des islamistes......
    Rare ,quand une autre image est montré, celle des injustices et de la violence faîtes aux cioyens les plus fragiles de nôtre Pays.La presse s'en donne à coeur joie ,quand il sagit de montrer des voitures qui brûlent, des meutres spectaculaires, mais jamais les médias montre une autre réalité ,celle de l'industrie de l'injustice, du racisme Républicain ,qui est belle et bien une triste réalité. Cette réalité n'est sans doute pas trés belle à montrer dans le Pays des droits de l'homme.

  • melc
    • Posté à 13h33 le 27/08/2009
    • Internaute

    le souci c'est qu'il ne faut pas confondre fiction et réalité. Le film d'Audiard aussi beau-génial-bien joué qu'il soit est une fiction. Des mecs qui débarquent en taule, choisissent l'aile où ils vont aller, ont la tv et le DVD, il n'y en a pas beaucoup, ou alors il faut s'appeler Nanard T***E. La réalité, c'est que les mecs sont à 7 dans les piaules et qu'ils ne choisissent pas leurs « colocataires ». Donc quand je lis et j'entends que ce film laisse entrevoir la réalité des prison, mais j'ai envie... je sais pas, de pleurer ou d'hurler de rire, au choix.
    Et puis pour gérer un go-fast de l'intérieur d'une prison sans avoir un vrai réseau dehors, faudra m'expliquer. C'est pas avec 1 pote atteint d'un cancer et 3 bras cassés qu'on monte un go-fast...

    Enfin pour voir réellement comment ça marche, rien de tel qu'un détour par un TGI, allez à une audience correctionnelle, à une compa immédiate et on en reparle après.

    PS : j'ai bien aimé le film, il se laisse regarder, mais ça s'arrête là.

  • JCVION
    • Posté à 14h53 le 27/08/2009

    Vu hier soir...J'ai acheté mon billet avec quelques à priori plutôt négatifs sur le film. Shame on me car en réalité je suis sorti très convaincu. Je ne comprends pas la polémique concernant Fadela Amara car justement ce film a des vertues éducatives et ne donne pas dans le cliché de « l'horreur des prisons françaises »...Il y a un peu cela mais ce film ne nous apprend rien...mais surtout j'ai préféré retenir l'engagement de professionnels des prisons pour enseigner à ces « laissers pour compte », à les alphabétiser. On compare ce film à SCARFACE mais je n'adhère pas à cette idée. SCARFACE, le film « fondateur » des jeunes de banlieue, motive ces derniers à devenir des caïds et à s'identifier au fameux Tony Montana. Je ne crois pas que ce soit le cas dans « UN PROPHÈTE » . La vie de ce jeune ne me semble pas être à envier. Le film s'arrète sur sa sortie de prison en « petit chef » mais nous savons tous que la grande majorité de ces « caïds » se terminera dramatiquement ou au mieux par une pension RMI, pardon...RSA. Le film présente bien les dangers du communautarisme, la solidarité « raciale » qui entraîne tellement de haine, d'incompréhension...tout ce que nous devons combattre.

    Bref, en résumé ce film est un bon film. En revanche, les âmes sensibles peuvent s'abstenir de voir des images souvent choquantes. Le message du film reste qu'il faut vraiment éviter d'aller en prison car c'est bel et bien un enfer. Ce n'est pas une surprise mais il est bon de le rappeler. Respirer à l'air libre, inscrire sa vie dans le positif, éviter de vivre dans le sale, le vulgaire...doit rester notre volonté première.

  • valzeur
    valzeur
    quidam
    • Posté à 00h36 le 28/08/2009
    • Internaute
      quidam

    Jacques Audiard, c'est connu, regarde les hommes tomber. Quand par extraordinaire, ils se relèvent, cela donne son plus mauvais film – le grotesque et contourné De Battre mon Cœur s'est Arrêté, chichiteux jusque dans son titre.
    De bien meilleure eau, Un Prophète pose quand même pas mal de problèmes.
    Reconnaissons que les trente premières minutes du film sont bluffantes : l'intégration d'un corps étranger en milieu hostile y est parfaitement décrite, et culmine avec une scène de meurtre qui scelle la chute morale du héros. Une fois son personnage adoubé par le gang des méchants corses, Audiard a quasiment grillé toutes ses cartouches et se retrouve à filmer un scénario péteux quoique que lambda mixant Lautner et Scorsese. Seulement voilà, le film n'a plus d'enjeu que sa dévotion au genre. Trop abstrait, cafouilleux et par moments limite débilos (les chevreuils fantômes/réels), Un Prophète se raccroche aux branches du surnaturel et du sociétal, redoublant tous les défauts d'Oz (fatras onirique, figures vides assujetties à un récit les dévorant par pelletées) sans en retrouver les qualités les plus saillantes (ultra-sexualisation des personnages, tension narrative omniprésente). Il y a une forme de démission d'Audiard dans le récit incompréhensible et mal mené qui renchérit sur les figures imposées (braquages, cassages de gueules, j'en passe) et n'apporte rien de neuf, ni de frais. Alors bien sûr, on va crier au réalisme et admirer le courage de la semi-crudité à l'œuvre ici. Mouaif. Dans le fond, Un Prophète est aussi peu réaliste que King Kong – voire l'épisode marseillais se clôturant sur deux répliques d'anthologie :
    « On va se faire sucer et je te ramène à l'avion.
    - Euh, je préfère rester sur la plage »
    Disons les choses, le film manque de chair (malgré la réglementaire scène de pute) et déroule de fausses audaces (la pipe fatale). Dans le fond, rien ne semble faire avancer son jeune héros qui reste un personnage vide de sens et d'envie qu'Audiard ne sauve ni ne condamne. Le flou qu'est ce Malik évanesscent conjugué aux clichés popote (meilleur ami cancéreux, trafics divers) accouche d'un film mimant le bon cinoche d'antan tout en chancelant sur ses guibolles.
    On a l'air bien cruel, mais Un Prophète vaut quand même pour la révélation de Tahar Rahim, sidérant dans tous les registres, qu'il soit filmé seul, à deux, en groupe, de dos, de profil. Face à lui, Arestrup compose un mafieux corse beaucoup trop aristocratique et plus infect que terrifiant (on pense au Brando terminal condescendant à interpréter ce qu'on lui demande). C'est malgré tout dans cette cruauté absolue de leurs rapports que se joue le cœur du film – la soumission/haine du cadet contre la protection/mépris de l'aîné. On regrette un peu que le plan du dernier regard porté par Rahim sur Arestrup, extraordinaire de complexité et lointain écho du Falstaff de Wells, n'ait pas duré plus longtemps, histoire d'admirer un peu plus le talent de ce jeune acteur dans ce qui est restera le climax du film.
    Tout ça dit, Un Prophète a pour lui d'être moins tape-à-l'oeil que ce navet ultime pour blaireau qu'est le Scarface de De Palma. Plutôt à voir, donc.

  • Sandek
    • Posté à 10h35 le 28/08/2009

    Vu mercredi et encore sous le choc. Dès le premier pas en prison, l'humanité n'a plus de place, les référenciels de l'extérieur n'ont plus d'utilité, il faut tout réapprendre pour pouvoir survivre. Effet sublime de mise en abîme : Audiard parachève son initiation de cinéaste avec ce film magistral qui traite de l'initiation. La prison est utilisée comme contexte à cette initiation car c'est un lieu radicalement régit par la domination et le pouvoir. Elle a raison la ministre : ça fait vachement envie ! ! ! Le sujet du film est parfait pour Audiard, cinéaste de la sensorialité (Sur mes lèvres), qui a cette capacité extraordinaire à nous plonger dans son univers, au plus près de ce que vivent ses personnages : loin d'une psychologie bavarde, il nous emmène dans une forte expérience sensorielle : les couleurs, les textures, la lumière, les sons, les bruits, le sang... quasiment les odeurs. Je ne sais pas comment il fait, je suis renversée.

  • libolo ya mère
    • Posté à 14h55 le 28/08/2009

    J'ai trouvé ce film juste excellent ! Les acteurs d'abord, Tahar RAHIM...Peut-être aussi bon que CASSEL en Mesrine !
    Son personnage, à rebours du cliché qui voudrait que l'intelligence aille de paire avec l'instruction. Parce que, c'est bien d'intelligence qu'il s'agit, quand humble il continue à faire le larbin pour Luciani. A l'opposé de la stupidité, ou simplement du mimétisme que la secrétaire d'état prête peut-être vite aux jeunes de banlieue, de cités, des quartiers selon les expressions consacrées.
    Et puis, pourquoi d'emblée des inquiétudes à exprimer quant à ces jeunes-là ?
    Le film, une fiction nous dit-on, ne dit pas qu'il s'agit d'un jeune de... Parcontre, on sait qu'il n'a personne, qu'il ne sait pas ce que signifie langue maternelle etc... D'où il vient, où il va ? ? ? On n'en saura rien !
    Un autre acteur celui-là, le théâtre de cette fiction : la PRISON ! ! ! Fictive certes, mais quand même... Pourquoi ne s'inquiète donc pas de ce qu'est la prison ?
    Le fameux univers carcéral Dire que nombre d'entre nous est persuadé que c'est l'hôtel ! Je vous assure, parlez en au-delà de votre sphère amicale, vous verrez !
    Allez, ce serait peut-être intéressant de se demander ce qu'on espère que soit la prison. Au hasard, une usine à champions ; comme une de ces pépinières qui forment, voire éduquent des champions comme Zidane, et autres Messi... Sinon, comme dans le film, des champions du crime ?
    Allez, une petite commission au nom bien fumeux, ou un petit grenelle, et que ça saute ! Qu'on en parle, des prisons ! Non pas des jeunes de...

  • Pascal Riché
    Pascal Riché répond à Charles Mouloud
    Redchef Rue89
    • Posté à 02h46 le 29/08/2009
      éditeur
    • Journaliste
      Redchef

    J'ai vu le film ce soir et je m'apprêtais à le commenter ici, mais tu as dit exactement ce que je voulais écrire, Charles.

    J'ajouterai deux ou trois trucs sur le héros (attention, pour ceux qui n'ont pas vu le film, je spoile un peu). C'est un jeune homme est plongé dans un enfer au début du film, mais qui s'adapte au fil du temps pour finir (attention : spoiler) par prendre le contrôle de cet enfer.

    Malik est très humain, avec ses sentiments contradictoires, ses peurs, ses instincts de survie, ses lâchetés, son courage, son désir d'apprendre, sa modestie, sa rouerie, sa solitude, son goût du pouvoir aussi.

    Mais il possède quelque chose en plus, une espèce de candeur, de magie qui le protège, qui le fait évoluer dans ce milieu de façon légère. Jamais de méchanceté, même quand il tue. `Il est « le prophète ».

    Et ce double aspect du personnage est à l'image du film : moitié film social sur la prison, très réaliste ; moitié film de gangster, avec un scénario de pure fiction.

    C'est ce collage réel/irréel qui donne la force au film : on marche dans le scénario (pas toujours crédible), parce que le cadre est très réaliste, presque documentaire.

    Cela m'a fait penser à certains films de gangsters des années 1960, genre Classe tous risques.

  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 11h06 le 29/08/2009
    • Internaute
      en boule

    Coupable d'avoir attaqué un policier à l'arme blanche, Malik El Djebena (le total inconnu Tahar Rahim, qui fait un boulot superbe de densité) atterrit dans une prison où règne le parrain Corse César Luciani (Niels Arestrup, qui s'est fait une tronche de Brando chicos-destroy, période Dernier tango à Paris). Immédiatement il est confronté à la puissance des réseaux de celui-ci et n'a d'autre choix, pour survivre, que de commettre un meurtre. Devenu un Corse (donc un traître) pour les Arabes de la prison, toujours vu comme un Arabe (donc un larbin un peu demeuré) par les Corses, il va louvoyer entre les « commissions » mortelles confiées par Luciani et les règlements de comptes pour sauver sa peau....

    La suite sur mon blog :
    Lien

  • Youri Kane
    • Posté à 08h44 le 30/08/2009
    • Internaute

    Est ce vraiment la délinquance, entretenue et développée, du héros qui pose problème à nos ministres ? Est ce l'incarnation par un jeune beur de cette délinquance ? Ou bien est-ce, plutot, le fait que le film désincarne ethniquement cette trajectoire, précisément parce que c'est, pour le héros, le seul moyen de parvenir à ses fins ?
    Dès le début du film, Malik sort des shémas auxquels sont nom et son physique semblent l'associer : oui, Malik mange du porc, non, Malik n'a pas de régime alimentaire particulier, non il ne fait pas la prière, non, il n'est pas barbu. Malik n'est pas le Malik auquel on s'attend. Oui, il comprend et parle le Corse, oui, il parle et manigance avec tout le monde. Bref, Malik est un modèle d'intégration, et on peut se demander jusqu'à quel point ce n'est pas là la véritable raison pour laquelle il constituerait, politiquement, un modèle gênant.
    Ca prend un peu de place de développer ça, mais j'ai essayé de le faire ici : Lien
    Ca fait un peu « j'fais ma pub », j'en suis désolé, mais je me voyais mal copier coller tout le post ici même, car il est un peu long. Mais j'aimerais savoir ce qu'on peut en penser.
    (NB, les réactions de Fadela Amara me semblent, tout de même, très symptomatiques).