Josiane Balasko en hérisson, ça trompe énormément

Evidemment, nous aurions pu vous proposer de gloser sur « Whatever works », de Woody Allen. Mais d'abord c'était un peu attendu, et puis neuf mois à peine après un « Vicky, Cristina Barcelona » quelque peu attendu lui aussi, nous avons décidé d'aller chercher ailleurs (si toutefois Woody Allen vous passionne, ne ratez pas son interview sur le site des Inrocks).

C'est là qu'intervient « le Hérisson ». A ma droite, Renée, concierge dans un immeuble cossu du VIIe arrrondissement, « veuve, petite, laide, grassouillette, des oignons aux pieds et une haleine de mammouth »… A ma gauche, Paloma, 11 ans, belle à croquer et en révolte contre « la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte ». Sauf que ma première est, entre autres, férue de Kant et que ma deuxième projette de se suicider pour son anniversaire. (Voir la vidéo)

Vous l'aurez compris, « Le Hérisson » est donc l'histoire de la rencontre (pleine de bons sentiements) de ces deux personnages respectivement campés par Josiane Balasko (qui ne joue pas la petite fille) et Garance Le Guillermic. Une sorte d'hymne à la France d'en bas, pas si rustre et si généreuse…

Mais c'est aussi -surtout- l'adaptation du carton de l'année 2007 en librairie, « L'élégance du hérisson », de Muriel Barbery. Et pour en rajouter dans le bon sentiment, alors que des cadors du cinéma lorgnaient l'adaptation du best-seller, c'est à une jeune inconnue, Mona Achache, qui faisait le siège de Gallimard, que l'auteure confia son oeuvre.

Alors pourquoi choisir ce film ? Parce qu'à en croire ceux qui l'ont lu, le livre était (et c'est inattendu cette fois) une vraie réussite littéraire et que nous nous sommes dit que malgré ses apparents handicaps de départ (on frôle l'overdose de bons sentiments), il en serait peut-être de même du film. Une sorte de hérisson cinématographique quoi.

Voilà, il ne vous reste plus qu'à ouvrir les hostilités (si possible après avoir vu le film), vous avez jusqu'à lundi pour nous donner votre avis.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

45 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de JDep

De JDep

16H59 | 01/07/2009 | Permalien

Je vous conseille vivement le derner Woody. Bien meilleur que « Vicky », un régal hilarant.
Quelle idée d'aller se taper un film tiré d'un livre aussi platement écrit ! Enfin, libre à vous…

Portrait de soleil vert

De soleil vert

cool à toulouse | 17H15 | 01/07/2009 | Permalien

moi j'ai aimé le livre et la bande annonce ne me déplaît pas ! !
qu'est-ce qu'une réussite littéraire ? ? je ne sais pas. Si j'aime, ca me suffit. Après on peut approfondir si on veut.
Des bourgeois comme dans le livre j'en connais et c'est à peine caricaturé. La concierge m'a séduite tout de suite et l'enfant itou. Elles ne rentrent pas dans le moule des clichés et c'est cela qui m'a plu. Il a fallu que ce soit un étranger « exotique » qui remarque la vérité derrière la façade…
Je n'ai pas perdu mon temps en le lisant contrairement à ce que certains tentent de dire. Je l'ai lu avant le buzz et je comprends qu'il est buzzé.
En ce qui me concerne je trouve qu'il est bien écrit et nous propose la vie dans un immeuble vécue et racontée de différents points de vue.
J'ai vraiment passé un bon moment…

Portrait de alberte

De alberte

Sage-femme retraitée | 17H26 | 01/07/2009 | Permalien

J » ai beaucoup aimé le livre, et je ne suis pas la seule

Portrait de el toro

De el toro

scénariste | 18H33 | 01/07/2009 | Permalien

Si vous avez aimé « VERY BAD TRIP » je vous invite à visionner un court métrage tourné il y a quatre ans avec sebastien Thoen (Action discrète sur Canal +), les ressemblances sont trés troublantes ! ! !
http://www.vimeo.com/612873

Portrait de Oscar Lolas

De Oscar Lolas

Concepteur | 01H34 | 02/07/2009 | Permalien

« Et pour en rajouter dans le bon sentiment, alors que des cadors du cinéma lorgnaient l'adaptation du best-seller, c'est à une jeune inconnue, Mona Achache, qui faisait le siège de Gallimard, que l'auteure confia son oeuvre. » Sic ! ! ! !

C'est aussi simple que ca ? ? ? ? ?

Portrait de Un compte supprime

De Un compte supprime

nc | 01H55 | 02/07/2009 | Permalien

Lu le bouquin, j'en ai garde un plutot bon souvenir, rien d'exceptionnel mais dans la masse de conneries publiees annuellement par les editeurs banquiers, pas du Gary mais du Ajar, pourquoi pas…

A la lecture des commentaires, je me demande : la rue deviendrait-elle snobe ?

Portrait de Minilouk

De Minilouk

10H16 | 02/07/2009 | Permalien

Jugez sur pièce, extrait :

« Apparemment, de temps en temps, les adultes prennent le temps de s'asseoir et de contempler le désastre qu'est leur vie. Alors ils se lamentent sans comprendre et, comme des mouches qui se cognent toujours à la même vitre, ils s'agitent sur l'engrenage qui les a conduits là où ils ne voulaient pas aller. Les plus intelligents en font même une religion : ah, la méprisable vacuité de l'existence bourgeoise ! Il y a des cyniques dans ce genre qui dînent à la table de papa : “Que sont nos rêves de jeunesse devenus ? ” demandent-ils d'un air désabusé et satisfait. “Ils se sont envolés et la vie est une chienne”. Je déteste cette fausse lucidité de la maturité. La vérité, c'est qu'ils sont comme les autres, des gamins qui ne comprennent pas ce qui leur est arrivé et qui jouent aux gros durs alors qu'ils ont envie de pleurer.
C'est pourtant simple à comprendre. Ce qui ne va pas, c'est que les enfants croient aux discours des adultes et que, devenus adultes, ils se vengent en trompant leur propres enfants. “La vie a un sens que les grandes personnes détiennent” est le mensonge universel auquel tout le monde est obligé de croire. Quand, à l'âge adulte, on comprend que c'est faux, il est trop tard. Le mystère reste intact mais toute l'énergie disponible a depuis longtemps été gaspillée en activités stupides. Il ne reste plus qu'à s'anesthésier comme on peut en tentant de se masquer le fait qu'on ne trouve aucun sens à sa vie et on tromper ses propres enfants pour tenter de mieux se convaincre soi-même.
Parmi les personnes que la famille fréquente, toutes ont suivi la même voie : une jeunesse à essayer de rentabiliser son intelligence, à presser comme un citron le filon des études et à s'assurer une position d'élite et puis toute une vie à se demander avec ahurissement pourquoi de tels espoirs ont débouché sur une existence aussi vaine. Les gens croient poursuivre les étoiles et ils finissent comme des poissons rouges dans un bocal. Je me demande s'il ne serait pas plus simple d'enseigner dès le départ aux enfants que la vie est absurde. Cela ôterait quelques bons moments à l'enfance mais ça ferait gagner un temps considérable à l'adulte.

Moi, j'ai douze ans, j'habite 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mes parents sont riches, ma famille est riche et ma sœur et moi sommes par conséquent virtuellement riches. […..]
Malgré cela, malgré toute cette chance et toute cette richesse, depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poisson. Comment es-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. […] C'est comme ça. Je n'en suis pas spécialement fière parce que je n'y suis pour rien. Mais ce qui est certain, c'est que dans le bocal, je n'irai pas. C'est une gente que moi, aussi douée pour les études, aussi différente des autres et aussi supérieure à la plupart, la vie est déjà toute tracée et c'est triste à pleurer : personne ne semble avoir songé au fait que si l'existence est absurde, y réussir brillamment n'a pas plus de valeur que d'y échouer. C'est seulement plus confortable. Et encore : je crois que la lucidité rend le succès amer alors que la médiocrité espère toujours quelque chose.
J'ai donc pris ma décision. Je vais bientôt quitter l'enfance et malgré ma certitude que la vie est une farce, je ne crois pas que je pourrai résister jusqu'au bout. Au fond, nous sommes programmés pour croire à ce qui n'existe pas, parce que nous sommes des êtres vivants qui ne veulent pas souffrir. Alors nous dépensons toute nos forces à nous convaincre qu'il y a des choses qui en valent la peine et que c'est pour ça que la vie a un sens. J'ai beau être très intelligente, je ne sais pas combien de temps encore je vais pouvoir lutter contre cette tendance biologique. Quand j'entrerai dans la course des adultes, est-ce que je serai encore capable de faire face au sentiment de l'absurdité ? Je ne crois pas. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, le 16 juin prochain, je me suiciderai. »

Portrait de LaBelleLN

De LaBelleLN

Terrienne en survie ... | 10H38 | 02/07/2009 | Permalien

J'ai très envie de voir le film au vu de cette bande annonce mais je vais lire le livre avant … et oui … le livre c'est quand même plus complet …
Millenium, le film, était plutôt pas mal mais le livre tellement au dessus ! …

Portrait de Julien83

De Julien83

chroniqueur BD au Mague, Dessinateu... | 10H52 | 02/07/2009 | Permalien

A la limite ce film là va tellement se planter pour tout l'été, qu'il aurait fallu le sortir plutôt en septembre voir pour octobre si ce n'est l'hivers.. voir carrément comme ça se passe desfois aux USA pour pas mal de films, le fameux « DIRECT TO DVD » !
Voilà ce que mérite tout juste ce film, de sauter la case « écran cinéma » pour la case « DVD » !

Portrait de Aristophile

De Aristophile

Activiste | 15H27 | 02/07/2009 | Permalien

A l'intention de DON et autres

Un sonfage n'est JAMAIS scientifique

C'est une des plus belles conneries qu'on ait inventés pour tromper les gogos et faire vendre du papier .

Portrait de mamie 26

De mamie 26

viticultrice drome | 18H01 | 02/07/2009 | Permalien

lire un livre ou voir un film c'est rencontrer…

est-il interdit de rencontrer un fou de SF et un amoureux de

celine et pourquoi l'un serait idiot et l'autre un maitre a penser

on peut aimer le soleil et la pluie

et s'enrichir de la performance de balasko sans demeriter

tout en revant aux chasses du comte zaroff….

Portrait de lally

De lally

professeur | 21H50 | 02/07/2009 | Permalien

J'ai moyennement aimé le livre de Muriel Barbery même si au démarrage, j'ai trouvé la rencontre plaisante entre la concierge et la petite fille.
L'auteur semble s'être fait plaisir avec des citations pompeuses ce qui finit par faire oublier l'épaisseur et le charme de ses personnages.
Ca m'a fait penser plutôt à un prétexte pour placer des références philosophiques et littéraires, parfois cinématographiques. Quelque part on a l'impression que l'auteur a cherché plus à impressionner l'éditeur par son savoir pour briller en société, ce qui m'avait paru un peu trop prétentieux et finit par peser lourdement dans la lecture. Un peu de références, c'est bien, trop ça devient indigeste et ça déconstruit totalement le rythme et l'intérêt du texte.
Est-ce que le film échappe à cela ?
Il faut l'espérer.

J'hésite à aller le voir. J'aime bien Balasko mais j'ai un peu peur d'une certaine superficialité de traitement et au mieux beaucoup trop de classicisme.

Ayant vu dernièrement « Je l'aimais » adapté de Gavalda réalisé par Zabou Breitmann, je n'ai pas retrouvé l'émotion que j'avais eue à la lecture. Et j'ai trouvé l'adaptation vraiment trop rigide et froide.

Berry avait encore plus mal adapté Gavalda en transformant le personnage du jeune noble en dandy fringuant alors que dans le roman c'est un obèse gavé de balourdises et de truculence, contrastant au plus haut point avec sa condition d'héritier de grande famille.

Donc je me méfie.
Pour adapter un roman, il faut vraiment que le scénario et les acteurs soient justes. Pas de cabotinage non plus. Et dans cette adaptation j'ai peur que la petite cabotine trop et que Balasko ait du mal à sortir de son registre habituel.

Portrait de pretatourner

De pretatourner

producteur | 10H18 | 04/07/2009 | Permalien

Paloma voit. Elle filme tous ces êtres qui lui semblent manquer autant d'ouverture qu'un poisson dans un bocal.

Renée Michel (Josiane Balasko) montre la carapace que la vie lui a forgée. Elle cache son goût pour la littérature, de crainte que son aspiration à l'élévation livresque ne soit perçue comme prétention par ses voisins bourgeois.

Un nouveau voisin, japonais, voit Renée pour ce qu'elle est : l'amorce d'une citation qu'il complète lui donne une claire vision de ce qu'elle est :
« Les familles heureuses se ressemblent toutes » « et chacune est malheureuse à sa façon »

Renée veut renaître à la vie et à l'amour, quand la mort l'y arrache.

Josiane BALASKO épouse son personnage. Elle nous fait vivre de belles émotions par la justesse de son jeu.
Un grand talent.

http://www.pret-a-tourner.com

Portrait de Dédédemontreuil

De Dédédemontreuil

07H47 | 05/07/2009 | Permalien

Bon, mais… Et le film alors ? Personne ne parle du film… ?

Portrait de Hibou_Myope

De Hibou_Myope

Criticologue | 16H09 | 05/07/2009 | Permalien

Contrairement aux autres commentateurs, j'ai vu le film…
Bon, c'est vrai que ca peut paraitre étonnant comme procédé que de voir un film avant de répondre à la question : qu'en avez-vous pensé ?
Mais bon, parfois, les procédures anciennes ont leur raison d'être…

Je n'ai pas lu le livre, en partie à cause du buzz (ca m'irrite un peu quand on parle trop de certaines choses, réflexe idiot, mais on ne se refait pas…Quoique) mais surtout parce que dans mon entourage, on ne m'en a pas parlé vraiment en bien. Je ne peux donc pas comparer le livre et le fim qui porte dès l'ouverture la mention « librement inspiré du roman ».

Je suis allé voir le film parce que la bande annonce a su me faire envie.

Le film s'ouvre sur les vies parallèles d'une femme « viellie, usée, fatiguée » et d'une fille de 11 ans qui a décidé de se suicider pour son prochain anniversaire, dans moins de 6 mois. Comme les prisonniers, elle griffonne au mur chaque jour qui passe et la rapproche du jour fatidique. Ces deux personnes habitent le meme immeuble.
La femme est concierge, assez revêche, mais a bon coeur : elle héberge en douce un clochard dans le local à poubelle de l'immeuble.
Elle a une passion : la littérature, et qq petites manies : le thé et le chocolat noir.
La fille, Paloma, est très intellectuelle, pointilleuse, d'une lucidité morose cad que ce qu'elle perçoit de manière assez claire du monde adulte la désenchante (au point de ne pas vouloir devenir adulte, et donc, de se suicider).
D'une certaine manière, les points de vue de Paloma et de Renée, la concierge, se rejoignent.
Mais, l'arrivée d'un nouveau personnage, un riche héritier japonais qui s'installe dans l'immeuble va modifier les caractères et projets des deux premiers.
M.Ozu regarde la concierge, contrairement aux autres habitants de l'immeuble pour qui elle n'est qu'une fonction. Pour lui, elle est une personne. Il se rend compte qu'ils partagent une passion pour le roman russe et ils entament, à son initiative, une relation amicale.
Paloma entre également en contact avec M.Ozu : il perfectionne le japonais de la brillante élève, il amène à modifier son point de vue sur les choses et les gens. Pour M.Ozu, il y a toujours qq chose de bon à prendre. Il faut aller au dela des apparences.

La fin, assez brutale, est inattendue pour ceux, comme moi, qui ignorent la fin du livre (et peut etre meme pour eux). Je ne la révèle pas.

Le film est très classique dans sa mise en scène. Le personnage de la concierge est intéressant. Mais je ne crois pas que la littérature puisse être vraiment une passion secrète : la concierge cache son amour des livres pour coller à son image de prolétaire (elle tient à coller aux stéréotypes de l'imaginaire des bourgeois). Que la concierge regarde la TV 24/24 ou lise tous les romans russes et japonais, en fait, j'imagine que les locataires d'un immeuble n'en ont cure, tant que le ménage est fait et que les paquets sont distribués.
L'amour naissant entre le japonais et la concierge me parait très improbable… L'amour des livres ne suffit pas à rapprocher deux etres.
Paloma est un personnage parfois fatigant parce que trop peu réaliste. Ses citations d'auteur, son phrasé sont parfois trop loin de ce qu'est une fille de cet âge.
C'est le personnage le moins bien façonné, avec évidemment la famille et les autres locataires. Mais ces personnages-là ne sont de toute façon que des ombres…

La morale du film : porter un regard attentif, attentionné aux autres permet d'en découvrir les facettes intéressantes, me plait. Mais l'intrigue ne tient pas trop : je ne crois pas au postulat du film.
De plus, la mise en place, est bien trop longue. Pourquoi faire 50 scènes pour nous signifier ce qu'est une concierge ? Je crois que tout le monde le sait. Paloma filmant ses proches est moins une petite fille espiègle et attachante qu'une intello pointilleuse agaçante qui manque de maturité. La mise en place trop longue, ennuyeuse, diminue la sympathie qu'on pourrait avoir pour les personnages.

Ce n'est pas un mauvais film, mais j'ai l'impression qu'on pouvait mieux faire avec à peu près les mêmes éléments… Cela dit, c'est l'impression qui ressort souvent des commentateurs du roman…

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