
« The Reader » : chef-d'œuvre bouleversant ou mélo surchargé ?

Le livre de Bernhard Schlink, « Le Liseur », nous avait plu. La bande-annonce nous a séduit. A priori, nous avons donc plutôt envie d'aller voir « The Reader » (pouquoi le titre a-t-il été gardé en anglais, on se le demande, d'autant plus que le livre avait été traduit par « le Liseur »). Mais nous attendons votre avis car les critiques, dans la presse, sont loin d'être unanimes. Certains applaudissent une œuvre bouleversante et audacieuse sur le thème de l'amour, de la culpabilité, de la banalité du mal ; d'autres trouvent cette machine à oscar (dont un pour Kate Winslet) « surchargée », voire sentimentaliste et gnagnan. Le Monde dénonce même un antisémitisme insidieux (une critique déjà entendue lors de la publication du roman, en 1995).
L'histoire est forte, mais peut se prêter aussi bien à un récit dépouillé qu'à un mélo boursouflé : un adolescent devient l'amant et « le liseur » d'une femme de trente-cinq ans. Elle disparait subitement. Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael, la retrouve aux procès des crimes de guerre Nazi : elle est sur le banc des accusés.
A vous de nous dire si le film tient la promesse de la bande annonce. (Voir la vidéo)
Photo : Kate Winslet et David Kross (DR).
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9
De ysengrimus
19H31 | 15/07/2009 |
J'ai bien aimé. Je ne veux pas vendre la chute, mais la confusion morale de cette ancienne gardienne de camps est intégrale et hautement crédible. Les scènes d'intimité sont particulièrement touchantes. Je ne peux pas en parler plus sans risquer de trahir cette fichue chute. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il est encore possible de faire du neuf et du frais avec cette camelote ramollie de nazis. Ce film le prouve. Une bien agréable surprise.
Paul Laurendeau
De jacquelinel
soignante | 19H39 | 15/07/2009 |
Bon film. Le jeune acteur est celui qui incarne le mieux son personnage. Touchant par la poésie qu'il dégage, les émotions qu'il rend avec justesse.
Kate Wislet, fidèle à sa réputation.
Etonnant de découvrir ce que cette femme veut cacher, pendant le procès, au prix de tout perdre. !
Doit-on « obéir » aveuglément ? ? ! !
Bonne sortie cinéma…jl
De granit
Informaticien | 23H04 | 15/07/2009 |
Le Monde dénonce un « antisémitisme insidieux » … mais que fait le CRIF ? Il faut que MAM interdise le film rapidement ….
Sérieusement, voilà un des plus beau film vu au cinéma cette année. L'interprétation est en tout point remarquable et le sujet garde toute son ambiguité en passant au second plan le côté systématiquement victimaire de la Shoah pour aborder notamment le mécanisme de la soumission à l'autorité comme l'avait fait brillament Verneuil dans I comme Icare. Un grand film qui semble être bizarrement condamné à une certaine discrétion sur les écrans français de part sa sortie estivale face au rouleau compresseur Harry Potter.
De General Subverciòn
camembert délocalisé | 23H05 | 15/07/2009 |
il est excellent ce film,très bien fait,moi je n'ai pas lu le bouquin…ça laisse le spectateur avec un doute quand à savoir s'il doit avoir de la compassion ou pas,mais personnellement,je n'ai pas trouvé la réponse à cette question…mais peut-être qu'il n'y en a pas…
De Alex Engwete
Consultant | 06H11 | 16/07/2009 |
Prétendre, comme le fait Le Monde, que « The Reader » est antisémite est une accusation gratuite et ridicule. Après tout, l'amante de l'adolescent —une ancienne gardienne de camp de concentration —finit bien par payer pour ses crimes contre l'humanité par une longue peine de prison… Est-ce peut-être parce que l'amour tragique de l'adolescent perdure et le rattrape à l'âge adulte ? Est-ce parce qu'en dépit de son inhumanité passée, l'amante garde encore en elle une petite lueur toute vacillante de la grande flamme de ce qui fait de nous tous ce que nous sommes ? Je ne suis pas sentimental, mais je me suis surpris écrasant deux ou trois larmes chaudes à des moments bien précis de ce film complexe et émouvant.
De Homere
nc | 06H51 | 16/07/2009 |
Pour une fois que vous parlez d'un film que j'ai vu (dans un vol long corrier) , je donne mon avis. Excellent film, sans doute un des meilleurs sur le sujet. J'ai particulierement aime l'eclairage que le film donne sur les sentiments de culpabilite du peuple allemand, en particulier pour les generations dont les parents ou grand-parents ont ete acteurs de l'histoire du 3eme Reich et qui se trainent un fardeau assez considerable. Ce que dit le prof de philo : nous croyons obeir a une morale (ou une ethique), nous n'obeissons qu'a des lois… (en gros). Pas que les allemands, hein…
De Alex Engwete
Consultant | 07H22 | 16/07/2009 |
Ici aux Etats-Unis, quand « The Reader » est sorti en décembre 2008, les critiques ont aussi été féroces. Voici à titre d'exemple l'outrage d'Anthony Lane du magazine « The New Yorker » (ma traduction) :
Le metteur en scène britannique Stephen Daldry fit un malheur avec « The Hours » et son nouveau film n'est pas moins estimable, ambitieux et exaspérant. Le scénariste, encore une fois, est David Hare, qui filète le bestseller de Bernhard Schlink. Toutefois, malgré toute son expertise, nous nous butons aux prétentions répugnantes du récit original. Kate Winslet joue Hanna, qui, treize ans après la Deuxième Guerre Mondiale, travaille sur les trams de Neustadt, en Allemagne de l'Ouest, et couche à l'occasion avec un adolescent local appelé Michael (David Kross). Leur première rencontre sexuelle, quoique filmée laborieusement, a toute la finesse d'une porno à deux sous ; où ailleurs voit-on une femme demander à un ado lubrique de se déshabiller et de prendre un bain parce qu'il a le visage crasseux ? Dans la deuxième partie du film, nous voyons Hanna jugée et emprisonnée pour ses actions pendant la guerre ; il y a une révélation choquante, qui survient sans surprise ; et le quinqua Michael (Ralph Fiennes) apparaît pour aider son ancienne amante. Daldry laisse traîner les choses de manière pénible, pas du tout appuyé par la musique bébête, et nous sommes censés rêvasser sur les carences ou les améliorations culturelles d'un membre vieillissant des S.S. Ceci ne représente nullement une question dont la plupart d'entre nous sentent un grand besoin de nous préoccuper. Avec une interprétation sanguine, fort tardive, de Lena Olin.
http://www.newyorker.com/arts/reviews/film/the_reader_daldry
De debruxelles
francaise à Bruxelles | 09H59 | 16/07/2009 |
En Belgique, le film est sorti à peu pret en meme temps que Revolutionary Road (Noces Rebelles) avec la meme Kate Winslet. Et autant je n'ai pas aimé Revolutionary Road pour le manque de finesse, de crédibilité et d'originalité, autant j'ai été touchée par The Reader. Le film ne donne pas de réponses toutes faites et s'il vire un peu mélo par moments, le jeu des acteurs nous le fait oublier. J'ai aussi apprécié le fait que le film ne nous donne pas toutes les réponses et laisse la place à la réflexion.
Si vous n'avez pas lu le livre (comme moi) et si les autres commentaires ne vous dévoilent pas toute l'intrigue, vous vous laisserez surement portez par l'histoire.
De mrmeuble
Expat' en Corée | 10H55 | 16/07/2009 |
J'ai vu, j'ai aime, et j'ai meme adore. Un des meilleurs films sur le sujet.
D'ailleurs ca a declenche chez moi une reaction que je n'avais jamais eu pour aucun autre film, mais la ca devient du domaine de l'intime.
Par contre, une question me taraude :
- Je ne comprends pas bien l'interet de faire jouer des americains en leur faisant prendre un accent allemand ? Soit on fait jouer des allemands, soit on les laisse jouer en anglais, mais j'ai trouve ca un peu grotesque.
(ou alors j'ai bloque sur Kate Winslet qui a un fort accent dedans mais qui est mentionne dans le livre).