Tarantino refait la guerre dans « Inglourious Basterds »

D'accord, avec « Inglourious Basterds », La Bande du ciné ne prend pas de gros risques. Le film est signé Quentin Tarantino, bénéficie d'une promo artillerie lourde, et d'une réputation sulfureuse qui en fait une valeur sûre d'une semaine par ailleurs riche en sorties (« Les Derniers Jours du monde », des frères Larrieux, dont Rue89 est partenaire, ou encore « Memory of Love » de l'excellent chinois Wang Chao).

Avec « Inglourious Basterds, Tarantino raconte, aidé par Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Diane Kruger… une histoire de la France sous l'occupation allemande, dans laquelle un groupe de soldats juifs américains mène des opérations particulièrement cruelles de représailles contre les nazis.

Le tout sur mode ludique, voire burlesque, ce qui reste une transgression sur le sujet de la Seconde Guerre mondiale malgré des précédents. (Voir la bande annonce)


Surtout, Tarantino raconte un monde et des comportements qui n'ont pas existé. Et c'est là que repose LE sujet de controverse du moment. Résumée par le titre du Monde : “A-t-on le droit de jouer avec Adolf ? ”

Tarantino : “Regardez ce film comme une fantaisie, comme un conte noir”

Dans une interview à Serge Kaganski, dans les Inrocks de cette semaine, Quentin Tarantino s'explique et assume :

“Je ne triche pas, je fais inscrire dès le début du film ‘Il était une fois…’ et non ‘Basé sur des faits véridiques’ ! Je ne prends personne en traître, c'est un conte, une fiction, et c'est affirmé d'emblée. Ça veut dire : ‘Regardez ce film comme une fantaisie, comme un roman, comme un conte noir.’

A vous de nous dire ce que vous en pensez ? Chef d'oeuvre, comme semble le penser en toute modestie le réalisateur lui-même, arnaque ou… ni l'un ni l'autre ?

8 commentaires sélectionnés

Portrait de Julien83

De Julien83

chroniqueur de Bande Dessinée au MA... | 23H36 | 19/08/2009 | Permalien

2h30 complètement raté ! Pourtant Tarentino est très doué dans les longs dialogues, là c'est raté, dans le montage, c'est raté, les lumières : ratées, les effets : ratés, l'hémoglobine en abondance : raté, Brad Pitt donne le strict minimum, Mélanie Laurent est aussi transparente qu'une vitre, Diane Kruger , on s'apperçoit enfin qu'elle a un rôle quand elle est sur la table d'opération avec la guibole en sang. Le SEUL acteur qui sort et sauve le film c'est Christoph Waltz (un prix d'interprétation largement mérité à Cannes) . Incarnant un chef officier Nazi, il a un talent extraordinaire, et il est même meilleur que Brad Pitt !
Tarentino n'a pas fait de son film de guerre un « western spaghetti »,même au niveau de la musique, c'est raté ! les tubes funky - soul -disco ne collent rien à l'ambiance et au rythme des images. Tout ce film a été monté de travers. Ou alors pour la France, il y a eu du cut ? de la censure ? !
Mis à part les séquences avec Waltz et la scène du cinéma avec les nazis et Hitler, le reste du film est à jeter en grande partie !

Tarentino a fait le mauvais film de guerre et s'est mal inspiré.
Ce film n'en finissait plus, à la limite le meilleur reste dans la bande annonce, et la « catch phrase » à retenir : « i want my scalps » ou encore le « NEin Nein Nein » poussé par Hitler.

Pourtant je suis un fan des films de Tarentino. Ce film est comme son titre « inglourious ».

Portrait de pascalvanves

De pascalvanves

secrétaire de rédaction | 08H32 | 20/08/2009 | Permalien

Brillant, bourré de références, bien joué (même si le beau Brad en fait beaucoup avec son accent Amérique profonde qui contraste merveilleusement avec le polyglotte SS) … du pur plaisir que cette uchronie facétieuse… une salle pleine, enthousiaste, que du bonheur !

Portrait de Frix

De Frix

Ingé_Rezo/System | 09H16 | 20/08/2009 | Permalien

Du Tarantino =)

Mais a lire certains commentaires certains s'attendaient a un film historique ou un documentaire ou peut-être à un Disney… et pas de bol ils sont tombés sur un film de Tarantino.

Attention je spoile un peu, donc a vous de voir si vous souhaitez continuer à lire…

Bon mis a part cela, du Tarantino (et on retrouve bien sa patte), mais il y a des longueurs, c'est dommage le film perd un peu de rythme de temps en temps, et certaines scènes au contraire semblent coupés, trop courtes… j'aurais aimé voir un peu plus les basterds, j'ai vraiment adoré le principe de la présentation d'un des basterds et on veut voir la même chose pour les autres et non… c'est frustrant… j'aurais aimé voir d'autres embuscades ou au moins l'arrivée des basterds en France… bon après on est limité par la durée du film aussi mais bon c'est mon ressenti… Après certaines scènes sont parfaites l'interrogatoire de l'officier allemand par les basterds, la fusillade ds la cave et le dialogue qui suit, la scène ou Mélanie Laurent se prépare pour la première.
Bref un film qui m'a plu mais peut être parce que je m'attendais plus ou moins à ce que j'ai vu…

Portrait de Swordsaber

De Swordsaber

Etudiant | 12H15 | 20/08/2009 | Permalien

Pouah, je l'ai vu et pouah, c'était nul.
C'est plein de longueur, il n'y a quasiment rien de drôle, et ça réécrit l'histoire. Bref, totalement dispensable.
L'idée de base était sympa mais a été très mal exploitée selon moi.

PS : je précise avoir vu et aimé les Kill Bill, ainsi que Pulp fiction. Et je savais donc très bien à quoi m'attendre pour le genre du film. Mais très déçu cependant.

Portrait de Frix

De Frix

Ingé_Rezo/System | 13H33 | 20/08/2009 | Permalien

Non je ne me suis pas aperçu de ce message caché… peux tu me dire a quel moment cela est expliqué ?

(spoile)
Par contre je me suis aperçu qu'il donnait au cinéma un rôle des plus important…
Le cinéma est en effet le vecteur de la propagande de Goebels.
Le cinéma est le vecteur de la vengeance de la juive rescapée, d'ailleurs elle annonce sa vengeance sur grand écran.
Le cinéma est le lieu ou la deuxième guerre mondiale prend fin (dans le film de Tarantino évidement…)

Mais faut sans doute être un débile profond pour s'apercevoir de la place donné au cinéma dans ce film… ou alors faut aller voir le film avec un œil critique, essayer de comprendre l'histoire proposée par Tarantino ( et la je ne livre rien de tout ce qu'il y a à voir dans ce film…)

Portrait de Adebisi

De Adebisi

En pleine réflexion | 17H51 | 20/08/2009 | Permalien

Pour l'avoir vu aujourd'hui, Aldo Raine a bien raison, on n'est pas loin du chef d'oeuvre.

Fan de Tarantino de la première heure, c'est un film jouissif, bien meilleur que ces derniers films, et au niveau de Pulp Fiction (qui demeure le top du top dans mon classement tarantinesque).

Quant à la question posée : peut-on jouer avec « Tonton » Adolf ?
je répondrai, on a bien joué avec l'armée française (et sa lâcheté) dans des navets comme dans la 7ème Compagnie, Tarantino peut bien dessouder Hitler dans un film, d'autant qu'il n'apparait pas comme particulièrement sympathique…

Portrait de jeancroispasmesyeux

De jeancroispasmesyeux

chômiste | 21H30 | 20/08/2009 | Permalien

bof… bof…
C'est le mieux que je puisse résumer ma critique de ce film. J'ai failli partir au bout d'une vingtaine de minutes peut-être, mais j'ai fait l'effort de rester jusqu'au bout, dans l'espoir que Quentin ait casé quelque bonne surprise avant la fin. Hélas…
J'avait failli ne pas aller voir ce film parce que je ne supporte plus la violence, mais il y en a surtout dans la bande-annonce !

Je trouve l'idée du film valable, mais qu'est-ce que c'est long pour rien. Et pourquoi les gens riaient dans la salle ? Ah oui, l'allemand qui boit du lait, qu'est-ce que c'est drole…
Vu le type du film, j'espérais que ça vire à la comédie, la parodie, ou le clin d'œil fin, n'importe quoi de malin, mais non, juste un soufflé tout raplapla… Il y a juste quand les 3 se font passer pour Italiens que ça m'a amusé. Et le pauv » Brad : même pas bien en v.o., qu'est-ce que ça doit être en v.f. !

Je n'avais pas aimé Kill Bill, j'aurais dû en rester là, maintenant j'ai de plus en plus de mal à croire que c'est la même personne qui a fait « Pulp fiction » (et Reservoir dogs, mais j'aime moins), et qui est toujours aussi adulée par les critiques.

Portrait de Alex Engwete

De Alex Engwete

Consultant | 03H06 | 21/08/2009 | Permalien

Fan indécrottable de Tarantino, j'irai voir « Inglorious Basterds » ce vendredi malgré cette philippique de DAVID DENBY du magazine « The New Yorker » dont voici un extrait :

inglorious bastards

« Inglorious Basterds » n'est pas ennuyeux, mais il est ridicule et effroyablement insensible — une batte de baseball Louisville Slugger décochée à la tête de quiconque a jamais pris au sérieux les Nazis, la guerre ou la Résistance. Tarantino n'entend pas pour autant faire malice à de tels gens sérieux. Les Nazis, pour lui, sont simplement des tropes cinématographiques — des monstres articulés avec un talent pour le sadisme. En rendant les Américains tout autant cruels, il échappe à la division coutumière entre le bien et le mal le long des lignes nationales, mais tout sens de responsabilité morale lui échappe aussi. Dans une guerre de Tarantino tout le monde commet des atrocités. Comme toute son œuvre après « Jackie Brown », le film est sensation pure. Il est débranché du sentiment et un vide étrange—c'est trop superficiel pour être appelé nihilisme — sape même les meilleures scènes.
[…]
L'endurcissement moral a fait partie du style de Tarantino par le passé. Dans « Pulp Fiction », son gai rondeau qui se situe parmi la racaille de Los Angeles, les actes d'agression que les personnages commettent les uns contre les autres sont si brusques et si extrêmes qu'ils en deviennent amusants. Le panache outrageux du film avait donné aux spectateurs une licence à s'amuser de la violence en tant que divertissement sans loi. Mais, dans « Basterds », Tarantino est en train de faire l'imbécile avec un moment tragique de l'histoire. Chaplin et Lubitsch se sont aussi joués des Nazis, mais ils l'ont fait en farceurs, utilisant la comédie pour prévenir la catastrophe ; ils n'ont pas dépecé des Nazis en utilisant des fioritures des films d'horreur. Le récit hyper-violent de Tarantino révèle simplement qu'il rêvasse encore comme un ado. On doit pourtant dire que les scènes situées à Paris, dans lesquelles Tarantino imagine la nature formelle mais brutale de la vie sociale de l'élite nazie, sont toutes merveilleusement conçues (par David et Sandy Wasco) et photographiées (par Robert Richardson). Le metteur en scène a aussi mis en relief un bon acteur, tout neuf au public américain : l'acteur d'origine autrichienne Christoph Waltz, qui, en tant que Landa, dégage le type de menace insinuante caractéristique des Nazis dans les vieux films de Warner Bros. Ce rôle peut bien être une sorte de cliché, mais Waltz le joue brillamment ; il prend un plaisir intellectuel dans la diablerie.
Le film est fait habilement, mais il est trop idiot pour être apprécié, même comme une blague. Tarantino peut penser qu'il rend service aux Juifs en lançant ce fantasme de vengeance (dans le théâtre qui cramait, des garçons juifs de la classe ouvrière arrivent à pomper Hitler et Göring plein de plomb), mais pour une raison ou pour une autre je doute que ce geste sera apprécié. Tarantino est devenu une honte : sa virtuosité en tant que faiseur d'images a été submergée par son ineptie de l » idiot de la cinémathèque [en français dans le texte, ndlr]. « Inglorious Basterds » dure cent cinquante-deux minutes, mais les fans de Tarantino attendront le director's cut qui sans doute montre Shirley Temple arrivant à Treblinka en compagnie de Glenn Miller et donnant une interprétation spéciale de « Baby Take a Bow », de l'immortel film de 1934 du même titre, avant de conduire somptueusement les gardes S.S. dans la chambre à gaz.

http://www.newyorker.com/arts/critics/cinema/2009/08/24/090824crci_cinem…

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